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3 septembre 2026Saint Ayou, Martyr

Aigulphe, vul­gai­re­ment nom­mé Ayou, naquit à Blois vers l’an 630. Il se fit admettre à l’ab­baye béné­dic­tine de Fleu­ry, au dio­cèse d’Or­léans. Son supé­rieur lui confia la mis­sion de faire enle­ver les reliques de saint Benoît, ense­ve­lies sous les ruines de l’ab­baye du Mont-Cas­sin, au royaume de Naples. Ayou par­tit, accom­pa­gné de quelques per­sonnes du Mans il eut la chance de décou­vrir le tom­beau de saint Benoît et celui de sainte Scho­las­tique, sa sœur. Il en tira les osse­ments et les trans­por­ta en France : on mit ceux de saint Benoît dans l’ab­baye de Fleu­ry, et ceux de sainte Scho­las­tique furent envoyés au Mans. Appe­lé ensuite à gou­ver­ner le monas­tère de Lérins, en Pro­vence, Ayou ten­ta d’y réta­blir la dis­ci­pline ; mais des hommes per­vers, encou­ra­gés par le sei­gneur de Nice, our­dirent un com­plot contre le saint Abbé et l’as­sas­si­nèrent. L’É­glise, et en par­ti­cu­lier le dio­cèse de Blois, l’ho­nore comme martyr.


Ouvrage : Le sabot de Noël | Auteur : Giron, Aimé

L’hor­loge a son­né… un — deux — trois — quatre — cinq — six — sept — huit — neuf – dix — onze — douze… — Minuit !

À chaque coup un ange se déta­chait de la cloche et s’en­vo­lait au ciel : Noël ! Noël ! L’en­fant Jésus est né !… Noël !

Voi­ci que de la tour de l’é­glise monte un bour­don­ne­ment comme si des ruches s’é­veillaient. — Ce sont en effet les cloches, grosses abeilles du clo­cher, qui com­mencent à vol­ti­ger. Dig ! ding ! dong ! Noël ! Noël ! Dig ! ding ! dong !

De très loin on entend leur carillon. — Les cor­beaux qui logent à côté, dans la char­pente, s’en­volent par les ouver­tures en criant, et ils tour­noient comme une cou­ronne noire autour de la flèche pointue.

Dig ! ding ! dong ! Noël ! Noël ! Dig ! ding ! dong ! Les branches nues des arbres se balancent. les portes des mai­sons s’ouvrent. les sabots passent dans la rue.

Aux fenêtres les lampes s’al­lument, et par les che­mi­nées s’é­chappent des fumées bleues, comme des filets de gaze à prendre les papillons d’hi­ver. — Le feu pétille clair et joyeux sur la pierre du foyer.

Le vent roule la neige contre les por­tails des cours, et secoue au bord du toit le ché­neau de fer-blanc.

Dans le gre­nier quel vacarme ! Noël ! Noël ! Dig ! ding ! dong !

Écou­tez au jour de l’é­table. Les bœufs meuglent… les agneaux bêlent… les coqs chantent… les poules caquettent… — Les voi­là éveillés !

Ils ont tous pres­sen­ti l’an­ni­ver­saire de la nuit où l’en­fant Jésus est venu au monde. On avait gar­ni de paille fraîche les râte­liers, de feuilles mortes les man­geoires et de grains nou­veaux les poulaillers.

Ayant enten­du tin­ter minuit, len­te­ment, pieu­se­ment, ils se sont agenouillés.

— C’est la seule nuit de l’an­née et l’heure bénie où ils flé­chissent ain­si le genou dans la litière.

Deman­dez au vieux pay­san de la plaine ; au mon­ta­gnard fervent qui vit sur les mon­tagnes, près du ciel.

Le maître de l’é­table ne l’i­gnore pas ; aus­si va-t-il le long des crèches, son bon­net à la main, dis­tri­buer aux ani­maux des poi­gnées de sel.

— Eh bien ! les grands bœufs !… L’en­fant Jésus est né… qu’il vous donne belle force et bon cou­rage au tra­vail. La terre gelée devient dure. Il faut creu­ser pro­fond les sillons ; et le champ est vaste. À vous, la bou­chée de sel de l’en­fant Jésus.

Distribution du sel aux animaux durant la nuit de Noël

Les grands bœufs, tou­jours accrou­pis dans la paille, ont remué leur grosse tête et souf­flé avec bruit leur haleine de vapeur ; puis, sérieu­se­ment, ils se sont mis à rumi­ner le sel, en remuant les oreilles.

Ouvrage : La revue des saints

Vierge et martyre à Nicomédie (+235)

Fête le 4 décembre.

SAINTE Barbe (Bar­ba­ra, dans les langues orien­tales Var­va­ra) n’ac­com­plit sur terre qu’une bien courte mis­sion, car elle avait à peine seize ans quand, vrai­sem­bla­ble­ment en 235, elle fut mar­ty­ri­sée. Elle n’en jouit pas moins, dans la suite des siècles, d’une immense, d’une mer­veilleuse popu­la­ri­té, et elle est encore l’ob­jet d’une dévo­tion universelle.

Origine illustre de sainte Barbe.

En dépit de cer­taines com­pé­ti­tions, il paraît dif­fi­cile de ne pas admettre que sainte Barbe naquit, vécut, et fut mise à mort à Nico­mé­die, capi­tale de la Bithy­nie (aujourd’­hui Ismidt, en Tur­quie d’A­sie), bien plu­tôt qu’à Hélio­po­lis d’É­gypte (ou de Syrie) et, sur­tout, qu’en Toscane.

Les docu­ments les plus auto­ri­sés la pro­clament issue d’une tige royale. D’a­près un Mis­sel du Mans et le Bré­viaire de la col­lé­giale de Beaune, elle des­cen­dait, comme Marie et Jésus, de la race de Jes­sé, et, selon une chro­nique des Char­treux de Cologne, sa mère était la fille aînée d’une Romaine, Repé, et de Théo­phile, fils de Mar­cel­lus, fils lui-même d’A­gap, un roi qui, au temps de la ruine de Jéru­sa­lem par Ves­pa­sien et Titus, avait épou­sé Esther, jeune Juive d’une grande beauté.

Quant à son père, Dios­core (en grec, fils de Jupi­ter), c’é­tait un riche satrape, païen très ardent, com­plè­te­ment inféo­dé à l’empereur Maxi­min, le per­sé­cu­teur. Aus­si, doit-on tenir pour fan­tai­siste l’é­pi­sode gra­vé sur une image ancienne de Confré­rie avec cette légende : « Sainte Barbe est donée à une nou­risse chrestienne. »

Les auteurs dépeignent Barbe comme une ado­les­cente aux che­veux blonds, joi­gnant tous les charmes phy­siques à tous les dons de l’esprit.

Barbe devient chrétienne.

Dési­reux qu’elle ne fit pas trop vite son choix par­mi les sei­gneurs qui convoi­taient sa main et vou­lant la sous­traire au pro­sé­ly­tisme des chré­tiens, Dios­core séques­tra sa fille dans un châ­teau fort pour­vu, d’ailleurs, de tout le luxe que com­por­tait sa haute condi­tion. Il y ajou­ta une pis­cine dont il sui­vit la construc­tion avec un soin jaloux, fixant lui-même l’o­rien­ta­tion des deux fenêtres qui devaient l’éclairer.

En outre, pour culti­ver les brillantes qua­li­tés intel­lec­tuelles qui flat­taient sa vani­té pater­nelle, il assu­ra à Barbe les leçons des maîtres les plus répu­tés, qui lui firent étu­dier les poètes, les ora­teurs et les philosophes.

L’es­prit péné­trant de l’a­do­les­cente fut frap­pé de l’ab­sur­di­té des ensei­gne­ments du paga­nisme sur la plu­ra­li­té des dieux et dis­tin­gua très vite, par­mi ces gros­sières erreurs, les véri­tés fon­da­men­tales des tra­di­tions pri­mi­tives, qui l’é­le­vèrent à la notion d’un Dieu unique et sou­ve­rain. Consciente de l’i­na­ni­té de tout ce dont on l’en­tou­rait, Barbe se refu­sa à s’in­cli­ner plus long­temps devant les divi­ni­tés dont on lui van­tait la puis­sance, et, pres­sée par sa foi nais­sante, elle trou­va le moyen de faire par­ve­nir au célèbre Ori­gène un mes­sage pour le sup­plier de venir la fortifier.

Impa­tiem­ment atten­due, la réponse du grand doc­teur d’A­lexan­drie fut appor­tée par un de ses dis­ciples, qui fut reçu avec les plus grands égards et par­vint à pré­pa­rer la néo­phyte au bap­tême sans être inquié­té par l’en­tou­rage de celle-ci, car on le consi­dé­ra comme un méde­cin appe­lé de l’é­tran­ger pour lui don­ner des soins.

Une tra­di­tion res­pec­table veut que ce sacre­ment ait été admi­nis­tré à Barbe avec un concours de cir­cons­tances mira­cu­leuses. Tan­dis qu’elle était en prières, deman­dant à être puri­fiée de ses fautes, une source abon­dante aurait jailli devant elle, se divi­sant en quatre par­ties avec la forme d’une croix. Saint Jean-Bap­tiste lui aurait alors appa­ru et l’au­rait bap­ti­sée, comme il fit autre­fois pour les Juifs dans les eaux du Jour­dain. Puis, Jésus-Christ l’au­rait favo­ri­sée de sa pré­sence, lui pré­sen­tant une palme et un anneau d’or et lui disant : « Je viens au nom de mon Père vous prendre pour mon épouse. » 

Plu­sieurs de ceux que leur foi condui­sit à cette source y trou­vèrent, dit-on, la gué­ri­son de leurs maux.

Dios­core était au loin, ayant été char­gé par l’empereur du com­man­de­ment d’une impor­tante expé­di­tion mili­taire. La nou­velle chré­tienne put à son aise mani­fes­ter son mépris pour les faux dieux en ren­ver­sant et en bri­sant les idoles qui peu­plaient sa demeure. Elle attes­ta la viva­ci­té de ses croyances en tra­çant du pouce de sa main droite le signe de la croix sur une colonne de marbre où s’en serait conser­vée l’empreinte, tan­dis que la marque de son pied droit res­tait visible sur une dalle. Dans son enthou­siasme pour la Sainte Tri­ni­té, elle contrai­gnit même, affirme-t-on, les ouvriers à per­cer dans la muraille de sa pis­cine une troi­sième fenêtre.

En même temps, elle s’a­don­nait à toutes les pra­tiques de la charité.

Le martyre.

Au retour de son expé­di­tion, Dios­core s’in­quié­ta de ces bou­le­ver­se­ments. Il apprit que tout s’é­tait fait par l’ordre de sa fille qu’il som­ma de lui expli­quer sa conduite. Celle-ci en prit occa­sion pour s’af­fir­mer chré­tienne ; pour lui expo­ser avec une cou­ra­geuse fran­chise la vani­té du paga­nisme ; pour lui dire la subli­mi­té des mys­tères de la reli­gion qu’elle venait d’embrasser ; pour lui décla­rer que les trois fenêtres qui lui don­naient la clar­té d’un même soleil repré­sen­taient les trois Per­sonnes de la Tri­ni­té, source unique de la vraie lumière. Barbe rai­son­nait avec tant de grâce et de sim­pli­ci­té que son père ten­ta d’a­bord de la dou­ceur pour la détour­ner du chris­tia­nisme, lui pro­po­sant un brillant mariage si elle retour­nait au paga­nisme. Elle lui répon­dit qu’elle pré­fé­rait la beau­té incom­pa­rable de la vir­gi­ni­té, qu’elle s’é­tait pro­mise au Christ, qu’elle ne vou­lait que lui comme époux, et que toutes les cou­ronnes de la terre ne valaient pas celle qui l’at­ten­dait là-haut.

Trans­por­té de colère, Dios­core vou­lut immé­dia­te­ment immo­ler son enfant à ses dieux : tirant son épée il se pré­ci­pi­ta sur elle. Elle par­vint à s’é­chap­per ; dans sa fuite, à tra­vers la cam­pagne, un rocher s’en­tr’ou­vrit pour lui per­mettre de trou­ver asile dans une grotte, dont des ronces mas­quaient l’entrée.

Mais cette retraite fut indi­quée par un ber­ger qui, du reste, en châ­ti­ment de sa tra­hi­son, fut chan­gé en un bloc de marbre tan­dis que ses bre­bis étaient trans­for­mées en sauterelles.

Ouvrage : Lectures Catholiques

Il y a de cela bien, bien long­temps, les cloches son­naient à toute volée dans un vil­lage per­du des mon­tagnes d’Auvergne. 

Elles envoyaient au loin leurs notes allègres, joyeuses et claires, et annon­çaient aux pauvres pas­teurs la venue du Mes­sie, les conviant à aller ado­rer le Dieu de l’é­table dans la modeste cha­pelle à Lui consacrée. 

La neige cou­vrait la terre d’une couche épaisse. 

Le vent souf­flait avec vio­lence, et au loin avec un fra­cas hor­rible, on enten­dait rou­ler, se pré­ci­pi­ter dans la val­lée, empor­tant tout sur son pas­sage, la ter­rible avalanche. 

Aux buis­sons, aux arbres rares, étaient sus­pen­dus ces minces fils argen­tés d’un aspect tout à la fois si char­mant et si triste. 

Les femmes jetaient sur leurs épaules leurs pelisses épaisses et chaudes. 

Les hommes s’en­ve­lop­paient de leurs longs manteaux. 

Noël : en allant à la messe de minuit

On se dis­po­sait à s’a­che­mi­ner vers la mai­son du Sei­gneur pour y entendre célé­brer la Messe de minuit et y enton­ner de joyeux Noëls en l’hon­neur de l’Enfant-Dieu. 

De gaies jeunes filles d’un hameau voi­sin venaient de sor­tir de l’é­table où elles s’é­taient réunies en atten­dant l’heure solennelle.

Elles aus­si avaient pris le sen­tier qui menait à la vieille église. 

Sous leur pas alerte réson­nait la terre. 

Leurs joyeux caquets trou­blaient seuls le silence de la nuit.

Sou­dain, au milieu des rires, arri­va jus­qu’à elles un bruit, un bruit si étrange que toutes, au même moment, s’ar­rê­tèrent pour écouter. 

Près d’elles, à leurs pieds pour ain­si dire, se fai­saient entendre des vagis­se­ments plain­tifs sem­blables à ceux d’un nouveau-né. 

C’é­tait sans doute une illu­sion, car on était loin de toute habitation. 

Aus­si, après un ins­tant pen­dant lequel on n’en­ten­dit plus que souf­fler la bise, mugir la tem­pête et s’é­teindre les der­niers accents des cloches, les jeunes filles, bien per­sua­dées de s’être trom­pées, reprirent-elles leur route. 

Mais à peine eurent-elles fait quelques pas qu’é­cla­tèrent plus plain­tifs, plus pres­sants, de nou­veaux cris de détresse . 

Nul doute, prés de là gémis­sait un être, en proie à la souffrance. 

Elles se bais­sèrent, cher­chèrent et finirent par décou­vrir une petite masse noi­râtre qui se déta­chait sur l’im­ma­cu­lée blan­cheur de la neige. 

Elles s’ap­pro­chèrent, et que virent-elles ? 

Dans un de ces lourds et longs sabots, que chaussent les habi­tants de nos cam­pagnes, gisait une faible créa­ture si mignonne, si jolie, qu’on pou­vait aisé­ment la prendre pour un ange du bon Dieu. 

Le pauvre enfant était à demi-nu. Ses membres étaient engour­dis par le froid. Sa voix s’af­fai­blis­sait et mena­çait de se para­ly­ser tout à fait. 

Qui donc avait eu le cou­rage d’a­ban­don­ner ain­si son fils, son-nouveau-né ? 

Qui avait eu la bar­ba­rie d’ex­po­ser un si petit être à une tem­pé­ra­ture si rigou­reuse, et de le livrer en pâture cer­taine aux loups qui rôdaient affa­més sur la montagne ? 

Les joyeuses jeunes filles devinrent sérieuses tout-à-coup, prirent l’en­fant et se mirent en devoir de le réchauf­fer de leur mieux. 

Puis elles se deman­dèrent ce qu’elles feraient du ché­ru­bin qu’elles venaient de décou­vrir si inopinément.

Qui se char­ge­rait de sa personne ?

Ouvrage : Le deuxième livre d'André

I

Près du por­tail de la cathé­drale de Saint-Jean, de Lyon, on remar­quait un vieux pauvre qui venait, depuis vingt-cinq ans, s’as­seoir régu­liè­re­ment tous les jours à la même place. Sous les haillons et les lam­beaux de la misère qui le cou­vraient, per­çait une appa­rence de digni­té qui annon­çait que ce n’é­tait pas un pauvre ordi­naire. Il avait reçu une édu­ca­tion supé­rieure à celle qui accom­pagne géné­ra­le­ment la misère. Aus­si jouis­sait-il par­mi les autres pauvres d’une cer­taine considération. 

Le pauvre vieux mendiant près du portail de la cathédrale
Près du por­tail de la cathé­drale de Saint-Jean…

C’é­tait lui qui apai­sait les que­relles, et on le char­geait sou­vent de dis­tri­buer les aumônes. Sa vie et ses mal­heurs étaient un mys­tère pour tout le monde. Jean-Louis (c’é­tait son nom) ne met­tait jamais le pied dans l’é­glise, et Jean-Louis était catholique. 

Au moment des offices, le vieux pauvre se sen­tait entraî­né à confondre sa prière avec celle des fidèles. Le chant sacré, la lumière, des cierges, l’ap­pa­reil de l’au­tel[1], l’har­mo­nie de l’orgue, le recueille­ment de la foule, tout le frap­pait d’admiration.

Des ruis­seaux de larmes cou­laient à tra­vers les rides de son visage. Un grand mal­heur ou un pro­fond remords sem­blaient agi­ter son âme. Un prêtre, l’ab­bé Sorel, se ren­dait chaque matin à Saint-Jean pour célé­brer la messe, il était fort cha­ri­table ; Jean-Louis, son pauvre pri­vi­lé­gié, rece­vait chaque jour sa petite aumône.

II

Un jour, Jean-Louis n’é­tait pas à sa place accou­tu­mée. L’ab­bé Sorel, jaloux de ne pas perdre le fruit de son aumône, s’in­forme du pauvre, cherche sa demeure, la trouve enfin, et quelle est sa sur­prise de voir, au lieu d’un misé­rable réduit, un riche appar­te­ment, et dans un coin, au milieu de la richesse, un misé­rable gra­bat sur lequel gisait le vieux mendiant. 

La pré­sence du prêtre rani­ma le vieillard dans ses dou­leurs ; et d’une voix pleine de recon­nais­sance, il s’écria : 

« Mon­sieur l’ab­bé, vous dai­gnez vous sou­ve­nir d’un mal­heu­reux tel que moi ! 

  1. [1] L’ap­pa­reil de l’au­tel : la solen­ni­té et la pompe qui s’y déploient.
Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants | Auteur : Goldie, Agnès

Les Quarante Martyrs

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Il fal­lait un fameux cou­rage et une grande grâce de Dieu pour attendre de pied ferme l’ours qui doit vous étouf­fer, la lionne prête à vous dévo­rer. Il fal­lut non moins de cou­rage pour subir le mar­tyre si dif­fé­rent, qui consis­tait à res­ter cou­ché sur la glace jus­qu’à la mort. 

Tan­dis que Constan­tin le païen conver­ti par la croix et deve­nu empe­reur — tra­vaillait en Occi­dent au triomphe de l’Église, Luci­nus, qu’il s’é­tait asso­cié, la per­sé­cu­tait en Orient. 

Ce prince ordonne que toutes les légions fassent aux dieux des sacri­fices publics, cela, sous peine de mort.

À Sébaste, en Armé­nie, qua­rante offi­ciers et sol­dats refusent d’o­béir. « Nous sommes chré­tiens »

— On ver­ra si vous le serez encore quand vous cla­que­rez des dents ! Qu’on les couche sur l’é­tang gla­cé, aux portes de la ville !

Les Quarante Martyrs de Sébaste morts sur la glace
« …Len­te­ment il se traîne sur la glace…

Pour les ten­ter, un bain chaud est entre­te­nu sur la berge. La seule vapeur qui s’en dégage, donne envie de cou­rir s’y jeter… 

La prière sou­tient leur cou­rage. L’un d’eux aurait-il ces­sé de prier ?… Voi­ci que son cou­rage fai­blit… len­te­ment il se traîne sur la glace. Les païens qui entre­tiennent l’eau chaude l’aident à se his­ser dans la bai­gnoire. La dif­fé­rence de tem­pé­ra­ture le sai­sit et il expire presque aussitôt. 

Tan­dis que ceci se passe, une des sen­ti­nelles a vu le ciel se peu­pler d’anges qui tiennent des cou­ronnes au-des­sus des trente-neuf sol­dats res­tés fidèles. L’ange du trans­fuge n’a plus per­sonne à cou­ron­ner. Alors, ne fai­sant ni une ni deux, le sol­dat laisse tom­ber sa chaude cape et, gre­lot­tant, mais brave, va se cou­cher à la place vide : « Je crois en Dieu. Je suis chré­tien ! » dit-il.

Au petit jour, les qua­rante corps sont entas­sés sur un char­riot et jetés au feu… Et, grâce à la sen­ti­nelle, c’est bien au nombre de qua­rante qu’ils furent cou­ron­nés dans la gloire…

Saint Sébastien

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Sébas­tien naquit à Nar­bonne, d’une famille chré­tienne ori­gi­naire de Milan. Par­ve­nu à l’âge de choi­sir une car­rière, il s’en­ga­gea dans l’ar­mée de César. L’ar­mée romaine était fort nom­breuse et fort répu­tée et, pour tout sujet de l’Em­pire, c’é­tait une gloire d’y ser­vir et de por­ter les aigles romains de l’O­rient à l’Oc­ci­dent, du Finis­tère à la Pales­tine, sans oublier l’A­frique du Nord.