Étiquette : Fidélité

Auteur : Dulac, O. | Ouvrage : Et maintenant une histoire I, Les commandements à observer, les vertus à pratiquer .

Huitième commandement. 1

Récit de bravoure par un jeune - La ville de Tizi-OuzouNiché au creux de la mon­tagne, Tizi-Ouzou som­meille. C’est l’heure de la sieste.

A l’extrémité de la bour­gade, tout près de la grande forêt, une ferme se dresse, habi­tée depuis plus de cent ans par la famille Ber­theau qui, à force de tra­vail, a réus­si à trans­for­mer la cabane de bran­chages du pre­mier de ses ancêtres en un domaine pros­père. Aus­si cette année, la famille a-t-elle déci­dé de s’accorder quelques vacances. M. Ber­theau, sa femme, ses filles et ses trois jeunes gar­çons se sont embar­qués à Phi­lip­pe­ville pour la France où ils comptent res­ter un mois. Jean, le fils aîné, a deman­dé à res­ter pour gar­der le domaine. Éten­du sur une sorte de divan arabe, il som­meille ; mais un bruit sin­gu­lier tout à coup éveille son atten­tion ! Qu’est-ce ? On dirait le galop d’un che­val. Quel impru­dent peut oser voya­ger sous l’implacable soleil ? Jean court à la fenêtre. Lan­cé à toute allure, un che­val galope là-bas sur la piste. Un bur­nous rouge flotte au vent de la course : un spa­hi. Mais qu’arrive-t-il ?

Lorsque l’animal par­vient à la hau­teur de la fenêtre où Jean se tient hale­tant, le cava­lier soli­taire perd l’équilibre et roule à terre. Sa mon­ture s’arrête d’elle-même quelques pas plus loin et revient flai­rer son maître éten­du en tra­vers du che­min.

Jean a bon­di ; il se penche sur le sol­dat, le sou­lève, essaie de le rani­mer. Sa veste est rouge de sang. Une balle, entrée par le dos, a tra­ver­sé l’homme de part en part. Le bles­sé entr’ouvre les yeux :

Fidelité à la Mission - exemple pour la jeunesse« Por­ter pli Fort-Flat­ters, ordre du géné­ral… »

La fin est inin­tel­li­gible. Aidé d’un arabe, Jean le trans­porte à l’intérieur de l’habitation. Est-il mort ? Non, un souffle imper­cep­tible passe encore entre ses dents ser­rées. Ses lèvres s’agitent et voi­ci que, sans ouvrir les yeux, il mur­mure :

Notes :

  1. Que nous ordonne le hui­tième com­man­de­ment ?
    Le hui­tième com­man­de­ment nous ordonne de dire quand il le faut la véri­té, et d’interpréter en bien, autant que nous le pou­vons, les actions de notre pro­chain.
Auteur : Falaise, Claude .

Mariage.

Histoire de fidelité et de mariageSuzy regar­da le cadran lumi­neux de son réveil. Elle dis­tin­guait mal l’emplacement exact des aiguilles proches l’une de l’autre.

Quelle heure pou­vait-il bien être ?… Une heure dix ou deux heures cinq ? De toutes façons, minuit était lar­ge­ment pas­sé ; la mai­son désor­mais bien endor­mie, la rue silen­cieuse.

Suzy se leva, se glis­sa jusqu’à l’interrupteur de la lampe élec­trique ; le cœur bat­tant — parce que tout com­men­çait pour elle en cet ins­tant de la grande aven­ture dans laquelle elle avait choi­si de se lan­cer — elle allu­ma.

La lumière bien camou­flée par un car­ré de tis­su épais, se répan­dit dis­crè­te­ment.

Suzy n’eut pas à s’habiller. Elle s’était cou­chée toute vêtue, sachant que cette pré­cau­tion lui gagne­rait du temps et lui évi­te­rait des pas dan­ge­reux.

Elle n’enfila pas ses sou­liers dont les hauts talons fins frap­paient comme deux mar­teaux bavards sur le bois du plan­cher.

« Si seule­ment j’avais pu pré­pa­rer mes bagages, son­gea-t-elle : mais maman n’a fait qu’aller et venir par toute la mai­son durant la soi­rée… comme si elle redou­tait quelque chose. »

La jeune fille, à contre-cœur, avait déci­dé de renon­cer à prendre sa valise. L’objet était entre­po­sé dans un pla­card pen­de­rie où cha­cun avait accès. Elle se conten­te­rait de son sac de mon­tagne plus dis­crè­te­ment acces­sible et d’un vaste car­ton qui, depuis long­temps déjà, dor­mait plus ou moins inutile sur la plus haute éta­gère de son armoire.

« J’aurais dû le des­cendre avant la nuit, regret­ta Suzy, il me faut mon­ter sur une chaise pour l’atteindre. Pour­vu que je ne fasse rien tom­ber ».

Elle déci­da de décou­vrir un ins­tant la lampe afin d’assurer une meilleure visi­bi­li­té durant cette démarche acro­ba­tique. Mais à peine le camou­flage reti­ré, elle le remit en place avec pré­ci­pi­ta­tion, un bruit sus­pect lui étant par­ve­nu du cou­loir proche.

Un peu de honte gagnait main­te­nant la jeune fille en même temps qu’une peur irrai­son­née. C’était bien la pre­mière fois de sa vie qu’elle agis­sait chez ses parents — chez elle, somme toute — avec des gestes de voleur.

Ce serait la der­nière fois aus­si puisqu’elle par­tait à jamais ; cette pen­sée pour­tant la ras­su­ra mal.

— Papa ! Maman Quelque chose s’attendrissait en son cœur parce que cha­cun ici l’avait tou­jours très ten­dre­ment aimée.

Elle repous­sa avec une éner­gie presque déses­pé­rée cette « ten­ta­tion » de fidé­li­té aux siens. Le bruit sus­pect s’était pré­ci­sé dans le cou­loir : Suzy avait recon­nu le gri­gno­te­ment fami­lier des sou­ris.

Elle décou­vrit de nou­veau la lampe. Un pâle rayon rose tom­ba sur la pho­to­gra­phie de Daniel, de Daniel qu’elle aimait, de Daniel qu’elle allait rejoindre.

Auteur : Dardennes, Rose | Ouvrage : À l'ombre du clocher - 1. Les sacrements .

enfants romains - Pages jouantDans une salle du palais impé­rial, trente petits pages attendent le bon plai­sir de l’empereur. Ils jouent, chantent, bavardent… Lorsque Roc­cius « le grand » arrive avec des allures mys­té­rieuses qui intriguent les autres. Les voi­ci tous autour du nou­veau venu, curieux, fré­tillants…

Tous ? Non. Alexa­mène est res­té auprès de Félix, immo­bi­li­sé par une entorse. Lui aus­si brûle de savoir ce qui se chu­chote à l’entrée de la salle. Mais lais­se­ra-t-il seul un com­pa­gnon malade ?… Il lance les dés :

— Huit et deux : je gagne !

— Six par­tout : c’est moi !

— Qu’est-ce qu’ils racontent donc là-bas ?

Là-bas, ils ne racontent plus rien. Avec de grands gestes et des airs impor­tants, Roc­cius a dit la chose qui a déclen­ché des rires étouf­fés. Main­te­nant, toute l’attention est concen­trée sur ce qu’il des­sine au mur avec un sty­let…

— Nous allons nous amu­ser : vous allez voir…

Et l’on voit.

On voit naître, trait à trait, un des­sin sur le mur : quatre lignes en croix…, puis, sur cette croix, un corps d’homme…, et sur le corps d’homme, une tête