Saint Paul, L’apôtre des nations

Auteur : Daniel-Rops | Ouvrage : Saint Paul, aven­tu­rier de Dieu .

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Saint Paul, aventurier de Dieu

Temps de lec­ture : 12 minutes

IV. LE CHRIST EST VENU POUR TOUS

Être le témoin du Christ est chose dif­fi­cile et dan­ge­reuse. Saül allait en faire bien­tôt l’expérience. Quand il revint à Damas, il y trou­va la situa­tion très mau­vaise pour les fidèles. Les juifs avaient obte­nu des auto­ri­tés arabes, de qui dépen­dait la ville, qu’elles missent fin à leur pro­pa­gande. Et quand le gou­ver­neur apprit que Saül recom­men­çait à par­ler du Christ dans les rues, il déci­da de le faire arrê­ter. Mais Saül l’apprit et il s’enfuit.

Saint Paul s'enfuit de Damas dans un panierSon éva­sion de Damas fut extrê­me­ment pit­to­resque. La grande ville était tout entière cein­tu­rée de hauts murs, per­cés de portes for­ti­fiées, gar­dées avec soin. Com­ment déjouer cette sur­veillance ? Heu­reu­se­ment, par­mi les amis de Saül, il y en avait un dont la mai­son, construite sur le rem­part, avait un bal­con au-des­sus du vide. On fit asseoir Saül, qui était de petite taille, dans un de ces larges paniers dont on se ser­vait au mar­ché pour appor­ter les pois­sons ou les légumes. Le panier fut atta­ché à une corde et glis­sa le long de la muraille avec son pré­cieux paquet ! Saül trou­vait cela peu glo­rieux, mais il était libre.

Après cette fuite mou­ve­men­tée, l’évadé se deman­da où il irait. Il pen­sa à Jéru­sa­lem ; c’était évi­dem­ment dan­ge­reux, car il ris­quait fort, dans la Ville Sainte, de tom­ber sur un de ses anciens amis Pha­ri­siens qui le consi­dé­re­rait comme un traître et le ferait arrê­ter. Mais Saül, s’il vou­lait vrai­ment se consa­crer au ser­vice du Christ, devait prendre contact avec les Apôtres, ceux que Jésus lui-même avait char­gés d’évangéliser le monde en son nom.

A Jéru­sa­lem, il fut tout d’abord fort mal reçu, aus­si mal qu’il l’avait été dans la com­mu­nau­té de Damas. Par­mi les fidèles du Christ, on avait gar­dé le sou­ve­nir du jeune fana­tique qui avait joué un rôle dans le mar­tyre d’Étienne. Les Apôtres com­men­cèrent par s’arranger pour ne pas le voir. Cette his­toire d’apparition, d’aveuglement et de vue retrou­vée sem­blait incroyable.

Heu­reu­se­ment, par­mi la petite troupe d’amis qui entou­raient les Apôtres, se trou­vait un homme de grande sagesse : Bar­na­bé. Au cours d’un voyage, il était pas­sé par Damas, et il y avait enten­du racon­ter ce qui concer­nait Saül. Il put donc assu­rer que tout était vrai de l’étonnante his­toire, et que l’ancien per­sé­cu­teur avait cou­ra­geu­se­ment don­né témoi­gnage au Christ dans la ville syrienne. Ain­si Saül fut-il admis dans la com­mu­nau­té des fidèles et vit-il les Apôtres. Ce fut alors que se posa une grave ques­tion. Le Sei­gneur, avant de remon­ter auprès du Père, a dit à ses dis­ciples : « Allez et évan­gé­li­sez tous les Peuples ! » Mais, pour les Apôtres, il était très dif­fi­cile d’obéir à cet ordre. C’étaient des petites gens de Pales­tine, des ouvriers, des pêcheurs. Ils n’étaient jamais sor­tis de leur pays et, pour la plu­part, ne devaient pas par­ler le grec, la langue usuelle d’alors. Com­ment feraient-ils pour s’en aller dans de loin­tains pays ensei­gner la doc­trine du Maître ? Aus­si cer­tains d’entre eux se disaient-ils : « Com­men­çons par prê­cher l’Évangile par­mi nos frères de race. Fai­sons-leur com­prendre que Jésus est le Mes­sie… »

Vie de saint Paul racontée aux jeunes

Saül, lui, n’était pas de cet avis. L’ordre du Maître était for­mel, il avait dit : « Évan­gé­li­sez tous les Peuples ! » Lui, Juif de Tarse et fils de citoyen romain, il connais­sait bien mieux le monde ; il par­lait grec cou­ram­ment et sans doute latin aus­si. Il avait voya­gé. Qu’on essayât d’apprendre l’Évangile au peuple d’Israël, sans doute, mais il fal­lait aus­si por­ter la Parole au reste des hommes. Saül se sen­tait inquiet ; que devait-il faire ? Alors, Jésus, une seconde fois, lui appa­rut :

— Pars d’ici, lui ordon­na-t-il, va au loin ! car c’est vers les païens que je vais t’envoyer.

Il par­tit donc. Quelque temps il retour­na dans sa ville natale de Tarse, atten­dant avec confiance que le Sei­gneur lui fît com­prendre ce qu’il avait à faire. Un jour qu’il médi­tait dans la cam­pagne, il vit venir à lui un homme qui lui fit de grands gestes d’amitié. C’était Bar­na­bé qui avait été char­gé par les Apôtres d’aller por­ter l’Évangile dans une autre grande ville de Syrie nom­mée Antioche : il avait besoin d’un aide, il venait cher­cher Saül.

Antioche était alors une des capi­tales du monde : la troi­sième ville de l’Empire romain, après Rome et Alexan­drie d’Égypte. Ins­tal­lée sur le fleuve Oronte, pas très loin de la mer, c’était un centre com­mer­çant d’une richesse extrême. Sa popu­la­tion, qui comp­tait plus d’un mil­lion d’âmes, était for­mée de tous les peuples, et l’on y par­lait toutes sortes de langues. Quel beau champ d’action pou­vait trou­ver là Saül ! A Antioche, il y avait déjà une petite com­mu­nau­té de fidèles de Jésus. On en par­lait tel­le­ment que c’était là que, pour la pre­mière fois, on avait don­né à ceux qui croyaient en le Christ, le nom de Chré­tiens. Saül et Bar­na­bé furent admi­ra­ble­ment reçus par­mi leurs frères, mais, bien vite, la ques­tion qui tour­men­tait Saül se posa. Fal­lait-il res­ter entre soi, entre anciens Juifs conver­tis, ou bien ne devait-on point aller par­ler du Christ à tous ces gens de toutes races qui s’entassaient dans la grande ville ? Eux aus­si, les païens, n’avaient-ils pas droit à la Véri­té et à la Lumière ?

Saint Paul et saint Barnabé sur les routes de missionEt alors, une troi­sième fois, le Christ inter­vint pour diri­ger son « ins­tru­ment ». Saül et Bar­na­bé reve­naient de Jéru­sa­lem, où la com­mu­nau­té d’Antioche les avait envoyés por­ter des secours à leurs frères chré­tiens, alors per­sé­cu­tés et très mal­heu­reux. Dans la Ville Sainte, ils avaient com­pris, mieux encore, que l’avenir du Chris­tia­nisme n’était pas là, dans cette cité petite, domi­née par le clan des Prêtres juifs, mais que c’était le monde entier qui devait rece­voir la Parole. Ils répé­tèrent cela à leurs amis. Sou­dain l’Esprit-Saint se fit entendre :

— Met­tez à part Saül et Bar­na­bé pour la Mis­sion à laquelle je les des­tine !

C’en était fait, Saül savait que tout ce qu’il pen­sait était vou­lu par le Christ. La parole de Dieu s’adresse à tous les hommes. Et lui, il serait le por­teur de cette Parole à toutes les nations.

 

V. L’APÔTRE DES NATIONS

C’est sous ce titre, « l’Apôtre des Nations » qu’il devait être connu dans l’histoire et que l’Église le vénère. De nos jours, on donne le nom de « Mis­sion­naires » aux prêtres cou­ra­geux qui, dans les pays les plus sau­vages, de l’Afrique ou de l’Asie, vont ensei­gner le Chris­tia­nisme aux païens. Saül fut le pre­mier des Mis­sion­naires, le plus héroïque, le plus infa­ti­gable. Le Chris­tia­nisme lui a dû de se lan­cer à la conquête du Monde…

Regar­dez-le, le petit homme, au moment où il va par­tir pour ses grandes expé­di­tions. Il a qua­rante ans, il est dans la pleine force de l’âge ; mais, en fait, il est sou­vent malade ; il sent comme « une écharde dans sa chair ». Court de taille, le dos cour­bé, chauve et le nez fort, il ne paie pas de mine ; mais, quand il vous regarde, une puis­sance sin­gu­lière semble jaillir de ses yeux, pour com­battre et pour convaincre. Quand il parle, ses mots sont brû­lants, magni­fiques et ter­ribles, et l’on ne résiste guère à son rayon­ne­ment.

Vingt ans durant ! Voi­là ce que va durer sa tâche de porte-parole du Christ ! Jusqu’à la fin, jusqu’à sa mort ! Par les routes, par les mers, il s’en ira, sans que ni les obs­tacles de la nature ni ceux des hommes ne l’arrêtent. Ce qu’a été son exis­tence de Mis­sion­naire, il l’a racon­té dans une lettre :

« Les fatigues, les pri­sons, les coups, les périls mor­tels, j’ai connu tout cela plus que qui­conque. Cinq fois les Juifs m’ont infli­gé la fla­gel­la­tion : Qua­rante coups moins un. Trois fois, j’ai été roué de coups. Une fois, on m’a acca­blé de pierres. J’ai fait nau­frage trois fois ; j’ai même pas­sé un jour et une nuit sur la mer en furie, mena­cé par l’abîme. Voyages sans nombre : dan­gers pour fran­chir les fleuves, dan­gers de la mer. Et dan­gers du côté des traîtres, oui, tout cela je l’ai connu ! Et tra­vailler jusqu’à l’épuisement, et veiller bien des jours de suite, et man­quer de nour­ri­ture et de bois­son, et n’avoir pas de vête­ments pour les grands froids. Tel fut mon des­tin de témoin du Christ !

Bien peu d’hommes, on le voit, auraient été capables de mener, vingt ans de suite, une telle exis­tence. Qua­rante mille kilo­mètres de terre et autant de mer ! deux fois le tour de la terre ! Et, à cette époque, les moyens de com­mu­ni­ca­tion n’étaient pas ce qu’ils sont deve­nus aujourd’hui. Pauvre mis­sion­naire, Saül dut être bien sou­vent obli­gé d’aller à pied, par longues étapes, dans la cha­leur ou le grand froid. Sur mer, les bateaux étaient petits, incon­for­tables, peu sûrs, en cas de mau­vais temps. Et si l’on songe encore que, dans tous les lieux où il arri­vait, l’Apôtre était sans cesse mena­cé d’être arrê­té, jeté en pri­son, fla­gel­lé, et peut-être pis encore, on admire le cou­rage qu’il lui fal­lut déployer pour demeu­rer fidèle à sa mis­sion.

Et encore, ces qua­li­tés magni­fiques n’étaient pas les seules qu’eût cet homme extra­or­di­naire. Son intel­li­gence com­pre­nait tous les pro­blèmes et, immé­dia­te­ment, leur don­nait une solu­tion. Non seule­ment, par son audace, il allait fon­der. des com­mu­nau­tés chré­tiennes dans un grand nombre de villes. Mais, excellent admi­nis­tra­teur, il conti­nue­rait, après son départ, à les diri­ger de loin comme un véri­table chef. Ah, Jésus ne s’était pas trom­pé, quand, en choi­sis­sant Saül, il avait fait de lui son « ins­tru­ment » !

Saint Paul traverse les épreuves et la mer

VI. COMMENT SAUL DEVINT PAUL

Sur le môle de Séleu­cie de l’Oronte, le port d’Antioche, à l’automne de l’année 46, les voya­geurs qui embar­quaient sur le cour­rier de Chypre, regar­daient un petit groupe d’hommes vêtus à la juive qui, avec de grands gestes, sou­hai­taient bonne mer à trois par­tants. L’un était malingre, court de jambes, mais sa face rayon­nait d’ardeur et d’intelligence ; le second était grand et beau, plus réser­vé ; le troi­sième, un très jeune homme encore était visi­ble­ment aux ordres des deux pre­miers. Pou­vaient-ils soup­çon­ner, ces com­mer­çants syriens qui s’en allaient à Chypre ache­ter du cuivre et des par­fums, que ces trois voya­geurs modestes par­taient à la conquête du monde ?

Les trois ‚voya­geurs étaient Saül, Bar­na­bé et le neveu de ce der­nier, le jeune Marc, celui-là même qui, plus tard, écri­rait le second évan­gile. Ils par­taient pour Chypre, parce que Bar­na­bé en était ori­gi­naire. L’île était gou­ver­née par les Romains qui y exploi­taient les mines de cuivre, — c’était Chypre, cupros, qui avait don­né son nom au métal.

Le gou­ver­neur romain se nom­mait Ser­gius Pau­lus : sa famille appar­te­nait à la noblesse de Rome. C’était un homme de grande intel­li­gence, pré­oc­cu­pé des ques­tions reli­gieuses. En appre­nant l’arrivée sur son domaine de ces per­son­nages bizarres, qui annon­çaient une doc­trine nou­velle, il vou­lut les entendre, et ce que les trois chré­tiens lui dirent l’intéressa au plus haut point.

Or, dans l’entourage du gou­ver­neur romain, il y avait un pré­ten­du magi­cien, astro­logue et fai­seur de tours : « Ely­mas le Sage ». Inquiet de voir les nou­veaux venus prendre de l’influence, il essaya de les faire chas­ser. Alors Saül l’interpella en public, devant le Pro­con­sul romain.

— Homme plein de ruses et de scé­lé­ra­tesses, fils du Diable, enne­mi de la véri­té, est-ce que tu vas ces­ser de te mettre en tra­vers du che­min de Dieu ? Main­te­nant la main du Tout-Puis­sant va s’abattre sur toi. Tu vas être aveugle et, pour un temps, tu seras pri­vé de la vue du soleil !

Saint Paul et Elymas devenu aveugle

Au même moment, d’épaisses ténèbres s’abattirent sur le pré­ten­du « sage ». Il se mit à tour­ner sur lui-même de tous côtés, cher­chant une main pour le gui­der. Ce miracle impres­sion­na le gou­ver­neur. Il vit que son fameux Ely­mas n’était qu’un char­la­tan, mais que Saül par­lait réel­le­ment au nom du Dieu Tout-Puis­sant. Aus­si lui mar­qua-t-il la plus grande sym­pa­thie, accueillant les mes­sa­gers du Christ chez lui, les écou­tant lui par­ler de leur Maître et de son mes­sage. Pour eux, c’était là une belle réus­site : un Romain de haute nais­sance enten­dait leur ensei­gne­ment. Tant et si bien que Saül réso­lut d’abandonner son nom israé­lite pour celui de Pau­lus, dont en fran­çais on a fait Paul. Pour aller par­ler dans les divers pays de l’Empire, ce chan­ge­ment de nom était très com­mode. Et il mar­quait aus­si la gra­ti­tude de l’Apôtre des païens pour le pre­mier païen qui lui avait don­né son ami­tié.

 

VII. AVENTURES EN ASIE

Quit­tant l’île aimable où il avait fon­dé les pre­mières églises, Paul, — nous l’appellerons désor­mais ain­si, — se lan­ça à la conquête des pla­teaux d’Asie Mineure. C’était une entre­prise pleine de dif­fi­cul­tés ; les passes des mon­tagnes étaient infes­tées de bri­gands ; les popu­la­tions de l’intérieur par­laient des langues incom­pré­hen­sibles et elles pas­saient pour peu com­modes. Mais Paul n’était pas homme à se lais­ser arrê­ter par les obs­tacles.

Les trois voyages qu’il fit en Asie Mineure furent de véri­tables aven­tures. Dans beau­coup d’endroits, il y avait des colo­nies juives, qui, bien­tôt ren­sei­gnées par des mes­sages venus de Jéru­sa­lem, trai­tèrent Paul comme un adver­saire, et cher­chèrent par tous les moyens à l’empêcher de par­ler. Une fois, il avait ensei­gné le nou­veau mes­sage avec tant de flamme que, le same­di sui­vant, il y avait foule pour l’entendre. Alors, les Juifs, furieux, orga­ni­sèrent un tel vacarme que toute dis­cus­sion devint impos­sible. Pis encore : ils dénon­cèrent Paul et Bar­na­bé comme de dan­ge­reux agi­ta­teurs publics, afin que les auto­ri­tés romaines les missent en pri­son. Heu­reu­se­ment, pré­ve­nus à temps, les deux mis­sion­naires purent s’éclipser de jus­tesse.

Les Juifs font du bruit pour empêcher la prédication de saint PaulPour­tant tout n’était pas aus­si dra­ma­tique dans leur voyage. Une fois même, il leur arri­va une aven­ture extrê­me­ment comique. Cela se pas­sait à Lystres, capi­tale de la Lycao­nie. Paul vit, par­mi ceux qui l’écoutaient par­ler du Christ un homme boi­teux de nais­sance. Se sou­ve­nant alors que Jésus a pro­mis à ceux qui par­le­raient en son nom de faire par leurs mains des miracles, il s’approcha de l’infirme et lui cria : « Au nom de Jésus le Christ, je te l’ordonne : lève-toi ! » D’un bond, l’homme se dres­sa et se mit à mar­cher. Le bruit de ce miracle se répan­dit dans toute la ville. Qui pou­vaient bien être ces deux per­son­nages bizarres qui pos­sé­daient la force sur­na­tu­relle de gué­rir les infirmes ? Nul doute : c’étaient des dieux ! Le plus grand, avec sa belle barbe et son air grave, c’était cer­tai­ne­ment Zeus, le père de tous les dieux ; et le petit maigre, c’était Her­mès. Et voi­là toute la cité en fièvre pour faire une grande fête aux deux dieux ! Le prêtre païen arrive avec des cou­ronnes, traî­nant der­rière lui deux tau­reaux blancs qu’il se pro­pose d’offrir en sacri­fice à nos deux immor­tels. C’est tout juste si on ne les juche pas sur l’autel pour les ado­rer ! Et comme cette foule parle le dia­lecte lycao­nien, auquel Paul et Bar­na­bé ne com­prennent goutte, il leur faut pas mal de temps pour dis­cer­ner la méprise, s’expliquer, et per­sua­der ces braves gens qu’ils ne sont pas des dieux !

Saint Paul - guérison d'un infirme a Lystres

L’aventure eut son bon et son mau­vais côté. Une com­mu­nau­té de chré­tiens naquit à Lystres, extrê­me­ment fer­vente : c’est par­mi ces conver­tis que Paul dis­tin­gua le jeune Timo­thée qui, plus tard, sera le com­pa­gnon de ses der­nières années. Mais les Juifs orga­ni­sèrent un véri­table guet-apens contre les mis­sion­naires, traî­nèrent Paul en dehors des murs et là le rouèrent de coups si affreu­se­ment que ses amis le retrou­vèrent bles­sé et per­dant son sang.

Saint Paul prit pour un dieu a Lystres

La der­nière aven­ture de ces grands voyages mis­sion­naires en Asie fut aus­si une des plus étranges. Paul était arri­vé pas bien loin de l’endroit où jadis se dres­sait la célèbre ville de Troie que, dix siècles plus tôt, les guer­riers grecs avaient prise, — grâce à la ruse du che­val de bois inven­té par Ulysse, — et dont les mal­heurs ont ser­vi de sujet à l’un des plus célèbres poèmes de l’Antiquité : l’Iliade. Il était tout près de l’Europe, sépa­ré par le simple bras de mer de l’Hellespont, que nous nom­mons les Dar­da­nelles. Il se deman­dait ce qu’il devait faire : retour­ner en Asie ? ou bien se lan­cer à la conquête de ce monde incon­nu qu’était l’Europe ? Bar­na­bé l’avait quit­té, et il conti­nuait seul, de son côté, le bon tra­vail d’évangélisation en Asie. Pour rem­pla­cer ses com­pa­gnons, Paul avait désor­mais toute une petite troupe de fidèles : Silas, le jeune Timo­thée et sur­tout un méde­cin grec, intel­li­gent et artiste, du nom de Luc, celui-là même à qui nous devons le troi­sième évan­gile. Tous étaient prêts à le suivre, mais aucun ne pou­vait le conseiller.

Or, une nuit, alors que Paul médi­tait sur sa conduite future, il eut une vision. Un homme était devant lui, por­tant un cos­tume qu’il recon­nut : c’était celui des Grecs de Macé­doine, c’est-à-dire de la pro­vince qui était juste en face de lui. Et cet homme, avec de grands gestes d’appel, lui criait :

— Viens à notre secours ! arrive vite en Macé­doine ! L’ordre était clair. L’Europe aus­si devait rece­voir l’Évangile, et c’était lui, Paul, qui avait à le lui appor­ter.

(à suivre)


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