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9 mars 2026Sainte Françoise Romaine, Veuve

D’une grande famille de Rome, Fran­çoise naquit vers 1884. Atti­rée vers le cloître, elle dut cepen­dant, par sou­mis­sion filiale, épou­ser Loren­zo Pon­za­ni, jeune homme à la fois riche et noble. Dans l’é­tat du mariage, elle conser­va tou­jours, autant qu’elle le put, le genre de vie aus­tère qu’elle s’é­tait pro­po­sé, fuyant les spec­tacles et les fes­tins, por­tant des vête­ments très simples, don­nant à la prière ou au ser­vice du pro­chain le temps qui lui res­tait après l’ac­com­plis­se­ment de ses devoirs domes­tiques. Elle s’ap­pli­quait à reti­rer les dames romaines des vani­tés du monde : avec l’au­to­ri­sa­tion de son mari, elle fon­da dans ce but l’Ordre des Oblates régu­lières de saint Benoît. Elle sup­por­ta avec constance l’exil de son mari, la perte de ses biens, les mal­heurs de sa mai­son. Son mari étant mort, elle obtint d’être reçue comme la der­nière de toutes par­mi ces Oblates dont elle était la fon­da­trice. Son humi­li­té était extrême : sou­vent on la vit, elle, l’an­cienne grande dame, tra­ver­ser Rome, por­tant sur la tête un fagot de sar­ments ou condui­sant un âne char­gé de bois. Ses aus­té­ri­tés cor­po­relles étaient constantes : elle les dimi­nua cepen­dant sur l’ordre de son confes­seur. Elle fut favo­ri­sée de la pré­sence sen­sible de son ange gar­dien, avec lequel elle conver­sait fami­liè­re­ment. Sa mort sur­vint le 9 mars 1440.


Ouvrage : 90 Histoires pour les catéchistes II

Rédemption et Grâce

Honfleur, Calvaire de la Côte de Grâce - COROT - été 1830

Vous avez remar­qué par­fois, en vous pro­me­nant dans la cam­pagne, de grands cal­vaires pla­cés au car­re­four des che­mins. Près d’un petit vil­lage de l’Ouest de la France on pou­vait voir, avant la guerre de 1939 un de ces vieux Christ plu­sieurs fois cen­te­naire. Il était là, invi­tant les gens à prier… Mais hélas les pas­sants ne s’en sou­ciaient pas beau­coup ! Il n’y avait plus de prêtre dans la paroisse et c’est à peine si l’é­glise s’ou­vrait pour les bap­têmes, les mariages et les enter­re­ments. Autre­fois cepen­dant les habi­tants étaient pieux. C’é­taient les ancêtres qui jadis avaient pla­cé au bord de la route, comme une sen­ti­nelle, ce grand Christ de chêne.

Au moment de la Libé­ra­tion des sol­dats impies osèrent prendre pour cible ce cal­vaire. Le Christ, cri­blé de balles, était tom­bé au milieu des ronces. Chaque jour cepen­dant un pieux vieillard pas­sait devant ces débris et, navré, s’ar­rê­tait pour faire une courte prière. Un soir, comme il reve­nait de la ville en com­pa­gnie de sa petite-fille, il s’ap­pro­cha du buis­son qui enva­his­sait le socle. C’était pitié de voir ce Christ gisant à terre, la poi­trine trans­per­cée, les bras et les jambes bri­sées, la tête trouée de balles ! Alors le vieillard et l’en­fant se regar­dèrent et, sans rien dire, se com­prirent. Lui prit les bras et les jambes, elle la tête et ce qui res­tait de la poi­trine puis, sans se faire voir des pay­sans tra­vaillant à l’en­tour, ils allèrent dépo­ser leur pré­cieux far­deau au milieu des fou­gères, sous un gros chêne. À la tom­bée de la nuit ils revinrent pour trans­por­ter ces pieuses reliques chez eux. Là, per­sonne ne les pro­fa­ne­rait plus !

Ouvrage : À l'ombre du clocher - 1. Les sacrements | Auteur : Mainé, Marie-Colette

Ordre

Bonjour père Mat­thias ! ça va ?

— Bon­jour petiot ! Tu parais bien gai ce matin ?…

— C’est la ren­trée après-demain, voi­là pour­quoi je suis heureux !

— Ah ça ! tu es le contraire des autres alors !… dit le vieux tout surpris.

La vocation religieuse expliquée aux enfants - Guy à bicycletteMais déjà Guy Régnier saute sur son vélo et s’é­loigne en riant. A peine a‑t-il dépas­sé les der­nières mai­sons du vil­lage que le gar­çon ralen­tit, il roule dou­ce­ment dans la cam­pagne tout en savou­rant sa joie.

Mais oui, père Mat­thias, c’est la ren­trée qui rend Guy si joyeux, seule­ment voi­là : le gar­çon ne rentre pas à l’é­cole du vil­lage, il part à la ville ; déjà sa malle est prête por­tant l’é­ti­quette sur laquelle est ins­crite l’a­dresse du séminaire.

Il y a déjà très long­temps que « l’i­dée » est née dans l’es­prit et le cœur de Guy. Il y son­geait, l’ou­bliait, y reve­nait encore… En gran­dis­sant, quand il dis­cu­tait de l’a­ve­nir, de « quand ils seraient grands… » avec ses cama­rades, « l’i­dée » reve­nait encore. Fina­le­ment, Guy a réflé­chit, puis en a par­lé à sa mère :

— Maman ! quand je serai grand, je vou­drais être prêtre…

— Mon petit gar­çon, a‑t-elle dit. c’est très beau, mais très sérieux ! En as-tu par­lé à Mon­sieur le Curé ?…

Non, Guy n’a­vait pas son­gé à cela, il le dit et ajou­ta prudemment :

— Tu com­prends, je ne suis pas encore bien sûr…

— Jus­te­ment, ripos­ta Madame Régnier, il faut que tu connaisses la route sur laquelle tu veux mar­cher, et qui, mieux que Mon­sieur le Curé, pour­rait t’ex­pli­quer tout cela ?… Parle-lui sim­ple­ment de ton « idée », dis­cute avec lui et si tu te sens plus sûr de toi, nous en par­le­rons à papa !

Vocation - Saint curé d'Ars montrant le chemin du ciel
Copy­right : Laurent DUBOIS

Fina­le­ment, Guy avait trou­vé le conseil fort sage. Il alla trou­ver Mon­sieur le Curé, et encore une fois le temps passa…

Mais l’an der­nier à la même époque, Guy s’é­tait sen­ti prêt à par­ler. Et, très sérieu­se­ment, Mon­sieur Régnier a écou­té puis, fixant son fils qui, guet­tait ça réponse, il dit :

— Écoute Guy ! c’est pour la famille un très grand hon­neur si Dieu te choi­sit pour son ser­vice, mais vois-tu, c’est très grave ! Je te demande donc d’at­tendre un an pour bien réflé­chir et aus­si pour te pré­pa­rer ; au bout de ce temps, si tu as tou­jours le même désir, tu entre­ras au séminaire.

L’an­née avait pas­sé, ter­ri­ble­ment longue pour le gar­çon impa­tient, mais il avait su en faire une vraie pré­pa­ra­tion, et main­te­nant, c’est la grande 

Ouvrage : 90 Histoires pour les catéchistes II

La belle vertu

Histoire pour le KT - Saint Jean BoscoCe songe a été racon­té par Don Bos­co à ses élèves en 1867 :

« Dans la nuit du 29 au 30 mai, dit le Saint, je me trou­vais dans une immense plaine peu­plée de bre­bis. Je me deman­dais à qui pou­vait bien appar­te­nir une telle mul­ti­tude d’a­ni­maux lorsque j’a­per­çus tout à coup près de moi un ber­ger appuyé sur son bâton. Je lui deman­dai à qui était ce trou­peau. Il me répon­dit de ne pas m’en inquié­ter, que je le sau­rais plus tard. Gui­dé par lui je me mis à par­cou­rir la plaine et à exa­mi­ner les bêtes. Ici de superbes bre­bis brou­taient, à l’ombre de grands arbres, une herbe verte et épaisse. Un peu plus loin, un grand nombre d’autres, plus ou moins malades, cher­chaient leur nour­ri­ture dans des coins rem­plis de pierres et de ronces où ne se trou­vait pas un brin d’herbe fraîche. Je deman­dai quelques expli­ca­tions à mon guide. Il se conten­ta de me répondre : « Tu n’es pas fait pour conduire ce trou­peau. Je vais te mon­trer celui que tu dois faire paître. » Et il me condui­sit dans une autre par­tie de la plaine, cou­verte de brous­sailles, où des mil­liers d’a­gneaux pais­saient, maigres et le corps cou­vert de plaies. Chose curieuse, ils avaient de longues cornes comme de vieux béliers, et toutes se ter­mi­naient par une sorte d’S.

Catéchèse pour les enfants - troupeau de moutons - Songe de Don Bosco« Com­ment se fait-il, deman­dai-je, que des agneaux si jeunes aient des cornes pareilles ? — Regarde plus atten­tivement », me répon­dit le ber­ger. Je regar­dai à nou­veau et vis que leur corps était cou­vert de chiffres représen­tant un 3. « Qu’est-ce que tout cela signi­fie ? » deman­­dai-je à nou­veau. « Voi­ci, reprit l’homme. Cette plaine immense représente

Ouvrage : Et maintenant une histoire II | Auteur : Dardennes, Rose

Rosaire

Du bon usage du chapelet - Vierge à l'Enfant qui donne un Rosaire à deux enfants
Vierge à l’En­fant qui donne un Rosaire à deux enfants

Oui, clame Jac­que­line indi­gnée, je l’ai entendu !

– Que disait-il, enfin ?

– Il s’é­tait dis­pu­té avec Michel Bougre qui vou­lait pro­fi­ter de son agi­li­té pour l’en­voyer grim­per au noyer. Michel était par­ti en bou­gon­nant, et le petit « Noir » a dit entre ses dents : « Li méchant boy ; mais moi prendre mitraillette, et pan-pan-pan !… li deve­nir bon ! »

Ghis­laine et Pau­lette sont affolées :

« Une mitraillette ! Il va le tuer !

– Il ne semble pour­tant pas méchant, ce petit », mur­mure Odette.

Il a même l’air fort gen­til, Joseph, authen­tique négrillon, débar­qué avant-hier au vil­lage avec le Père Duchesne reve­nu voir sa vieille maman. Le mis­sion­naire – un gars du pays qui fut à l’école avec tous les papas des enfants d’aujourd’hui, et arrive droit d’Afrique – était joyeu­se­ment atten­du par tout le petit monde de Rive­claire, friand d’his­toires de nègres et de sor­ciers… Mais quand on le vit accom­pa­gné de son boy Joseph, ce fut du délire : cha­cun vou­lait voir et appro­cher ce petit noir en chair et en os, avec des che­veux cré­pus, un nez épa­té, des yeux mali­cieux et des dents écla­tantes de blan­cheur dans sa figure cho­co­lat. Bien­tôt s’engagèrent des conver­sa­tions déso­pi­lantes, en un impayable fran­çais ponc­tué de rires sonores… puis ce furent, avec les gar­çons, des par­ties de cache-cache et de balle au camp, sous l’œil envieux 

Ouvrage : 90 Histoires pour les catéchistes I

Mariage

On raconte qu’il y avait à Rome une noble veuve, plus riche de ver­tus que for­tu­née, et gran­de­ment dési­reuse de marier sa fille avant de mou­rir. Hélas, ce n’est pas chose aisée lors­qu’on n’a qu’une maigre dot à offrir aux pré­ten­dants ! Cepen­dant, cette pieuse chré­tienne se sen­tait vieillir et chaque jour elle s’in­quié­tait davan­tage de l’a­ve­nir de son unique enfant. Comme cette der­nière était encore jeune et, dit-on, fort jolie, elle déci­da de ten­ter un grand coup en met­tant saint Antoine de Padoue dans l’affaire.

Bartolomé Esteban Murillo (Pérez) - La Vision de Saint Antoine de Padoue

Ne trouve-t-on pas la sta­tue de l’illustre pré­di­ca­teur dans toutes les églises du monde ? C’est, à n’en pas dou­ter, parce qu’il jouit d’un cré­dit tout par­ti­cu­lier au ciel ! On pré­tend même qu’en Ita­lie les fidèles ont en lui une confiance telle que beau­coup n’hé­sitent pas à le faire pas­ser avant le Bon Dieu ! L’in­téresser à ce mariage si dési­ré était donc, pour la noble famille romaine, miser sur le suc­cès. Aus­si la mère et la fille com­men­cèrent-elles leur neu­vaine avec une foi à trans­por­ter les mon­tagnes ! Et tan­dis que leur prière mon­tait vers le Saint elles se disaient l’une et l’autre : « Il va nous exau­cer ! Dans huit jours, neuf au plus, le can­di­dat que nous atten­dons sera là ! »

Cepen­dant les jours de la neu­vaine passent, la semaine se ter­mine et per­sonne ne se pré­sente… Saint Antoine serait-il deve­nu dur d’o­reille avec les années, ou son cœur se serait-il endur­ci ? Le désap­poin­te­ment de ses deux dévotes est d’au­tant plus vif que leur confiance en lui avait été plus entière…

Au soir du neu­vième jour, la fille, déses­pé­rée, prend la sta­tue de l’humble fils de saint Fran­çois et com­mence à se plaindre amè­re­ment à lui, un peu à la manière des Napo­li­tains lors­qu’ils s’a­dressent à saint Jan­vier le jour de sa fête !

Il faut savoir que ce jour-là, l’ar­che­vêque de Naples approche la tête du mar­tyr d’un petit fla­con rem­pli de son sang et qu’a­près un moment d’at­tente et de prière le liquide se met à bouillon­ner comme s’il était frais. Par­fois cepen­dant le Saint tarde à opé­rer le miracle… Alors les Napo­li­tains, dont le sang bout natu­rel­le­ment toute l’an­née… se