Un troupeau mysterieux (Songe)

| Ouvrage : 90 Histoires pour les catéchistes II, I. Sous la houlette de Jésus .

La belle vertu

Histoire pour le KT - Saint Jean BoscoCe songe a été racon­té par Don Bos­co à ses élèves en 1867 :

« Dans la nuit du 29 au 30 mai, dit le Saint, je me trou­vais dans une immense plaine peu­plée de bre­bis. Je me deman­dais à qui pou­vait bien appar­te­nir une telle mul­ti­tude d’animaux lorsque j’aperçus tout à coup près de moi un ber­ger appuyé sur son bâton. Je lui deman­dai à qui était ce trou­peau. Il me répon­dit de ne pas m’en inquié­ter, que je le sau­rais plus tard. Gui­dé par lui je me mis à par­cou­rir la plaine et à exa­mi­ner les bêtes. Ici de superbes bre­bis brou­taient, à l’ombre de grands arbres, une herbe verte et épaisse. Un peu plus loin, un grand nombre d’autres, plus ou moins malades, cher­chaient leur nour­ri­ture dans des coins rem­plis de pierres et de ronces où ne se trou­vait pas un brin d’herbe fraîche. Je deman­dai quelques expli­ca­tions à mon guide. Il se conten­ta de me répondre : « Tu n’es pas fait pour conduire ce trou­peau. Je vais te mon­trer celui que tu dois faire paître. » Et il me condui­sit dans une autre par­tie de la plaine, cou­verte de brous­sailles, où des mil­liers d’agneaux pais­saient, maigres et le corps cou­vert de plaies. Chose curieuse, ils avaient de longues cornes comme de vieux béliers, et toutes se ter­mi­naient par une sorte d’S.

Catéchèse pour les enfants - troupeau de moutons - Songe de Don Bosco« Com­ment se fait-il, deman­dai-je, que des agneaux si jeunes aient des cornes pareilles ? — Regarde plus atten­tivement », me répon­dit le ber­ger. Je regar­dai à nou­veau et vis que leur corps était cou­vert de chiffres représen­tant un 3. « Qu’est-ce que tout cela signi­fie ? » deman­­dai-je à nou­veau. « Voi­ci, reprit l’homme. Cette plaine immense repré­sente le monde. Les riches pâtu­rages sont l’image des lieux où l’on entend la parole de Dieu et où l’on reçoit sa grâce. Les coins rem­plis de brous­sailles et de pierres sont les lieux où l’on cherche à plaire au monde et où l’on ne veut pas écou­ter la parole de Dieu, Les bre­bis, ce sont les grandes per­sonnes ; les agneaux, les enfants aux­quels tu as été envoyé. L’endroit où nous sommes repré­sente l’Oratoire de Turin où se trouvent tes enfants. Il n’y a pas d’herbe parce que plu­sieurs par­mi eux sont en état de péché. Les cornes qu’ils portent sont l’image du déshon­neur et la lettre S est la pre­mière du mot Scan­dale. Par­mi ces agneaux tu en vois quelques-uns dont les cornes sont bri­sées ; cela indique qu’ils ont ces­sé de don­ner le mau­vais exemple à leurs com­pa­gnons. Le chiffre 3 qu’ils portent ins­crit sur leur corps veut dire qu’ils souf­fri­ront trois peines : la pre­mière, toute spiri­tuelle, sera l’absence de la grâce dans leur âme ; la deuxième, d’ordre moral, sera qu’ils se trou­ve­ront pri­vés de la parole de Dieu et de bons conseils ; enfin la troi­sième, d’ordre maté­riel, fera qu’un jour le pain lui-même leur man­que­ra. »

A ces mots voi­ci que subi­te­ment les agneaux qui étaient près de nous se chan­gèrent en enfants de l’Ora­toire. Je recon­nus aisé­ment par­mi ceux qui avaient des cornes, plu­sieurs élèves qui d’ordinaire fuient la com­pagnie de leurs Supé­rieurs. Il y en avait d’autres que je ne connais­sais pas.

Tan­dis que je regar­dais, tout triste, mon guide me sai­sit par la main et me dit : « Viens, je vais te mon­trer autre chose. » II me condui­sit alors dans une autre par­tie de la plaine, assez éloi­gnée, où il me mon­tra une belle prai­rie, entou­rée d’une haie. Grâce à de nom­breux ruis­seaux qui l’arrosaient d’une eau dont la lim­pi­di­té était extra­ordinaire, l’herbe y pous­sait en abon­dance. Un grand nombre d’enfants, aux visages épa­nouis, y cueillaient des fleurs qu’ils met­taient ensuite à leurs vête­ments. « Que repré­sentent ces enfants ? » deman­dai-je. « Ce sont ceux qui vivent dans la grâce de Dieu », me répon­dit le ber­ger.

Récit pour le kt - Don Bosco au milieu des jeunesTan­dis que je les contem­plais, tout heu­reux, il ajou­ta : « Viens, je te mon­tre­rai quelque chose de plus beau encore. » Et il me condui­sit dans un pré plus ver­doyant que le pré­cé­dent, cou­vert de magni­fiques fleurs qui em­baumaient l’air d’un par­fum mer­veilleux. Là je vis de nom­breux enfants dont la beau­té était ravis­sante. « Ce sont ceux, me dit le guide, qui ont conser­vé intact le lys de leur pure­té. Ils sont encore revê­tus de la robe de leur bap­tême. » Je les regar­dais, émer­veillé… Ils por­taient sur la tête une cou­ronne de fleurs d’un éclat incom­pa­rable. Leur robe, d’une blan­cheur éblouis­sante, était gar­nie de fleurs d’où éma­nait une lumière qui les trans­fi­gu­rait. Par­mi ces enfants j’en recon­nus plu­sieurs qui, en ce moment, sont devant moi et m’écoutent. Ah ! S’ils pou­vaient voir seule­ment la dixième par­tie de la gloire qui leur est réser­vée, comme ils seraient déci­dés à tout souf­frir, même le mar­tyre, plu­tôt que de perdre leur inno­cence ! Cepen­dant, devant leur petit nombre, je deman­dai à mon guide : « Par­mi tous mes enfants, il y en a si peu qui ont gar­dé leur inno­cence ? » Et lui de me répon­dre : « Tu trouves que ce n’est pas assez ! II y en a déjà pas mal… Et ceux qui l’ont per­due peuvent encore venir rejoindre leur com­pa­gnons en fai­sant péni­tence. Il y a des fleurs pour eux dans la prai­rie. Ils peuvent aus­si se tres­ser de riches cou­ronnes, se refaire une belle robe et suivre leurs cama­rades dans la gloire du ciel. »

Je vou­lus alors aller pré­ve­nir ceux que j’avais vus dans le pré voi­sin… mais je fis un faux pas et je m’éveillai !

Coloriage Don Bosco

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