Et maintenant une histoire ! Posts


10 mars 2026Les Quarante saints Martyrs de Sébaste

En l’an 320, sous l’empereur Lici­nius et le gou­ver­neur Agri­co­la, à Sébaste, en Armé­nie, qua­rante sol­dats d’une même légion mani­fes­tèrent un cou­rage inébran­lable dans leur atta­che­ment à la foi du Christ. Invi­tés à sacri­fier aux idoles confor­mé­ment aux édits impé­riaux, ils s’y refu­sèrent et furent expo­sés sans vête­ments sur un étang gla­cé : tout auprès se trou­vait un bain chaud pour ceux qui consen­ti­raient à apos­ta­sier. Les qua­rante sol­dats pas­sèrent la nuit dans cette épreuve atroce, priant pour leur com­mune per­sé­vé­rance. À la longue, l’un d’eux fit défec­tion et alla se jeter dans le bain chaud… Or, voi­ci que des anges appa­rurent, tenant qua­rante cou­ronnes. Le gar­dien consta­ta qu’il n’y avait per­sonne pour rece­voir la qua­ran­tième : il se conver­tit et, reje­tant ses vête­ments, alla rejoindre sur la glace les trente-neuf autres. Quand on vint pour recueillir les cadavres afin de les réduire en cendres, l’un de ces mar­tyrs res­pi­rait encore les bour­reaux le lais­sèrent sur place, espé­rant qu’il chan­ge­rait de réso­lu­tion ; témoin du stra­ta­gème, la mère de ce jeune homme pla­ça elle-même sur le cha­riot le corps expi­rant et l’ac­com­pa­gna jus­qu’au bûcher.


Ouvrage : Légende dorée de mes filleuls | Auteur : Daniel-Rops

Un bruit, trou­blant la paix de la nuit, l’é­veilla en sur­saut. Ce n’é­tait pas le gron­de­ment fami­lier du Cédron dont les eaux sales, en cette sai­son de prin­temps, bouillon­naient sur les cailloux à une por­tée d’arc de la mai­son. Ce n’é­tait pas non plus le cri régle­men­taire des sen­ti­nelles romaines qui, là-haut, sur les rem­parts de Jéru­sa­lem, de quart en quart d’heure, se ren­voyaient l’une à l’autre le mot de la garde. Que se pas­sait-il donc ? Dans ce coin de ban­lieue écar­té de la ville, tout était à l’or­di­naire si tran­quille ! Le gar­çon bon­dit de son lit, — un simple tapis posé sur une paillasse de roseaux, — et cou­rut à la fenêtre.

Il se nom­mait Marc et avait à peine quinze ans. Depuis la mort de son père, sa mère Marie l’a­vait éle­vé ; pour le faire vivre, elle gérait un petit com­merce : dans cette pro­priété qu’elle pos­sé­dait à peu de dis­tance de la ville, plan­tée d’o­li­viers cen­te­naires, elle avait ins­tal­lé un pres­soir à huile, où les gens du voi­si­nage venaient appor­ter leurs récoltes ; cela lui assu­rait un modeste reve­nu. C’est pour­quoi le do­maine était connu de tout le monde sous le nom de Geth­sé­ma­ni, qui veut dire « pres­soir à huile ». À cette heure, il n’é­tait pas pos­sible que ce fût un client !

Marc se pen­cha, scru­ta la nuit claire. La lune pleine navi­guait pai­si­ble­ment dans le ciel de nacre, et sa clar­té illu­mi­nait les puis­santes for­ti­fi­ca­tions au haut des­quelles s’a­per­ce­vait le Temple majes­tueux. Le bruit sus­pect venait du che­min roide qui dégrin­go­lait de la porte vers le gué du tor­rent, un bruit de voix, de cli­què­te­ments d’armes, de lourds bro­de­quins son­nant sur les cailloux. Trouant l’om­bre, Marc aper­çut des lueurs de torches. Son cœur bat­tit plus violemment.

D’un seul coup, il avait devi­né. Cette troupe qui descen­dait en hâte le rai­dillon… Il com­pre­nait quelle triste besogne elle venait faire. Il pen­sa à son grand ami et à ses compa­gnons qui devaient dor­mir, sans méfiance, au pied des oli­viers du jar­din, comme ils en avaient deman­dé l’autorisa­tion à sa mère. Les pré­ve­nir ! Dans sa hâte, il ne prit même pas le temps de s’ha­biller. Il ramas­sa son drap qui gisait à terre, s’en enve­lop­pa comme les Romains fai­saient de leur toge et, par la fenêtre, qui était peu haute, il sau­ta dans le jardin.

Duccio di Buoninsegna. L’Arrestation de Jésus. Maestà, 1308-1311, SienneTrop tard ! Au moment où il allait rejoindre les trois Gali­léens, les sol­dats et les poli­ciers avaient déjà cer­né le coin de l’o­li­vette où ils se trou­vaient. Marc se cacha der­rière le tronc d’un arbre, et, pas­sion­né­ment, la gorge ser­rée, regar­da. Il avait bien enten­du dire, depuis déjà pas mal de temps, que les chefs des prêtres vou­laient faire arrê­ter le mer­veilleux pro­phète… Pour­quoi ? Il en était indi­gné, mais il ne com­pre­nait pas. Qu’a­vait-il donc fait ? Rien de mal, rien que de géné­reux et de cha­ri­table. Lui, Marc, qui depuis six mois, l’a­vait sui­vi sur les routes de Judée, et l’a­vait si sou­vent écou­té, il pou­vait le jurer : non, Jésus n’a­vait rien fait de répré­hen­sible ! Il avait gué­ri des malades, ren­du la vue à des aveugles, mul­ti­plié les aumônes, conso­lé ceux qui souf­fraient. Était-ce donc cela 

Ouvrage : Et maintenant une histoire II | Auteur : Alençon, M. d’

Notre-Dame

Histoire dévotion à Marie - Le sansonnet qui chante l'Ave MariaLorsque Tony, le vieux ber­ger, par­tait pour la sai­son d’é­té vers l’al­page où il menait paître toutes les chèvres du hameau, il emme­nait avec lui son chien « Patou » et « Can­zo­net », le petit san­son­net qu’il avait apprivoisé.

Tony l’a­vait recueilli avec ses frères, alors qu’ils n’é­taient que de pauvres oise­lets, que des gamins avaient jetés hors du nid mater­nel. Can­zo­net, le plus robuste, avait vécu, grâce aux bons soins du ber­ger et aux miettes de pain trem­pées dans du lait dont celui-ci le gavait à l’aide d’un petit bâton. Il était deve­nu un joli san­son­net appri­voi­sé, très atta­ché à son maître et très doué pour le chant.

Durant ses longues heures de liber­té, Tony, avec une patience inlas­sable, lui avait appris, à l’aide de son pipeau, toutes sortes d’airs mon­ta­gnards et de can­tiques. Mais celui que Can­zo­net sif­flait le mieux et avec le plus de plai­sir, tout comme son maître d’ailleurs, c’était :

Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants

Trois petits bergers

En l’année 1917, le Por­tu­gal tra­ver­sait une triste période. Diri­gé par un gou­ver­ne­ment qui per­sé­cu­tait la reli­gion, ce pays, divi­sé, rui­né, enva­hi par le com­mu­nisme, sem­blait aller à sa perte.

En même temps, les armées por­tu­gaises par­ti­ci­paient à la grande guerre, et, dans plus d’un foyer, on pleu­rait les sol­dats tom­bés bien loin, là-bas, sur une terre étrangère.

Récit des apparitions de Fatima raconté aux enfants
Un éclair, brus­que­ment, frappe leurs yeux.

À cette époque, le vil­lage de Fati­ma res­tait encore à peu près incon­nu. Situé à une cen­taine de kilo­mètres de Lis­bonne, ses modestes mai­sons se dres­saient sur les pentes de la mon­tagne d’Aire, dans une contrée par­ti­cu­liè­re­ment aride et rocailleuse. Pour­tant, cette région gar­dait le sou­ve­nir d’une écla­tante vic­toire, rem­por­tée en 1385, par le roi Jean 1er de Por­tu­gal, avec une poi­gnée de braves. Le roi, en recon­nais­sance, fit construire à cet endroit un beau couvent en l’hon­neur de Notre-Dame de la Vic­toire. Il en confia la garde aux Domi­ni­cains. Ceux-ci répan­dirent autour d’eux la dévo­tion du saint rosaire. L’u­sage s’en était si bien conser­vé à tra­vers les siècles que, dans cette par­tie du pays, beau­coup de familles réci­taient encore fidè­le­ment le cha­pe­let. Les petits enfants eux-mêmes, éle­vés dans cette habi­tude, aimaient à le dire.

* * *

Par une belle jour­née du prin­temps de 1917, trois ber­gers de Fati­ma gar­daient leurs mou­tons dans un champ nom­mé la Cova da Iria, qui appar­te­nait aux parents de l’un d’eux.

Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants | Auteur : Maldan, Juliette

Maison natale de Jeanne - récit pour la catéchèse des jeunes
Mai­son natale de Jeanne

Jeanne, la « Sainte de la patrie », naquit en la fête de l’É­pi­pha­nie de l’an­née 1412, au petit vil­lage de Dom­re­my, en Lorraine.

Son père, Jacques d’Arc, sa mère Isa­belle Romée, étaient de simples pay­sans, labo­rieux et bons chrétiens.

« J’ai appris de ma mère, mon Pater, mon Ave Maria, et mon Cre­do », disait Jeanne plus tard. « Tout ce que je crois, je l’ai appris de ma mère. »

Jean­nette, comme on l’ap­pe­lait au vil­lage, sem­blait atti­rée vers le bon Dieu. Elle assis­tait avec bon­heur aux caté­chismes de M. le Curé, aux ins­truc­tions et aux cérémonies.

La petite mai­son où Jeanne vint au monde et gran­dit, existe encore, toute proche de l’église.

L’en­fant pro­fi­tait de ce voi­si­nage pour cou­rir à l’é­glise dès que la besogne lui lais­sait un instant.

Sa foi vive lui mon­trait Nôtre-Sei­gneur tou­jours pré­sent dans le taber­nacle. Age­nouillée sur le pavé, devant l’au­tel, elle priait avec une fer­veur extrême.

Que de fois les habi­tants de Dom­re­my la sur­prirent ain­si, les mains jointes, tout absor­bée par sa conver­sa­tion avec le bon Dieu !

Elle assis­tait avec un pro­fond recueille­ment aux messes célé­brées par le curé de la paroisse.

A la tom­bée du jour, la cloche appe­lait les parois­siens pour la prière. Jean­nette s’empressait de cou­rir à l’é­glise. Par­fois cepen­dant, son tra­vail la rete­nait au loin. Dès que le vent lui appor­tait le son de l’Angé­lus, elle s’a­ge­nouillait dans les champs pour prier. Elle aimait entendre les cloches qui sont la voix de l’é­glise. Or, il paraît qu’au moment de la pre­mière Com­mu­nion de Jean­nette, le son­neur oubliait par­fois son office. L’en­fant le sup­pliait d’être plus exact, et elle lui pro­met­tait en récom­pense les éche­veaux de laine blanche qui venaient de ses brebis.

Dès l’âge de rai­son, Jean­nette se confes­sait sou­vent, tant elle dési­rait puri­fier son âme des moindres taches.

Après sa pre­mière com­mu­nion, elle se confes­sa plus fré­quem­ment encore pour se pré­pa­rer au grand bon­heur de rece­voir Jésus dans son cœur.

Tous ceux qui connais­saient Jean­nette remar­quaient com­bien ten­dre­ment elle aimait la Sainte Vierge.

Dans l’é­glise du vil­lage, on la trou­vait sou­vent age­nouillée devant la sta­tue de Marie. Elle y allu­mait des « chan­delles » comme elle disait, ou bien elle arran­geait en bou­quets les plus jolies fleurs de son jardin.

Quand venait le mois de mai, chaque same­di, Jean­nette toute joyeuse s’en allait en pèle­ri­nage avec ses amies vers les cha­pelles des envi­rons dédiées à la sainte Vierge : Notre-Dame de Ber­mont, ou l’er­mi­tage Sainte-Marie, situé sur une col­line qui domine la val­lée de la Meuse.

En che­mi­nant à tra­vers l’herbe fraîche des prés, les enfants cueillaient des fleurs qu’elles dépo­saient aux pieds de la Vierge et de l’En­fant Jésus.

Simple, franche, douce, joyeuse, Jeanne se fai­sait aimer de tout le monde. « Elle n’a­vait pas sa pareille dans la paroisse, disait le curé, jamais je n’en vis une meilleure. »

Les habi­tants conve­naient que c’é­tait la véri­té. Ils admi­raient le cou­rage de la jeune fille au tra­vail. Tout le long du jour, elle aidait sa mère dans les soins du ménage, accom­pa­gnait son père et ses frères aux champs, gar­dant le trou­peau dans les prai­ries qui entou­raient le village.

Le soir, à la veillée, Jean­nette se met­tait à filer et à coudre. Elle le fai­sait avec tant d’a­dresse que plus tard, elle put dire fiè­re­ment : « Pour coudre et filer, je ne crains pas femme de Rouen ! »

Ouvrage : Et maintenant une histoire II | Auteur : Alençon, M. d’

Premier Mai

Il fai­sait un temps affreux, ce soir-là, dans la val­lée d’Al­pen­rose. Dès la nuit venue, le vent était tom­bé des mon­tagnes envi­ron­nantes, s’a­bat­tant avec des rafales de pluie et de grêle sur les bâti­ments du couvent.

Par bon­heur, ceux-ci étaient solides, bâtis de bon gra­nit de la mon­tagne ; ils avaient vu bien d’autres tem­pêtes mais les hur­le­ments du vent dans les cou­loirs, les sif­fle­ments dans les che­mi­nées, le fra­cas d’une ardoise ou d’une branche qui s’é­cra­sait, étaient vrai­ment impressionnants.

Récit du muguet du 1er mai

Et l’on pen­sait au voya­geur per­du dans la mon­tagne, au ber­ger attar­dé, au pauvre sans logis.

« Que Dieu les conduise jus­qu’à la porte du couvent, mur­mu­ra le bon frère hôte­lier qui, un impo­sant trous­seau de clés à la main, reve­nait de la tour­née qu’il fai­sait chaque soir dans le monas­tère. Que Dieu les conduise ici : ils trou­ve­ront cha­leur, bon gîte et réconfort. »

« Quel temps ! quel temps ! dit-il encore, est-ce un temps de mars ? L’hi­ver ne veut point lais­ser la place… »

Et il s’at­tris­ta en pen­sant à son jar­din — car frère Bona­ven­ture était jar­di­nier en même temps qu’­hô­te­lier du couvent. La semaine pas­sée, encou­ra­gé par un rayon prin­ta­nier, il avait sor­ti de leur abri d’hi­ver des fleurs, des plants que cette tem­pête était en train d’a­néan­tir. Quel mal­heur ! Quel mal­heur ! Il en avait beau­coup de peine car, grâce à ses soins et à ses capa­ci­tés, les jar­dins du monas­tère étaient magni­fiques ; on venait de loin pour les admirer…

* * *

Sou­dain, un violent coup de cloche à la por­te­rie le fit sur­sau­ter, l’ar­ra­chant à ses regrets.

« Quoi ? Serait-ce un voyageur ? »