Catégorie : Alençon, M. d’

Auteur : Alençon, M. d’ | Ouvrage : Et maintenant une histoire II, Fêtes de la Vierge .

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Notre-Dame

 

Histoire dévotion à Marie - Le sansonnet qui chante l'Ave MariaLorsque Tony, le vieux ber­ger, par­tait pour la sai­son d’été vers l’alpage où il menait paître toutes les chèvres du hameau, il emme­nait avec lui son chien « Patou » et « Can­zo­net », le petit san­son­net qu’il avait appri­voi­sé.

Tony l’avait recueilli avec ses frères, alors qu’ils n’étaient que de pauvres oise­lets, que des gamins avaient jetés hors du nid mater­nel. Can­zo­net, le plus robuste, avait vécu, grâce aux bons soins du ber­ger et aux miettes de pain trem­pées dans du lait dont celui-ci le gavait à l’aide d’un petit bâton. Il était deve­nu un joli san­son­net appri­voi­sé, très atta­ché à son maître et très doué pour le chant.

Durant ses longues heures de liber­té, Tony, avec une patience inlas­sable, lui avait appris, à l’aide de son pipeau, toutes sortes d’airs mon­ta­gnards et de can­tiques. Mais celui que Can­zo­net sif­flait le mieux et avec le plus de plai­sir, tout comme son maître d’ailleurs, c’était :

Auteur : Alençon, M. d’ | Ouvrage : Et maintenant une histoire II, Les fêtes civiles .

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Premier Mai

 

Il fai­sait un temps affreux, ce soir-là, dans la val­lée d’Alpenrose. Dès la nuit venue, le vent était tom­bé des mon­tagnes envi­ron­nantes, s’abattant avec des rafales de pluie et de grêle sur les bâti­ments du couvent.

Par bon­heur, ceux-ci étaient solides, bâtis de bon gra­nit de la mon­tagne ; ils avaient vu bien d’autres tem­pêtes mais les hur­le­ments du vent dans les cou­loirs, les sif­fle­ments dans les che­mi­nées, le fra­cas d’une ardoise ou d’une branche qui s’écrasait, étaient vrai­ment impres­sion­nants.

Récit du muguet du 1er maiEt l’on pen­sait au voya­geur per­du dans la mon­tagne, au ber­ger attar­dé, au pauvre sans logis.

« Que Dieu les conduise jusqu’à la porte du couvent, mur­mu­ra le bon frère hôte­lier qui, un impo­sant trous­seau de clés à la main, reve­nait de la tour­née qu’il fai­sait chaque soir dans le monas­tère. Que Dieu les conduise ici : ils trou­ve­ront cha­leur, bon gîte et récon­fort. »

« Quel temps ! quel temps ! dit-il encore, est-ce un temps de mars ? L’hiver ne veut point lais­ser la place… »

Et il s’attrista en pen­sant à son jar­din — car frère Bona­ven­ture était jar­di­nier en même temps qu’hôtelier du couvent. La semaine pas­sée, encou­ra­gé par un rayon prin­ta­nier, il avait sor­ti de leur abri d’hiver des fleurs, des plants que cette tem­pête était en train d’anéantir. Quel mal­heur ! Quel mal­heur ! Il en avait beau­coup de peine car, grâce à ses soins et à ses capa­ci­tés, les jar­dins du monas­tère étaient magni­fiques ; on venait de loin pour les admi­rer…

* * *

Sou­dain, un violent coup de cloche à la por­te­rie le fit sur­sau­ter, l’arrachant à ses regrets.

« Quoi ? Serait-ce un voya­geur ? »

Il se

Auteur : Alençon, M. d’ | Ouvrage : Et maintenant une histoire II, Fêtes de l'année liturgique .

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Littérature jeunesse - chandeleur, cierge à l'égliseToute fris­son­nante, mal­gré sa cape de laine noire dans laquelle elle s’enveloppe étroi­te­ment, mère Yvonne se hâte de ren­trer, sur la falaise, à l’abri dans sa mai­son. Elle a tenu à se rendre à l’office du matin, en ce jour de la fête des cierges, bien qu’à son lever elle ne se soit pas sen­tie très entrain. Grâce à Dieu, voi­ci le toit fami­lial, bien abri­té du vent par la haie d’épines et de genêts. Avant de refer­mer la porte der­rière elle, mère Yvonne jette un regard angois­sé vers la mer qui mou­tonne à l’infini, sous le vent aigre et violent.

Pour­quoi a-t-il vou­lu par­tir cette nuit, son Yann, alors qu’aucun pêcheur ne ris­que­rait sa voile par ce temps ? Aus­si “n’est-ce pas pour le pois­son qu’il s’est embar­qué avec ses mau­vais amis qui gagnent tant d’argent a des besognes louches qu’elle ne peut que soup­çon­ner…

« Lui, fils de pêcheur, mur­mure-t-elle, un contre­ban­dier, est-ce pos­sible ? »

Et cela ne le rend pas heu­reux ; il n’aime plus la mai­son où il paraît si peu, ni sa mère qu’il ne regarde plus en face…

Avec un grand sou­pir de peine et de las­si­tude, mère Yvonne est ren­trée dans sa demeure, a reti­ré sa cape. Soi­gneu­se­ment, elle a pla­cé dans le beau chan­de­lier de cuivre qui orne la che­mi­née le cierge qu’elle a rap­por­té de la béné­dic­tion, puis s’est accrou­pie devant le foyer pour rani­mer le feu, car elle a froid, très froid…

Non, vrai­ment, elle ne se sent pas très bien… Elle ne s’occupera même pas de pré­pa­rer quoi que ce soit pour son déjeu­ner ; elle ira se cou­cher tout sim­ple­ment et, fer­mant les yeux, dira son cha­pe­let pour ce fils qui est peut-être en per­di­tion, par amour du gain, sur la mer déchaî­née. Elle s’assoupit, ber­cée par le res­sac des vagues sur les rochers, au pied de la falaise.

***

Toc ! Toc ! Qui frappe ? C’est Rosine, une brave petite qui habite non loin de chez elle.

histoire à télécharger - crêpe de la chandeleur« Eh bien ! quoi, mère Yvonne ? Pas de lumière et la nuit vient ! Je suis accou­rue quand j’ai vu tout noir chez vous. Et déjà