Pour se préparer au Vendredi saint, voici une activité de découpage et de coloriage à réaliser : Cliquer sur ce lien pour télécharger le modèle à imprimer : Maquette 7 – 10 ans – Voici ta Mère. Source : http://www.vienslevetoi.com/
Et maintenant une histoire ! Posts
Né en 1235 à Palma, dans l’île Majorque, Raymond Lulle, après avoir reçu de ses parents une excellente éducation, se vit admis en qualité de page au service de Jaime Ier, roi d’Aragon. Il avait alors 14 ans. Voyages, amusements poétiques, plaisirs de cour, il connut tout cela et s’y laissa prendre. Marié et père de deux enfants, il continua encore sa vie dissipée. Enfin, vers 1265, le Christ lui apparut et le conquit. Désormais, un idéal l’anima, celui de convertir les infidèles, les Arabes surtout, et de mourir martyr. Pendant neuf ans, il étudia le latin, l’arabe, la philosophie, la théologie : il se mit ensuite à publier de nombreux et savants ouvrages qui lui ont valu le titre de « Docteur illuminé ». Puis commença la série de ses voyages apostoliques : Rome, la Terre Sainte, Paris, Montpellier, l’Italie, Tunis, Naples, Rome, Gênes, Paris, l’Italie, l’Espagne, Tunis, enfin Bougie, où il fut lapidé en 1315 en haine de la religion. Le bienheureux Raymond Lulle est honoré comme martyr dans l’île Majorque, sa patrie, où son corps fut transporté.
Chapitre XX
Sur le talus moussu, le groupe attentif ne témoigne aucune lassitude. Yvon cependant consulte sa montre.
— Avez-vous le courage de m’accorder encore une heure ?
— Une, deux, trois, tant que tu voudras, répond Colette avec son entrain habituel.
— Oui, oui, fait écho le reste de la bande.
— Alors, en route, aux grandes allures, pour le presbytère.
Tout le monde à la fois crie :
— Pourquoi ?
— D’abord pour nous dérouiller les jambes. Ensuite, vous comprendrez.
En arrivant à la porte de la cure, surprise ! Bernard et Jean en sortent.
Les deux petits groupes, dont les mouvements n’ont rien de précisément calme, se heurtent presque et s’immobilisent nez à nez, pour se crier mutuellement, avec de grands rires : Que diable faites-vous là ?
Bernard et Jean, qui viennent de terminer la monture d’un arc de triomphe, font demi-tour ; et l’on rentre tous ensemble dans le jardin, où le bon vieux pasteur récite son chapelet fort tranquillement.
— Monsieur le Curé, dit Yvon, nous avons besoin de vous. Depuis deux jours, j’essaye d’expliquer la liturgie de la Messe à la petite jeunesse. Nous voici arrivés au Canon, mais là, voyez-vous, je voudrais vous passer la parole. Vous trouverez mieux que moi les mots qui conviennent, j’en suis sûr.
— Il faudra pourtant t’y mettre le jour où ton Évêque te donnera un poste, mais enfin, passe pour aujourd’hui. Venez tous sous la tonnelle ; il y fait bon.
Comme Bernard et Jean s’y installent, leur vieil ami les interpelle :
— Vous aussi… à votre âge ?
— Qui sait si nous n’en avons pas plus besoin que ces petits ? répond Bernard en regardant Pierrot et Nono, dont les physionomies reflètent deux petites âmes délicieuses.
— Alors, va pour tout l’auditoire. Tu disais, Yvon, que vous aviez étudié les premières parties de la Messe ?
— Oui, jusqu’à la Préface.
— Eh bien ! Jean, toi qui es si excellent enfant de chœur, dis-nous un peu ce que tu penses du dialogue qui précède cette Préface. Je ne t’apprends pas qu’il commence par les derniers mots de la Secrète que le prêtre prononce tout haut : « Dans tous les siècles des siècles… »
— Et nous répondons : « Amen. » Ensuite, c’est un dialogue :
« Que le Seigneur soit avec vous. »
« Et avec votre esprit. »
« Haut les cœurs. »
« Nous les tenons élevés vers le Seigneur. »
— Très bien, mais que signifient ces paroles ?
— Que le moment le plus solennel approche, qu’il faut essayer de penser uniquement aux choses divines qui vont s’accomplir là, tout près de nous, sur l’autel.
— Parfait ! Alors ! le prêtre ajoute : « Rendons grâce à Dieu. »
— Et nous répondons : « Cela est digne et juste. »
— Maintenant l’officiant redit : « Il est digne et juste de rendre grâce en tout temps et en tout lieu au Seigneur Saint, Père Tout-Puissant, Dieu éternel. »
Savez-vous ce que ces mots de louange rappellent tout spécialement ici ? Que Notre-Seigneur, avant d’instituer l’Eucharistie, « rendit grâce » à son Père. Et c’est ainsi que commence la Préface.
Selon la fête, les termes en varient un peu, mais le début et la fin sont toujours identiques. Les sentiments de reconnaissance, de louanges, contenus dans la Préface, passent par Notre-Seigneur, la sainte Vierge, les Apôtres, et finalement s’unissent au concert des Anges au Ciel : Sanctus, Sanctus, Sanctus ; Saint, Saint, Saint est le Seigneur le Dieu des armées.
Ah ! ma Mère !…
— Quoi donc, ma Sœur ? »
La jeune religieuse est navrée : comment dire la chose à « Notre Mère » ?
« Ah ! ma Mère !… »
A son bureau, la Supérieure des Petites Sœurs des Pauvres s’inquiète :
« Un malheur est-il arrivé, Sœur Catherine ?
— Un grand malheur, oui, ma Mère.
— Mais encore ?
— Bayard, ma Mère…
— Bayard ?… Qu’a-t-il fait ?
— Il est mort. »
Bayard, c’était le vieux cheval noir des Petites Sœurs. On l’attelait chaque jour à la carriole et, « fouette cocher », — Sœur Catherine s’en allait de porte en porte avec son grand sac :
« Bonjour, Madame la fruitière ; avez-vous quelque chose pour nos chers vieux, ce matin ?
— Mais oui, ma Sœur : voici trois choux. »
A côté, c’était une pièce jaune ou un billet, ailleurs des pommes de terre, ou un savon à barbe ; un morceau de viande chez le boucher, des légumes au marché, du boudin à la charcuterie… Et la carriole, chaque midi, rentrait pleine. Et les Petites Sœurs ravies disaient : « Saint Joseph est bon : nos cinq cents vieillards mangeront encore demain ».

Chapitre XIX
« Oh ! monologue Pierrot, quelle veine !
Colette a laissé là son tricot.
Je joue à l’escamoteur… un, deux, trois, disparu ! »
Et la malheureuse chaussette s’envole pour s’accrocher à une branche de marronnier. Les pauvres aiguilles branlent au bout du talon, et petit Pierre se tord de rire à les regarder se balancer lamentablement. Tomberont… tomberont pas ! Oh ! que c’est amusant !
Mais que se passe-t-il donc ? Voilà un Pierrot qui ne rit plus et qui même n’en a plus envie du tout.
Qu’est-ce qui lui gratte la gorge et lui pique les yeux ? Il ne saurait guère l’expliquer. Mais « ça » lui vient en même temps qu’autre chose. On dirait une petite voix murmurant tout bas :
« Et tes promesses de ne plus faire de sottises ?… et les sacrifices à inscrire sur le petit cahier qui attend, là, dans la poche de ta culotte ? et la première Communion dans dix jours ? »
Pauvre, pauvre petit ! Comment raccommoder cette affaire-là ? Une des aiguilles est tombée : sûrement tous les « apetissages » qui font le désespoir de Colette vont être tout à fait perdus.
Courons chercher un grand pour nous sortir de là !
Et c’est Bernard qui vient à la rescousse, mais un Bernard fâché, sévère, et qui rend à petit Pierre la chaussette d’une main, les aiguilles de l’autre, en lui disant :
— Si j’étais Colette, qui s’est donné tant de peine pour faire « son pied », tu verrais ce que tu recevrais !
Petit Pierre est très malheureux. Le seul moyen de racheter se sottise, il le sent bien, est d’aller l’avouer ; mais ça, c’est dur, très dur. Seulement, le cahier de sacrifices aurait un gros chiffre de plus, et le petit Jésus serait si content !
S’armant d’un grand courage, Pierrot part à la recherche de Colette, qui, elle-même, avec Annie, André et Nono, fouille le petit bois pour dénicher Yvon, introuvable.
Chapitre XVIII
Comme Yvon cessait de parler, un vol de ramiers passa. Un instant, le petit groupe le suit des yeux. Toute voisine, une batteuse fait entendre son ronflement, coupé de temps à autre d’un bref appel, ou dominé d’une belle voix jeune qui chante à tue-tête un refrain du pays.
Un tel charme, paisible et fort, émane de ces choses, que, d’instinct, personne ne songe à le rompre.
C’est Yvon qui secoue son propre rêve pour dire :
— On « bat » chez le père Pierre ; vous écoutez comme moi. Songez-vous à ce blé doré, de chez nous, dont on se servira quelque jour pour faire du pain ?
— Oh ! dit Colette, je sais ce que tu vas dire. On fera aussi, avec le blé, le pain pour les hosties, mais avec une farine bien choisie, par respect, et sans y mêler de levure. Te souviens-tu, quand nous étions petits, nous allions tous chez le père Jacques choisir le sac de grains qu’il donne pour cela, chaque année, à M. le Curé : un beau sac, mis de côté entre cent autres, et dont il est si fier.
— Il a de la chance, murmure simplement Nono.
— Oui, interrompt petit Pierre, et papa aussi. Car, lui, il donne sa meilleure barrique de vin, et c’est lui tout seul, quand il est là, qui s’occupe de cette barrique avec le père Pierre, pour être sûr que le vin soit pur.
— Comment pur ? réclame Nono. Le vin est toujours pur.
— Ah ! non, alors ! Papa dit qu’il y a des gens qui mettent un tas de saletés dedans, et puis, en plus, de l’eau et du sucre.
Yvon précise :
— En effet, pour le Saint Sacrifice, le vin doit être naturel sans avoir subi aucun mélange. Mais ne nous attardons pas trop, mes petits. Je voudrais reprendre avec ordre notre étude.
Il faut d’abord, pour plus de clarté, que je vous dise ceci : nous avons parlé de ce qui précède la Messe. Maintenant, comprenez bien que le Saint Sacrifice proprement dit ne commence pas encore tout de suite. Il y a l’Introduction ou prélude de la Messe, qui nous entrainera jusqu’au Graduel, puis encore l’Avant-Messe ou Messe des Catéchumènes, qui se termine par le Credo.




