Mieux que de l’or

| Ouvrage : Autres textes .

Un sourire qui vaut de l’or.
Conte de Noël.

Il était une fois un vieux ber­ger qui aimait la nuit, son silence, son ciel par­se­mé d’étoiles. Ces étoiles, il les connais­sait par leur nom. En les regar­dant, il disait sou­vent à son petit fils :

— Il va venir.

— Quand vien­dra-t-il ? deman­dait l’enfant.

— Bien­tôt !

Les autres ber­gers riaient.

— Bien­tôt !… Tu répètes cela depuis des années ! » Mais le vieux ber­ger ne les écou­tait pas.

Une seule chose l’inquiétait, son petit-fils aus­si com­men­çait à dou­ter. Et quand lui ne serait plus là, qui donc redi­rait aux plus jeunes ce que les pro­phètes avaient annon­cé depuis tou­jours ? Ah ! S’il pou­vait venir bien­tôt ! Son cœur était tout rem­pli de cette attente.

* * *

Noel - Vieux berger parlant de la venue du messie à son fils— Por­te­ra-t-il une cou­ronne en or ? deman­da sou­dain le petit-fils ?

— Oui ! Cer­tai­ne­ment.

— Et une épée d’argent ?

— Pour sûr !

— Et un man­teau de pourpre ?

— Peut-être.

Et le petit-fils sem­blait heu­reux.

Assis sur un rocher, le gar­çon jouait de la flûte. Le vieux ber­ger écou­tait atten­ti­ve­ment la mélo­die simple et pure : l’enfant s’exerçait jour après jour, matin et soir pour être prêt quand le roi vien­drait.

Conte de Noël - Le berger et sa flute— Serais-tu prêt à jouer pour un roi sans cou­ronne, sans épée et sans man­teau de pourpre ? » deman­da un jour le ber­ger.

— Ah non ! répon­dit son petit-fils. Un roi sans cou­ronne, sans épée et sans man­teau, est-ce un roi ? Pour­rait-il me récom­pen­ser pour mon chant ? C’est de l’or et de l’argent que je veux !

Il vou­lait que les autres ouvrent de grands yeux et le regardent avec envie.

Le vieux ber­ger était triste. Il se deman­dait qui donc aurait le cœur assez pur pour accueillir un roi sans cou­ronne et sans richesse.

* * *

Cette nuit-là appa­rurent alors les signes qu’il atten­dait. Le ciel était plus lumi­neux que d’habitude et au-des­sus de Beth­léem brillait une belle étoile. Des anges vêtus de lumière pro­cla­maient une joyeuse nou­velle :

Les anges annoncent la naissance de Jésus aux bergers

« N’ayez pas peur ! Aujourd’hui vous est né un Sau­veur ! »

Le jeune ber­ger se mit à cou­rir au-devant de la lumière. Sous son man­teau, tout contre sa poi­trine, il sen­tait sa flûte. Il arri­va le pre­mier et regar­da l’Enfant nou­veau-né. Celui-ci, enve­lop­pé de langes repo­sait dans une man­geoire. Un homme et une femme le contem­plaient, tout heu­reux. Le grand-père et les autres ber­gers arri­vèrent bien­tôt et tom­bèrent à genoux devant l’Enfant.

La Nativité - Légende de Noel pour les enfants

Était-ce là le roi qu’on lui avait pro­mis ?

Non ! Ce n’était pas pos­sible, ils se trom­paient. Jamais il ne joue­rait son chant ici ! Et très déçu, il repar­tit et plon­gea dans la nuit.

Il ne vit même pas la lumière qui gran­dis­sait autour de la grotte.

Sou­dain, il ten­dit l’oreille. Quels sont ces pleurs dans la nuit ? Mais il ne vou­lait rien entendre et pres­sa le pas pour s’éloigner. Les pleurs conti­nuaient. Et si c’était l’Enfant qui m’appelle, se dit-il

N’y tenant plus. Il rebrous­sa che­min, il vit alors Marie, Joseph et les ber­gers qui s’efforçaient de conso­ler l’Enfant. Il ne pou­vait plus résis­ter !

Tout dou­ce­ment. Il tira sa flûte de sous son man­teau et se mit à jouer pour l’Enfant. Et tan­dis que la mélo­die s’élevait, toute pure, l’enfant se cal­ma et le der­nier san­glot s’arrêta dans sa gorge. Il regar­da le jeune ber­ger et se mit à sou­rire.

Et alors celui-ci com­prit dans son cœur que ce sou­rire valait tout l’or et tout l’argent du monde.

 

Source : http://ursulines.union.romaine.catholique.fr/Mieux-que-de-l-or

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