Et maintenant une histoire ! Posts

Les Croisades, l'ordre des Templiers
∼∼ XVIII ∼∼
Infatigables, les scouts ont demandé à leur aumônier d'aller au sommet du mont Cavo, le plus élevé des monts Albains, à 949 mètres d'altitude, un peu au sud-est du lac
Les moines mendiants
VIII

Le Christ chez les Tartares, le Christ chez les Chinois
Un archevêque à Pékin (XIIIe-XVIe siècles)
Déployez une carte de l'Europe et de l'Asie : regardez, au nord de la Chine, la Mongolie.
Luther, Calvin et les hérésies protestantes
∼∼ XXII ∼∼
La famille, de nouveau, boucle les valises. Tout le monde sait que les garçons n'ont aucune disposition pour les opérations de ce genre. Mais Bernard et Jean sont
La sainte communion
Chapitre XXI
 

C’est demain l’Ordination, après-demain la première Messe d’Yvon et la première Communion de petit Pierre. Le grand cousin est en retraite depuis huit jours, et le benjamin
Les animaux chez les saints
Au Paradis terrestre, Adam et Ève ne se nourrissaient que de fruits et de légumes. Ils n'avaient donc pas à tuer les animaux qui, de ce fait, ne les craignaient pas et qui vivaient tous en
Trois paires d'amis


Saprice et Nécéphore
∼∼∼∼∼∼∼∼∼∼∼∼
« Quels bons amis ! » disait-on, en voyant passer par les rues d'Antioche, Saprice et Nécéphore. Qu'arriva-t-il ? De quelle faute Nécéphore se rendit-il coupable
Trois siècles de christianisme, à Pékin
XIV

Racontés par un cimetière : Jésuites et Lazaristes
Chala, dans Pékin, est, depuis plus de trois siècles, le champ d'honneur du catholicisme chinois. Par la volonté de l'empereur
Auteur : Par un groupe de pères et de mères de familles | Ouvrage : Petite Histoire de l'Église illustrée .

∼∼ X ∼∼

Annie et Colette réclament éner­gi­que­ment :

— Si les gar­çons vont tou­jours avec les scouts, nous ne ver­rons rien et n’apprendrons rien !

Tante Jeanne, qui ter­mine une lettre, lève la tête et dit en riant :

— Au lieu de gro­gner, allez donc mettre vos cha­peaux. Je cachète cette lettre, j’appelle Jean et Ber­na­dette, et je vous emmène tous les cinq au Jani­cule. Nous y retrou­ve­rons ton papa, Colette ; je lui ai don­né là un rendez-​vous pré­cis.

En route, Colette demande ce que c’est que ce « Jani­cule » où on va.

— L’une des col­lines qui dominent Rome. Vous ne vous dou­tez pas de la vue qui nous y attend.

De fait, à l’arrivée, la jeu­nesse pousse de vrais cris d’admiration. Appuyé contre un arbre magni­fique, papa, qui est déjà là depuis un moment, fait signe :

— Venez jusqu’ici, et regar­dez. Toute la ville est sous nos yeux. La lumière est d’une telle trans­pa­rence, que nous pou­vons tout dis­tin­guer : Les sept col­lines de Rome, les monu­ments, que l’on dirait très près de nous.

— Et ces plans de mon­tagnes tout au fond, qui se pro­filent par delà la plaine… C’est ravis­sant ! crie Jean enthou­sias­mé.

— Oui, mon petit, c’est admi­rable, et comme ce que nous avons là devant nous, nous rap­pelle faci­le­ment la puis­sance de l’ancienne Rome ! Elle était deve­nue comme un obser­va­toire, d’où la vue s’étendait sur le monde, qu’elle tenait encore sous ses lois.

Pour­tant il y avait, au Nord et à l’Est, des peuples sau­vages qui gran­dis­saient en nombre. Rome sui­vait leurs mou­ve­ments avec inquié­tude, comme le capi­taine d’un navire s’inquiète des gros nuages qui pré­cèdent la tem­pête.

Dès le Ier siècle de notre ère, la menace était grave, mais, au IIIe et au IVe siècle, l’avalanche se déclen­cha. La Bal­tique avait débor­dé, repous­sant les habi­tants des forêts voi­sines vers le Sud. Ces hommes abso­lu­ment sau­vages, ter­ribles par leur force bru­tale et leur féro­ci­té, des­cendent vers les fron­tières romaines, abso­lu­ment comme une marée immense et irré­sis­tible. Rien ne les arrête ; ils sont tel­le­ment nom­breux que, vain­cus presque tou­jours par les armées romaines, ils se reforment sans cesse et reprennent leur marche en avant, brû­lant, dévas­tant, rui­nant, semant la ter­reur et la mort.

Rome avait d’abord espé­ré trans­for­mer ces bar­bares en sol­dats, elle en enrôle un grand nombre dans ses légions, leur offre des avan­tages maté­riels qu’ils igno­raient jusqu’alors, et pense qu’elle va réus­sir à en faire des auxi­liaires dis­ci­pli­nés. Mais l’empire romain, vous le savez, s’affaiblissait tous les jours. Quand les Huns et les Goths vont jeter contre lui leurs masses effroyables, il s’écroulera. Qui me dira lequel de ces deux peuples bar­bares laisse une trace sécu­laire et fonde un empire ?

— Les Goths, mon oncle.

— Pour­quoi, Ber­nard ?

— Parce que les Huns, après la défaite défi­ni­tive d’Attila et sa mort, n’étaient plus de force pour rien fon­der.

Les Goths, au contraire, ont indé­fi­ni­ment renou­ve­lé leurs pous­sées.

Rome a tran­si­gé d’abord, puis Théo­dose les a main­te­nus dans l’obéissance ; mais un de leurs jeunes rois, Ala­ric, finit par enva­hir l’Italie et prendre Rome (en 410, si je ne me trompe).

Refou­lés, après avoir tout rui­né, les Goths se sont ins­tal­lés en Aqui­taine, sous le nom de Visi­goths.

De même ori­gine ont été les Bur­gondes, qui ont occu­pé le bas­sin du Rhône et de la Saône ; les Hérules, dont le chef Odoacre ren­verse le der­nier empe­reur romain et règne en Ita­lie ; les Ostro­goths, qui détruisent à leur tour, avec Théo­do­ric, le royaume d’Odoacre. Enfin les Van­dales des­cendent du Rhin, passent sur le tout, à tra­vers Gaule et Espagne, pour s’arrêter seule­ment dans l’Afrique du Nord.

Tante Jeanne sou­rit à son ben­ja­min.

— J’aime, Ber­nard, t’entendre pré­ci­ser ain­si.

— Pour­tant, dit Ber­na­dette avec malice, tu as oublié un peuple bar­bare et un fameux.

— Pas du tout, ma chère cou­sine,… et Ber­nard s’incline révé­ren­cieu­se­ment. Tu veux par­ler des Francs ? C’est une tri­bu bar­bare, c’est vrai, qui s’installe au Nord de la Gaule et s’étend petit à petit, mais elle ne ravage pas tout, ses chefs sont cou­ra­geux et droits.

— Enfin, dis-​le tout de suite, conclut Ber­na­dette en riant, il ne faut pas qu’ils aient de défauts, puisque nous en des­cen­dons !

— Sans rien exa­gé­rer, reprend son père, il est exact que leur race était autre, et qu’aucun peuple bar­bare ne fut plus apte à se lais­ser gagner par la Foi chré­tienne. Car jusqu’ici, mes enfants, nous avons regar­dé les Bar­bares en face de Rome ; contem­plons main­te­nant l’attitude de l’Église envers eux.

Histoire de France et de l'Eglise pour la jeunesse
Sainte Gene­viève retient, à Lutèce, le peuple qui veut fuir.
Auteur : Par un groupe de pères et de mères de familles | Ouvrage : Petite Histoire de l'Église illustrée .

∼∼ IX ∼∼

Jean et Ber­nard sont mélan­co­liques.

Ber­nard lit, mais l’oreille au guet.

Si ce bien­heu­reux visi­teur, qui, depuis une heure, est avec son oncle, pou­vait donc s’en aller !…

Jean, lui, pen­ché au bal­con, regarde dis­trai­te­ment.

Tout à coup, il se retourne :

— Ber­nard, viens vite, vois le Père X. et ses scouts ! Et les deux gar­çons des­cendent en trombe l’escalier, pour saluer l’aumônier.

— Que faites-​vous là, jeunes pares­seux ? inter­pelle le Père X.

— Juste le contraire de ce que nous vou­drions, Père ; nous atten­dons papa, et il est occu­pé.

— Cou­rez lui deman­der de venir avec nous. Je vous enlève jusqu’au dîner.

Scouts et Guides, Histoire de l'Eglise et l'empire Romain
Ruines du Forum romain. Colonnes du Temple de Saturne.

La per­mis­sion en poche, nos deux gar­çons se joignent au groupe.

— Où allez-​vous, mon Père ?

— Au Forum.

— Quelle chance !

— Nous allons faire comme les anciens Romains, qui s’y ren­con­traient à tout pro­pos. Là se tenait la jus­tice et se trai­taient les affaires. Là, les faux dieux avaient des temples. Là encore on se pro­me­nait entre citoyens romains, dis­cu­tant gra­ve­ment nou­velles poli­tiques, art ou lit­té­ra­ture, tout… comme aujourd’hui.

En grandes enjam­bées, la troupe arrive au Forum ; mais elle s’arrête inter­dite devant cette étrange val­lée toute semée de ruines, jusqu’au Coli­sée. Un grand rou­tier, un peu pâle, parle le pre­mier :

— Que cela a donc dû être beau ! Que c’est même beau encore !

Auteur : Par un groupe de pères et de mères de familles | Ouvrage : Petite Histoire de l'Église illustrée .

∼∼ VIII ∼∼

Toute une joyeuse mati­née en pers­pec­tive, en route vers le Pin­cio.

C’est déli­cieux. D’un côté le grand parc de la vil­la Borg­hèse, à l’opulente ver­dure ; de l’autre, la ville de Rome dans cette lumière lim­pide que lui verse à flots le ciel d’Italie. Sur toute la hau­teur, les fleurs semblent jetées par touffes, à pro­fu­sion. Tous les tons se mêlent dans une richesse inouïe, l’air est embau­mé, tan­tôt par le par­fum des roses appor­té par une brise infi­ni­ment douce, tan­tôt par l’odeur toni­fiante des pins.

Au fond du tableau, Saint-​Pierre se des­sine majes­tueux et comme triom­phant. Cha­cun, ébloui, contemple et reste muet.

Une petite voix, au bout d’un long moment, tra­duit l’impression géné­rale :

— On est bien ici.

— Oui, Colette, répond maman ; profitons-​en lon­gue­ment.
Res­tons à l’ombre, le regard posé sur ce pano­ra­ma, et puis deman­dons à ton père de conti­nuer l’Histoire de l’Église.

— Excel­lente idée, car nous sommes arri­vés à l’heure de son triomphe sous Constan­tin, et tout, dans ce que nous avons ici sous les yeux, chante la vic­toire du Christ. Seule­ment, je vous aver­tis que, si nous nous met­tons à l’œuvre, il va fal­loir se don­ner de la peine. La période de l’Histoire de l’Église que nous abor­dons est dif­fi­cile à bien sai­sir.

— Ça ne fait rien ! décide impé­tueu­se­ment Colette ; expli­quez, papa, s’il vous plaît, tout ce que nous pou­vons com­prendre.

— Hé bien, écoutez-​moi. En quit­tant le Coli­sée, je vous ai fait remar­quer, à droite, l’arc de triomphe de Constan­tin. Qui était ce Constan­tin ?

Jean se hâte de répondre :

— Constan­tin, fils de Constance Chlore, gou­ver­neur de la Gaule.

— C’est cela même. Cet homme fut entre les mains de Dieu un ins­tru­ment pro­vi­den­tiel. Beau, grand, élan­cé, natu­rel­le­ment majes­tueux, mer­veilleu­se­ment doué, ayant une haute intel­li­gence, un esprit pon­dé­ré, un carac­tère magna­nime, ce pro­fond poli­tique, ce chef valeu­reux eût été par­fait, si l’enivrement du suc­cès n’eût cau­sé les quelques fai­blesses regret­tables de sa vie.

L’Histoire Romaine nous apprend com­ment Constan­tin, sym­pa­thique aux chré­tiens, se trou­va en guerre avec Maxence, qui, lui, sou­te­nait le paga­nisme.

Constantin et l'apparition de la Croix
Constan­tin et le laba­rum
Auteur : Par un groupe de pères et de mères de familles | Ouvrage : Petite Histoire de l'Église illustrée .

∼∼ VII ∼∼

Grande émotion, ce matin. On va assister à la Messe aux Catacombes. Chemin faisant, Colette cause avec sa mère.

— Comment est-ce construit, maman, ce monument des Catacombes ?

— Il ne s'agit pas de monuments, ma chérie, mais bien de cimetières creusés en galeries souterraines, hors de la ville, et où un grand nombre de chrétiens, de martyrs surtout, eurent leurs sépultures ; au plus fort des persécutions, les chrétiens y trouvèrent aussi un refuge pour le culte.

— Encore des souterrains ! murmure Colette, qui décidément ne prend pas son parti de ces visites en profondeur.

De fait, il faut descendre dans le tuf et pénétrer dans de sombres galeries.

Yvon presse le mouvement : Nous visiterons l'ensemble plus tard. Avant tout, entrons dans la crypte des Papes. La Messe va commencer.

Oh ! cette Messe ! nul ne l'oubliera. Autour de l'autel de pierre, un groupe d'adolescents, vêtus de chlamydes blanches, forment couronne et répondent au prêtre tous ensemble. Les lumières se jouent sur leur blancheur et la rendent comme immatérielle, se détachant sur les murs sombres.

— On dirait des anges, chuchote Annie.

Mais Colette, saisissant la main de sa mère, lui souffle à l'oreille :

— Je reconnais le costume de Tharcisius. Il est habillé un peu comme cela, sur les images.

Tout bas, maman répond :

— Oui, et songe qu'il est parti des Catacombes pour porter le Bon Dieu aux chrétiens qui allaient mourir. Tout à l'heure, ce Jésus qu'il a défendu au prix de sa vie, nous allons tous le recevoir.

Alors Colette plonge sa tête blonde dans ses deux mains et ne bouge plus jusqu'à la communion.

Histoire de l'Église pour les scouts - Messe dans les Catacombes

Auteur : Marcotte, Bernard | Ouvrage : Autres textes .

Après avoir ado­ré Jésus, les Rois Mages s’en retour­nèrent dans leur pays. Voi­ci un conte qui nous décrit ce voyage des Rois Mages avec poé­sie.

* * *

La nuit tombe vite en hiver : déjà le cré­pus­cule com­men­çait, ils allaient sor­tir du royaume de Juda et gra­vis­saient la der­nière col­line ; le roi Gas­pard était sur son che­val blanc, le roi Mel­chior sur son che­val brun, le roi Bal­tha­zar sur son che­val noir.

Légende des rois mages pour les enfants du KT

Or le Sei­gneur se pen­cha du haut du ciel et regar­da : un fris­son étrange par­cou­rait encore l’univers, toute la Créa­tion trem­blait, sai­sie de joie et d’angoisse, car un mys­tère venait de s’accomplir et depuis le jour où le Tout-​Puissant l’avait tirée du néant, rien d’aussi for­mi­dable ne s’était pro­duit : ter­ribles avaient été les grandes eaux du déluge qui avaient lavé la face de la terre, et cepen­dant le monde en avait été moins pro­fon­dé­ment ébran­lé.

Comme nous dis­tin­guons au milieu d’un vaste pay­sage l’agitation de quelques insectes minus­cules, l’Éternel aper­çut les trois Rois qui che­vau­chaient sur la terre ; il appe­la à lui ses anges et, leur mon­trant la col­line que les voya­geurs allaient gra­vir : « Vous tra­ce­rez un che­min à tra­vers l’espace, depuis le som­met de cette col­line, à l’endroit où la route va s’incliner sur l’autre ver­sant, jusqu’au seuil de mon Para­dis. » Il dit, et tout aus­si­tôt les légions célestes prirent leur vol et se dis­per­sèrent dans l’étendue.

À toutes les heures, la nuit comme le jour, au cré­pus­cule comme à l’aurore, des nuages flottent au-​dessus de la terre ; le vent les dis­perse ou les ras­semble à sa guise, ils sont vains comme les tour­billons de pous­sière et n’ont aucune des­ti­née à accom­plir. Cette nuit-​là cepen­dant, ils allaient être les ins­tru­ments d’une pen­sée divine.

« Nous ferons ce che­min avec des nuées et des vapeurs », avaient dit les anges, et les vents avaient sus­pen­du leur souffle. Inertes et dociles, les masses légères des nuages demeu­rèrent en sus­pens et les ouvriers célestes com­men­cèrent à les pous­ser vers le som­met de la col­line. En même temps, quelques-​uns d’entre eux ayant glis­sé sans s’arrêter vers la terre, vinrent se poser au-​dessus des voya­geurs et les accom­pa­gnèrent, invi­sibles, mais chan­tant des chants d’une grâce mélan­co­lique et péné­trante afin de déta­cher leurs âmes de ce monde et des les pré­pa­rer au mira­cu­leux voyage.