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9 mars 2026Sainte Françoise Romaine, Veuve

D’une grande famille de Rome, Fran­çoise naquit vers 1884. Atti­rée vers le cloître, elle dut cepen­dant, par sou­mis­sion filiale, épou­ser Loren­zo Pon­za­ni, jeune homme à la fois riche et noble. Dans l’é­tat du mariage, elle conser­va tou­jours, autant qu’elle le put, le genre de vie aus­tère qu’elle s’é­tait pro­po­sé, fuyant les spec­tacles et les fes­tins, por­tant des vête­ments très simples, don­nant à la prière ou au ser­vice du pro­chain le temps qui lui res­tait après l’ac­com­plis­se­ment de ses devoirs domes­tiques. Elle s’ap­pli­quait à reti­rer les dames romaines des vani­tés du monde : avec l’au­to­ri­sa­tion de son mari, elle fon­da dans ce but l’Ordre des Oblates régu­lières de saint Benoît. Elle sup­por­ta avec constance l’exil de son mari, la perte de ses biens, les mal­heurs de sa mai­son. Son mari étant mort, elle obtint d’être reçue comme la der­nière de toutes par­mi ces Oblates dont elle était la fon­da­trice. Son humi­li­té était extrême : sou­vent on la vit, elle, l’an­cienne grande dame, tra­ver­ser Rome, por­tant sur la tête un fagot de sar­ments ou condui­sant un âne char­gé de bois. Ses aus­té­ri­tés cor­po­relles étaient constantes : elle les dimi­nua cepen­dant sur l’ordre de son confes­seur. Elle fut favo­ri­sée de la pré­sence sen­sible de son ange gar­dien, avec lequel elle conver­sait fami­liè­re­ment. Sa mort sur­vint le 9 mars 1440.


Ouvrage : Et maintenant une histoire II | Auteur : Lauriot-Prévost, Suzanne

Sainte Catherine

La Sainte Cathe­rine à Jager­nault, le 25 novembre, avait tou­jours, de mémoire d’homme, été bel­le­ment fêtée. Toutes les demoi­selles du pays qui avaient eu leurs vingt-cinq ans dans l’an­née étaient seules admises à venir coif­fer et fleu­rir la sainte.

Elles étaient sept, cette année-là, sept belles jeunes filles qui sem­blaient aus­si déci­dées qu’elles étaient fraîches et accortes : c’é­taient Lise et Made­leine, Ber­nine et Javotte, la grande Lino­lette, et Pacaude et Ginette.

Histoire pour la catéchèse des adolescents - Chapeau de la Sainte Catherine
Sta­tuette en bois sculp­té et poly­chrome, époque XVIII° : Ste Cathe­rine d’Alexandrie.

Made­moi­selle Emé­ren­tienne, La gou­ver­nante de Mon­sieur le Curé de Jager­nault, les avait réunies ce dimanche-là après les vêpres, pour s’assurer de leur concours et les exhor­ter à faire bien les choses. Mais, à son grand scan­dale, elle se heur­ta à un refus.

« Or, ça, dit Lise d’un ton net, je n’en ferai rien cette année.

– Moi de même », dit Madeleine.

« Ne comp­tez pas sur nous non plus », s’écrièrent à la fois Ber­nine et Javotte.

« Il me sera impos­sible de venir », dit Linolette.

Et Pacaude et Ginette par­lèrent de même.

« Qu’est-ce que cela signi­fie ? Per­dez-vous la tête ? » s’é­cria Made­moi­selle Emé­ren­tienne, confondue.

Les sept filles bais­sèrent le nez en pre­nant un air buté.

« C’est peut-être la crainte de res­ter filles qui vous fait hési­ter ? » deman­da Made­moi­selle Emérentienne.

« Que non, dirent les filles, nous savons bien que, coif­fant ou non sainte Cathe­rine, nous sommes assez ave­nantes et jolies pour 

Ouvrage : Et maintenant une histoire I | Auteur : Demetz L.

Charité envers Dieu

récit héroïque pour les enfants : guerre, bataille, morts et blessésToute la jour­née le canon avait ton­né sans arrêt, les mitrailleuses n’avaient ces­sé de cré­pi­ter et les balles de siffler.

Il flot­tait dans l’air une âcre odeur de poudre. Le sang avait cou­lé, hélas !

Et le soir tom­bait sur le champ de bataille comme un immense apaisement.

Pro­fi­tant de la trêve, des bran­car­diers pas­saient, ramas­sant les bles­sés d’abord, les morts ensuite. Mal­gré leurs mou­ve­ments pré­cau­tion­neux, ils arra­chaient des gémis­se­ments de dou­leur aux grands bles­sés qui gisaient sur le sol, fau­chés par la tourmente.

La nuit deve­nant dense, ils ne virent point un jeune sol­dat qui res­tait éten­du à la face de Dieu, comme disait Péguy, au milieu d’un champ de blé à demi rava­gé par la bataille.

Au milieu des épis blonds cou­chés sur le sol, il était éten­du, sans connais­sance, un mince filet de sang cou­lant autour de sa tête dou­lou­reuse, de sa tête éner­gique de paysan.

Dans le ciel, les étoiles s’allumaient les unes après les autres, sem­blant veiller ce ter­rien de vingt ans qui repo­sait sur la glèbe qu’il avait tant aimée, seul dans la nuit, seul dans la souffrance.

Sa bles­sure était grave, certes, et la perte de sang conti­nue qu’il subis­sait l’affaiblissait gra­duel­le­ment. Pour­tant, dans la nuit, sous l’effet de la fraî­cheur, il reprit connais­sance. Sa bles­sure brû­lante lui fai­sait mal, il avait soif, il était dévo­ré de fièvre.

Ins­tinc­ti­ve­ment, par gestes sac­ca­dés, ses mains pal­pèrent ce qui l’entourait, cher­chant un secours. Elles ne ren­con­trèrent que la terre rude, la paille rude, les épis durs… A ce contact, un sou­rire pas­sa sur la face du

Ouvrage : Et maintenant une histoire II | Auteur : Jean-Claude

Commémoration des défunts

Devant la porte de la salle de classe, les élèves s’apprêtent à entrer pour subir les épreuves du cer­ti­fi­cat. Un à un, on les appelle et ils vont s’installer au bureau que leur indique le surveillant.

Pour les cours de caté - certificat d'étude« Robert Lenoir… Ber­nard Lernier… »

Robert, fur­ti­ve­ment, a glis­sé un coup d’œil à Ber­nard. Tous deux sont de la même école.

Robert Lenoir, élève médiocre, peu scru­pu­leux, n’a pas tra­vaillé beau­coup durant l’année. C’est un bon cœur, mais, mal­heu­reu­se­ment, il lui a man­qué, dès son jeune âge, l’in­fluence d’une mère, morte lors­qu’il avait quatre ans. Il ne lui reste que sa grand-mère, qui l’aime beau­coup mais qui n’a sur lui aucune auto­ri­té, et son père, trop pris par les affaires, ne s’oc­cupe guère de lui.

Ber­nard, au contraire, est tra­vailleur. Très ambi­tieux, il arrive tou­jours dans les pre­miers de sa classe.

Aus­si, Robert se réjouit d’être pla­cé près de son camarade.

* * *

Les can­di­dats, après avoir ren­du leurs rédac­tions, com­mencent main­te­nant la com­po­si­tion de calcul.

« Hem !… Bernard… »

Ber­nard a levé la tête à l’ap­pel dis­cret de son voisin.

« Passe-moi le problème. »

Mais à ce moment, le sur­veillant, enten­dant chu­cho­ter, lève la tête et regarde fixe­ment dans la direc­tion des deux enfants.

Cela fait un an que le site fonc­tionne réel­le­ment. Je n’ai pas signa­lé cet anni­ver­saire ! Nous pro­fi­tons de l’ai­mable article de L’homme nou­veau pour le faire. Voi­ci quelques chiffres : La pre­mière publi­ca­tion régu­lière a été faite à par­tir du 31 octobre 2011. Il y eut quelques articles avant cette date qui…

Ouvrage : Et maintenant une histoire II | Auteur : Dardennes, Rose

Caté : histoire pour la ToussainDans le sen­tier, blanc de givre, Jean rit tout seul : il se rap­pelle l’his­toire du couteau !

L’an der­nier, pen­dant sa rou­geole, il a deman­dé qu’on lui raconte une his­toire, et grand-père avait com­men­cé, sur un ton à faire fris­son­ner tous les braves :

« C’é­tait le soir. À la lueur d’une chan­delle, un homme allait à pas de loup dans la maison… »

Jean rete­nait son souffle : « Mon Dieu ! qu’al­lait-il advenir ?

- Sou­dain, annon­ça grand-père avec un geste épou­van­table, il prit un grand couteau… »

Ter­ri­fié, Jean dis­pa­rut sous ses couvertures…

Et l’aïeul ache­va, après un petit silence :

« …Il prit un grand cou­teau et… éten­dit du beurre sur son pain. »

Quel fou rire, ce soir-là !… Et quel suc­cès lors­qu’il répé­ta l’his­toire à ses camarades !

Pauvre grand-père, si gen­til ! Il fabri­quait arba­lètes et cha­riots, et jamais ne se fâchait lorsque Jean avait cas­sé une roue ou per­du toutes ses flèches…

Hélas ! grand-père n’est plus ici : voi­là trois semaines qu’il est par­ti chez le Bon Dieu. Jean ne met plus son pull rouge qu’il aimait bien ; Marie-Claire lui en a tri­co­té un blanc, « parce qu’on est en deuil » a‑t-elle dit.

C’est triste, la mort. Le jour de l’en­ter­re­ment, maman et Marie-Claire pleu­raient der­rière un grand voile noir, et papa avait une pauvre figure triste, triste… Jean aus­si avait du cha­grin : tout ce noir et ces larmes, et cette odeur de mort lui gla­çaient le cœur… Pen­dant l’en­ter­re­ment, il pleu­rait si fort que Marie-Claire vint s’as­seoir auprès de lui pour le conso­ler. Elle a dit beau­coup de choses qui le ber­çaient, mais il n’en a rete­nu qu’une : grand-père est au pur­ga­toire et il faut prier pour qu’il entre vite au ciel. Alors, au lieu de pleu­rer, il a réci­té son cha­pe­let, du mieux qu’il a pu ; puis il a dit à la Sainte Vierge :

« Arran­gez-vous avec le Bon Dieu, Maman du Ciel, pour que grand-père quitte vite vite le purgatoire. »

Puis à Jésus pré­sent au tabernacle :

« Mon cher Jésus, votre Maman va Vous deman­der quelque chose : Vous lui obéi­rez, n’est-ce pas ? »

***

Seul dans le sen­tier, blanc de givre, Jean rumine ces choses tristes.