Étiquette : Charité envers Dieu

Auteur : Demetz, M. | Ouvrage : Et maintenant une histoire I, Les commandements à observer, les vertus à pratiquer .

Charité envers Dieu

C’est un tout petit grain de sable doré qui était arri­vé à Naza­reth sur les ailes du vent. Il s’appelait « Brin d’Or ». Per­sonne n’avait remar­qué l’arrivée de cette pous­sière, infi­ni­ment petite et véri­table atome dans l’immense struc­ture de l’Univers.

Le vent puis­sant l’avait dépo­sé au seuil d’une humble demeure d’artisans. Brin d’Or, tout étour­di d’un long voyage au-des­sus des pay­sages de Pales­tine, res­tait dans l’encoignure de l’entrée, sans bou­ger. Toute la nuit déjà il avait dor­mi là : il se trou­vait si seul… si dépay­sé ! La veille, il était encore à gam­ba­der avec ses petits frères sur la dune, et le vent s’étant levé de fort mau­vaise humeur était venu le ravir à l’affection des siens.

Conte et Vie de Jésus pour les petits - NazarethPen­dant des heures, il l’avait entraî­né en un vol éper­du et puis l’avait lais­sé choir, sans l’avertir. C’est ain­si que le souffle de l’épreuve entraîne les hommes, petits et grands, qu’ils le veuillent ou non, dans une che­vau­chée pleine de mys­tère. Il les dépose tout meur­tris en des lieux incon­nus ; si ce n’est pas à Naza­reth comme Brin d’Or, c’est sou­vent bien près du Divin Arti­san qui habi­tait cette humble bour­gade.

Le soleil d’orient res­plen­dis­sait et dar­dait ses rayons ardents sur les cam­pagnes, sur les mai­sons aux riantes ter­rasses. Brin d’Or com­men­çait à se réchauf­fer ; il était assoif­fé de lumière et de cha­leur et ce soleil lui ren­dait toute sa vigueur.

Il s’enhardit, un peu indis­cret peut-être, regar­da à l’intérieur de la mai­son qui avait abri­té son som­meil et, d’étonnement, pas­sa au ravis­se­ment.

Oh ! ce que vit Brin d’Or

Auteur : Demetz L. | Ouvrage : Et maintenant une histoire I, Les commandements à observer, les vertus à pratiquer .

Charité envers Dieu

récit héroïque pour les enfants : guerre, bataille, morts et blessésToute la jour­née le canon avait ton­né sans arrêt, les mitrailleuses n’avaient ces­sé de cré­pi­ter et les balles de sif­fler.

Il flot­tait dans l’air une âcre odeur de poudre. Le sang avait cou­lé, hélas !

Et le soir tom­bait sur le champ de bataille comme un immense apai­se­ment.

Pro­fi­tant de la trêve, des bran­car­diers pas­saient, ramas­sant les bles­sés d’abord, les morts ensuite. Mal­gré leurs mou­ve­ments pré­cau­tion­neux, ils arra­chaient des gémis­se­ments de dou­leur aux grands bles­sés qui gisaient sur le sol, fau­chés par la tour­mente.

La nuit deve­nant dense, ils ne virent point un jeune sol­dat qui res­tait éten­du à la face de Dieu, comme disait Péguy, au milieu d’un champ de blé à demi rava­gé par la bataille.

Au milieu des épis blonds cou­chés sur le sol, il était éten­du, sans connais­sance, un mince filet de sang cou­lant autour de sa tête dou­lou­reuse, de sa tête éner­gique de pay­san.

Dans le ciel, les étoiles s’allumaient les unes après les autres, sem­blant veiller ce ter­rien de vingt ans qui repo­sait sur la glèbe qu’il avait tant aimée, seul dans la nuit, seul dans la souf­france.

Sa bles­sure était grave, certes, et la perte de sang conti­nue qu’il subis­sait l’affaiblissait gra­duel­le­ment. Pour­tant, dans la nuit, sous l’effet de la fraî­cheur, il reprit connais­sance. Sa bles­sure brû­lante lui fai­sait mal, il avait soif, il était dévo­ré de fièvre.

Ins­tinc­ti­ve­ment, par gestes sac­ca­dés, ses mains pal­pèrent ce qui l’entourait, cher­chant un secours. Elles ne ren­con­trèrent que la terre rude, la paille rude, les épis durs… A ce contact, un sou­rire pas­sa sur la face du