Étiquette : Miracle

Auteur : Schnebelin, Marguerite | Ouvrage : 90 Histoires pour les catéchistes II, III. Dévotion à la Sainte Vierge .

Sor­tant de l’usine où elle a tra­vaillé tout le jour, une femme aux traits amai­gris s’engage dans l’étroit che­min qui mène hors de la ville jusqu’à une « grotte de Lourdes ». Voi­là huit jours qu’elle fait ce tra­jet. L’inquiétude et la peine courbent ses épaules lasses. Au logis, son mari est cou­ché depuis six mois, souf­frant cruel­le­ment. De son tra­vail à elle dépend l’existence de tous. Mais la mal­heu­reuse, épui­sée de sur­me­nage et de pri­va­tions, voit venir l’heure où la misère fera suite à la gêne au foyer désolé.

À peu de dis­tance se dresse le rocher où rayonne la blanche sta­tue de la Sainte Vierge. Celle qui monte vers ce but s’arrête dans le sen­tier, indé­cise, l’âme angoissée.

— Qu’est-ce que je fais !… Moi, pro­tes­tante, venir la prier ! Qu’est-ce que j’espère ! De quel droit récla­mer sa pitié ?…

Mais une voix s’élève au fond de l’âme trou­blée, une voix qui ras­sure et invite à l’espoir « Ton mari et tes enfants sont catho­liques et c’est pour eux que tu viens. » « Et puis, mur­mure la pauvre femme, j’ai fait ce que je devais : j’ai res­pec­té les croyances du père, j’ai veillé à ce que les petits connaissent et pra­tiquent leurs devoirs… »

Auteur : Goldie, Agnès | Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants .

racontée aux enfants

 

L’arrivée

« Elle va pas­ser ici !

— Qui ?

— Notre-​Dame de Boulogne !

— Qui c’est, Notre-​Dame de Boulogne ?

— Tiens, la Sainte Vierge ! Tu t’appelles Jean-​Claude, ça ne fait pas deux gar­çons. Je m’appelle Marie-​Françoise-​Jeanne, ça ne fait pas trois filles ! La Sainte Vierge c’est pareil ! Elle a beau­coup de noms mais que nous l’appelions Notre-​Dame de Lourdes, ou Notre-​Dame de Fati­ma, ou Notre-​Dame de Bou­logne, ça ne fait pas plu­sieurs per­sonnes. C’est tou­jours la Sainte Vierge !

— C’est loin, Bou­logne ?

— Tout en haut de la France, dans le Pas-​de-​Calais ; en face de l’Angleterre. Figure-​toi que la Sainte Vierge y est venue en bateau.

— En bateau ?

— Mais oui. Maman m’a racon­té l’histoire. Il y a très long­temps de cela, encore au temps des Gau­lois, les Chré­tiens avaient éle­vé à Bou­logne une pauvre église en bois sur l’emplacement d’un temple païen. Bien des années après, un jour, comme ils priaient dans cette église, la Sainte Vierge leur appa­rut et leur dit : « Les anges, par l’ordre de Dieu, ont conduit un vais­seau dans votre rade. Allez, vous y trou­ve­rez mon image, et vous la pla­ce­rez dans cette église. C’est ici que je veux rece­voir à per­pé­tui­té le témoi­gnage d’un culte tout particulier. »

— Les Bou­lon­nais ont dû prendre leurs jambes à leur cou ?

— Oh oui ! Ils ont cou­ru bien vite au port, et ils y ont trou­vé le bateau, et dans le bateau une belle sta­tue de la Sainte Vierge por­tant l’Enfant Jésus.

— D’où venait cette statue ?

— On ne sait pas. De très loin peut-​être… Sans doute du pays de Jésus, là-​bas en Orient car les Maho­mé­tans pillaient la Terre Sainte, mas­sa­craient les Chré­tiens, bri­saient les sta­tues. Pour sau­ver celle-​là on a dû la cacher dans une barque comme autre­fois Moïse dans sa cor­beille, et à Dieu vat !… Seule­ment, cette fois, ce n’est pas la fille du Pha­raon qui l’a trou­vée ; les anges ont conduit le bateau chez nous ! Tu penses quel voyage ! Il fal­lait lon­ger tout le sud de l’Europe, contour­ner l’Espagne… tra­ver­ser la Médi­ter­ra­née, l’Océan et la Manche. Regarde un peu dans ta géographie.

Histoire pour les scouts marins du Nord - Notre-Dame de Boulogne

— Et per­sonne n’a vu ce bateau arri­ver à Boulogne ?

| Ouvrage : 90 Histoires pour les catéchistes II, III. Dévotion à la Sainte Vierge .

Histoire pour les scouts et louveteau - Miracle de Jean Bosco à nd AuxiliatriceC’était en mai 1869, un same­di soir. Une jeune fille, les yeux cou­verts d’un épais ban­deau noir et gui­dée par deux dames, entra dans le sanc­tuaire de N.-D. Auxi­lia­trice à Turin. Elle venait du vil­lage de Vino­vo et se nom­mait Marie Stardero.

Atteinte depuis deux ans d’un mal d’yeux par­ti­cu­liè­re­ment violent, elle avait fini par perdre com­plè­te­ment la vue. Inca­pable de se conduire elle fai­sait un pèle­ri­nage au Val­doc­co, accom­pa­gnée par sa tante et une cha­ri­table voisine.

Après une fer­vente prière faite devant l’autel de la Vierge, l’infirme deman­da à par­ler à Don Bos­co. Celui-​ci la reçut à la sacristie.

« Depuis com­bien de temps avez-​vous mal aux yeux ? lui demanda-t-il.

— Il y a très long­temps, mon Père, répon­dit la jeune fille. Mais il n’y a qu’un an que je n’y vois plus du tout.

— Avez-​vous consul­té quelque spé­cia­liste et sui­vi un traitement ?

— Nous avons essayé toutes sortes de remèdes, répon­dit la tante. Aucun ne lui a pro­cu­ré la moindre amé­lio­ra­tion. Quant aux méde­cins, ils disent que les yeux sont per­dus et qu’il n’y a rien à faire. »

A ces mots, la jeune infirme se mit à pleurer…

« Distinguez-​vous les gros objets des petits ? reprit Don Bosco.

— Je ne dis­tingue abso­lu­ment rien.

— Otez votre ban­deau », ordon­na le Saint.

Et pla­çant la malade face à une fenêtre bien éclai­rée il lui demanda :

« Voyez-​vous la lumière de cette fenêtre ?

— Je ne vois abso­lu­ment rien !

— Voudriez-​vous voir ?

— De tout mon cœur ! Je ne suis qu’une fille du peuple et la perte de mes yeux va me rendre mal­heu­reuse pour le reste de mes jours.

Auteur : Daniel-Rops | Ouvrage : Légende dorée de mes filleuls .

— Imal­da ! Imalda !

Fresque de la Vierge - Vital des madones - BologneLa mère de l’enfant, qui l’appelait, se diri­gea sans hési­ter vers le fond du jar­din. Quand on ne voyait pas la fillette, on pou­vait être sûr qu’elle était là, dans ce coin tran­quille où l’on n’entendait que le souffle du vent sur la cime des cyprès et le gazouille­ment de la fon­taine. Contre le mur se dres­sait un petit ora­toire, fait tout sim­ple­ment d’un toit en auvent, abri­tant une fresque : cette pein­ture repré­sen­tait une Sainte Vierge tenant l’Enfant Jésus sur ses genoux, comme en avait tant peint le meilleur artiste de la ville, celui qu’on appe­lait « Vital des Madones », une Sainte Vierge d’une mer­veilleuse dou­ceur. Imal­da aimait cette belle image. De longues heures, bien qu’elle eût seule­ment neuf ans, elle demeu­rait age­nouillée sur les dalles de l’allée, priant, médi­tant, réci­tant les Psaumes qu’elle savait par cœur comme un moine ou une reli­gieuse. Et ses parents s’en étonnaient.

Son père, le comte Lam­ber­ti­ni, un des plus riches sei­gneurs de la ville, plus accou­tu­mé, comme beau­coup d’hommes de son temps, à faire des affaires et à se battre qu’à prier hum­ble­ment le Sei­gneur, trou­vait exa­gé­rée cette pié­té. « Va-​t-​elle donc se faire nonne ? » criait-​il quand il  appre­nait que sa fille était encore à genoux devant la Madone du jar­din. Mais sa femme, émer­veillée de trou­ver dans son enfant cette âme si pure et si chré­tienne, lui répon­dait qu’elle ne pou­vait cer­tai­ne­ment sou­hai­ter mieux que de voir sa petite conti­nuer à gran­dir dans l’amour du Christ.

— Qu’avons-nous à lui repro­cher ? Jamais une déso­béis­sance, jamais un men­songe, jamais un mou­ve­ment de mau­vaise humeur. Nous avons peut-​être don­né le jour à une petite Sainte. Laissons-​la répondre à la voix qui l’appelle…

Et l’amabilité, la gen­tillesse de cette enfant étaient si exem­plaires que, dans toute la famille, on lui avait chan­gé son nom de Made­leine en celui d’Imalda, qui vou­lait dire : « aus­si douce que le miel ».

* * *

Cela se pas­sait dans la ville de Bologne, au début du XIVe siècle, vers l’année 1330. A cette époque, l’Italie toute entière était dans une très dou­lou­reuse situa­tion. Depuis déjà long­temps, les guerres civiles suc­cé­daient aux guerres étran­gères, les unes et les autres fai­sant beau­coup de mal au pays. Le Pape et l’Empereur ne s’entendaient pas ; leurs par­ti­sans se livraient des com­bats ter­ribles, où des vil­lages flam­baient, des villes étaient assié­gées, prises et pillées. Très peu de temps avant, Bologne avait été ain­si champ de bataille et avait énor­mé­ment souf­fert. Ce n’était pas encore assez ! Dans la cité même les clans s’opposaient aux clans. On lut­tait famille contre famille, et chaque mai­son sei­gneu­riale se trans­for­mait en véri­table for­te­resse, capable de sup­por­ter des sièges : cer­taines avaient même dres­sé de très hautes tours, — l’une n’avait pas moins de cent mètres, — sem­blables à des don­jons, pour y ins­tal­ler leurs guet­teurs et leurs sol­dats ; deux de ces tours se voient  encore. Dou­lou­reuse situa­tion, et dont une petite fille sen­sible se ren­dait par­fai­te­ment compte.

D’ailleurs, tant de choses étaient tristes en cette époque ! Ne disait-​on pas que le Pape avait été obli­gé de fuir Rome où sa per­sonne sacrée n’était plus en sûre­té, et qu’il s’était réfu­gié, bien loin de là, au royaume de France, dans une ville nom­mée Avi­gnon où il construi­sait un grand palais : preuve qu’il vou­lait y demeu­rer bien long­temps. Dans l’Église entière, cette absence du Saint Père hors de la Ville Éter­nelle était consi­dé­rée comme un mau­vais pré­sage : depuis treize siècles, depuis que saint Pierre est 

| Ouvrage : 90 Histoires pour les catéchistes II, III. Dévotion à la Sainte Vierge .

Quelques miracles entre beaucoup

— Doc­teur, dites-​moi la vérité

— Mon pauvre ami, il est per­du… Seul un miracle pour­rait le sauver…

Len­te­ment, Pierre L… fer­ma la porte. Ain­si, son petit Jean allait mou­rir… et cela, à la fleur de l’âge ; dans huit jours il aurait treize ans ! Irait-​il seule­ment jusque-là ?

Histoire pour le catéchisme, le miracle de la guérison d'un enfant maladeDepuis quelques jours Pierre voyait la pro­gres­sion du mal. Cepen­dant les paroles du doc­teur aujourd’hui l’ont bou­le­ver­sé. Il est dur d’admettre l’évidence dans un pareil cas ! Abat­tu, mais fai­sant le fort, il revient vers la salle à man­ger où un lit a été ins­tal­lé pour son enfant. Un moment il s’arrête près de sa couche et regarde son fils comme si c’était la pre­mière fois. Jean ne le voit même pas ; sa tête repose sur l’oreiller, ses traits sont tirés, ses joues creu­sées par la souf­france. La tris­tesse enva­hit le cœur du mal­heu­reux père… Ah ! s’il pou­vait prendre sa mala­die et souf­frir à sa place ! Et les der­nières paroles du doc­teur résonnent à ses oreilles seul un miracle pour­rait le sau­ver ! Un miracle !… Mais il n’y a pas de miracles ! Ce sont des his­toires d’enfants… Quant à lui, il n’y croit plus depuis long­temps. D’ailleurs, s’il y avait un Dieu, son enfant ne serait pas malade ! Qu’ont-ils fait dans sa famille pour être trai­tés de la sorte ? Certes, lui ne pra­tique pas mais il n’est pas contre la reli­gion ! Cha­cun fait comme il l’entend ! Sa femme, elle, va à l’église, et jamais il ne s’y est oppo­sé ! Quant à son Jean, voi­là plu­sieurs années qu’il est enfant de chœur à la paroisse Saint-​Pierre. Non, non, Dieu n’existe pas, sinon il ne per­met­trait pas de sem­blables mal­heurs. Et le pauvre père affo­lé se tait… Des larmes coulent sur ses joues… mais crai­gnant que son fils ou sa femme ne s’en aper­çoivent il les essuie fur­ti­ve­ment puis se dirige vers la cui­sine où son épouse pré­pare le repas. D’un seul regard elle voit que son mari a pleu­ré… Les mamans voient tou­jours quand il y a quelque chose qui ne va pas ! En vain Pierre essaie de cacher la triste nou­velle. Fina­le­ment, il doit rap­por­ter les paroles du méde­cin : Seul un miracle pour­rait sau­ver leur enfant !

— C’est tout ce qu’il t’a dit ? ques­tionne la mère.

— Oui… Mais ce sont des his­toires… et je ne crois pas aux miracles.

— Pierre, ne parle pas comme cela, je t’en prie. Moi j’y crois ! dit la mère. Veux-​tu m’accorder quelque chose ?