Et maintenant une histoire ! Posts

Trois paires d'amis


Saprice et Nécéphore
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« Quels bons amis ! » disait-on, en voyant passer par les rues d'Antioche, Saprice et Nécéphore. Qu'arriva-t-il ? De quelle faute Nécéphore se rendit-il coupable
L'Émir et le Chevalier
Attention, les gars, je résume le jeu : conduits par l'Émir Noir, les Sarrasins ont enlevé un jeune chevalier du camp des Croisés et l'ont emprisonné dans un lieu inconnu. Le jeu débute au moment
Sabots de la Vierge
Il me faudrait, dit la Vierge
Qui fuyait avec Jésus,
Il me faudrait, dit la Vierge,
Des sabots pour mes pieds nus.

Passe ton chemin, pauvresse,
Lui cria-t-on d’une auberge ;
Passe ton chemin,
La petite Jacinte
Jacinte, la plus jeune des trois voyants de Fatima, était une jolie enfant, brune, les traits réguliers, avec des yeux vifs et profonds. Intelligente et fine, son bon cœur, son caractère tendre et doux
De Constantinople à Rome
∼∼ V ∼∼
Le temps demeure splendide. Ces huit jours en mer sont un enchantement. Pendant la traversée des Dardanelles, Jean ne quitte pas les scouts et leur aumônier. Moins peut-être pour entendre
Saint Honorat
Le chant des Alyscamps
Devant nous s'ouvre la longue allée, bordée de hauts peupliers d'Italie au feuillage touffu. De chaque côté s'alignent des tombeaux, des dalles funéraires, des monuments en ruines.
Mission de nuit
Sainte Jeanne d'Arc
Sur le rempart qui s'avançait en bordure de la Loire jusqu'aux avant-postes ennemis, Loïs, tapi derrière un créneau, regardait songeur l’énorme pont défendu par le fort des Tourelles,
| Ouvrage : Et maintenant une histoire I, Les commandements à observer, les vertus à pratiquer .

T’as envie de pommes, Nanette ?

— Pour ça oui, Colas ; mais à pré­sent, des pommes, il n’y en a plus.

— Moi, je sais bien où il y en a… et de fameuses ! C’est dans le gre­nier du père Heur­teau, le voi­sin ; l’autre jour, Ernest, le com­mis, m’en a jeté une de la fenêtre, celle qui donne der­rière la mai­son. Et figure-​toi que ce matin une échelle est dres­sée contre le mur, juste au-​dessous de la fenêtre du gre­nier ! Nanette, tu vas venir avec moi. Tu feras le guet pen­dant que j’irai cher­cher des pommes pour nous deux. Et si l’on vient, tu crie­ras : Miaou. »

Tu ne voleras pas - 7e commandement - Grenier aux pommesUn peu inquiète, mais fière d’aider son frère, Nanette suit Colas.

Les voi­ci tous les deux au pied de l’échelle. Le gar­çon a vite fait l’escalade et il dis­pa­raît dans le trou noir de la fenêtre. Nanette trouve le temps long : sûre­ment, Colas doit goû­ter les pommes. Mais sou­dain un bruit de voix se fait entendre ; des pas se rap­prochent… On vient. « Miaou » crie Nanette, et vite elle court se cacher dans la cabane aux outils.

Le père Heur­teau appa­raît accom­pa­gné de Rivouet, le cou­vreur. Ils parlent du toit de l’étable qui est à répa­rer. Lorsqu’ils se sont éloi­gnés, Nanette, sor­tant de sa cachette, s’aperçoit avec hor­reur qu’ils ont empor­té l’échelle. Pour com­bien de temps ? Dieu seul le sait. Debout dans l’embrasure de la fenêtre, Colas mesure la dis­tance qui le sépare du sol… Il a beau être fort en gym­nas­tique, c’est vrai­ment trop haut pour se lan­cer. « Attends, dit-​il à Nanette, qui se lamente en bas, je vais voir si je ne peux pas sor­tir par un autre endroit. »

Colas fait le tour du gre­nier. Il est vaste et contient bien des choses : des cha­pe­lets d’oignons et d’échalotes sus­pen­dus aux poutres, des prunes séchées, des sacs de grains et, dans un coin obs­cur, la pro­vi­sion de hari­cots secs. Tiens, mais on dirait qu’ils sont trem­pés les sacs de hari­cots ; une grande tache d’humidité s’arrondit alen­tour. Colas lève la tête et aper­çoit du jour qui filtre par les tuiles dis­jointes. Bien sûr, la pluie passe par là. Il ne s’agit pas de cela, mais de s’en aller. Il y a bien une porte qui donne vers la ferme, mais elle est fer­mée à l’extérieur. Le seul moyen d’évasion, c’est la fenêtre. Colas y revient.

Auteur : Targis, Edmond | Ouvrage : Et maintenant une histoire I, Les sacrements à recevoir .

La der­nière char­rette de foin venait d’être mise en lieu sûr.

Et puis ce fut l’orage, violent, bru­tal. Les éclairs suc­cé­daient aux éclairs. Déjà, l’énorme sapin de la cour du châ­teau avait été déra­ci­né. Plus loin, la petite ferme du père Jani­cout flam­bait comme fétu de paille. Sou­dain, on enten­dit un fra­cas épou­van­table, réper­cu­té d’écho en écho : la foudre venait d’atteindre le clo­cher, le clo­cher de tuiles ver­nis­sées autour duquel se ser­raient les mai­sons. Une épaisse fumée, toute noire, mon­tait dans le ciel encore plus noir, le tout tra­ver­sé de lueurs rouges : les flammes. Le feu avait pris de par­tout à la fois.

Église du village en feu - première communion et eucharistieIls étaient deux qui avaient vu la foudre s’abattre sur l’église : Mon­sieur le Curé dans son pres­by­tère, et Jean le jaciste dans sa mai­son­nette de la rue Haute. Deux qui avaient bon­di ensemble dans la rue, l’un tout cour­bé sous le poids des ans et d’une exis­tence mise au ser­vice des autres, l’autre, jeune, le visage tour­né vers l’avenir. Deux, avec une seule pen­sée au fond du cœur : là-​bas, dans « leur » église, le taber­nacle… et le ciboire aux hos­ties consacrées.

Ils se sont retrou­vés sur la place, avec la même angoisse dans le cœur, la même farouche volon­té dans le regard. Autour d’eux, avec bruit, les secours s’organisent.

« Mon­sieur le Curé, je sais… mais je vous en prie, n’allez pas plus loin. Je suis jeune et n’ai pas peur. Je Le rapporterai. »

Et, sans attendre la réponse, Jean s’élance. Un cri par­mi la foule : le grand por­tail d’entrée s’écroule, dans un jaillis­se­ment d’étincelles. Par où donc Jean va-​t-​il péné­trer dans l’église ? Il reste la petite porte basse. Elle est fer­mée, mais d’un grand coup d’épaule, et han ! il l’enfonce. La four­naise ! Une hor­rible fumée âcre qui étouffe, piquant atro­ce­ment et les yeux et la gorge. Un ron­fle­ment entre­cou­pé de cré­pi­te­ments. De grands éclairs rouges. L’incendie dans toute son hor­reur. Déjà Jean regarde plus loin. Dans cet enfer qui l’entoure, ses deux yeux très clairs se portent là-​bas, vers le Christ de pierre qui domine la four­naise, le Christ aux deux bras éten­dus. Il semble pro­té­ger, dans la par­tie du chœur encore intacte, l’autel et le taber­nacle. Le petit jaciste rampe sur le sol : c’est le seul moyen de ne pas être trop brûlé.

| Ouvrage : Et maintenant une histoire I, Les sacrements à recevoir .

Il y a de la joie dans l’air ce matin. Le soleil, levé bien avant le plus mati­nal des Cœurs Vaillants, étin­celle dans le ciel bleu, et les oiseaux, cachés dans les grands mar­ron­niers, s’égosillent à qui mieux mieux.

Aus­si, bien avant l’heure fixée pour la réunion des chefs et des seconds, le vieux pavé résonne sous les talons impa­tients des gars.

« Tout le monde est là ? »

Sur le seuil de son pres­by­tère, Mon­sieur le Curé vient d’apparaître. Mais que se passe-​t-​il ? Pour­quoi donc a-​t-​il cet air joyeux ! Tiens, il a une lettre à la main.

« On n’a presque pas atten­du ce matin, fait remar­quer Jacques. Extraordinaire ! »

D’habitude, Mon­sieur le Curé, tou­jours très occu­pé, ne vient pas si vite.

« T’as vu, Jean, mur­mure Claude, il a un drôle d’air, Mon­sieur le Curé ; sûr qu’il arrive quelque chose… »

C’est vrai, Mon­sieur le Curé n’a pas son air habi­tuel ; le pli qui sou­vent barre son front a dis­pa­ru, et dans ses yeux il y a comme de la joie ; et puis on dirait qu’il veut vite faire par­ta­ger à tous le bon­heur qui semble conte­nu dans le petit rec­tangle qu’il tient à la main…

Flai­rant un mys­tère, les gars en un clin d’œil se sont ras­sem­blés et posent sur le prêtre des yeux interrogateurs.

« Mes petits enfants, com­mence Mon­sieur le Curé, mes petits enfants, une grande joie nous arrive, une grande joie pour le patro… »

Alors, quinze voix vibrantes ont lan­cé le même cri :

« Mon­sieur l’Abbé revient ?

— Oui, mes petits, Mon­sieur l’Abbé rentre du sana… »

Ain­si, ça y était ; ce jour tant dési­ré depuis celui où, la tris­tesse au cœur, les gars avaient appris que leur abbé malade avait dû par­tir, ce jour allait arri­ver… il était arrivé.

« Mon­sieur l’Abbé sera là dans trois jours. »

Les ques­tions main­te­nant s’entrecroisent, pêle-​mêle, joyeuses ; tout le monde veut savoir.

« En tout cas, clame Jacques, il faut lui faire une récep­tion monstre ; on n’a que trois jours, mais on va mettre les bou­chées doubles. »

| Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants .

En 1166 nais­sait un petit Anglais : Simon Stock.

Chez ses parents, de très noble famille, on menait grand train, sur­tout à l’époque de la chasse, mais aux récep­tions, Simon pré­fé­rait la soli­tude des bois.

Enfants d’aujourd’hui, nour­ris de ciné­mas et d’illustrés, vous rêvez d’extraordinaires aven­tures ; mais les petits d’alors, enten­daient plu­tôt par­ler des grands moines aux­quels l’Angleterre, l’Irlande, la France et la Ger­ma­nie devaient non seule­ment leur Foi, mais l’instruction et la Science ; cela les ouvrait au recueille­ment et les atti­rait au désert. Autre­fois, Martin-​écolier, vou­lait être ermite ; à douze ans, Simon Stock s’évade et se cache dans les bois. Près d’une petite fon­taine il trouve un chêne creux dont il fait sa cabane. Il vit là trente-​trois ans, et ce n’est pas banal, vu son nom ou sur­nom : « Stock » : tronc, tas de bois. Nous disons nous aus­si un stock de bois.

Saint Simon Stock dans un chêne creux
Il trouve un chêne creux dont il fit sa cabane.

Dans son désert, notre ermite a pour­tant des « visites »… des visites du ciel… Un jour, la Sainte Vierge, pour laquelle il a une extrême dévo­tion, lui annonce que les Carmes membres d’un ordre reli­gieuse consa­cré à Marie viennent de débar­quer en Angle­terre, et ajoute qu’elle serait heu­reuse de le voir entrer dans son ordre : L’ordre de Notre-​Dame du Mont-​Carmel.

Aus­si­tôt, Simon quitte son tronc d’arbre, sa claire fon­taine, et s’en va rejoindre les reli­gieux incon­nus, arri­vés d’Orient.

 

Le Mont-​Carmel

À peine est-​il Carme que Simon demande à par­tir en Terre-​Sainte… Il visite Beth­léem, Jéru­sa­lem, Naza­reth et gagne le Mont-​Carmel qui n’en est pas très éloi­gné. Une mer­veille que cette mon­tagne cou­verte de fleurs, sur­vo­lée par des mil­liers d’oiseaux, du roi­te­let au grand aigle. Ici, ce n’est pas Blanche-​Neige qui est reine, mais celle qui est plus blanche que la Neige : la Reine imma­cu­lée du ciel et de la terre ; et les habi­tants des bois ne sont pas d’affreux petits nains (si bon soient-​ils), mais des moines innom­brables à man­teaux blancs.

L’histoire de Blanche-​Neige n’est qu’un conte, inven­té pour le plai­sir des petits et des grands. Ici, c’est du vrai, et que l’histoire est belle ! Simon ne se lasse pas de l’entendre, de se la redire à lui-​même. Autre­fois… neuf cents ans avant le pre­mier Noël, le pro­phète Élie habi­tait la mon­tagne du Car­mel, et les jeunes accou­raient vers lui pour qu’il leur apprenne à aimer Dieu. Du côté de la Médi­ter­ra­née, plus de mille grottes, qui ser­vaient d’abri aux ermites, sont creu­sées dans le rocher. Était-​ce plus confor­table que le tronc d’arbre ?

| Ouvrage : Et maintenant une histoire I, Les sacrements à recevoir .

« Alors vrai, tu crois que ce pour­rait être bientôt ? »

Le jeune ser­gent a fait de la tête un signe affir­ma­tif, et, fou de joie, un éclair dans ses yeux noirs, Has­san s’est enfui en cou­rant pour ne pas être en retard en classe.

Il y a plu­sieurs semaines que le ser­gent Gaillard est arri­vé à Bey­routh, impa­tient de mettre sa jeune ardeur au ser­vice du pays. Mais, mal­gré tous ses dési­rs, il lui a fal­lu accep­ter ce poste trop tran­quille où il ronge son frein en rêvant de gloire et de combats.

Petite histoire chrétienne - Baptême de sangTout près, heu­reu­se­ment, il y a le col­lège des Frères, l’immense col­lège des Frères dont les petits gars lui rap­pellent ceux du groupe Cœurs Vaillants où il aimait à ser­vir avant la guerre.

Et c’est d’un regard plein de fier­té que le ser­gent suit Has­san, le petit indi­gène qui depuis de longs mois attend avec fer­veur le moment où il pour­ra rece­voir le bap­tême, et qui, pour méri­ter cette grâce, a pro­mis de faire « quelque chose de grand, qui coûte, pour le Bon Dieu ».

Une semaine a pas­sé et brus­que­ment tout a chan­gé. Depuis deux jours la guerre fait rage dans le Liban Sud. Les armées ramas­sées en Pales­tine ont fran­chi la fron­tière et s’avancent en trois colonnes sur Bey­routh et sur Damas. Dès les pre­mières heures, le ser­gent Gaillard a quit­té son poste habi­tuel. Il a pris posi­tion aux portes de la ville, avec la mis­sion d’empêcher l’avance des blin­dés légers sur la route qui longe la mer. Il a à sa dis­po­si­tion un groupe de mitrailleuses et déjà ses hommes sont aux empla­ce­ments de com­bat der­rière les chi­canes et les bar­ri­cades éle­vées rapidement.