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25 mars 2026L’Annonciation

« L’ange Gabriel, nous dit saint Luc, fut envoyé d’au­près de Dieu dans une ville de Gali­lée, nom­mée Naza­reth, vers une vierge fian­cée à un homme de la mai­son de David, appe­lé Joseph ; et le nom de la Vierge était Marie. L’ange, étant entré chez elle, lui dit : Je vous salue, pleine de grâce, le Sei­gneur est avec vous. Mais elle, à cette parole, fut trou­blée et se deman­dait ce que pou­vait être cette salu­ta­tion. Et l’ange lui dit : Ne crai­gnez point, Marie, car vous avez trou­vé grâce devant Dieu. Voi­ci que vous conce­vrez et enfan­te­rez un fils et vous lui don­ne­rez le nom de Jésus. Il sera grand et on l’ap­pel­le­ra le Fils du Très-Haut ; le Sei­gneur Dieu lui don­ne­ra le trône de David son père, il régne­ra éter­nel­le­ment sur la mai­son de Jacob et son règne n’au­ra pas de fin. Marie dit à l’ange : Com­ment cela se fera-t-il ? car je ne connais point d’homme. L’ange lui répon­dit : L’Es­prit-Saint sur­vien­dra en vous et la puis­sance du Très-Haut vous cou­vri­ra de son ombre : c’est pour­quoi l’être saint qui naî­tra de vous sera appe­lé Fils de Dieu… Marie dit alors : Je suis la ser­vante du Sei­gneur, qu’il me soit fait selon votre parole ! » Et l’ange la quitta.


Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants | Auteur : Goldie, Agnès

Chers enfants, à vous qui aimez tant la sainte Vierge, je viens racon­ter briè­ve­ment l’his­toire d’un jeune saint qui l’ai­ma beau­coup lui aussi.

Louis de Gon­zague vivait en Ita­lie, voi­ci près de quatre cents ans. Il naquit le 9 mars 1568 dans un beau châ­teau, mi-for­te­resse et mi-palais, et le canon ton­na en son hon­neur. Son­gez donc ! Il était le pre­mier enfant de Dona Mar­ta et de Don Fer­rante, Sei­gneur de Cas­ti­glione : il était l’hé­ri­tier ! Son père le voyait déjà sei­gneur et brillant chef de guerre ; sa mère rêvait d’en faire un Saint.

Louis faillit mou­rir en nais­sant. À la pen­sée de le perdre, sa maman eut un moment de ter­rible angoisse. Elle savait heu­reu­se­ment que, depuis Beth­léem et le Cal­vaire, tous les enfants du monde ont au ciel une autre maman très puis­sante et très bonne : « Sainte Vierge, dit-elle, si vous sau­vez mon tout petit, je le condui­rai à Lorette ! »

Lorette est une petite ville d’I­ta­lie qui a le bon­heur de pos­sé­der la sainte Mai­son de Naza­reth, por­tée là par les anges.

La Vierge Marie enten­dit la prière de Dona Mar­ta ; Louis ne mou­rut pas, et la sainte Vierge le regar­da deux fois comme son enfant. Désor­mais les deux mamans de Louis, celle du ciel et celle de la terre, vont conspi­rer pour faire de Louis un saint et elles réussiront !

Vous devi­nez quelle joie régna dans la petite ville de Cas­ti­glione le jour du baptême !

Après la céré­mo­nie, tous les enfants du pays furent conviés à un bon goû­ter, puis ils jouèrent jus­qu’au soir dans les cours et jar­dins du logis sei­gneu­rial. Au moment du départ, cha­cun reçut une belle médaille de la sainte Vierge en sou­ve­nir du petit Louis. Il n’é­tait qu’un pou­pon, et déjà il contri­buait, sans le savoir, à faire aimer par les enfants sa Maman du ciel.

Dona Mar­ta éle­va avec grand soin son petit gar­çon, son ange, comme elle disait. Elle lui apprit dès que pos­sible les noms de Jésus et de Marie, le Pater et l’Ave. C’é­tait sa joie de prier Dieu et la sainte Vierge avec son fils. Ils prient si bien les tout petits enfants !

Quand ils gran­dissent, sou­vent ils se dis­sipent. Et donc Dona Mar­ta se disait ; « Que je serais heu­reuse si mon petit Louis res­tait tou­jours bon et pieux comme main­te­nant ! » Mais elle savait bien qu’à cinq ans, Louis serait confié à un gou­ver­neur et trai­té comme un homme, un tout petit homme ! Alors, en par­tie tout au moins, il lui échapperait…

Un beau jour, en effet, Don Fer­rante décla­ra : « Notre fils a cinq ans. Il est grand temps qu’il se débrouille ! Don­nez-le-moi que j’en fasse un brave. Je l’emmène au camp de Casal­mag­giore où je vais pré­si­der les manœuvres. Mon armu­rier appor­te­ra le cos­tume que j’ai fait faire pour Louis. »

Coloriage de Saint Louis de Gonzague enfant - récit pour le catéchisme, la vie des saints
Ce n’est pas sans fier­té que l’ar­tilleur en herbe endos­sa l’armure
Ouvrage : À l'ombre du clocher - 1. Les sacrements | Auteur : Dardennes, Rose

Confirmation

(histoire vraie)

Tous­saint 1867.

Depuis deux cents ans, à la suite de l’in­tré­pide Magel­lan décou­vrant le pas­sage mer­veilleux à la pointe sud de l’A­mé­rique, cor­vettes et fré­gates d’Eu­rope ont sillon­né les Mers du Sud (ain­si nom­mait-on, en ce temps-là, l’O­céan Paci­fique), abor­dé des îles incon­nues, ame­né bien­tôt les missionnaires…

Ile de toauA 500 lieues au nord-est de Tahi­ti, l’é­troite île d’A­naa allonge sur 80 kilo­mètres ses anneaux de corail en ellipse autour d’un vaste lagon cen­tral. Tout à l’en tour, la mer phos­pho­res­cente, à l’infini…

Sur la petite plage de sable étin­ce­lant, un homme debout scrute ces hori­zons illimitées…

— Ici, dit-il à quelques hommes au visage cou­leur de pain grillé, tous les Mao­ris sont deve­nus chré­tiens. Votre foi et votre fer­veur sont la joie de ma vie. Mais là-bas… plus loin ?…

Car « plus loin », sur des cen­taines de kilo­mètres d’o­céan, l’ar­chi­pel des Tua­mo­tous dis­perse ses îles basses « comme une immense cou­vée d’œufs qu’un méchant coq aurait bous­cu­lée… » Et par­mi celles-ci beau­coup, encore abso­lu­ment sau­vages à cette époque-là, ignorent le vrai Dieu et sont entou­rées d’une solide répu­ta­tion île féro­ci­té et de can­ni­ba­lisme. Les pre­miers Blancs qui y ont abor­dé étaient des pirates négriers : par force ou par ruse ils se sont empa­rés des popu­la­tions et les ont emme­nées tra­vailler sur les durs chan­tiers de Tahi­ti ou de Papeete… Deve­nus méfiants, les sur­vi­vants ont accueilli à coup de sagaies les autres Blancs venus pour ache­ter la nacre ou le coprah, et ils en ont offert plus d’un en sacri­fice expia­toire à leurs dieux offen­sés ; puis ils les ont dévo­rés en d’im­menses fes­tins rituels…

Un grand Mao­ri lève son regard d’es­car­boucle sur le mis­sion­naire pensif :

— Il y a dix-huit ans, nous étions comme eux, Ape­re­to. Mais tu es venu. Tu nous a annon­cé le Dieu qui aime tous les hommes et veut que tous les hommes s’en­tr’aiment. Tu nous as appris à construire des mai­sons, à creu­ser des puits, à gué­rir la fièvre. Nous vivons heu­reux et nous nous irons au ciel. Mais nous n’a­vons pas le droit de gar­der ce bon­heur pour nous. Veux-tu que nous le por­tions avec toi à nos frères des îles Basses ?

Ape­re­to — ain­si nomment-ils affec­tueu­se­ment dans leur langue caden­cée le Père Albert Mon­ti­ton, mis­sion­naire chez eux depuis long­temps — sou­rit à ces chré­tiens géné­reux et ren­dit grâce au Sei­gneur : « ceux-là sont pleins de l’Es­prit de Dieu »…

— Réflé­chis­sez. Je pars demain. Un voi­lier de com­merce consent à m’emmener. Il tou­che­ra de nom­breuses îles : j’y des­cen­drai, j’y annon­ce­rai Jésus. J’y lais­se­rai un caté­chiste pour conti­nuer l’œuvre amorcée…

Ils sont dix à s’of­frir, et les femmes ne sont pas les der­nières. Le Père les met en garde contre un enthou­siasme intempestif :

— Son­gez que nous ris­quons d’être accueillis à coups de lances…

— Nous ne

Ouvrage : Et maintenant une histoire II | Auteur : Lauriot-Prévost, Suzanne

Fêtes des mères

Un beau jour, cela cas­sa… Sim­ple­ment, la maî­tresse du logis ne se leva pas ce matin-là. Les enfants, encore dans un demi-som­meil, n’en­ten­dirent pas, comme d’ha­bi­tude, les volets de la salle com­mune cla­quer contre la muraille, le feu ne ron­fla pas dans l’âtre, la corde du puits ne grin­ça pas. Per­sonne n’ou­vrit la porte du pou­lailler où la volaille piaillait et caque­tait. Et la petite Élise res­ta à pleu­rer inter­mi­na­ble­ment dans ses langes humides.

Ce fut le père qui don­na l’alarme ; il vint frap­per à la porte des enfants en criant rude­ment : « La mère est malade. Levez-vous. » Et un grand malaise, une grande angoisse, une grande désor­ga­ni­sa­tion tom­bèrent sur la maison.

* * *

Histoire pour la Fête des mères - La maman est malade Le méde­cin vint ; il en vint même deux. Matin et soir, on alla au bourg pour faire faire des ordon­nances, ache­ter des remèdes. Per­sonne ne pou­vait dire le mal qui minait la maî­tresse. Pour­tant, quel­qu’un le savait : c’é­tait l’innocent.

Tho­mas, l’in­no­cent, avait été recueilli tout petit par la maî­tresse. Elle l’a­vait recueilli parce que per­sonne n’en vou­lait. Elle lui avait don­né une place au foyer, en défen­dant qu’on lui fit des misères car, disait-elle, les souf­frants portent Dieu. Et elle pré­ten­dait que s’il n’en savait pas tant que les autres, il avait cepen­dant le secret des choses mys­té­rieuses que les autres ne connaî­traient jamais.

Peut-être que c’é­tait vrai. En tout cas, pen­dant que les méde­cins dis­cu­taient, écri­vaient, cher­chaient et pres­cri­vaient, il bran­lait tris­te­ment la tête et répétait :

« Je sais ben, moué, je sais ben qui c’est qui l’a ren­due malade… »

Gas­pard, l’aî­né des enfants, et José, la seconde, et Lucas, et Mathieu et même Mariette qui n’a­vait que six ans, le prirent à parti :

« Eh ! bien, dis-le, Tho­mas, si tu le sais ; dis-le nous qui lui a fait son mal à

Ouvrage : Légende dorée de mes filleuls | Auteur : Daniel-Rops

Un bruit, trou­blant la paix de la nuit, l’é­veilla en sur­saut. Ce n’é­tait pas le gron­de­ment fami­lier du Cédron dont les eaux sales, en cette sai­son de prin­temps, bouillon­naient sur les cailloux à une por­tée d’arc de la mai­son. Ce n’é­tait pas non plus le cri régle­men­taire des sen­ti­nelles romaines qui, là-haut, sur les rem­parts de Jéru­sa­lem, de quart en quart d’heure, se ren­voyaient l’une à l’autre le mot de la garde. Que se pas­sait-il donc ? Dans ce coin de ban­lieue écar­té de la ville, tout était à l’or­di­naire si tran­quille ! Le gar­çon bon­dit de son lit, — un simple tapis posé sur une paillasse de roseaux, — et cou­rut à la fenêtre.

Il se nom­mait Marc et avait à peine quinze ans. Depuis la mort de son père, sa mère Marie l’a­vait éle­vé ; pour le faire vivre, elle gérait un petit com­merce : dans cette pro­priété qu’elle pos­sé­dait à peu de dis­tance de la ville, plan­tée d’o­li­viers cen­te­naires, elle avait ins­tal­lé un pres­soir à huile, où les gens du voi­si­nage venaient appor­ter leurs récoltes ; cela lui assu­rait un modeste reve­nu. C’est pour­quoi le do­maine était connu de tout le monde sous le nom de Geth­sé­ma­ni, qui veut dire « pres­soir à huile ». À cette heure, il n’é­tait pas pos­sible que ce fût un client !

Marc se pen­cha, scru­ta la nuit claire. La lune pleine navi­guait pai­si­ble­ment dans le ciel de nacre, et sa clar­té illu­mi­nait les puis­santes for­ti­fi­ca­tions au haut des­quelles s’a­per­ce­vait le Temple majes­tueux. Le bruit sus­pect venait du che­min roide qui dégrin­go­lait de la porte vers le gué du tor­rent, un bruit de voix, de cli­què­te­ments d’armes, de lourds bro­de­quins son­nant sur les cailloux. Trouant l’om­bre, Marc aper­çut des lueurs de torches. Son cœur bat­tit plus violemment.

D’un seul coup, il avait devi­né. Cette troupe qui descen­dait en hâte le rai­dillon… Il com­pre­nait quelle triste besogne elle venait faire. Il pen­sa à son grand ami et à ses compa­gnons qui devaient dor­mir, sans méfiance, au pied des oli­viers du jar­din, comme ils en avaient deman­dé l’autorisa­tion à sa mère. Les pré­ve­nir ! Dans sa hâte, il ne prit même pas le temps de s’ha­biller. Il ramas­sa son drap qui gisait à terre, s’en enve­lop­pa comme les Romains fai­saient de leur toge et, par la fenêtre, qui était peu haute, il sau­ta dans le jardin.

Duccio di Buoninsegna. L’Arrestation de Jésus. Maestà, 1308-1311, SienneTrop tard ! Au moment où il allait rejoindre les trois Gali­léens, les sol­dats et les poli­ciers avaient déjà cer­né le coin de l’o­li­vette où ils se trou­vaient. Marc se cacha der­rière le tronc d’un arbre, et, pas­sion­né­ment, la gorge ser­rée, regar­da. Il avait bien enten­du dire, depuis déjà pas mal de temps, que les chefs des prêtres vou­laient faire arrê­ter le mer­veilleux pro­phète… Pour­quoi ? Il en était indi­gné, mais il ne com­pre­nait pas. Qu’a­vait-il donc fait ? Rien de mal, rien que de géné­reux et de cha­ri­table. Lui, Marc, qui depuis six mois, l’a­vait sui­vi sur les routes de Judée, et l’a­vait si sou­vent écou­té, il pou­vait le jurer : non, Jésus n’a­vait rien fait de répré­hen­sible ! Il avait gué­ri des malades, ren­du la vue à des aveugles, mul­ti­plié les aumônes, conso­lé ceux qui souf­fraient. Était-ce donc cela 

Ouvrage : Et maintenant une histoire II | Auteur : Alençon, M. d’

Notre-Dame

Histoire dévotion à Marie - Le sansonnet qui chante l'Ave MariaLorsque Tony, le vieux ber­ger, par­tait pour la sai­son d’é­té vers l’al­page où il menait paître toutes les chèvres du hameau, il emme­nait avec lui son chien « Patou » et « Can­zo­net », le petit san­son­net qu’il avait apprivoisé.

Tony l’a­vait recueilli avec ses frères, alors qu’ils n’é­taient que de pauvres oise­lets, que des gamins avaient jetés hors du nid mater­nel. Can­zo­net, le plus robuste, avait vécu, grâce aux bons soins du ber­ger et aux miettes de pain trem­pées dans du lait dont celui-ci le gavait à l’aide d’un petit bâton. Il était deve­nu un joli san­son­net appri­voi­sé, très atta­ché à son maître et très doué pour le chant.

Durant ses longues heures de liber­té, Tony, avec une patience inlas­sable, lui avait appris, à l’aide de son pipeau, toutes sortes d’airs mon­ta­gnards et de can­tiques. Mais celui que Can­zo­net sif­flait le mieux et avec le plus de plai­sir, tout comme son maître d’ailleurs, c’était :