Mois de Marie

Des histoires pour le mois de Marie, le mois de mai

Ayant pour thèmes : Vierge Marie, Sainte Vierge, Notre-Dame, Marie, Mois de Marie, Muguet

La merveilleuse visite à la Salette

La merveilleuse visite à la Salette
Au bord du lac Qu’elle est belle, cette route Napo­léon ! Elle longe le beau lac de Laf­frey, aux reflets d’a­zur… Voi­ci main­te­nant le lac de Péti­chet moi­ré d’argent, plus loin, le lac de Pierre-Châ­­tel plein de mys­tère, par­mi le chu­cho­te­ment des roseaux. N’est-ce pas une bonne grand mère, qui rentre, char­gée de bois mort, dans le soir tom­bant ? — Grand’­mère, il doit en pas­ser des autos sur la route ! GRAND-MÈRE. — L’é­té, ça ne cesse pas. Si vous aviez été ici, l’autre année, en sep­tembre, vous en auriez comp­té des mille. C’é­tait le Cen­te­naire de la Salette. FRANÇOISE. — Qu’est-ce que la Salette ? GRAND-MÈRE. — Une haute mon­tagne, à près de deux mille mètres et bien sau­vage. Quelques prai­ries avec beau­coup de pierres et de rochers. Pas un arbre, pas un buis­son. Et tout là-haut, une magni­fique église où l’on vient de par­tout prier Notre-Dame. Ah ! j’y suis allée tant de fois quand j’é­tais jeune. On se met­tait en route, avant le soleil, à pied, par les sen­tiers de la mon­tagne, en chantant …
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Le cierge de Rocamadour

Le cierge de Rocamadour
Dans l’église de Roca­ma­dour, la Mère de Dieu a fait tant de miracles qu’on en a écrit tout un livre. Je l’ai lu bien sou­vent, et par­mi les plus beaux, en voi­ci un que je veux racon­ter parce qu’il montre jusqu’où peut aller la cour­toi­sie de Notre-Dame. Il y avait, en ce temps, un jon­gleur très fameux, nom­mé Pierre de Syglar, qui, d’un bout de l’année à l’autre, allait de mou­tier en mou­tier, chan­tant la gloire de la Vierge Marie. Se pou­­vait-il qu’au moins une fois en sa vie, il ne pas­sât par le sanc­tuaire où, depuis les jours les plus loin­tains, une image de la Mère de Dieu, la plus belle que vous puis­siez voir, attire de tous les coins du monde un peuple immense à ses pieds ?… Il y pas­sa donc une fois. C’était au soir d’une chaude jour­née. Il avait fait un long voyage, il avait faim, il avait soif, et ce n’était pas sans envie d’entrer se …
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L’Annonciation

L'Annonciation
O divin Créa­teur, des­cen­dez, voi­ci l’heure De venir habi­ter votre sainte demeure, De venir annon­cer son des­tin glo­rieux A la Reine à venir de la terre et des cieux. Dans son humble demeure, elle est seule, elle prie, La Vierge d’Israël, Quand l’ange Gabriel Entrant tout lumi­neux, lui dit : « Salut Marie, Le Sei­gneur est en vous ; Vos grâces sont la joie et le par­fum des âmes, Vous vous trou­vez bénie entre toutes les femmes, Vierge au cœur humble et doux ; L’Es­prit-Saint répan­dra sa semence féconde En votre jeune fleur, Et sans nulle dou­leur Vous conce­vrez, met­trez un homme dans le monde ; Et l’a­do­rable Enfant Sor­ti de votre sein, ce fruit du doux Mys­tère, Sera le Fils de Dieu, le Sau­veur de la terre, Jésus, Dieu triom­phant ; Et l’ange pré­cur­seur de sa ter­restre voie, Vierge de Naza­reth, Naî­tra d’Élisabeth Dont le sein mater­nel est déjà plein de joie. » Ah ! Sei­gneur, le grand jour est enfin arri­vé Où tout le genre humain, grâce à vous, est sau­vé, Où vous allez choi­sir pour nou­velle patrie Le sein imma­cu­lé de la Vierge Marie, Où vous rou­vrez pour …
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Le message de Fatima (suite)

Le message de Fatima (suite)
Résu­mé. — Faites éta­blir dans le monde la dévo­tion à mon Cœur imma­cu­lé a deman­dé la Vierge aux trois petits voyants. 6. Troi­sième appa­ri­tion (13 juillet 1917). LES reproches encou­rus avaient convain­cu Lucia qu’elle était vic­time d’illu­sion et que le diable la trom­pait. Par contre, la confiance de Jacin­ta et de Fran­cis­co ne fut jamais ébran­lée. Lorsque le 12 juillet Lucia leur dit qu’il valait mieux recon­naître que « tout était men­songe », leur riposte fut véhé­mente : — Ne dis pas cela ! Ne vois-tu pas que tu mens et ce men­songe est un péché ? Elle leur conseilla d’al­ler seuls à la Cova, mais les petits furent effrayés et Jacin­ta se mit à pleu­rer. Cepen­dant, le matin du 13, pous­sée par une force irré­sis­tible, Lucia se ren­dit elle aus­si à la Cova, où quelque cinq mille curieux se trou­vaient déjà. La Dame parut à la même heure et de la même manière. Elle recom­man­da de nou­veau la fré­quente réci­ta­tion du cha­pe­let, mais cette fois comme moyen de hâter la fin de la guerre, …
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La Vierge Marie, de la Croix à l’Assomption

La Vierge Marie, de la Croix à l'Assomption
A plu­part d’entre vous ont déjà par­ti­ci­pé à un mariage. Vêtus d’un cos­tume de satin bleu, d’une robe crème, tenant en main un petit bou­quet d’œillets roses, ils ont sui­vi la mariée en por­tant la traîne blanche de sa robe jolie. Puis, après le cor­tège, le dîner des grandes per­sonnes presque ter­mi­né, ils sont entrés dans la salle du fes­tin, timides, un peu rou­gis­sants et, dans les excla­ma­tions de joie, se sont fau­fi­lés à une place réser­vée pour y savou­rer une bonne glace aux fraises et boire un doigt de cham­pagne pétillant et mous­seux, qui leur cha­touillait le bout du nez et le fond de la gorge, déli­cieu­se­ment. Et vous tous à qui cela est arri­vé, vous avez cer­tai­ne­ment pen­sé durant la messe à cette réjouis­sance qui vous atten­dait, et vous étiez très impa­tients de voir arri­ver le moment de vous pré­sen­ter devant les grandes per­sonnes et de prendre part à leur joie. Or ima­­gi­­nez-vous votre décep­tion si, en arri­vant dans la grande salle …
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Notre-Dame de la Médaille-miraculeuse

Notre-Dame de la Médaille-miraculeuse
Nous voi­ci donc à la veille du pre­mier dimanche de l’Avent, à la cha­pelle de la rue du Bac. Il est 18 h 30. Les bataillons du Père Vincent défilent en ordre, prennent place. Per­due dans leur nombre, notre petite Novice. C’est le grand silence, le cœur à cœur avec Dieu. Per­sonne, sauf les anges, n’est dans le secret de sœur Cathe­rine. Les yeux grands ouverts, elle regarde, elle voit … Mais lais­­sons-lui donc la parole ! « Il m’a sem­blé entendre du bruit du côté de la tri­bune. J’ai aper­çu la Sainte Vierge à la hau­teur du tableau de Saint Joseph. Elle était debout, habillée de blanc, une robe en soie blanche aurore, manches plates, un voile blanc qui lui des­cen­dait jus­qu’en bas ; par-des­­sous son voile, j’ai aper­çu ses che­veux en ban­deaux ; par-des­­sus une den­telle à peu près de trois cen­ti­mètres de hau­teur, sans fronces, c’est-à-dire légè­re­ment appuyée sur les che­veux… (Fille d’Ève, comme elle campe bien le moindre détail de la toi­lette céleste !) « La …
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Le Seigneur vient…

Le Seigneur vient...
Un matin d’hi­ver, le crieur public par­court les ruelles du vil­lage, en son­nant dans sa corne. Au nom d’Hé­rode, il pro­mulgue, en ara­méen, l’é­dit d’Au­guste ordon­nant le recen­se­ment. Ici comme en Égypte, l’ins­crip­tion se fera dans la ville d’o­ri­gine. C’est là qu’a­vec grand soin sont conser­vées les généa­lo­gies. Le char­pen­tier et Marie devront donc gagner Beth­léem, patrie de David leur ancêtre. Joseph, comme chef de famille, Marie comme fille unique et héri­tière de Joa­chim. Long et pénible dépla­ce­ment (quatre à cinq jours de marche) pour de pauvres arti­sans ! Mais tous deux savent que Dieu se sert des hommes, de leurs folies et de leurs crimes pour réa­li­ser ses des­seins. Or le pro­phète Michée (v. 2) n’a‑t-il pas annon­cé que le Mes­sie naî­trait à Beth­léem ? L’âme meur­trie mais calme, Joseph pré­pare tout. Dans la double besace de l’âne — le petit âne gris, sobre et vaillant, de tous les foyers popu­laires — il range d’un côté ses outils, de l’autre les langes, les pro­vi­sions. Marie prendra …
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Le chevalier au barizel

Le chevalier au barizel
La légende tait le nom du che­va­lier au bari­zel. Elle dit seule­ment que, pous­sé par la peur de la dam­na­tion éter­nelle et non par un vrai repen­tir, ce che­va­lier prit un jour la bure et le bâton du pèle­rin, pour se rendre dans un monas­tère et faire confes­sion de ses péchés. La confes­sion fut longue ! Jamais chré­tien n’avait pillé tant d’églises, rui­né tant de cou­vents, dépouillé tant de voya­geurs, blas­phé­mé plus sou­vent le nom du Christ et de sa mère. Mais rien qu’à racon­ter ses crimes, il trou­vait encore tant de plai­sir, que l’abbé qui le confes­sait était bien moins épou­van­té de la gran­deur et du nombre des péchés qu’il avait com­mis, que de l’orgueil dia­bo­lique qui le fai­sait tou­jours s’y com­plaire. – Mon fils, dit-il au péni­tent, quand celui-ci eut ache­vé sa confes­sion épou­van­table, n’attends pas de moi l’absolution : tu es encore au pou­voir de Satan, et les péchés ne sont remis qu’à ceux qui ont domp­té leur mau­vaise âme. En enten­dant ces …
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Le conte de la Bergère muette

Le conte de la Bergère muette
Conte popu­laire trans­crit par Hen­ri POURRAT IL y avait une fois une ber­gère qu’on nom­mait Isa­beau. Cœur plus simple ne se serait trou­vé en la chré­tien­té tout entière. Can­dide comme la fleur des champs, la pâquette des ruis­seaux, la petite ané­mone blanche ou le nar­cisse des prés qui a le cœur tout d’or. Encore jeune de jeune jeu­nesse. Mais déjà elle aidait les siens en allant gar­der les bre­bis ; et tout en les gar­dant, elle filait sa que­nouille à l’ombre d’un frêne. Tou­jours riante, tou­jours rayon­nante. Seule­ment, à la grande déso­la­tion de ses père et mère, qui n’a­vaient pas d’autre enfant, elle était muette. Ils l’ont ame­née à la ville, à un grand méde­cin — bien que ce ne fût guère la cou­tume pour des gens de cam­pagne. Et ce méde­cin leur a dit qu’au­cun savant au monde ne sau­rait la gué­rir. Un jour qu’elle était là sur le pacage, auprès de ses mou­tons, et son chien auprès d’elle, atten­dant venir l’Ange­lus, elle priait sans …
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Pontmain : Mais priez mes enfants !

Pontmain : Mais priez mes enfants !
(pre­mière par­tie) « Quelle scène sublime dans sa sim­pli­ci­té ! fait obser­ver M. le comte Lafond. Au pre­mier plan, sur le seuil de la grange, étaient les enfants, les mains jointes, les yeux tout grands ouverts, et rece­vant en plein cœur la mys­té­rieuse lumière qui jaillis­sait de l’ap­pa­ri­tion, et que réver­bé­raient leurs naïves figures. « Sur le second plan, dans l’in­té­rieur de la grange ouverte, était le groupe des hommes, des femmes et des reli­gieuses, et, au milieu de ce groupe, le véné­rable pas­teur du Pont­main, pros­ter­né jus­qu’à terre. « Et plus loin, dans la pénombre, les bes­tiaux de Bar­be­dette, rumi­nant en silence. « Ne se croi­­rait-on pas trans­por­té à cette nuit mémo­rable où les ber­gers de la Judée, aver­tis par des anges envi­ron­nés d’une lumière divine, vinrent ado­rer Jésus dans l’é­table de Beth­léem ? » Alors, comme si la prière ajou­tait à sa gloire la belle Dame gran­dit et s’é­le­va plus haut dans le ciel. « Elle est main­te­nant, dirent les enfants, deux fois grande comme sœur Vita­line. » « Le cercle bleu, disaient les petits voyants, s’é­ten­dait …
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La crèche de Nina

La crèche de Nina
Elles s’en vont, Ninon, Ninette, Nina, jupette rouge et bon­net pareil, six petits sabots cla­quant sur la terre gelée. « Vite, vite, les sœu­rettes, car le jour baisse, dit Ninette, la plus sage. – Vite, vite, répond Ninon, la plus ardente, car un grand tra­vail nous attend. – Vite, vite, mur­mure Nina, la plus douce, car Mère a dit qu’on ne s’attarde pas. » Et les six petits sabots mar­tèlent en chœur : « Vite, vite, vite, vite, les petites sœurs. » Mais que c’est donc lourd, tout ce qu’elles portent, les sœu­rettes !… Et encom­brant, donc !… Elles en ont plein les poches, et plein le giron, dans les mains, dans les bras et jusque sous le men­ton… Il y a du gui, de la mousse, du houx, du lierre, de la paille, du foin et du sapin… À peine voit-on, dans toute cette ver­dure, trois fri­mousses rondes et rouges comme des pommes d’api, éclai­rées de blanches que­nottes et de petits yeux de sou­ris… « Elle sera belle, notre crèche… – Et grande, donc… avec un …
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Puissance de la Médaille de N.-D. Auxiliatrice

Puissance de la Médaille de N.-D. Auxiliatrice
C’é­tait en mai 1869, un same­di soir. Une jeune fille, les yeux cou­verts d’un épais ban­deau noir et gui­dée par deux dames, entra dans le sanc­tuaire de N.-D. Auxi­lia­trice à Turin. Elle venait du vil­lage de Vino­vo et se nom­mait Marie Star­de­ro. Atteinte depuis deux ans d’un mal d’yeux par­ti­cu­liè­re­ment violent, elle avait fini par perdre com­plè­te­ment la vue. Inca­pable de se conduire elle fai­sait un pèle­ri­nage au Val­doc­co, accom­pa­gnée par sa tante et une cha­ri­table voi­sine. Après une fer­vente prière faite devant l’au­tel de la Vierge, l’in­firme deman­da à par­ler à Don Bos­co. Celui-ci la reçut à la sacris­tie. « Depuis com­bien de temps avez-vous mal aux yeux ? lui deman­da-t-il. — Il y a très long­temps, mon Père, répon­dit la jeune fille. Mais il n’y a qu’un an que je n’y vois plus du tout. — Avez-vous consul­té quelque spé­cia­liste et sui­vi un trai­te­ment ? — Nous avons essayé toutes sortes de remèdes, répon­dit la tante. Aucun ne lui a pro­cu­ré la moindre amé­lio­ra­tion. Quant aux méde­cins, ils …
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La Vierge sarrasine

La Vierge sarrasine
Notre-Dame Pen­dant des siècles et des siècles, jus­qu’à ce qu’une main pro­fa­na­trice la détrui­sit en 1793, sous la Ter­reur, on véné­rait dans une très vieille cha­pelle, à La Saul­ne­rie, en Tar­de­nois, non loin de Reims, en Cham­pagne, une sin­gu­lière sta­tue de la Vierge. Cette sta­tue por­tait, pro­fon­dé­ment enfon­cé dans le genou gauche, un bizarre trait de fer, long d’une ving­taine de pouces. On l’ap­pe­lait « la Sar­ra­sine », mais nul ne savait trop pour­quoi. La toute récente décou­verte d’une ancienne légende cham­pe­noise vient enfin de don­ner le fin mot de cette his­toire bien mal connue. Elle mérite d’être contée. Je vais donc, ici, vous la dire. * * * C’é­tait en l’an 1249. A cette époque, sous la ban­nière aux fleurs de lys de France, à la suite du très saint roi Louis IX, comtes et barons d’An­jou, de Cham­pagne ou de Poi­tou, ducs, vidames ou simples sires d’Au­vergne et de Nor­man­die, des Flandres, d’Ar­tois ou de Lor­raine, tous grands sei­gneurs ou petit princes par­tirent pour le lointain …
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Notre-Dame de Fatima

Notre-Dame de Fatima
Trois petits ber­gers En l’année 1917, le Por­tu­gal tra­ver­sait une triste période. Diri­gé par un gou­ver­ne­ment qui per­sé­cu­tait la reli­gion, ce pays, divi­sé, rui­né, enva­hi par le com­mu­nisme, sem­blait aller à sa perte. En même temps, les armées por­tu­gaises par­ti­ci­paient à la grande guerre, et, dans plus d’un foyer, on pleu­rait les sol­dats tom­bés bien loin, là-bas, sur une terre étran­gère. À cette époque, le vil­lage de Fati­ma res­tait encore à peu près incon­nu. Situé à une cen­taine de kilo­mètres de Lis­bonne, ses modestes mai­sons se dres­saient sur les pentes de la mon­tagne d’Aire, dans une contrée par­ti­cu­liè­re­ment aride et rocailleuse. Pour­tant, cette région gar­dait le sou­ve­nir d’une écla­tante vic­toire, rem­por­tée en 1385, par le roi Jean 1er de Por­tu­gal, avec une poi­gnée de braves. Le roi, en recon­nais­sance, fit construire à cet endroit un beau couvent en l’hon­neur de Notre-Dame de la Vic­toire. Il en confia la garde aux Domi­ni­cains. Ceux-ci répan­dirent autour d’eux la dévo­tion du saint rosaire. L’u­sage s’en était si …
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La Vierge aux Anges

La Vierge aux Anges
Pen­dant les huit jours qu’elle pas­sa dans l’é­table de Beth­léem, Marie n’eut pas trop à souf­frir. Les ber­gers appor­taient des fro­mages, des fruits, du pain, et du bois pour faire du feu. Leurs femmes et leurs filles s’oc­cu­paient de l’En­fant et don­naient à Marie les soins que réclament les nou­velles accou­chées. Puis les rois mages lais­sèrent un amon­cel­le­ment de tapis, d’é­toffes pré­cieuses, de joyaux et de vases d’or. Au bout de la semaine, quand elle put mar­cher, elle vou­lut retour­ner à Naza­reth, dans sa mai­son. Quelques ber­gers lui pro­po­sèrent de l’ac­com­pa­gner, mais elle leur dit : — Je ne veux pas que vous quit­tiez pour nous vos trou­peaux et vos champs. Mon Fils nous condui­ra. — Mais, dit Joseph, aban­­don­­ne­­rons-nous ici les pré­sents des Mages ? — Oui, dit Marie, puisque nous ne pou­vons pas les empor­ter. — Mais il y en a pour beau­coup d’argent, dit Joseph. — Tant mieux, dit Marie. Et elle dis­tri­bua aux ber­gers les pré­sents des rois. — Mais, reprit Joseph, ne pour­­rions-nous en gar­der une petite par­tie ? — Qu’en ferions-nous ? …
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Le manteau de la Vierge

Le manteau de la Vierge
Dès que le convoi des Rois fut par­ti, saint Joseph, qu’un ange avait aver­ti, pre­nant avec lui l’Enfant et sa mère, et l’âne, équi­pé de façon som­maire, quit­ta Beth­léem. Le tyran mau­dit n’avait pas encor por­té son édit, qu’eux fuyaient déjà, trom­pant sa colère, et gagnaient au loin l’exil tuté­laire. Au cours du voyage, il advint ceci que je vais nar­rer dans un bref récit. Ayant tra­ver­sé la Judée entière, ils ont pu fran­chir, enfin, la fron­tière, et sont, désor­mais, en sécu­ri­té. De là, pour atteindre un sol habi­té, c’est un long tra­jet qu’il leur fau­dra faire. Main­te­nant, Joseph ne s’en trouble guère ; il leur reste assez de pain ; et voi­ci de l’huile, du miel, des dattes aus­si… L’outre a conser­vé son eau fraîche et claire. Le bau­det, gaillard plus qu’âne sur terre, va son petit train, comme à l’ordinaire. Et, s’il n’avait pas, au cœur, le sou­ci des enfants qu’Hérode abat sans mer­ci, saint Joseph, d’avoir si bien réus­si, rirait, dans sa barbe et dans sa prière. C’est tou­jours, pourtant, …
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L’imagier

L’imagier
Écou­ter cette his­toire C’était un beau couvent bâti sur un haut pla­teau. Au-des­­sus la mon­tagne cou­verte de sapins. Les toits poin­tus et les tou­relles de la sainte mai­son se décou­paient sur ce fond sombre. Au-des­­sous une large val­lée, des vignes, des champs de blé, des prai­ries bor­dées de peu­pliers, et un vil­lage le long d’une molle rivière. Les moines de ce couvent étaient à la fois de bons ser­vi­teurs de Dieu, de grands savants et d’excellents labou­reurs. Le jour, leurs robes blanches appa­rais­saient çà et là dans la cam­pagne, pen­chées sur les tra­vaux de la terre ; et, le soir, on les voyait pas­ser de pilier en pilier, sous les arceaux du large cloître, avec un mur­mure de conver­sa­tions ou de prières. Il y avait par­mi eux un jeune reli­gieux, du nom de frère Nor­bert, qui était un très bon ima­gier. Dans le bois ou dans la pierre, ou bien avec l’argile qu’il pei­gnait de vives cou­leurs, il savait façon­ner de si belles statues …
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Apparitions de la rue du Bac

Apparitions de la rue du Bac
Et main­te­nant, cédons-lui la parole, en cor­ri­geant sim­ple­ment les fautes d’or­tho­graphe… qui four­millent. « Vient la fête de Saint Vincent. La veille, notre bonne Mère Marthe nous fit une ins­truc­tion sur la dévo­tion à la Sainte Vierge, ce qui m’a don­né un si grand désir de la voir que je me suis cou­chée avec cette pen­sée… Enfin, je me suis endor­mie. « À onze heures et demi du soir, je m’en­tends appe­lée par mon nom : « Ma sœur Labou­ré ! Ma sœur Labou­ré » M’é­veillant, je regar­dai du côté d’où venait la voix qui était du côté du pas­sage. Je tire le rideau : je vois un enfant habillé de blanc, âgé à peu près de quatre à cinq ans, qui me dit : « Venez à la Cha­pelle, la Sainte Vierge vous attend » ! Aus­si­tôt la pen­sée me vient : « Mais on va m’en­tendre » ! Cet enfant me répond : « Soyez tran­quille, il est onze heures et demi, tout le monde dort bien, venez, je vous attends » ! « Je me suis dépê­chée de m’ha­biller et …
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N.-D. De la Guadeloupe du Mexique

N.-D. De la Guadeloupe du Mexique
N.-D. De la Gua­de­loupe du Mexique Pre­mière appa­ri­tion Dix ans s’é­taient écou­lés depuis la prise de Mexi­co par les troupes espa­gnoles. A la faveur de la paix, la reli­gion chré­tienne com­men­çait à se répandre dans le pays. Un same­di matin, le 9 décembre 1531, un Indien, pauvre d’as­pect et de condi­tion, un des récents conver­tis à notre foi catho­lique, qui avait reçu au bap­tême le nom de Juan-Die­­go, marié à une Indienne de même condi­tion, qui s’ap­pe­lait Maria Lucia, sui­vait, pour se rendre à la messe dite en l’hon­neur de la Vierge Marie, le che­min qui conduit de Tol­pe­tiad à l’é­glise frans­cis­caine de Tlal­te­lol­co . Il avait devan­cé le jour, mais le soleil se levait comme il arri­vait au pied de la col­line Tepeyac . Tout à coup, un chant har­mo­nieux et doux frappe son oreille, comme si une mul­ti­tude d’oi­seaux eussent tenu un concert. L’é­cho de la mon­tagne en répé­tait les détails. Sur­pris, l’In­dien leva les yeux du côté qui sem­blait envoyer la mélo­die ; il …
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La dernière visiteuse

La dernière visiteuse
C’était à Beth­léem à la pointe du jour. L’étoile venait de dis­pa­raître, le der­nier pèle­rin avait quit­té l’étable, la Vierge avait bor­dé la paille, l’Enfant allait dor­mir enfin. Mais dort-on la nuit de Noël ?… Dou­ce­ment la porte s’ouvrit, pous­sée, eût-on dit, par un souffle plus que par une main, et une femme parut sur le seuil, cou­verte de haillons, si vieille et si ridée que, dans son visage cou­leur de terre, sa bouche sem­blait n’être qu’une ride de plus. En la voyant, Marie prit peur, comme si ç’avait été quelque mau­vaise fée qui entrait. Heu­reu­se­ment Jésus dor­mait ! L’âne et le bœuf mâchaient pai­si­ble­ment leur paille et regar­daient s’avancer l’étrangère sans mar­quer plus d’étonnement que s’ils la connais­saient depuis tou­jours. La Vierge, elle, ne la quit­tait pas des yeux. Cha­cun des pas qu’elle fai­sait lui sem­blait long comme des siècles. La vieille conti­nuait d’avancer, et voi­ci main­te­nant qu’elle était au bord de la crèche. Grâce à Dieu, Jésus dor­mait tou­jours. Mais dort-on la nuit de Noël ?… Sou­dain, il …
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