Mois de Marie

Des histoires pour le mois de Marie, le mois de mai

Ayant pour thèmes : Vierge Marie, Sainte Vierge, Notre-Dame, Marie, Mois de Marie, Muguet

Sainte Marie

Sainte Marie
Une his­toire vraie ? En voi­ci une toute simple et jolie, qui nous fut contée par une des Sœurs Mis­­sion­­naires-Caté­­chistes d’Alice Munet. Une de ces Sœurs blanches au calme et lumi­neux sou­rire, dont la vie est vouée au salut des Noirs. * * * O Vierge, comme vous êtes mater­nelle, pour vos enfants de la terre… Le soir tom­bait. Un peu de vent se leva dans les palmes… Le vil­lage, tout calme, se repo­sait au bord de l’oa­sis. Les trou­peaux, len­te­ment, s’en venaient boire à la source, plon­geant leurs naseaux alté­rés dans l’eau vive. Les pâtres atten­daient, les yeux fixés sur l’ho­ri­zon, d’un rose-feu. L’heure était pleine de grâce. Pleine de grâce… Sou­rire de la terre. Et sou­rire du ciel. Les Pères venaient d’ar­ri­ver, en tour­née de mis­sion, dans ce vil­lage aux confins du désert, et non évan­gé­li­sé encore. Quelques indi­gènes se grou­paient autour des robes blanches. Les por­teurs de la mis­sion, accrou­pis autour d’un feu de len­tisques, pré­pa­raient le repas du soir. Pour les Pères, ils son­geaient à dispenser …
lire la suite…

Le cantique de la colline

Le cantique de la colline
Mar­seille, porte ouverte sur la mer et sur le monde, avec ses navires sans cesse entrant et sor­tant par ses huit bas­sins. Mar­seille, reine de Pro­vence, avec la traîne royale de sa mer d’a­zur et sa cou­ronne de col­lines bleues et mauves que sur­monte, comme un joyau d’or pur, Notre-Dame-de-la-Garde. Avec quel trans­port de joie marins et pas­sa­gers la saluent, lors­qu’elle appa­raît, de loin, au vais­seau qui rentre au port, après une longue et dif­fi­cile tra­ver­sée ? Quel long regard ému pose sur Elle ceux qui partent, angois­sés devant la route invi­sible qui s’ouvre devant eux. Notre-Dame-de-la-Garde ! Elle veille, là-haut, de son obser­va­toire, sur les vais­seaux qui s’en vont par les routes de mer, che­mi­nées fumantes, pavillons au vent. Elle veille sur Mar­seille, la grande ville affai­rée et grouillante à ses pieds. Elle est la Gar­dienne et la Reine de la cité, Celle que tous invoquent sous le doux nom de Bonne Mère. « Étoile bien­fai­sante qui dirige le nau­ton­nier au milieu des écueils ; …
lire la suite…

La crèche de Nina

La crèche de Nina
Elles s’en vont, Ninon, Ninette, Nina, jupette rouge et bon­net pareil, six petits sabots cla­quant sur la terre gelée. « Vite, vite, les sœu­rettes, car le jour baisse, dit Ninette, la plus sage. – Vite, vite, répond Ninon, la plus ardente, car un grand tra­vail nous attend. – Vite, vite, mur­mure Nina, la plus douce, car Mère a dit qu’on ne s’attarde pas. » Et les six petits sabots mar­tèlent en chœur : « Vite, vite, vite, vite, les petites sœurs. » Mais que c’est donc lourd, tout ce qu’elles portent, les sœu­rettes !… Et encom­brant, donc !… Elles en ont plein les poches, et plein le giron, dans les mains, dans les bras et jusque sous le men­ton… Il y a du gui, de la mousse, du houx, du lierre, de la paille, du foin et du sapin… À peine voit-on, dans toute cette ver­dure, trois fri­mousses rondes et rouges comme des pommes d’api, éclai­rées de blanches que­nottes et de petits yeux de sou­ris… « Elle sera belle, notre crèche… – Et grande, donc… avec un …
lire la suite…

Le chevalier au barizel

Le chevalier au barizel
La légende tait le nom du che­va­lier au bari­zel. Elle dit seule­ment que, pous­sé par la peur de la dam­na­tion éter­nelle et non par un vrai repen­tir, ce che­va­lier prit un jour la bure et le bâton du pèle­rin, pour se rendre dans un monas­tère et faire confes­sion de ses péchés. La confes­sion fut longue ! Jamais chré­tien n’avait pillé tant d’églises, rui­né tant de cou­vents, dépouillé tant de voya­geurs, blas­phé­mé plus sou­vent le nom du Christ et de sa mère. Mais rien qu’à racon­ter ses crimes, il trou­vait encore tant de plai­sir, que l’abbé qui le confes­sait était bien moins épou­van­té de la gran­deur et du nombre des péchés qu’il avait com­mis, que de l’orgueil dia­bo­lique qui le fai­sait tou­jours s’y com­plaire. – Mon fils, dit-il au péni­tent, quand celui-ci eut ache­vé sa confes­sion épou­van­table, n’attends pas de moi l’absolution : tu es encore au pou­voir de Satan, et les péchés ne sont remis qu’à ceux qui ont domp­té leur mau­vaise âme. En enten­dant ces …
lire la suite…

L’Annonciation

L'Annonciation
O divin Créa­teur, des­cen­dez, voi­ci l’heure De venir habi­ter votre sainte demeure, De venir annon­cer son des­tin glo­rieux A la Reine à venir de la terre et des cieux. Dans son humble demeure, elle est seule, elle prie, La Vierge d’Israël, Quand l’ange Gabriel Entrant tout lumi­neux, lui dit : « Salut Marie, Le Sei­gneur est en vous ; Vos grâces sont la joie et le par­fum des âmes, Vous vous trou­vez bénie entre toutes les femmes, Vierge au cœur humble et doux ; L’Es­prit-Saint répan­dra sa semence féconde En votre jeune fleur, Et sans nulle dou­leur Vous conce­vrez, met­trez un homme dans le monde ; Et l’a­do­rable Enfant Sor­ti de votre sein, ce fruit du doux Mys­tère, Sera le Fils de Dieu, le Sau­veur de la terre, Jésus, Dieu triom­phant ; Et l’ange pré­cur­seur de sa ter­restre voie, Vierge de Naza­reth, Naî­tra d’Élisabeth Dont le sein mater­nel est déjà plein de joie. » Ah ! Sei­gneur, le grand jour est enfin arri­vé Où tout le genre humain, grâce à vous, est sau­vé, Où vous allez choi­sir pour nou­velle patrie Le sein imma­cu­lé de la Vierge Marie, Où vous rou­vrez pour …
lire la suite…

Pellevoisin

Pellevoisin
Écou­ter cette his­toire Estelle Faguette Estelle Faguette naquit en Cham­pagne, dans une famille pauvre et chré­tienne. Ses parents culti­vaient la terre et gagnaient péni­ble­ment le pain de leurs enfants. Estelle allait à l’é­cole tenue par les Sœurs. C’é­tait une petite fille simple, sérieuse, douée d’un bon juge­ment. Elle aimait la Sainte Vierge et mon­trait une grande pitié pour les mal­heu­reux. Volon­tiers, elle eût don­né tout ce qu’elle avait sous la main. Estelle, bonne d’enfants Après sa pre­mière com­mu­nion, faite pieu­se­ment dans l’é­glise Notre-Dame de Châ­­lons-sur-Marne, Estelle par­tit avec ses parents pour Paris. Là, elle est reçue « enfant de Marie », à Saint-Tho­mas‑d’A­quin. Puis, à 18 ans, dési­rant se don­ner au Sei­gneur et aux pauvres, elle entre chez les reli­gieuses de l’Hô­tel-Dieu. La novice se met de tout son cœur au ser­vice des malades, mais la fai­blesse de sa san­té l’o­blige, à son grand cha­grin, à quit­ter l’hôpital. Estelle à peu près réta­blie entre­prend, pour vivre, des jour­nées de cou­ture, puis se place comme bonne d’en­fants chez la Com­tesse de la …
lire la suite…

La dernière visiteuse

La dernière visiteuse
C’était à Beth­léem à la pointe du jour. L’étoile venait de dis­pa­raître, le der­nier pèle­rin avait quit­té l’étable, la Vierge avait bor­dé la paille, l’Enfant allait dor­mir enfin. Mais dort-on la nuit de Noël ?… Dou­ce­ment la porte s’ouvrit, pous­sée, eût-on dit, par un souffle plus que par une main, et une femme parut sur le seuil, cou­verte de haillons, si vieille et si ridée que, dans son visage cou­leur de terre, sa bouche sem­blait n’être qu’une ride de plus. En la voyant, Marie prit peur, comme si ç’avait été quelque mau­vaise fée qui entrait. Heu­reu­se­ment Jésus dor­mait ! L’âne et le bœuf mâchaient pai­si­ble­ment leur paille et regar­daient s’avancer l’étrangère sans mar­quer plus d’étonnement que s’ils la connais­saient depuis tou­jours. La Vierge, elle, ne la quit­tait pas des yeux. Cha­cun des pas qu’elle fai­sait lui sem­blait long comme des siècles. La vieille conti­nuait d’avancer, et voi­ci main­te­nant qu’elle était au bord de la crèche. Grâce à Dieu, Jésus dor­mait tou­jours. Mais dort-on la nuit de Noël ?… Sou­dain, il …
lire la suite…

Deux Moinillons

Deux Moinillons
Ding-Dong… Deux petits moines, — des moi­nillons, — disent leur Ange­lus, leur béné­di­ci­té ; puis, tan­dis que les Pères prennent leur repas au réfec­toire, ils déballent leurs petites pro­vi­sions au pied d’une belle sta­tue de Notre-Dame. Demi-pen­­sion­­naires au Couvent des Frères Prê­cheurs (Domi­ni­cains), ils arrivent tôt, servent la messe, puis reçoivent les leçons du Père Ber­nard et l’aident dans son office de sacris­tain. Le soir seule­ment ils dévalent la col­line pour ren­trer chez eux, au vil­lage d’Alfange. Cette his­toire se passe au Por­tu­gal, au XIIIe siècle. Voi­là cent ans, ce pays était encore aux mains des Maures, venus d’A­frique, et qu’ils avaient conquis cinq siècles plus tôt. Vers le XIe siècle, Alphonse VI, roi de Cas­tille, reprit par­tiel­le­ment ce ter­ri­toire et don­na ce qui était com­pris entre le Min­ho et le Dou­ro à Hen­ri de Bour­gogne, lequel prit le nom de Comte de Por­to ou de Por­tu­gal. Le fils d’Hen­ri, Alphonse-Hen­­ri­­quez, gagna sur les Maures une vic­toire déci­sive. Pour des Fran­çais, il est inté­res­sant de savoir …
lire la suite…

La prière d’une protestante

La prière d'une protestante
Sor­tant de l’u­sine où elle a tra­vaillé tout le jour, une femme aux traits amai­gris s’en­gage dans l’é­troit che­min qui mène hors de la ville jus­qu’à une « grotte de Lourdes ». Voi­là huit jours qu’elle fait ce tra­jet. L’in­quié­tude et la peine courbent ses épaules lasses. Au logis, son mari est cou­ché depuis six mois, souf­frant cruel­le­ment. De son tra­vail à elle dépend l’exis­tence de tous. Mais la mal­heu­reuse, épui­sée de sur­me­nage et de pri­va­tions, voit venir l’heure où la misère fera suite à la gêne au foyer déso­lé. À peu de dis­tance se dresse le rocher où rayonne la blanche sta­tue de la Sainte Vierge. Celle qui monte vers ce but s’ar­rête dans le sen­tier, indé­cise, l’âme angois­sée. — Qu’est-ce que je fais !… Moi, pro­tes­tante, venir la prier ! Qu’est-ce que j’es­père ! De quel droit récla­mer sa pitié ?… Mais une voix s’é­lève au fond de l’âme trou­blée, une voix qui ras­sure et invite à l’es­poir « Ton mari et tes enfants sont catho­liques et c’est …
lire la suite…

Le message de Fatima

Le message de Fatima
1. Les visites de l’ange LUCIA DOS SANTOS, âgée de 9 ans, et ses deux cou­sins, Fran­cis­co et Jacin­ta Mar­to, âgés de 8 et 6 ans, com­pa­gnons insé­pa­rables, se diri­gèrent, un jour de prin­temps 1916, vers la grotte d’une col­line voi­sine. Ils venaient d’y par­ve­nir lorsque Dieu leur envoya son ange. Un seul coup de vent en fut le signe pré­cur­seur, et aus­si­tôt, au milieu d’un groupe de quelques oli­viers, les enfants remar­quèrent un jeune homme parais­sant 15 ans envi­ron, très beau et tout res­plen­dis­sant. — Ne crai­gnez point, leur dit-il, je suis l’ange de la paix. Puis il s’a­ge­nouilla et, se pros­ter­nant, incli­na son visage vers la terre. Les enfants l’i­mi­tèrent. L’ange fit, par trois fois, cette prière que les petits répé­tèrent : — Mon Dieu, je crois, j’a­dore, j’es­père et je vous aime. Je demande par­don pour ceux qui ne croient pas, n’a­dorent pas, n’es­pèrent pas et ne vous aiment pas. Il ajou­ta : — Priez ain­si. Les Cœurs de Jésus et de Marie sont atten­tifs à …
lire la suite…

Du moine qui voulut voir Notre-Dame

Du moine qui voulut voir Notre-Dame
Tous ceux qui pré­tendent que rien ne vaut la joie de voir, chaque jour, en leur place, les belles choses que Dieu a créées, je répli­que­rai par le cas d’un jeune clerc qui eût don­né sans regret tout ce que les yeux peuvent voir et tout ce que la main peut sai­sir, pour le bon­heur de contem­pler, ne fût-ce qu’un ins­tant, Celle dont on dit à bon escient qu’elle est la gemme, l’églantine, la gloire de la terre et des cieux, Notre-Dame Sainte Marie. Un jour que pros­ter­né devant son image bénie, il lui disait, une fois après tant d’autres, qu’il ne sou­hai­tait rien tant que la voir, non plus sous la forme impar­faite d’une sta­tue de pierre ou de bois, mais telle qu’elle était en véri­té : – Mon fils, lui répon­dit l’image, je n’annonce l’heure de mou­rir à per­sonne, car tes jours ne sont pas à moi : ils appar­tiennent à mon Fils. Mais si tu tiens tant à me voir, sache …
lire la suite…

La Vierge sarrasine

La Vierge sarrasine
Notre-Dame Pen­dant des siècles et des siècles, jus­qu’à ce qu’une main pro­fa­na­trice la détrui­sit en 1793, sous la Ter­reur, on véné­rait dans une très vieille cha­pelle, à La Saul­ne­rie, en Tar­de­nois, non loin de Reims, en Cham­pagne, une sin­gu­lière sta­tue de la Vierge. Cette sta­tue por­tait, pro­fon­dé­ment enfon­cé dans le genou gauche, un bizarre trait de fer, long d’une ving­taine de pouces. On l’ap­pe­lait « la Sar­ra­sine », mais nul ne savait trop pour­quoi. La toute récente décou­verte d’une ancienne légende cham­pe­noise vient enfin de don­ner le fin mot de cette his­toire bien mal connue. Elle mérite d’être contée. Je vais donc, ici, vous la dire. * * * C’é­tait en l’an 1249. A cette époque, sous la ban­nière aux fleurs de lys de France, à la suite du très saint roi Louis IX, comtes et barons d’An­jou, de Cham­pagne ou de Poi­tou, ducs, vidames ou simples sires d’Au­vergne et de Nor­man­die, des Flandres, d’Ar­tois ou de Lor­raine, tous grands sei­gneurs ou petit princes par­tirent pour le lointain …
lire la suite…

Apparition de Pontmain

Apparition de Pontmain
, après la classe du soir, vers cinq heures et demie, les deux petits gar­çons entrèrent dans la grange avec leur père. À la lueur pâle et vacillante d’un flam­beau de résine, ils sai­sirent les longs mar­teaux de bois qui ser­vaient à piler les ajoncs, et tous trois se mirent à cette besogne pour don­ner à leurs che­vaux la ration du soir. Le tra­vail fut bien­tôt inter­rom­pu par l’ar­ri­vée d’une femme du bourg, qui avait à par­ler au père Bar­be­dette. C’é­tait Jean­nette Détais, l’en­se­ve­lis­seuse des morts du vil­lage. Pen­dant cet ins­tant de répit, Eugène s’a­van­ça vers la porte, res­tée entr’ouverte. « J’al­lais, disait-il, tout sim­ple­ment pour voir le temps. » La nuit, une claire et froide nuit de jan­vier, était venue. Dans l’im­men­si­té des cieux scin­tillaient dès mil­liers d’é­toiles, dont la clar­té était reflé­tée par la neige qui cou­vrait la terre. L’en­fant admi­rait ce ciel, il lui sem­blait qu’il n’a­vait jamais vu autant d’é­toiles. Mais bien­tôt il fut absor­bé par un spec­tacle bien plus …
lire la suite…

La Vierge aux oiseaux

La Vierge aux oiseaux
La Vierge fuyait avec l’enfant devant les sol­dats du roi Hérode. En che­min elle ren­con­tra la colombe, et la colombe lui deman­da : – Où vas-tu avec ton enfant ? La Vierge alors lui répon­dit : – Je fuis les sol­dats du roi Hérode. Mais déjà on aper­ce­vait la pous­sière que fai­saient les cava­liers, et la colombe s’envola. La Vierge conti­nuait de fuir devant les sol­dats du roi Hérode. En che­min elle ren­con­tra la caille, et la caille lui deman­da : – Où vas-tu avec ton enfant ? La Vierge alors lui répon­dit : – Je fuis les sol­dats du roi Hérode. Mais déjà on enten­dait le galop des che­vaux, et la caille aus­si s’envola. La Vierge s’enfuyait tou­jours devant les sol­dats du roi Hérode. En che­min elle ren­con­tra l’alouette, et l’alouette lui deman­da : – Où vas-tu avec ton enfant ? La Vierge alors lui répon­dit : – Je fuis les sol­dats du roi Hérode. Mais déjà on enten­dait les jurons des sou­dards, et l’alouette fit cacher la Vierge der­rière une touffe de sauges. Les sol­dats d’Hérode ont ren­con­tré la colombe, et ils ont …
lire la suite…

La Vierge aux Anges

La Vierge aux Anges
Pen­dant les huit jours qu’elle pas­sa dans l’é­table de Beth­léem, Marie n’eut pas trop à souf­frir. Les ber­gers appor­taient des fro­mages, des fruits, du pain, et du bois pour faire du feu. Leurs femmes et leurs filles s’oc­cu­paient de l’En­fant et don­naient à Marie les soins que réclament les nou­velles accou­chées. Puis les rois mages lais­sèrent un amon­cel­le­ment de tapis, d’é­toffes pré­cieuses, de joyaux et de vases d’or. Au bout de la semaine, quand elle put mar­cher, elle vou­lut retour­ner à Naza­reth, dans sa mai­son. Quelques ber­gers lui pro­po­sèrent de l’ac­com­pa­gner, mais elle leur dit : — Je ne veux pas que vous quit­tiez pour nous vos trou­peaux et vos champs. Mon Fils nous condui­ra. — Mais, dit Joseph, aban­­don­­ne­­rons-nous ici les pré­sents des Mages ? — Oui, dit Marie, puisque nous ne pou­vons pas les empor­ter. — Mais il y en a pour beau­coup d’argent, dit Joseph. — Tant mieux, dit Marie. Et elle dis­tri­bua aux ber­gers les pré­sents des rois. — Mais, reprit Joseph, ne pour­­rions-nous en gar­der une petite par­tie ? — Qu’en ferions-nous ? …
lire la suite…

Le conte de la Bergère muette

Le conte de la Bergère muette
Conte popu­laire trans­crit par Hen­ri POURRAT IL y avait une fois une ber­gère qu’on nom­mait Isa­beau. Cœur plus simple ne se serait trou­vé en la chré­tien­té tout entière. Can­dide comme la fleur des champs, la pâquette des ruis­seaux, la petite ané­mone blanche ou le nar­cisse des prés qui a le cœur tout d’or. Encore jeune de jeune jeu­nesse. Mais déjà elle aidait les siens en allant gar­der les bre­bis ; et tout en les gar­dant, elle filait sa que­nouille à l’ombre d’un frêne. Tou­jours riante, tou­jours rayon­nante. Seule­ment, à la grande déso­la­tion de ses père et mère, qui n’a­vaient pas d’autre enfant, elle était muette. Ils l’ont ame­née à la ville, à un grand méde­cin — bien que ce ne fût guère la cou­tume pour des gens de cam­pagne. Et ce méde­cin leur a dit qu’au­cun savant au monde ne sau­rait la gué­rir. Un jour qu’elle était là sur le pacage, auprès de ses mou­tons, et son chien auprès d’elle, atten­dant venir l’Ange­lus, elle priait sans …
lire la suite…

Le message de Fatima (suite)

Le message de Fatima (suite)
Résu­mé. — Faites éta­blir dans le monde la dévo­tion à mon Cœur imma­cu­lé a deman­dé la Vierge aux trois petits voyants. 6. Troi­sième appa­ri­tion (13 juillet 1917). LES reproches encou­rus avaient convain­cu Lucia qu’elle était vic­time d’illu­sion et que le diable la trom­pait. Par contre, la confiance de Jacin­ta et de Fran­cis­co ne fut jamais ébran­lée. Lorsque le 12 juillet Lucia leur dit qu’il valait mieux recon­naître que « tout était men­songe », leur riposte fut véhé­mente : — Ne dis pas cela ! Ne vois-tu pas que tu mens et ce men­songe est un péché ? Elle leur conseilla d’al­ler seuls à la Cova, mais les petits furent effrayés et Jacin­ta se mit à pleu­rer. Cepen­dant, le matin du 13, pous­sée par une force irré­sis­tible, Lucia se ren­dit elle aus­si à la Cova, où quelque cinq mille curieux se trou­vaient déjà. La Dame parut à la même heure et de la même manière. Elle recom­man­da de nou­veau la fré­quente réci­ta­tion du cha­pe­let, mais cette fois comme moyen de hâter la fin de la guerre, …
lire la suite…

Les trois ducats

Les trois ducats
C’é­tait un homme comme vous et moi, un homme ni meilleur ni pire, un pauvre diable de pécheur. Qu’avait-il fait ? Je n’en sais rien. Une faute plus grave que les autres, un péché plus gros que les autres, un jour où Dieu, sans doute, l’avait aban­don­né trop long­temps à lui-même. Et on le menait au gibet de la bonne ville de Tou­louse entre le bour­reau et les Consuls, au milieu d’une foule de curieux et de méchants gar­çons, accou­rus sans doute pour voir ce qui les atten­dait demain. Or, ce jour-là, le roi René fai­sait son entrée à Tou­louse, avec sa femme, la belle Aude, qu’il venait d’épouser dans un pays voi­sin. En pas­sant devant le gibet, la Reine vit le condam­né déjà juché sur l’escabeau, la tête enga­gée dans la corde. Elle ne put rete­nir un cri et se cacha la tête dans les mains. Le Roi arrê­ta tout son monde, fit signe au bour­reau de sur­seoir, et se tour­nant vers les Consuls : – Messieurs …
lire la suite…

D’un chevalier à qui Notre-Dame s’apparut

D'un chevalier à qui Notre-Dame s'apparut
Il était un beau che­va­lier qui ne rêvait que tour­nois et fêtes. Une dame occu­pait sa pen­sée, ses soins, qui ne le payait pas de retour et se mon­trait d’au­tant plus rebelle qu’il la sup­pliait davan­tage et la sou­hai­tait plus ardem­ment. C’est pour­quoi, las et per­dant cou­rage, il por­ta sa peine devant un saint homme d’abbé. « Sire, lui confia-t-il, d’au­cunes ont un cœur de plomb, mais celle que j’aime en a un de fer. Depuis que je la connais, je ne mange ni ne bois ou ne repose. Et je vais, j’en suis sûr, mou­rir de male mort, si vous ne me sau­vez. » L’homme de Dieu connut la gra­vi­té du cas. Il sut que, pour de tels maux, il n’est point de médi­ca­tion tem­po­relle. Aus­si jugea-t-il bon de ne pas com­battre de front l’ad­ver­saire et de faire appel à la grâce et à la misé­ri­corde infi­nie du Christ et de la mère du Christ. Il ordon­na au péni­tent de dire cent cinquante …
lire la suite…

L’enfance de la Vierge Marie

L'enfance de la Vierge Marie
L était une fois, dans la capi­tale de la Pales­tine, deux vieux époux, cas­sés par l’âge et le tra­vail. Ils habi­taient une petite mai­son blanche et pro­prette, au bout de la grand’­rue de Jéru­sa­lem, juste devant le Temple. Le soir, lors­qu’il fai­sait beau, ils aimaient s’as­seoir sur le pas de leur porte et regar­der, sans rien dire, le soleil tout rouge entrer dans son lit de nuages der­rière les tours et les cou­poles du monu­ment. Mais ils n’é­taient pas heu­reux, car ils n’a­vaient pas d’en­fant et se trou­vaient bien seuls. Un soir, comme ils se sen­taient plus tristes que jamais, Joa­chim prit la main d’Anne, la ser­ra très fort et lui dit : « Puisque c’est ain­si et que nous deve­nons vrai­ment très âgés, nous allons faire encore un immense sacri­fice… — Quel sacri­fice encore ? dit Anne, sen­tant un petit pin­ce­ment du côté de son cœur. — Eh bien ! dit Joa­chim, tout bas et tout len­te­ment, nous allons nous sépa­rer ! — Quoi ! pleu­ra la pauvre Anne. — Oui, nous allons vivre pen­dant quelque …
lire la suite…