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Ouvrage : Légende dorée de mes filleuls | Auteur : Daniel-Rops

Au dehors, la tem­pête fai­sait rage. Et quelle tem­pête ! Hur­le­ments de fureur, vagues déme­su­rées, coups de bélier à jeter bas les falaises de la côte. La nuit sem­blait au pou­voir de bêtes mons­trueuses prêtes à dévo­rer l’hu­ma­ni­té entière. Il n’eût pas fait bon être en mer à cette heure.

Dans le couvent, les moines priaient. Der­rière les murs énormes, faits de gra­nit inébran­lable, très peu ouverts par d’é­troites meur­trières, c’é­tait à peine si le tumulte de l’o­céan déchaî­né par­ve­nait à leurs oreilles comme un gron­dement. Les psaumes suc­cé­daient aux psaumes, chaque moi­tié du chœur chan­tant à son tour les ver­sets. L’é­glise basse, tra­pue, n’é­tait guère éclai­rée que par les cierges de l’au­tel et, de loin en loin, au bord des stalles, quelques lampes à huile dont la lueur jaune dan­sait sur les poutres et les solives de la toi­ture. On dis­tin­guait mal les formes age­nouillées des moines, vêtus de bure brune ; seule la large ton­sure blanche en cou­ronne per­met­tait de dis­cer­ner leurs têtes inclinées.

Sans que nul n’eût enten­du s’ou­vrir une porte, une sil­houette sombre appa­rut au milieu du chœur, se diri­geant vers la stalle du Révé­ren­dis­sime Père Abbé, recon­nais­sable à la haute crosse qui était dres­sée à côté de lui. Chaque nuit, tour à tour, pen­dant que la com­mu­nau­té célé­brait l’of­fice, un des frères demeu­rait en fac­tion dans la tou­relle de guet, à la pointe du monas­tère qui don­nait droit au-des­sus de la mer ; les nau­frages n’é­taient pas rares sur cette côte bre­tonne toute déchi­que­tée par les grands vents. Le moine guet­teur se tenait là pour scru­ter l’o­céan immense et, s’il aper­ce­vait un navire en détresse, aler­ter tout le couvent.

Jus­te­ment, cette nuit-là, les moines qui n’a­vaient pas inter­rom­pu leur chant litur­gique, le virent, après s’être pros­ter­né devant le Père Abbé, faire le signe de détresse : les bras levés au ciel, puis trois génu­flexions. Saint Bren­dan frap­pa le sol de sa crosse. Le silence se fit ins­tan­ta­né­ment et il sem­bla que le gron­de­ment de l’o­céan devînt plus fort, plus menaçant.

« Sau­ver la vie de nos frères est encore plus agréable à Dieu que chan­ter nos prières. Allons ! Le Sei­gneur nous appelle au devoir !… »

Un ins­tant après, ils étaient tous dehors : les uns sur le che­min de ronde scru­tèrent la nuit, où se dis­tin­guait, sous la clar­té inter­mit­tente d’une lune blême, un navire bal­lot­té par les vagues, plus qu’à demi ren­ver­sé par elles ; les autres avaient déjà gagné le petit port et com­men­çaient à mettre à l’eau le canot de sau­ve­tage qui, bien sou­vent, dans des condi­tions sem­blables, avait arra­ché à la mort des naufra­gés. Et, une fois de plus, n’é­cou­tant que la voix de leur conscience chré­tienne, au péril de leur vie, sur l’o­céan démon­té, les fils de saint Bren­dan s’élancèrent…

* * *

« Il vit ! » dit Frère Cadoc, qui était un peu méde­cin. La mince forme, en effet, remuait tout dou­ce­ment, et le visage, livide, sous les pâles che­veux blonds pla­qués par l’eau de mer, sem­blait reprendre quelques cou­leurs. Étrange his­toire… Sur le bateau en per­di­tion, les moines sau­ve­teurs n’a­vaient plus trou­vé de vivant que ce petit gar­çon de dix ou onze ans, atta­ché, par pré­cau­tion, à un des bancs de rames pour qu’une vague ne l’en­le­vât point. Où était donc l’é­qui­page ? Dans un coin, le cadavre d’un des marins, tué sans doute par une chute. Les autres avaient dû être empor­tés par une de ces énormes lames qui balayaient le pont.

— Oui, il vit, louange à Dieu ! répon­dit le Père Abbé, qui s’é­tait pen­ché sur la poi­trine de l’en­fant. Et d’une voix forte, il enton­na un can­tique d’ac­tion de grâces auquel tous les pré­sents répon­dirent. À ce moment, réveillé, le petit gar­çon ouvrit les yeux…

C’est ain­si que celui qui devait deve­nir Edwin d’Is­lande fut recueilli, sur les côtes de Bre­tagne, par la cha­ri­té et le cou­rage des moines de saint Bren­dan. Car, lors­qu’on l’eut bien réchauf­fé, bien nour­ri, bien ins­tal­lé dans le meilleur lit qu’on pût trou­ver, il ne fut plus ques­tion de se sépa­rer de lui. Dieu lui-même, dans sa Sainte Pro­vi­dence, n’a­vait-il pas clai­re­ment mar­qué qu’il dési­rait le voir vivre au monas­tère ; et puis, il faut bien l’a­vouer tous ces rudes hommes éprou­vaient une secrète ten­dresse pour ce bel enfant frais et rosé, aux che­veux de lin… Il fut donc déci­dé qu’il serait éle­vé au couvent, que le cher Frère Gil­das, le plus doux et le plus jeune de tous, serait spé­cia­le­ment char­gé de veiller sur lui et de l’é­du­quer. Ce serait, plus tard, un frère de plus dans la communauté…

Ouvrage : Le panier de cerises | Auteur : Piacentini, René

Au R. P. A. D., mis­sion­naire au Cameroun.

Il était le der­nier de la pre­mière table du côté du jar­din. Et je le revois très bien mal­gré les années… Oh ! mon Dieu, des années qui ne sont pas tel­le­ment nom­breuses, c’é­tait tout aus­si­tôt après la guerre, en 1919 – 1920. Je le revois très bien : un petit homme, peu pous­sé en chair, mus­clé, ner­veux et racé à plai­sir. Ne croyez pas que j’emploie ce mot pour faire du genre, par mode ; oh ! non, mais bien parce que je me plai­sais à recon­naître en lui un des­cen­dant authen­tique de cette race de Gau­lois mâti­nés de Latins, conser­vés sans mélange, mal­gré les flux et les reflux des peuples. Un bon enfant, au demeu­rant, franc, loyal, sin­cère, si vous le vou­lez, en don­nant à ce mot son sens pre­mier de can­deur et de sim­pli­ci­té. Fort en thème ? À dire vrai je le retrouve peu sou­vent nom­mé aux pal­ma­rès de cette époque. Peut-être ne pre­nait-il qu’un inté­rêt secon­daire aux savantes expli­ca­tions que la pédante abon­dance des pro­grammes uni­ver­si­taires nous oblige de ver­ser à des mou­tards de quinze ans : « Et remar­quez bien, s’il vous plaît, que la peu­kên qu’A­ga­mem­non tient en main d’a­bord, et qu’il jette à terre ensuite, n’est pas sa tablette, comme le dit la note de votre texte, mais sa torche, une torche de résine, c’est la nuit et… Sui­vez Jean Demai­son ! » — « Mon Père, il y a un nid de char­don­ne­rets dans le pom­mier », et, Dieu nous par­donne, maître et élèves lais­saient, quelques minutes, Euri­pide et Klu­taim­nes­tra pour suivre les jeux rapides du couple de chardonnerets. 

Et la vie vous empor­ta cha­cun de notre bord, mon pauvre Jean Demai­son, vous près de Paris pour de plus hautes études, et votre pro­fes­seur loin de la France. Mais pour loin que vous fus­siez de mes yeux, jamais je ne vous chas­sai de la pen­sée de mon esprit. Chaque fois que, dans ma vie, je ren­con­trai ces si jolis petits oiseaux qui nichent dans un rideau de vigne vierge, dans une fourche de pom­mier feuillu, ou qui, aux jours où l’au­tomne tend sur les champs humides le réseau d’argent de ses fils de la vierge, font cour­ber à peine sous le poids de leurs ailes de bure et d’or la tige des char­dons qu’ils bec­quètent, je ne sais par quelle gra­cieuse alliance d’i­dées, j’ai son­gé à ce pas­sage d’Eu­ri­pide et à Jean Demai­son, mon élève de Seconde. 

J’ap­pris votre élé­va­tion au sacer­doce. Votre bon­heur fut le mien, votre joie la mienne. Je m’a­ge­nouillai sous votre béné­dic­tion et j’as­sis­tai, plus ému que je ne vou­lais le lais­ser paraître, à votre pre­mière, grand’messe. 

Et je vous vis partir. 

Par­tir pour des pays où ma pen­sée ne pou­vait vous suivre, car la terre est vaste, quoique petite, et, si nom­breux que soient les pays que j’ai visi­tés, ils sont bien plus nom­breux encore ceux que je ne connais pas. De temps en temps vous nous don­niez de vos nou­velles. Elles étaient bonnes. Vous abat­tiez de la besogne et vous étiez heu­reux. Que dési­rer de plus pour les prêtres qu’on aime ? Vous construi­siez des églises, où les chré­tiens se pres­saient de jour en jour plus nom­breux. Sur des pistes à peine tra­cées, vous fai­siez de la moto­cy­clette, moderne moyen dont se sert le Bon Pas­teur pour cou­rir après la bre­bis per­due ou cap­ti­ver la sau­vage. Et quand les lettres se fai­saient rares, un char­don­ne­ret de pas­sage vous repla­çait dans mon souvenir. 

Un jour l’on frap­pa à ma porte trois coups espa­cés que je n’a­vais pas accou­tu­mé d’en­tendre : « Entrez ! » C’é­tait vous ! 

Ouvrage : Autres textes

Daniel Brot­tier naquit le 7 sep­tembre 1876 dans un petit vil­lage de Sologne : La Fer­té-Saint-Cyr, dans le dio­cèse de Blois. Ses parents habi­taient une dépen­dance du châ­teau de Dur­fort où son père était cocher et sa mère s’ap­pli­quait comme toutes les mamans du monde, à éle­ver Daniel et son frère Gaston.

Son carac­tère fou­gueux, bagar­reur même, appa­raît dès son plus jeune âge. Il n’a rien d’un petit saint…

Un jour pour­tant, lors­qu’il a 5 ans, sa maman l’in­ter­roge : « Daniel, que feras-tu plus tard ? » Sans hési­ter, il répond : « Moi, je serai pape ! » Et quand sa maman lui fait remar­quer qu’a­vant d’être pape il faut être sémi­na­riste, prêtre, évêque…il répond : « Eh bien, je serai tout cela ! » Voi­là déjà dans ce pro­pos d’en­fant un tem­pé­ra­ment hors du com­mun, en quête d’ab­so­lu ! Dès l’âge de rai­son, Daniel mani­feste un grand amour de Dieu et le désir du sacerdoce.

En 1886, à l’âge de 10 ans il fait sa pre­mière com­mu­nion. Il se sou­vien­dra toute sa vie de ce jour béni qui mar­qua une ren­contre dans le plus intime de son cœur avec le Sei­gneur qui lui fait signe…et avec la Vierge Marie qui lui garan­tit sa mater­nelle protection.

Vie du Bienheureux Daniel Brottier pour les enfants

Un an plus tard, il rentre au petit sémi­naire de Blois. C’est un enfant débor­dant de vie, espiègle, un peu tur­bu­lent mais d’une grande géné­ro­si­té. C’est là au petit sémi­naire, qu’à l’âge de 12 ans, il entend le pre­mier appel à la vie missionnaire.

À 16 ans, il entre au grand sémi­naire : il tra­vaille bien et déve­loppe ses talents d’or­ga­niste, de des­si­na­teur, de peintre, d’ac­teur de théâtre.

Il souffre déjà de ter­ribles maux de tête, véri­table « cou­ronne d’é­pines », qu’il endu­re­ra jus­qu’à sa mort.

Il est nom­mé sur­veillant au col­lège de Pont­le­voy, il fait preuve de qua­li­tés excep­tion­nelles d’é­du­ca­teur et lais­se­ra un sou­ve­nir inef­fa­çable dans le cœur de ses anciens élèves.

Il est ordon­né prêtre à 23 ans, le 22 octobre 1899 et devient pro­fes­seur dans le même collège.

Père Brottier vélo - Histoire à lire en ligne gratuite

Le reprend alors cet irré­sis­tible appel vers les mis­sions loin­taines : il écrit alors le 15 sep­tembre 1901 à son futur maître du novi­ciat : « J’ai l’in­ten­tion d’al­ler faire une retraite sous votre direc­tion pour étu­dier la volon­té de Dieu sur moi… Je suis prêtre depuis 2 ans et actuel­le­ment pro­fes­seur et je vous ferai part de mes pro­jets d’a­ve­nir et de mon désir d’être missionnaire »

Ouvrage : Et maintenant une histoire I | Auteur : Legeais, A.

Moha­med Ben Ab-del­ka­der, le cara­va­nier, est venu par piste aux longues étapes de Tim­mi­moun à Ain-Tleïa, oasis à la source jaune. Il était mon­té sur sa cha­melle blanche et, à sa selle, étaient atta­chées les longes de son bour­ri­cot et de son cha­meau noir, tous deux lour­de­ment char­gés de couf­fins de belles dattes jaunes, sa seule fortune.

Moha­med le Tar­gui appar­tient à la grande tri­bu des Aouel­li­min­den. Âgé de trente ans à peine, il aurait pu se joindre à la cara­vane annuelle qui par­tait quelques jours après. Mais il a pré­fé­ré voya­ger seul dans les grandes dunes d’A­drar et de Béni-Abbès. Moha­med est pro­fon­dé­ment croyant ; jamais il n’a enten­du par­ler de Jésus de Naza­reth, mais chaque soir, à la halte, il des­cend de sa cha­melle et se pros­terne sur le sable, ado­rant Dieu le Tout-Puissant.

Touareg et le missionnaireLa nuit venue, il abreuve ses ani­maux ; de sa grande « tas­souf­fra » en cuir, il retire aus­si l’orge et l’a­voine qu’il leur donne en leur par­lant dou­ce­ment, car Moha­med aime ses bêtes, ses seuls com­pa­gnons dans ce désert immense. Lui-même se nour­rit fru­ga­le­ment d’une poi­gnée de dattes sèches, arro­sée d’une tasse brû­lante de thé à la menthe sucré, la bois­son natio­nale des nomades. Puis il se roule dans son bur­nous brun et s’en­dort sous le ciel constel­lé d’é­toiles près du ventre chaud de ses animaux.

Après de longues jour­nées dans les sables mou­vants, il a dépas­sé Taghit, Kenad­sa la ville sainte, et Colomb-Béchar la neuve. Enfin, pour­sui­vant sa route au pas lent de ses bêtes, il a atteint la longue ham­ma­da rocheuse de Dje­nien Bou Rezgt, celle qui indique que désor­mais le domaine du désert est bien ter­mi­né, celle aus­si où les ani­maux des nomades doivent subir la dou­lou­reuse épreuve des arêtes du che­min, aiguës et coupantes.

Enfin, trois jours après, au cou­chant, voi­ci qu’il aper­çoit devant lui les cou­poles blanches et le mina­ret du ksar d’Ain-Tleïa. Le mina­ret res­plen­dit sous les der­niers rayons du cou­chant. Le muez­zin, ain­si que le nomment les fidèles, appelle à la prière : Moha­med se pros­terne. Près du mina­ret s’é­lève un autre monu­ment, sur­mon­té d’une croix. Le Tar­gui connaît aus­si ce lieu de prière : c’est celui d’un mara­bout-rou­mi (un blanc) venu là il y a quelques années. Le père de Moha­med a connu un sem­blable mara­bout-rou­mi qui, durant sa vie, a sans cesse séjour­né entre Béni-Abbès et Taman­ras­set, où il repose au cœur du pays Tar­gui ; il lui a racon­té la sain­te­té de vie de cet homme et de ses sem­blables. Aus­si, Moha­med res­pecte-t-il beau­coup ces hommes, qui n’ont pas la même reli­gion que lui, mais qui prient tout le temps le Dieu Infi­ni, et vivent si pieusement.

La nuit tom­bée, Moha­med campe seul, un peu à l’é­cart de la ville, aux abords du vil­lage nègre. Il a ramas­sé quelque bois mort pour son feu, et décharge déjà ses bêtes, quand une brû­lure vio­lente à son talon lui arrache un cri de dou­leur ; il se retourne : un gros scor­pion noir, déran­gé par le Tar­gui dans son som­meil, vient de le piquer. Un coup de pierre écrase la bête mal­fai­sante, mais la dou­leur force Moha­med à s’as­seoir, tant elle est forte. Il connaît les scor­pions noirs ce sont les plus dan­ge­reux et les plus veni­meux. Aus­si, avec son cou­teau bien aigui­sé n’hé­site-t-il pas à essayer d’in­ci­ser sa bles­sure pour la faire sai­gner et la dés­in­fec­ter. Mais ce remède pri­mi­tif est sans effet : sa plaie ouverte le fait encore plus souf­frir et son pied enfle déjà rapidement.

Ouvrage : Autres textes

Des singes encombrants

« Ce matin-là, dit le mis­sion­naire, tou­jours à bicy­clette, je plonge dans la val­lée : une val­lée toute verte, pleine de grands arbres et de champs de maïs. Je suis seul comme d’ha­bi­tude. On ne risque pas, il est vrai de se que­rel­ler avec son com­pa­gnon, mais par­fois il est bon d’en avoir un à ses côtés. En pleine des­cente, une cin­quan­taine de singes, des gros cyno­cé­phales (cyno­cé­phale veut dire : tête de chien) me barrent la route. Je freine et m’ar­rête à peine à 10 mètres d’un gros singe, le chef de la troupe, le sur­veillant géné­ral, bien assis, atten­dant que toute la bande des mâles et des gue­nons soit passée.

« De loin, c’est joli à voir tous ces petits singes accro­chés au ventre de leur mère qui criaillent, peu­reux comme des enfants en larmes. Je gre­lotte… je veux dire que j’a­gite sans arrêt le gre­lot de ma bicy­clette… mais rien à faire. Ils viennent sur ma gauche, alors c’est à moi de pas­ser : j’ai la prio­ri­té, pas vrai ?

« Mais le digne patriarche ne s’en sou­cie guère et reste tou­jours là, méfiant, l’œil mau­vais dans une tête peu sym­pa­thique. Allons… ça y est, toute la famille est dans la brousse, grim­pée aux arbres. Le vieux chef quitte len­te­ment la route et moi je passe vite… vite.

Récit de missionnaires pour le enfants en Afrique

« Quelques minutes après, en grim­pant la côte, j’ai le souffle cou­pé, les jambes molles et suis obli­gé de m’ar­rê­ter. Je gre­lotte, mais cette fois-ci pour de bon ; je claque des dents. Quelle peur, Sei­gneur ! Oui, la peur phy­sique, irrai­son­née me ter­rasse. Pen­dant un quart d’heure je reste là, sur le bord du fos­sé, à attendre que mon petit cœur folâtre se remette à battre normalement.