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13 mars 2026Sainte Euphrasie, Vierge

Sainte Euphra­sie eut pour père Anti­gone, proche parent de l’empereur Théo­dose le Grand ; elle naquit à Constan­ti­nople en 380. Sa mère, deve­nue veuve l’an­née sui­vante, refu­sa de se rema­rier et se reti­ra en Égypte avec son enfant, visi­tant les soli­tudes de la Basse-Thé­baïde et dis­tri­buant dans les monas­tères d’a­bon­dantes aumônes. La jeune Euphra­sie fut tel­le­ment édi­fiée de la fer­veur d’un des cou­vents qu’elle ne vou­lut plus le quit­ter. Sa mère l’y lais­sa et la fillette com­men­ça dès lors une vie tout angé­lique de prière, d’hu­mi­li­té, d’o­béis­sance et de mor­ti­fi­ca­tion. Elle balayait le couvent, fai­sait les lits, tirait de l’eau pour la cui­sine, s’exer­çait aux plus bas tra­vaux de la mai­son, tout cela avec une grande joie sur­na­tu­relle. Le démon, pré­voyant les heu­reux résul­tats de sa fer­veur, lui fit cruel­le­ment la guerre d’a­bord par de fortes ten­ta­tions inté­rieures, qu’elle sur­mon­ta en se mor­ti­fiant davan­tage et en pre­nant l’a­vis de sa supé­rieure ; puis par des vexa­tions exté­rieures into­lé­rables : il la jeta dans un puits, la pré­ci­pi­ta d’un troi­sième étage, ren­ver­sa sur elle une chau­dière d’eau bouillante. Aucune de ces épreuves ne vint à bout du cou­rage d’Eu­phra­sie. Mais l’empereur, son parent, lui rap­pe­la qu’elle avait été fian­cée à un jeune sei­gneur à l’âge de 5 ans et qu’il était temps de contrac­ter le mariage pro­mis. Déso­lée, elle plai­da si bien sa cause que Théo­dose lui-même s’in­ter­po­sa pour qu’elle pût res­ter au couvent. Elle conti­nua donc sa vie reli­gieuse jus­qu’au moment de sa mort, en 410.


Ouvrage : Autres textes
Saint Polyeucte

’ÉTAIT en l’an­née 250. Decius régnait dans Rome, et les légions vic­to­rieuses cam­paient jus­qu’à la mer Noire. Des gou­ver­neurs romains fai­saient res­pec­ter dans toutes les colo­nies les lois de l’empire et sévis­saient avec rigueur contre les moindres ten­ta­tives de trouble.

Félix, issu d’une ancienne et noble famille romaine, avait été nom­mé au gou­ver­ne­ment de l’Ar­mé­nie. C’é­tait un homme assez habile et qui avait su, par sou­plesse plu­tôt que par talent, se faire bien voir des grands de l’empire. Ne pas déplaire aux puis­sants était sa constante pré­oc­cu­pa­tion, ain­si que le soin de sa for­tune. Une seule chose, tou­te­fois, balan­çait cette pen­sée inté­res­sée dans son cœur, c’é­tait sa ten­dresse pour sa fille, Pau­line. Mais il faut ajou­ter que cette ten­dresse n’au­rait pas été assez forte pour le faire renon­cer à un pro­fit sérieux. 

Et il venait de prou­ver cette inéga­li­té de ses sen­ti­ments un peu avant son départ pour l’Arménie. 

Le mariage de Pauline

En effet, le visage et les ver­tus ado­rables de Pau­line avaient ins­pi­ré un pro­fond amour à un che­va­lier romain, un des plus braves offi­ciers de Decius. Ce che­va­lier se nom­mait Sévère. Il avait l’es­time géné­rale pour la bra­voure et la géné­ro­si­té de son carac­tère, et toutes les jeunes filles romaines rêvaient de ce beau guer­rier. Pau­line avait fait comme ses com­pagnes, et bien­tôt le res­pec­tueux atta­che­ment qu’elle sen­tait pour elle dans l’âme de Sévère lui avait mis au cœur, en retour, une vive tendresse. 

Mais Sévère avait peu de for­tune. Aus­si quand il hasar­da sa demande auprès du père de Pau­line, reçut-il un refus très sec. Félix ne vou­lait pas pour gendre de cet offi­cier d’un cer­tain renom sans doute, mais sans guère d’autre bien que son cou­rage. Et pour décou­ra­ger tout à fait Sévère dans ses espé­rances, il deman­da et obtint le gou­ver­ne­ment d’Ar­mé­nie. Il se flat­tait de trou­ver dans cette riche colo­nie un par­ti brillant pour sa fille. Et en effet, à peine arri­vée à Méli­tène, la belle Pau­line se vit recher­chée par Poly­eucte, un des chefs de la noblesse armé­nienne et dont la for­tune était consi­dé­rable. Celui-ci deman­da la jeune fille en mariage. Félix vit sur­tout dans cette union la pos­si­bi­li­té d’as­seoir plus soli­de­ment sa propre situa­tion en Armé­nie, et il accor­da sa fille à Poly­eucte. Entre temps, la nou­velle de la mort de Sévère était par­ve­nue jus­qu’à Méli­tène, et Pau­line, secrè­te­ment, avait gémi sur cette fin de ses pre­miers rêves. Puis, comme le devoir par­lait tou­jours dans son cœur plus haut que la pas­sion, elle s’é­tait effor­cée de ne plus pen­ser qu’à l’é­poux que venait de lui choi­sir son père, de ne plus ché­rir que lui. 

Or, Poly­eucte était un homme de si haute ver­tu et d’un cœur si aimable que ce fut chose facile pour Pau­line que d’a­voir envers lui les sen­ti­ments qu’il méri­tait ; et, en ce jour de jan­vier où sous le ciel si doux de l’Ar­mé­nie, sur ses pentes ver­dies d’o­li­viers, éclo­saient les corolles nei­geuses des nar­cisses, dans une des gale­ries du palais du gou­ver­neur, Pau­line, appuyée au bras de son époux, cher­chait à rete­nir celui-ci auprès d’elle. 

— Ne sor­tez pas, lui disait-elle, non, pas aujourd’­hui. J’ai fait un rêve si hor­rible que j’en suis pas res­tée toute trou­blée. Je vous ai vu mort. Quelle dou­leur ! Ne sor­tez pas.

Poly­eucte plai­san­ta la jeune femme sur sa croyance aux songes, « diva­ga­tions sans fon­de­ment de l’es­prit », selon lui ; mais Pau­line ne sou­riait pas et res­tait crain­tive, tout entière aux sombres images qui avaient han­té sa nuit. 

À ce moment, un sei­gneur armé­nien, ami de Poly­eucte, appa­rut dans la gale­rie. Il fron­ça le sour­cil en voyant avec quelle ardeur Pau­line sup­pliait Poly­eucte de renon­cer à sor­tir et com­bien Poly­eucte parais­sait fai­ble­ment se défendre contre cette douce tyran­nie. Pro­fi­tant d’un ins­tant où Pau­line s’é­tait éloi­gnée pour don­ner quelque ordre, il en fit la remarque à son ami. 

Ouvrage : Revue Bernadette | Auteur : Poindron, Georges

Conte pour la fête des Mères.

L’HEURE est mati­nale, mais, déjà, deux pro­me­neurs se hâtent dans l’é­troit sen­tier du grand bois. Toute la sylve en éveil semble vou­loir hono­rer ces deux visi­teurs qui lui consacrent les pre­mières heures de leur jour­née. Les vio­lettes, les aubé­pines, toutes les fleurs, grandes et petites, riva­lisent d’ar­deur : comme il est doux, ce par­fum ! Cou­verte de rosée, chauf­fée par les pre­miers rayons du soleil toute la forêt exhale une odeur chaude, à la fois sub­tile et com­plexe. Comme il est gen­til ce petit gar­çon qu’ac­com­pagne son père ! Mais, où diable va-t-il à cette heure ? Pour­quoi a‑t-il quit­té son lit, sûre­ment douillet, pour cou­rir les bois si tôt ? Les genets qui bordent le sen­tier se penchent sur son pas­sage, comme pour vou­loir cares­ser son doux visage rose. Hélas ! il a l’air triste et sérieux, ce visage rose ! Ses grands yeux bleus font pen­ser à des larmes. Atten­tion ! Alerte ! Ils ont par­lé à voir basse, et voi­là le grand mon­sieur qui quitte le sen­tier bru­ta­le­ment, entre dans le bois à tra­vers les buis­sons. Vien­draient-ils tous deux, comme sont venus, un matin d’hi­ver, quelques-uns de leurs sem­blables, sac­ca­ger nos taillis ? Alerte ! La lutte s’or­ga­nise, les ordres sont don­nés. Les armées d’é­pines aiguisent leurs piquants et s’u­nissent pour ne for­mer qu’une bar­rière mena­çante. Les ronces qui ram­paient redressent leurs longues lianes acé­rées et se pré­parent à grif­fer pro­fon­dé­ment les visages et les mains des témé­raires. Non, ils ne pas­se­ront pas, la forêt se défen­dra, la bataille sera rude.

Sou­dain, dans le grand silence, une petite voix se fait dou­ce­ment entendre :

— Lais­sez-les pas­ser ! Lais­sez-les passer !

C’est la voix d’une vio­lette, tapie à l’ombre d’une majes­tueuse épine.

Ouvrage : Les amis des Saints | Auteur : Douglas Viscomte, Patricia

Le bien­heu­reux Mon­sei­gneur de Maze­nod, fon­da­teur de la Congré­ga­tion des Oblats de Marie Imma­cu­lée et Évêque de Mar­seille, né le 1″ août 1782, à Aix-en-Pro­vence, mort à Mar­seille le 21 mai 1851.

En entre­pre­nant le récit de la vie du Bien­heu­reux Mgr de Maze­nod, nous décri­rons sur­tout quelques traits de son enfance et de sa jeu­nesse, afin d’y décou­vrir l’é­veil de sa voca­tion et les luttes qu’il dut sou­te­nir pour y être fidèle. On pour­rait illus­trer son com­bat par ces quelques vers de Racine :

Mon Dieu, quelle guerre cruelle !
Je trouve deux hommes en moi :
L’un veut que plein d’a­mour pour toi
Mon cœur te soit tou­jours fidèle,
L’autre, à ta volon­té rebelle,
Me révolte contre ta loi.

Chez lui, la sain­te­té n’est pas natu­relle, mais elle a été conquise de haute lutte par un effort inces­sant : « Le Royaume de Dieu appar­tient à ceux qui se font violence ». 

En effet, Eugène de Maze­nod était d’un tem­pé­ra­ment violent. Il avait tout du grand sei­gneur de l’An­cien Régime ; au phy­sique, belle pres­tance, port majes­tueux ; au moral, noblesse des sen­ti­ments, géné­ro­si­té, gran­deur d’âme, nul­le­ment por­té sur les pas­sions des sens, mais auto­ri­taire et impé­tueux. Dès sa pre­mière com­mu­nion, Dieu lui avait deman­dé l’ab­so­lu de son amour.

Eugène de Maze­nod naquit d’une famille de magis­trats. Son père était pré­sident de la Cour des Comptes à Aix-en- Pro­vence ; sa mère, Eugé­nie Joan­nis, était d’un autre rang social, fille d’un pro­fes­seur de Méde­cine à la facul­té d’Aix, elle appor­tait à son mari une très grosse for­tune et une grande beau­té. Eugène avait la beau­té phy­sique de sa mère.

Notre Bien­heu­reux fut le pre­mier enfant du jeune foyer. Tout petit, on remar­que­ra de rares qua­li­tés d’in­tel­li­gence et de cœur, mais il n’a­vait pas que des qua­li­tés ! Sa volon­té se révé­lait vite comme impé­rieuse. Quand il dési­rait qu’on lui rende un ser­vice, au lieu de le deman­der, il l’exi­geait : Je le veux. Si on lui résis­tait, sa colère se déchaî­nait. Aucune puni­tion n’a­vait de prise sur lui. Pour l’a­me­ner à recon­naître ses torts, il fal­lait expli­quer le motif du reproche.

Le petit Mazenod au théâtre tance le public
Ouvrage : Le deuxième livre d'André

I. Le fait sui­vant s’est pas­sé non loin d’Or­léans, pen­dant la guerre fran­co-alle­mande. Le pays aux envi­rons d’Or­léans, était cou­vert de hordes prus­siennes, et le 24 novembre 1870, un régi­ment de hulans[1] , avant-garde de l’ar­mée du prince Fré­dé­ric-Charles, arri­vait à B***. Le maire du bourg deman­da un homme de bonne volon­té : il dési­rait lui confier la mis­sion de pré­ve­nir sans retard l’ar­mée fran­çaise can­ton­née à Bel­le­garde, sur la lisière de la forêt d’Or­léans. Mais les Alle­mands étaient aux aguets, ils avaient cer­né le vil­lage et ne lais­saient sor­tir personne. 

C’est alors qu’un brave et gen­til gar­çon de douze ans, à l’œil vif, au pied alerte, vint trou­ver le maire et s’offrit. 

« — C’est toi, Alexandre, qui veux te char­ger de pré­ve­nir l’ar­mée française ? 

— Oui, Mon­sieur le Maire. 

— Te sens-tu le cœur solide ? 

— Comme un roc. 

— Tu es audacieux ? 

— Comme un Parisien. 

— Eh bien ! dit le maire en l’embrassant, va à Bel­le­garde, tu deman­de­ras le géné­ral Billot et tu lui don­ne­ras ce petit cahier de papier à ciga­rettes. Il contient tons les ren­sei­gne­ments qui peuvent per­mettre à l’ar­mée fran­çaise de sur­prendre l’en­ne­mi. Lis-le au préa­lable, et retiens dans ta mémoire ce qu’il contient, afin de pou­voir le redire si tu étais obli­gé de le faire disparaître. 

— Ce sera fait, Mon­sieur le Maire. 

— Ne te laisse pas prendre par les Prus­siens, au moins, ils te tueraient. 

— Je le sais, mais ne crai­gnez rien, je man­ge­rais ma langue plu­tôt que de dire, quoi que ce soit. »

Alexandre s’é­loi­gna et gagna les der­nières mai­sons du vil­lage. Les sen­ti­nelles ne firent pas atten­tion à cet éco­lier qui s’en allait jouant. Dès qu’il se trou­va un peu l’é­cart, l’en­fant prit la fuite. 

Les sen­ti­nelles l’a­per­çurent alors et firent feu sur le gamin qui déva­lait dans la plaine. On lan­ça contre lui une dizaine de cava­liers, mais le petit cou­rait tou­jours ; il choi­sis­sait les bou­quets de bois, les taillis, les terres labou­rées, sachant bien que les che­vaux ne pou­vaient l’y suivre.

  1. [1] Hulans : ou uhlans : espèce de lan­ciers.
Ouvrage : Le panier de cerises | Auteur : Piacentini, René

« Tiens, m’a­vait dit mon oncle, pre­nons notre canne et notre cha­peau et filons jus­qu’à la Mou­tade. La cha­leur est tom­bée et nous serons de retour pour le dîner. Viens. » 

Le temps de bour­rer une der­nière pipe — cela, pour mon oncle qui fumait comme une loco­mo­tive — de rece­voir, sans les entendre, les suprêmes recom­man­da­tions de ma tante, et nous étions en route. Sur le pas de la porte, tante Amé­lie nous fai­sait le geste de l’a­mi­tié et sa voix cas­sée se for­çait pour jeter encore : 

— N’al­lez pas trop vite… Ne sue pas, Anatole. 

— Ma parole ! ta tante s’i­ma­gine que j’ai encore quinze ans. 

Pour répondre quelque chose, je disais sans réfléchir : 

— Vous les avez bien, mon oncle ! 

— Oui, gre­din ! avec soixante en plus. 

Une des grandes joies de mon enfance et de ma jeu­nesse était les quelques jours de vacances que je pas­sais, chaque année, chez mon oncle et ma tante : Phi­lé­mon et Baucis.

Pauvres chers petits vieux ! Il y a déjà de nom­breuses années que leurs yeux se sont fer­més aux, beau­tés et aux lai­deurs de ce monde, mais leur sou­ve­nir est tou­jours dans mon cœur. Mon oncle Per­rin était le meilleur des hommes : tra­vailleur, enjoué, bon ; un seul défaut, il fumait beau­coup, comme je viens de le dire. Et il avait, épou­sé une demoi­selle Amé­lie qui, jeune, avait été fort jolie, ce qui ne gâte rien, mais qui, de sur­croît, était bonne, enjouée, la meilleure des femmes et, ne fumant pas, n’a­vait pas de défaut. Long­temps, long­temps ils avaient fait l’é­cole, l’é­cole pri­maire, dans bien des postes suc­ces­sifs, à une époque où le métier d’ins­ti­tu­teur public était métier de gagne-petit que l’on accom­plis­sait encore plus par dévoue­ment que pour gagner sa vie. Ils ne s’é­taient pas enri­chis, certes, et leur modeste trai­te­ment ne leur avait guère per­mis d’a­mas­ser, mais ils avaient fait for­tune dans la paix, dans la joie, dans leur affec­tion mutuelle ; jamais un mot plus haut que l’autre, jamais un nuage en leur ciel… Une grande peine pour­tant dans leur exis­tence : long­temps ils avaient atten­du un petit être qui serait venu chez eux se faire aimer ; depuis long­temps ils ne l’at­ten­daient et se conso­laient de leur soli­tude à deux dans leur ten­dresse si pro­fonde et si tou­chante qui, à force de vieillir, avait per­mis à leur ribam­belle de neveux et de nièces de les sur­nom­mer affec­tueu­se­ment, — ils n’en savaient rien — Phi­lé­mon et Baucis. 

N’al­lez pas trop vite…

Ils avaient loué à long bail, leur retraite prise, une mai­son vaste et solide dans ce vieux hameau de Chaptes, un tout petit coin per­du de la Limagne d’Au­vergne, si petit, si caché qu’il n’a­vait cer­tai­ne­ment pas d’histoire. 

— N’est-ce pas mon oncle, qu’il n’y a pas d’histoire ? 

— C’est ce qui te trompe, me répon­dait le cher petit vieux, en s’ar­rê­tant un ins­tant de tri­co­ter des jambes pour faire tom­ber les cendres de sa pipe en la frap­pant contre un de ses talons. C’est ce qui te trompe ! 

« J’ai trou­vé dans les pape­rasses de la mai­rie et aus­si dans celles de la cure des ter­riers remon­tant au XIII° siècle et qui prouvent qu’a cette époque exis­tait à Chaptes une « frai­rie et Cha­rit­té » du Saint-Esprit, espèce de socié­té de secours mutuel fort bien pour­vue puis­qu’elle avait ses livres de cens, ses reve­nus, par le fait, et même sa mai­son. Tout cela a sub­sis­té jus­qu’à la Révo­lu­tion qui a sup­pri­mé, comme il conve­nait, au nom de la Fra­ter­ni­té sans doute, ces ves­tiges de l’obs­cu­ran­tisme du moyen âge. La mai­son du Saint-Esprit, je te la mon­tre­rai. Elle existe encore, mais vas‑y cher­cher une socié­té de secours mutuel ! Tiens : il y avait éga­le­ment une « Cha­rit­té du Saint-Esprit » dans ce hameau de rien du tout qui se trouve entre Promp­sat et Gimeaux, à Chi­rat. Une socié­té de secours mutuel à Chi­rat ! Aujourd’­hui il y a là à peine cinq feux… qui s’éteignent. 

— Vous vous échauf­fez, mon oncle. Rap­pe­lez-vous la recom­man­da­tion de Tante Amélie…