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10 mars 2026Les Quarante saints Martyrs de Sébaste

En l’an 320, sous l’empereur Lici­nius et le gou­ver­neur Agri­co­la, à Sébaste, en Armé­nie, qua­rante sol­dats d’une même légion mani­fes­tèrent un cou­rage inébran­lable dans leur atta­che­ment à la foi du Christ. Invi­tés à sacri­fier aux idoles confor­mé­ment aux édits impé­riaux, ils s’y refu­sèrent et furent expo­sés sans vête­ments sur un étang gla­cé : tout auprès se trou­vait un bain chaud pour ceux qui consen­ti­raient à apos­ta­sier. Les qua­rante sol­dats pas­sèrent la nuit dans cette épreuve atroce, priant pour leur com­mune per­sé­vé­rance. À la longue, l’un d’eux fit défec­tion et alla se jeter dans le bain chaud… Or, voi­ci que des anges appa­rurent, tenant qua­rante cou­ronnes. Le gar­dien consta­ta qu’il n’y avait per­sonne pour rece­voir la qua­ran­tième : il se conver­tit et, reje­tant ses vête­ments, alla rejoindre sur la glace les trente-neuf autres. Quand on vint pour recueillir les cadavres afin de les réduire en cendres, l’un de ces mar­tyrs res­pi­rait encore les bour­reaux le lais­sèrent sur place, espé­rant qu’il chan­ge­rait de réso­lu­tion ; témoin du stra­ta­gème, la mère de ce jeune homme pla­ça elle-même sur le cha­riot le corps expi­rant et l’ac­com­pa­gna jus­qu’au bûcher.


Ouvrage : À la découverte de la liturgie avec Bernard et Colette | Auteur : Par un groupe de pères et de mères de familles

Chapitre VII

Par un beau matin froid mais clair, la rou­lotte tant espé­rée est par­ve­nue sur la place du village.
André, sans cesse aux aguets, a cou­ru pré­ve­nir ses grands amis, et, aus­si­tôt après déjeu­ner, la troupe, sous l’égide du cou­sin Ber­nard, arrive au grand complet.

Les gar­çons constatent, ô bon­heur ! que la rou­lotte, pauvre mais propre, pos­sède un vieux moteur et se pré­ci­pitent pour en véri­fier la marque.

Pen­dant cette ins­pec­tion, Ber­na­dette, sui­vie des petites filles, frappe à la porte close.

Un minois pas­sa­ble­ment ébou­rif­fé paraît ins­tan­ta­né­ment, et les yeux, crain­tifs d’abord, s’éclairent en recon­nais­sant la jeune fille.

— Bon­jour, mon petit Nono, dit Ber­na­dette en cares­sant affec­tueu­se­ment les che­veux fri­sés. Est-ce que maman est là ?

Rele­vant sa fri­mousse, Nono, sans répondre, fait signe que oui, puis il prend sans façon la main de la jeune fille et la fait entrer.

Annie et Colette hésitent sur le seuil, mais une femme bien maigre, sous d’humbles vête­ments noirs, les traits rava­gés par la souf­france, dit d’une voix chantante :

— Entrez, mes petites demoiselles.

Puis, tour­nant vers Ber­na­dette ses grands yeux noirs sou­dain pleins de larmes, elle ajoute regar­dant les deux petites :
 — Et moi… je n’en ai plus !

Nono a pris un air farouche pour lut­ter contre ses propres larmes. Colette et Annie ont le cœur ser­ré, et il faut toute la dou­ceur de Ber­na­dette, tout l’entrain des gar­çons, qui viennent à la res­cousse, pour adou­cir le pre­mier contact.

Mais, quand on se quitte, c’est avec des au revoir affec­tueux et de bonnes poi­gnées de mains.

Jean a pas­sé son bras sous celui de sa grande sœur.

— Dis, Ber­na­dette, com­ment va-t-on s’arranger pour bien pré­pa­rer ce petit Nono ?

— Il est déjà conve­nu avec maman que nous lui ferons com­prendre à fond son caté­chisme. Vous, la jeu­nesse, débrouillez-vous. Étu­diez votre affaire ; à vous de lui expli­quer la litur­gie du bap­tême et de la 

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Chapitre VI

Toute la mai­son sut bien­tôt quelles étaient ces idées mer­veilleuses, splen­dides, car Colette, les che­veux au vent, expli­quait à haute et intel­li­gible voix :
 — Je parie que tu n’as pen­sé à rien, Ber­nard, ni les autres non plus : que vous avez cru qu’on allait bap­ti­ser Nono, comme sa petite sœur, in extre­mis, comme dit maman…

— Qu’est-ce qui te prend ? riposte Ber­nard légè­re­ment ahu­ri… mais jamais de la vie ! Nono rece­vra le bap­tême à l’église, en grande pompe.

— Et vous savez tous, bien enten­du, conti­nue Colette de son petit air moqueur, ce que signi­fient toutes les céré­mo­nies dont M. le curé accom­pa­gne­ra le baptême ?…

Silence gêné.

Mais Ber­nard se res­sai­sit vite.

— Et toi, tu es au cou­rant, sans doute ?

— Pas du tout, seule­ment je l’avoue, voi­là, et je vou­lais vous le faire avouer, ce qui n’est pas si facile ! Alors, si vous n’êtes pas plus au cou­rant que moi, soyons sérieux.
Tu seras par­rain, Ber­nard, et moi mar­raine. Il s’agit de com­prendre pour de bon ce que nous allons faire. Je pro­pose une répé­ti­tion géné­rale à l’église, sous les ordres de M. le curé.

— Après tout, petite peste, tu n’as pas tout à fait tort, mais alors, pré­viens ma tante, pre­nons nos sabots, et en route.

Aus­si­tôt dit, aus­si­tôt fait.

Les gar­çons filent comme des flèches, car la route est cou­verte de ver­glas. Ils glissent, adroits et souples, sur le sol gelé.

Annie et Colette, plus calmes, se tiennent par le bras, esquissent quelques courtes glis­sades et, fina­le­ment, règlent leur allure pour ne pas tomber.

C’est à la porte même de l’église qu’on trouve M. le curé, très occu­pé des pré­pa­ra­tifs de la crèche.

— Oh ! que vous tom­bez bien, mes enfants ! Vous allez piquer mes sapins, construire la grotte en papier rocher, etc…, etc. Que veniez-vous faire ?

— Apprendre com­ment on bap­tise, mon­sieur le curé.

— En voi­là une idée ! C’est toi, Ber­nard, qui as ces vel­léi­tés de séminariste ?

— Non, mon­sieur le curé, c’est moi.

— Toi !… Colette ?…

— Oui, oui, oui, ponc­tue Colette, et je vais vous expli­quer pour­quoi, mon­sieur le curé, et vous direz : Elle a rai­son, cette petite !

— Pas pos­sible ? Voyons un peu ces explications.

Il faut croire qu’elles sont convain­cantes, car le vieux prêtre accorde tout ce qu’on veut et pénètre avec la jeu­nesse sous le porche de l’église.

Après une courte et fer­vente ado­ra­tion, M. le curé appelle Pierrot.

Les enfants vont s'informer sur le baptême auprès de monsieur le curé

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Chapitre V

Quel triste mois de décembre !

Un fin brouillard a tout revê­tu d’un man­teau humide et sombre. On n’y voit pas à cin­quante mètres. A la mai­son, les murs eux-mêmes sont humides, et Pier­rot déclare avec dégoût que la rampe de l’escalier lui « colle aux mains », ce qui lui évite de s’en servir.

Mais que les récréa­tions sont longues ! Il faut une patience à maman, comme à Maria­nick, pour sup­por­ter les ques­tions, les sou­pirs, les lamen­ta­tions ou, ce qui est pire, les inven­tions de Pierre !

Pour le moment, il s’est glis­sé dans le coffre à bois et se met en devoir d’en rabattre le cou­vercle, avec des ruses de sau­vage, non sans lais­ser un petit pas­sage d’air frais, quand, si enfoui qu’il soit, il croit entendre à la grille un vague coup de son­nette ; oubliant toute pru­dence, Pier­rot bon­dit hors du coffre, comme un diable hors d’une boîte, au risque de faire éva­nouir Maria­nick, et s’engouffre dans le jar­din par la porte de la cuisine.

Avant que la vieille Bre­tonne ait retrou­vé la parole, Pier­rot rentre triom­phant, une dépêche à la main.

— Qu’est-ce que c’est encore que cette affaire là ? s’exclame la cui­si­nière. Pour­vu que ta pauvre maman n’en ait pas d’ennui ! Donne-moi ça, que je lui porte ; tu lui tour­ne­ras les sangs avec tes manières impossibles !

Pier­rot sur les talons, car il brûle de savoir le conte­nu de ce mys­té­rieux papier bleu, Maria­nick porte la dépêche au bureau, où maman l’ouvre avec une cer­taine émo­tion. Mais son visage s’éclaire d’un joyeux sou­rire, la dépêche contient ceci : « Hour­rah ! Col­lège licen­cié, arri­ve­rons ce soir, affec­tueu­se­ment. Cou­sin Bernard. »

Ce que peut être cette fin de jour­née, cha­cun le devine. Pier­rot a essayé tous les matelas,

Demain, nous fêtons Saint Fran­çois d’As­sise. Voi­ci un petit décou­page à colo­rier pour pré­pa­rer la fête du père des Fran­cis­cains. Cli­quer sur l’i­mage pour télé­char­ger la maquette : Source : Viens, lève-toi !

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Chapitre IV

Cette fois, il neige. Les flo­cons tombent ser­rés, gelés, et bien­tôt couvrent tout. Ils craquent sous les pieds de Colette, qui quitte l’école en hâte pour cou­rir au pres­by­tère, où, ce jour-là, le père Pierre doit venir la cher­cher. Quand elle entre, tout essouf­flée, dans la cui­sine, elle y trouve mon­sieur le curé qui récite son bré­viaire et André étu­diant ses leçons.

Dans l’âtre, quelques humbles mor­ceaux de bois se consument. Le vieux prêtre les rap­proche en hâte.

— Viens te chauf­fer, ma petite fille. Tu as une demi-heure d’avance sur le père Pierre et j’en conçois du sou­ci. Il est allé pour un mar­ché, au hameau des Grands-Chênes ; il m’a pré­ve­nu qu’il serait en retard, et par cette neige, je n’aime guère à pen­ser que tu seras au grand noir à cou­rir par là sur les routes.

Colette a un rire léger, qui fuse sous son grand capuchon.

— On trot­te­ra ferme, et le père Pierre me racon­te­ra des légendes du temps des loups, quand les landes au bord de l’étang étaient des forêts sau­vages… Je suis folle de ses vieilles his­toires ! Il les raconte avec une voix lente, en bran­lant sa lan­terne dont les verres sont rouges, et qui pro­jettent sur la route des lueurs fan­tas­tiques. Ce soir, sur la neige, ce sera délicieux.

— En atten­dant, regarde ce que Bri­gitte t’apporte.

— Oh ! Bri­gitte, ma vieille Bri­gitte, que vous êtes bonne ! Du lait chaud et des châ­taignes ! Je ne pour­rai dîner ce soir à la mai­son. Mais, en atten­dant, ce que ça va être exquis !

* * *

Et Colette épluche les châ­taignes avec une joie d’enfant, pour les faire tom­ber une à une dans le bol de lait fumant. Mais son esprit n’en court pas moins au hasard de ses pen­sées, et voi­là qu’elle dit brusquement :
 — Vous savez, Mon­sieur le curé, vous m’avez lais­sée en panne l’autre soir, après l’équipée des garçons.

— Com­ment cela ?

— Mais oui ! vous êtes par­ti, sans m’avoir expli­qué quelles sont les prières qui com­posent l’Office divin.

— Tiens, c’est vrai. Rien de plus simple que de com­plé­ter à l’instant. Tu t’es cer­tai­ne­ment ren­du compte, en sui­vant les offices, que les psaumes y tiennent une grande place. As-tu remar­qué com­bien on sent pas­ser, à tra­vers ces psaumes, tous les sen­ti­ments de repen­tir, de louange, d’amour de Dieu ?

— Je ne suis pas sûre d’y avoir fait grande atten­tion. Je sais pour­tant par cœur