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Ouvrage : La belle aventure de Catherine - La médaille miraculeuse | Auteur : Winowska, Maria

Un matin d’oc­tobre, en 1815, papa réveille ses petits en pleurant. 

— Venez vite dire adieu à votre mère ! dit-il. 

Zoé s’ar­rête sur le seuil, toute inter­dite. Maman ne bouge pas, on dirait qu’elle dort ! De grands cierges solen­nels l’en­tourent, ses mains jointes tiennent un cha­pe­let, elle semble sou­rire au milieu des fleurs que l’on apporte par brassées. 

Puis elle s’en va, lais­sant un grand vide dans le cœur de ceux qui l’aiment. Zoé souffre, mais garde le silence. Il y a tant de cha­grin tout autour, les yeux rou­gis de papa lui font tel­le­ment mal, qu’elle n’ose se plaindre. Les voi­sines hochent la tête : « Elle est trop petite pour comprendre ». 

Un jour la ser­vante entre sans bruit, ayant sur le seuil quit­té ses sabots, et s’ar­rête pétrifiée.

La sage Zoé est en train d’es­ca­la­der le buf­fet ! Pour voler des frian­dises ? Nen­ni ! La voi­ci qui se hausse sur les pointes des pieds pour mieux étreindre la sta­tue de la Sainte Vierge. La tête blot­tie contre son coeur, d’une voix gon­flée de larmes, elle murmure :

« C’est vous, main­te­nant, qui serez ma Mère » !

La ser­vante se retire dou­ce­ment, émue jus­qu’aux larmes. 

Ah, si tous les orphe­lins savaient qu’ils ont au ciel la plus tendre des mamans ! 

Zoé le sait. À par­tir de ce jour les liens qui l’u­nissent à la Sainte Vierge deviennent plus étroits. Naï­ve­ment, elle lui conte ses joies, ses peines et dépose à ses pieds des gerbes de cha­pe­lets. Car elle prie comme elle res­pire, tout simplement. 

Catherine prend la statue de la Vierge Marie et dit : C'est vous, maintenant, qui serez ma Mère

Son ins­truc­tion laisse plus à dési­rer. L’é­cole des filles est à trois kilo­mètres de la mai­son, trop loin pour ses petites jambes. Après la mort de Mme Labou­ré, sa tante Mar­gue­rite l’emmène chez elle, mais n’a guère le temps de lui don­ner des leçons. Lors­qu’à douze ans Zoé retour­ne­ra à Fain pour sa pre­mière com­mu­nion, elle ne sau­ra guère lire ni écrire. Toute sa vie, elle fera des fautes d’orthographe… 

Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants | Auteur : Goldie, Agnès

(D’après le R. P. Bessières, S. J.)

Sienne-Italie.

Un joyeux son de cloche : Ding-Dong !… C’est le bap­tême d’An­na-Maria Gian­net­ti, née le 29 mai 1769.

Ajaccio-Corse.

Ding-Dong !… C’est le bap­tême de Napo­léon Bona­parte, né comme Anna de parents Tos­cans, le 15 août 1769. 

Qui se dou­te­rait que le petit sera Empe­reur et que l’autre, son aînée de deux mois, aura un rôle à jouer près de lui ?

Pie­tro Gian­net­ti, phar­ma­cien à Sienne, est tout content d’être grand-père ; il s’in­té­resse à cette gamine qui, dès qu’elle peut trot­ter, « joue par­mi les oli­viers et les cyprès, les espa­liers de vignes et de roses qui couvrent le haut pla­teau aux rem­parts rouges. » 

Le grand-père meurt. Son fils, qui a fait ses études de phar­ma­cie, le rem­place, et bien­tôt se ruine. Où cacher sa misère ? Louis décide de gagner Rome. Annette, six ans, fera le voyage à pied, empor­tant sa charge de hardes… Ils arrivent au quar­tier popu­laire des Monts. Pen­dant huit ans, ils y ren­con­tre­ront sou­vent le fran­çais Benoît Labre, un jeune qui s’est fait pèle­rin et pauvre volon­taire, pour expier le luxe de son temps. On l’a­per­çoit en prière aux pieds de la Vierge mira­cu­leuse de Notre-Dame des Monts. À trente-cinq ans, il meurt ; la mère d’An­nette aide à la der­nière toi­lette, tan­dis que les enfants crient à tra­vers les rues : « E morio il san­to : Le saint est mort ! »

En arri­vant à Rome, les Gian­net­ti ont dû cher­cher du tra­vail. Lui­gi a fini par accep­ter de faire des ménages. La petite va à l’é­cole des Sœurs de la Via Gra­zio­sa ; une épi­dé­mie fait licen­cier les classes, et après deux ans seule­ment d’é­tude, la fillette entre en appren­tis­sage chez deux bonnes demoi­selles. Elle dévide la soie, apprend à tailler et à coudre, ce qui, un jour, lui sera bien utile dans sa nom­breuse famille. Le soir, de retour au logis de la rue de la Vierge, Annette lave le linge, pré­pare la polen­ta. Tout n’est pas rose à la mai­son ! Le père, qui regrette Sienne et sa phar­ma­cie, s’ai­grit tous les jours un peu plus et décharge sa mau­vaise humeur sur sa fille. Il va jus­qu’à la maltraiter. 

Maria San­ta, la maman, est au contraire fière de son Annette qu’elle appelle un peu trop sou­vent : « ma toute belle ». 

Belle, elle l’é­tait en effet, l’é­co­lière au fichu rouge, et elle l’est encore plus de qua­torze à seize ans. 

Et Napo­léon, lui, que devient-il ? — Il est à l’é­cole mili­taire de Brienne. Il n’a pas quinze ans que, d’un ton sans réplique, il réclame de l’argent à son père : « Mon­sieur, … je suis las d’af­fi­cher l’in­di­gence… Et quoi, mon­sieur, votre fils sera conti­nuel­le­ment le plas­tron de quelques nobles pal­to­quets…? Non mon père ; non ! Si la for­tune se refuse abso­lu­ment à l’a­mé­lio­ra­tion de mon sort, arra­chez-moi de Brienne ; don­nez-moi, s’il le faut, un état méca­nique. »

C’est la mère qui répond. Elle a de trop grandes ambi­tions pour son fils pour en faire un simple méca­no !
Ajac­cio — 2 juin 1784 — « Si je reçois jamais une pareille épître de vous, je ne m’oc­cupe plus de Napo­léon ! Où avez-vous appris, jeune homme, qu’un fils s’a­dres­sât à son père comme vous l’a­vez fait ?… Vous deviez être convain­cu qu’une impos­si­bi­li­té abso­lue de venir à votre secours était la seule cause de notre silence. » 

Les deux familles ne sont pas riches, mais Annette, mieux que Napo­léon, accepte sa pau­vre­té ; elle ne serait tout de même pas fâchée de se mettre « à gagner ». Son père est main­te­nant en ser­vice au palais Mut­ti. La Seno­ra Ser­ra, sa patronne, cherche une jeune femme de chambre. Annette, qui a seize ans, quitte l’ou­vroir et va avec sa mère s’ins­tal­ler dans deux pièces du palais. 

Hâtée d’a­voir une jolie sou­brette, Maria Ser­ra, qui n’a elle-même que trente ans, ne tarit pas d’é­loges sur sa petite ser­vante. Les parents, comme Per­rette, écha­faudent mille châ­teaux en Espagne. Leur Annette, comme une Cen­drillon, a pas­sé de la ruelle obs­cure aux gale­ries pleines de musique et de lumière. Ne lais­se­ra-t-elle pas sa pan­toufle à quelque prince char­mant ? à quelque riche gar­çon qui ren­dra son lustre à la famille ? — Mais non ! Annette a les goûts simples. Une seule chose la pré­oc­cupe : fon­der un foyer chré­tien. Jus­te­ment, elle a sou­vent l’oc­ca­sion de ren­con­trer un employé du palais Chi­gi, Domé­ni­co Tal­gi, un peu fruste, disons même assez rustre, gros­sier même, dif­fi­cile de carac­tère, mais droit, hon­nête, fon­ciè­re­ment bon. Annette a vingt ans quand le mariage se célèbre le 7 jan­vier 1790. Tous com­mu­nient, puis il y a dîner, chants et danses.

Pie­tro Gian­net­ti est tout content d’être grand-père…

Napo­léon fait aus­si son che­min. Le voi­ci lieu­te­nant d’ar­tille­rie à seize ans, géné­ral à vingt-quatre, com­man­dant en chef de l’ar­mée d’I­ta­lie à vingt-six, pre­mier Consul à trente, Empe­reur à trente-cinq, dis­tri­buant cou­ronnes et prin­ci­pau­tés à neuf de ses frères, beaux frères et parents …

Après son mariage, Anna va vivre au palais Chi­gi, actuel minis­tère des affaires étran­gères… immense palais aux trois cents fenêtres, gar­nies aux étages infé­rieurs d’é­paisses grilles de fer. À l’in­té­rieur, enfi­lades de larges cou­loirs, d’es­ca­liers de marbre, de salons… Tout au fond, sur la ruelle de la Glis­sière, deux pièces d’ha­bi­ta­tion pour le ménage. 

Le dimanche, joie de sor­tir ensemble ! Pour faire plai­sir à son mari, Anna-Maria fait toi­lette : robe de soie rouge, que lui a offerte son Domé­ni­co, pen­dants d’o­reilles et col­liers de perles qui s’a­joutent au col­lier corail et or, don­né par Maria Ser­ra. Est-ce trop pour une Ita­lienne jolie, joyeuse, por­tée à rire, à chan­ter, à se dis­traire ? Ce qui ne l’empêche pas d’être très fidèle à sa messe du dimanche et sou­vent à la messe en semaine ; très fidèle au cha­pe­let qu’à genoux elle dit chaque soir avec Doménico. 

Pour se pré­pa­rer au Ven­dre­di saint, voi­ci une acti­vi­té de décou­page et de colo­riage à réa­li­ser : Cli­quer sur ce lien pour télé­char­ger le modèle à impri­mer : Maquette 7 – 10 ans – Voi­ci ta Mère. Source : http://www.vienslevetoi.com/

Ouvrage : Les Tables de Moïse | Auteur : Hunermann, Père Guillaume

Vie de Saint Pie X pour les enfantsLe pape Pie X eut la visite, un jour, d’un très riche Amé­ri­cain, qui comp­tait ses mil­lions comme d’autres leurs écus. Au cours de la conver­sa­tion, le Pape tira sa montre pour voir l’heure.

« Quelle piètre montre avez-vous là, Saint Père », s’étonna le mil­lion­naire. « Elle n’est pas digne d’un pape. »

La montre en ques­tion était vrai­ment quelque chose de gros­sier, en nickel et de forme démo­dée. « En Amé­rique on pour­rait cer­tai­ne­ment ache­ter une montre de ce genre pour un dol­lar », dit le visi­teur, avec un sou­rire. En même temps, il tirait de son gous­set une lourde montre en or ornée de dia­mants. « Celle-ci a coû­té mille dol­lars. » Le mil­lion­naire pres­sa sur un petit bou­ton en perle fine, et l’heure sonna.

« C’est réel­le­ment une montre remar­quable », approu­va le pape.

« Eh ! bien », pro­po­sa le mil­lion­naire. « J’aimerais tant un sou­ve­nir de Votre Sain­te­té ; don­nez-moi votre montre en nickel si bon marché.

Ouvrage : Et maintenant une histoire II | Auteur : Picard, Claude

Fête des Mères

Histoire de la fête des mères - Guilbert Narcisse - Jardin au printemps« Vite, vite » chante le vent, en se fau­fi­lant entre les branches.

« Dépê­chez-vous ! » se chu­chotent les roses des buissons.

« C’est bien­tôt ! bien­tôt ! bien­tôt ! » carillonnent les clo­chettes des muguets.

« Dans quinze jours ! » grogne Médor qui se couche en rond devant sa niche.

« Mais quoi ?… Quoi ?… Quoi donc ?… Quoi donc ?… Pour­quoi faut-il se dépê­cher et qu’arrive-t-il dans quinze jours ? » ques­tionne Pipiou, le moi­neau étour­di, en sau­tillant des rosiers aux muguets, et des muguets à la niche de Médor.

« Ne t’a­gite donc pas comme cela ! inter­vient le vieux pom­mier. Viens te per­cher sur une de mes branches. Tiens-toi tran­quille ; écoute, étour­neau : com­ment ne sais-tu pas que dans quinze jours c’est la fête de Madame Ladou­ceur, dame et maî­tresse de la vil­la Clair­joye, si bien nom­mée, et maman de Pau­line, Denis, Jean-Guy, Florent et de la toute petite Christelle ?

- Ah ! c’est la fête, chic alors ! Il y aura des gâteaux et on me don­ne­ra les miettes.

- Il n’y a pas seule­ment à son­ger aux pâtis­se­ries, rétorque sévè­re­ment le pom­mier ; mais à fêter digne­ment Madame Ladouceur.

- Pour­quoi donc faut-il se dépêcher ?

- Pour les cadeaux, par­di ! Pau­line, Denis, Jean-Guy, Florent et même Chris­telle veulent cha­cun offrir un pré­sent à leur maman.

- Quel présent ?

- Curieux ! Eh bien ! va voir ; tous tra­vaillent dans le jardin. »

Aimer sa mamant - moineauLe moi­neau s’en­vole, inté­res­sé. Il va rendre visite à la toute petite Chris­telle qui, assise sous la ton­nelle, tire un petit bout de langue rose en reco­piant le com­pli­ment qu’elle réci­te­ra. Puis, tout en sau­tillant, il suit Jean-Guy dans ses allées et venues le long de la haie.

Le gar­çon se pro­mène à grands pas, en fai­sant des gestes impé­tueux et en lan­çant vers le ciel de prin­temps des phrases bizarres… Chut ! dou­ce­ment… Pipiou s’é­loigne, ne trou­blons pas Jean-Guy ! il com­pose un poème.

Vole­tant de-ci de-là, l’oi­seau est atti­ré par un fruit splen­dide, un fruit comme jamais dans sa courte vie de moi­neau il n’en a vu de semblable.

Aus­si gour­mand qu’é­tour­di, Pipiou fonce à tire-d’aile vers l’ob­jet de sa convoi­tise qui repose doré, appé­tis­sant, sur un tapis vert.

Hor­reur !! Une énorme ombre noire et ges­ti­cu­lante vient sou­dain bou­cher l’ho­ri­zon du moineau,

Effrayé, Pipiou ne doit qu’à la rapi­di­té de ses réflexes d’exé­cu­ter le virage sur l’aile qui lui per­met d’é­chap­per à la col­li­sion. Le cœur encore bat­tant, il vient se réfu­gier sur le toit du vieil appen­tis. Les yeux tout ronds du moi­neau s’é­tirent de stu­peur : ce qu’il pre­nait pour un fruit posé sur la mousse est une plaque de car­ton que Denis, le pre­mier fils Ladou­ceur, bran­dis­sant un drôle de petit balai, zèbre de coups rageurs.

C’est amu­sant à voir faire, et très instructif !…

Denis tient sur le bras une grande assiette brune, cou­verte de petits tas de cou­leurs ; de l’autre main, avec son petit balai, le gar­çon prend un peu de cette cou­leur et la pose sur le car­ton ; avec cela, il fait des fruits, des feuilles, des fleurs.

« Vrai­ment curieux ! songe Pipiou. Dom­mage seule­ment que ce jeune homme ne puisse tra­vailler en silence : il ne cesse de sif­fler, et de sif­fler faux. »

Rien n’est plus hor­rible pour un moi­neau que d’en­tendre sif­fler faux ; Pipiou n’y peut tenir long­temps. Il s’en­vole. Du reste, il lui faut encore cher­cher dans les taillis Pau­line et Florent.

Pipiou se met à la recherche de Florent. Entre nous, le troi­sième fils Ladou­ceur est le pré­fé­ré de Pipiou.

Ima­gi­nez-vous que ce petit Florent n’a jamais