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22 mars 2026Sainte Catherine de Gênes, Veuve

D’une illustre nais­sance, riche et belle, Cathe­rine, à 13 ans, avait sol­li­ci­té son admis­sion dans un couvent de la stricte obser­vance, mais sa jeu­nesse l’a­vait fait refu­ser. Trois ans plus tard, son père la don­na en mariage à un jeune noble de mœurs dis­so­lues qui la trai­ta avec tant de rudesse que, pous­sée à bout par cinq années de cruels tour­ments, elle aban­don­na la sévé­ri­té de sa vie pour se mêler à la socié­té mon­daine de la ville de Gênes. Mais bien­tôt le dégoût du monde et de ses fautes fut si vif en elle qu’elle man­qua défaillir : elle réso­lut alors de s’a­don­ner pour tou­jours à la prière et à la plus aus­tère péni­tence. Durant de longues années, elle ne put sup­por­ter d’autre ali­ment que la Sainte Hos­tie, mais, pour n’en lais­ser rien voir, elle pre­nait à table quelque nour­ri­ture qu’il lui fal­lait reje­ter ensuite. Sur l’ins­pi­ra­tion de Notre-Sei­gneur, elle se livra, quatre ans durant, à des rigueurs extra­or­di­naires. Puis, pen­dant vingt-cinq ans, ce furent des extases presque conti­nuelles, où elle reçut d’é­ton­nantes révé­la­tions. Tou­te­fois, elle conser­va un rôle mer­veilleu­se­ment actif. La cha­ri­té dont elle fit preuve dans les hôpi­taux, en se dévouant au ser­vice des malades et en rem­plis­sant avec joie les plus humbles offices, ame­na son mari à sor­tir du péché et à faire une mort édi­fiante. Elle-même, sur la fin de sa vie, connut les deuils, les cha­grins, la mala­die ; mal­gré sa répu­gnance pour les remèdes, elle fut tou­jours entiè­re­ment sou­mise à ceux qui la soi­gnaient. Ses der­niers moments furent mar­qués par des peines inté­rieures et exté­rieures ana­logues à celles de Jésus cru­ci­fié. Le démon eut la per­mis­sion de se mon­trer à ses yeux, mais elle le chas­sa hon­teu­se­ment. Elle mou­rut le 15 sep­tembre 1510.


Ouvrage : La semaine de Suzette

Vos Petits Frères d’Alsace

Voi­ci le vrai mois de l’en­fance. Saint-Nico­las, puis Christ­kin­del ou Noël, ces mots résonnent agréa­ble­ment aux oreilles des enfants de tous les pays. 

À la Saint-Nico­las, la nuit venue, la famille est ras­sem­blée devant le poêle ron­flant : les petits attendent avec anxié­té l’ar­ri­vée du grand Patron. Ils sont aux écoutes : la conver­sa­tion des parents ne sau­rait les dis­traire. Ils s’a­vancent jus­qu’à la porte, tendent l’o­reille… La nuit est gla­ciale ; par un temps pareil, le saint aura-t-il le cou­rage de sor­tir ?… Tout à coup, vers neuf heures, des pas résonnent sur le sol gla­cé. Une clo­chette argen­tine, le brai­ment sonore d’un bour­ri­quet, les coups dis­crets à l’huis… c’est lui, enfin ! Oui, ce sont les trois coups accou­tu­més et les trois sonneries… 

La maman se dis­pose à ouvrir, les enfants deviennent muets ; ils se blot­tissent dans le coin le plus recu­lé, ser­rés les uns contre les autres : la visite d’un saint, c’est tou­jours une chose importante. 

La porte s’ouvre et la figure de saint Nico­las appa­raît sur le seuil. Son com­pa­gnon, le ter­rible Hans Trapp, attache à l’an­neau exté­rieur le licol de l’âne char­gé de jouets. Tous se lèvent et s’in­clinent. Saint Nico­las, majes­tueux et bien­veillant, appuie sa main gauche sur sa crosse et de la dextre il bénit, avec un petit dis­cours de bien­ve­nue, et demande :

— Où sont les enfants sages ? Ils auront des frian­dises, des jouets, mais les autres… 

Et il montre la porte. 

— Hans Trapp apporte pour eux des verges trem­pées dans du vinaigre. S’ils ne pro­mettent pas d’être meilleurs l’an­née qui vient, il va les jeté dans sa hotte. Il les enfer­me­ra dans sa caverne jus­qu’à Noël, sans chan­delle, sans feu, au pain sec, à l’eau claire ; ils cou­che­ront sur des fagots…

Ce dis­cours fait trem­bler ceux qui ont des pec­ca­dilles sur la conscience. Mais comme ils se repentent, comme ils sont réso­lus à se corriger ! 

Saint Nico­las lit dans le fond de leurs cœurs. Il leur par­donne, il aime tant les enfants ! Et la dis­tri­bu­tion commence. 

Pour­tant, il advient qu’un endur­ci n’a pas méri­té l’ab­so­lu­tion et encore moins les récom­penses. Alors Hans Trapp ouvre brus­que­ment la porte ; il entre, rou­lant des gros yeux furieux, son fagot de verges à la main. Un bruit de chaînes accom­pagne ses mouvements. 

Il s’é­lance à la pour­suite du mau­vais sujet, qui tremble, pleure, joint les mains, se jette à genoux, pro­met de ne plus recom­men­cer, et Saint Nico­las inter­vient. Mais il est sévère, le bon saint ; il consent bien à lais­ser ce vilain gar­çon, cette méchante petite fille à ses parents, mais il se conten­te­ra, pour cette fois, de les pri­ver de jouets et de frian­dises. Quelques semaines plus tard, Hans Trapp sévi­ra avec Christ­kin­del. Il sera impi­toyable et les empor­te­ra pour tou­jours enchaî­nés. La famille feint natu­rel­le­ment la plus grande frayeur, la maman pleure à l’i­dée de perdre son petit… Saint Nico­las et Hans Trapp s’é­loignent. Ils vont exer­cer leur minis­tère chez les voisins. 

La neige couvre la terre de son épais man­teau blanc. Par­tout s’ouvre la foire aux sapins. Les arbres de Noël des­cendent de la forêt vos­gienne. Il y en a pour toutes les bourses, des petits et des grands. Les bou­tiques se sont gar­nies de bou­gies et de lampes, de jouets, et ont été bien vite déva­li­sées par les parents pré­voyants. Le 24 décembre sera jour ou plu­tôt soi­rée de grande fête. Les baraques foraines encombrent la place publique. Elles offrent aux convoi­tises enfan­tines cent mer­veilles ; mais ce qui par-des­sus tout attire les regards des gar­çons, ce sont les sif­flets. Qui­conque pos­sède quelques sous achète un sif­flet, et les rues du pays, s’emplissent d’une assour­dis­sante caco­pho­nie. D’où vient cette rage de sif­flets à Noël ? Nul ne le sait et nul n’o­se­rait ten­ter d’in­ter­dire l’in­fer­nale concert. 

Presque chaque mai­son a son sapin et bien des mamans pré­parent l’arbre de Noël autour duquel, comme à la Saint-Nico­las, la famille veille­ra. Les familles se ras­semblent, des amis se joignent aux parents. Les bou­gies sont allu­mées, à la grande joie des bam­bins : on rit, on chante, les vieux se sentent rajeu­nir au sou­ve­nir des Noëls pas­sés ; ils se revoient enfants, ils évoquent dans leurs mémoires l’i­mage des chers disparus. 

Ouvrage : Histoire Sainte illustrée | Auteur : Par un groupe de pères et de mères de familles

XXIV

Après la ran­don­née de Baby­lone, qu’il fait donc bon, en vacances, au logis.

Ber­nard jouit de sa fin de per­mis­sion comme un vrai col­lé­gien. Il vient d’en­trer à la cui­sine et, sans plus de façon, empoigne par les épaules Marianick.

— Qu’est-ce qui te prend ?

— Je t’emmène, là, dehors, un ins­tant. J’ai quelque chose à te faire voir. Il y en a juste pour deux minutes.

Riant et mau­gréant à la fois, Maria­nick se laisse entraîner.

Dans la prai­rie l’a­vion repose.

— Je ne veux pas aller voir ton oiseau de mal­heur. C’est des inven­tions du diable !

— Maria­nick, la calom­nie est un péché. Je veux que tu regardes, au moins une fois, cet oiseau que tu détestes sans savoir pourquoi.

— Sans savoir pour­quoi ? Il a peut-être pas cas­sé la jambe de Colette ?

— Ça, c’est un acci­dent. Les car­rioles qui vont au par­don de Sainte-Anne ont aus­si des accidents…

Maria­nick n’a­vait pas pré­vu cette réponse ; elle avance, un peu ennuyée, vers l’a­vion, qui a l’air bien tran­quille, et même un peu pataud, là, sur la prairie.

— Voyons, reprend Ber­nard, pour­quoi ce pauvre oiseau a‑t-il le don de te mettre à l’envers ?

Regarde les sièges. Tiens, je vais t’ai­der, entre dans la car­lingue et assieds-toi.

— M’as­seoir là-dedans ! Jamais de la vie ! Y a s’ment pas ou mettre un pou­pon, tant que c’est petit.

— Maria­nick, voi­là main­te­nant que tu vas faire un men­songe. Assieds-toi, tu verras.

Et sans trop savoir com­ment, Maria­nick se trouve très confor­ta­ble­ment ins­tal­lée dans un excellent fau­teuil de cuir.

— Tu ne diras plus qu’on y est mal. Appuie-toi bien. C’est ça . Vois comme je suis bien aus­si, mon manche à balai res­semble tout bon­ne­ment au volant d’une auto.

Si Maria­nick pou­vait voir le sou­rire de Ber­nard ! Mais vrai­ment, on est bien, les cuirs sont jolis, et elle s’a­muse presque à tout regar­der, quand il lui semble éprou­ver un léger mouvement.

Marianick en avion jusquà Jérusalem
Ber­nard, entends-tu ? Bernard !!!

— Ber­nard, qu’est-ce que tu fais ?

— Rien du tout, je déplace un peu l’oi­seau ; il roule sur ses roues comme une
voi­ture. Je vais le ran­ger là, à côté, bien à l’ombre.

Mais, ô hor­reur, le nez de l’a­vion se redresse et la prai­rie semble tout d’un coup s’é­loi­gner. Maria­nick, cram­pon­née des deux mains aux bras du fau­teuil, hurle :

— Ber­nard, tu es un vrai démon ! Sainte Vierge Marie ! des­cends tout de suite ! Ah ! bonne sainte Anne ! Si c’est pas hon­teux, à ton âge, de trom­per les gens… Non, mais v’là les nuages qu’approchent !

Ouvrage : Histoire Sainte illustrée | Auteur : Par un groupe de pères et de mères de familles

XXIII

Voi­ci juillet et les vacances, dou­ble­ment joyeuses, car Ber­nard va aus­si avoir sa per­mis­sion. Colette a repris sa vie, encore un peu au ralen­ti ; mais elle va et vient, sans trop de fatigue, tout au bon­heur de cette réunion.

Un beau soir, la sur­prise des jeunes est intense en voyant un car, de taille moyenne, s’en­ga­ger dans l’al­lée du jardin.

— Qu’est-ce qu’il fait ? crie Jean de sa fenêtre.

— Y se trompe, riposte Pierre du jardin.

— Qu’est-ce que c’est que ça ? demande Nicole, un car vide !

Et Bru­no accourt tout essoufflé :

— As-tu vu cette grande voiture ?

Au milieu de ce concert d’ex­cla­ma­tions, papa passe sans se trou­bler. Chose incroyable, il va au-devant du car, parle au chauf­feur comme s’il le connais­sait et, c’est un comble, le conduit au garage, der­rière la maison.

En une seconde, toute la bande est sur ses talons. Papa ne semble pas s’en apercevoir.

Il appelle Maria­nick, pour qu’elle prenne soin du chauf­feur, et sif­flo­tant, les mains dans ses poches, retourne à la maison.

Jean lui-même, devant cette atti­tude, hésite à ques­tion­ner son père. Mais Colette, aler­tée par le bruit, est sur la porte et crie :

— Qu’est-ce que ce car vient faire ici, papa ?

— Le chauf­feur me dit que tu l’as fait demander.

— Moi ! (Colette éclate de rire.) Racon­tez vite, papa, pour­quoi vous l’a­vez fait venir ?

Papa, très sérieusement :

— Mais puisque je te dis que le chauf­feur n’est ici qu’à tes ordres.

L’a­ven­ture prend une tour­nure palpitante.

La bande écoute, le cœur battant.

— Voyons, papa, ce n’est pas pos­sible. Ne vous moquez pas,… un car à mes ordres…

— Va toi- même par­ler au chauffeur.

— Hé bien, j’y vais ! Est-il besoin d’a­jou­ter que Colette n’y va pas seule et qu’elle en revient ahu­rie : posi­ti­ve­ment, le car a été deman­dé en son nom, pour une excur­sion le lendemain.

Alors papa révèle la clef du mystère :

— Voi­là, ma grande fille : tu viens de pas­ser deux mois très pénibles, pen­dant les­quels tu as sur­tout pen­sé aux autres. Ta maman et moi avons réso­lu de te faire une petite joie. Nous avons ce car pour cinq jours. Tout le monde est en vacances. En route demain, pour où tu vou­dras, à condi­tion seule­ment que nous allions vers un des points où j’ai des affaires à trai­ter parce que je ne pos­sède pas le moyen de vous offrir des voyages de pur agrément.

On ima­gine la soi­rée qui suit. La carte étu­diée dans tous les sens, c’est déci­dé­ment à Baby­lone qu’on ira. Puisque Baby­lone est sur la liste de son père, Colette, son­geant aux petits, pense que ce sera un mer­veilleux voyage pour leur faire apprendre les der­nières époques, si com­pli­quées, de leur His­toire Sainte.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Impos­sible de ne pas revoir Damas, toute blanche, dans ses fon­taines et ses bois, au milieu du désert, avant de s’en­ga­ger dans la plaine indé­fi­nie, mono­tone et triste que suit la « pipe-line ». Jean et Ber­nard s’in­té­ressent pro­di­gieu­se­ment à cette ligne de tubes énormes qui amènent aux grands ports le pétrole de l’Irack.

Qu’on est loin, avec ces inven­tions modernes, du temps de l’exil des Juifs,… ou plu­tôt, non, comme on en est près !

Car c’est à tra­vers des sables et des champs tout pareils à ceux-ci qu’ils ont pas­sé. Le désert, un peu au sud, est celui qu’ils ont dû tra­ver­ser, et alors, comme aujourd’­hui, leurs cara­vanes se suc­cé­daient len­te­ment. Les cha­meaux por­taient des charges sem­blables à celles qui s’é­tagent sur le dos des longues files de dro­ma­daires qui passent là-bas, indif­fé­rents, mar­quant le sable de leur pas balancé.

On couche à Rout­ba, le car­re­four des pistes du désert. Les Anglais l’ont for­ti­fiée et tout voya­geur s’y arrête pour faire viser ses passeports.

Puis, c’est de nou­veau l’é­ten­due déser­tique jus­qu’à Rama­di, pauvre oasis de pal­miers, per­due dans cette ari­di­té. Encore cent douze kilo­mètres, et, sur le bord du Tigre, Bag­dad, ses sou­ve­nirs, ses mar­chés, ses bazars. Le temps manque pour visi­ter, quel dom­mage ! En route encore, mais pour Baby­lone, cette fois.

Ouvrage : Histoire Sainte illustrée | Auteur : Par un groupe de pères et de mères de familles

XXII

— C’est pas de jeu, Colette.

— Qu’est-ce qui n’est pas de jeu ?

— Mais tu n’as pas tout dit.

Et la tête de Pierre appa­raît à hau­teur de la fenêtre, entre deux grosses touffes de roses rouges.

La seconde d’a­près, on entend cra­quer les branches et deux autres minois sur­gissent, au milieu des fleurs. Puis, avant que Colette ait eu le temps de pro­tes­ter, Pierre fait un réta­blis­se­ment savant et se trouve à l’in­té­rieur, sui­vi de Nicole qui se hisse plus péni­ble­ment. Bru­no seul est res­té en route.

Colette crie :

— Veux-tu bien faire le tour par la porte ! Il ne va rien res­ter du rosier. Vous êtes insup­por­tables. Pierre, pour­quoi entraînes-tu les petits dans ces escapades ?

Pierre reste un peu honteux.

— Je n’y ai pas pensé.

— Penses‑y une autre fois. Regarde la robe de Nicole.

Un bout de mous­se­line déchi­rée pend au-des­sus du genou, et Nicole le contemple, un peu rouge, en silence. Elle dit enfin :

— Gronde pas, tate. C’est si amu­sant de grim­per dans les rosiers !

— Et ce-sera amu­sant pour maman de rac­com­mo­der ta robe ?

— Non,… mais c’est pas maman qui le fera.

— Qui donc alors ?

Nicole jette les bras autour du cou de Colette.

— Ce sera toi !

— Fri­ponne ! en voi­là une conclu­sion ! Écoute, mon petit Nicou, je devrais sérieu­se­ment te gron­der, parce que tu fais tout ce qui te passe par la tête, sans pen­ser à ce qui s’en­sui­vra. T’a-t-on, oui ou non, défen­du de grim­per par les fenêtres ?

Les enfants viennent écouter l'Histoire sainte
C’est pas de jeu, Colette.

Nicole, décon­fite :

Ouvrage : Histoire Sainte illustrée | Auteur : Par un groupe de pères et de mères de familles

XXI

— Dis donc, Colette, tu n’au­rais pas cinq minutes ?

Colette, qui s’af­faire autour d’un patron éten­du sur la table, pose ses ciseaux avec un peu d’impatience.

— Oh ! mon petit Pierre, songe qu’il faut que cette robe soit prête pour Nicole dans trois jours… Que me veux-tu ?

Pierre est arrê­té dans son élan. Pauvre Colette, tout de même ! C’est vrai qu’on en abuse un peu quelquefois.

— Ça va bien ! Je revien­drai plus tard. C’é­tait pour une composition…

Une com­po­si­tion, c’est grave ! Colette retient son petit frère.

— Quelle composition ?

— D’ins­truc­tion reli­gieuse. C’est pour demain. Je vais la rece­voir du col­lège et je suis presque sûr qu’on nous don­ne­ra jus­te­ment un devoir sur la der­nière par­tie de l’His­toire Sainte. Or je me suis aper­çu l’autre jour, en allant à Jéru­sa­lem, que je la savais très mal. Si maman ne m’a­vait pas tout rabâché !…

— Rabâ­ché ! Oh ! Pierre ! Et tu vou­drais que je « rabâche » aussi !

— Mais puisque tu ne peux pas, à cause de ce bout d’é­toffe à couper.

— On tâche­ra de faire les deux. Que veux-tu étu­dier au juste ?

Pierre extrait de sa poche, en même temps que trois inter­mi­nables bouts de ficelle, un crayon cas­sé, deux mor­ceaux de pierre, un bout de savon, etc., un livre dont les angles sont inexis­tants et les pages ter­ri­ble­ment jaunies.

Colette, moi­tié riant, moi­tié grondant :

— C’est ça, ton His­toire Sainte ?

— Que veux-tu, elle a ser­vi à tout le monde avant d’être à moi.

Carte de la bible - Royaume d'Israël et de JudaEt Pierre cherche conscien­cieu­se­ment, avec son pouce, le cha­pitre désiré.

— Voi­là ! Royaume de Juda. Si tu pou­vais m’ex­pli­quer ça. Ces deux royaumes,… je n’y com­prends rien de rien.

— Essayons. Passe-moi ton livre. Nous redi­sons d’a­bord que dix tri­bus sur douze s’é­taient sépa­rées du fils de Salo­mon, Roboam, pour for­mer le royaume d’Is­raël. C’est cela que maman t’a fait étu­dier presque sur place. Mais je t’ac­corde que l’his­toire de ces deux royaumes est pas­sa­ble­ment embrouillée.

Alors, pre­nons le prin­ci­pal, tu sai­si­ras mieux le reste en l’é­tu­diant ensuite.

Ain­si, le Peuple de Dieu était désor­mais divi­sé en deux royaumes qui se dis­pu­taient sou­vent. Les rois d’Is­raël furent presque tous mau­vais et entraî­nèrent sou­vent leurs sujets dans une gros­sière idolâtrie.

Plus petit, le royaume de Juda avait le pri­vi­lège de gar­der Jéru­sa­lem avec son Temple unique, où tous les Juifs devaient ado­rer Dieu. C’é­tait ce royaume qui conser­vait les pro­messes faites à la tri­bu de Juda, d’où devait naître le Messie.

Ses rois furent tous des des­cen­dants de David, et il y en eut de très bons, mais aus­si com­bien de mau­vais ! Chaque fois que la Bible en nomme un nou­veau, elle lui donne comme une bonne ou une mau­vaise note. « Il fit ce qui est bien devant Dieu ; » ou, au contraire : « Il fit ce qui est mal devant Dieu. »

Arbre de Jessé - Les ancêtres du Christ