Et maintenant une histoire ! Posts
Saint Luc, d’après l’historien Eusèbe, naquit à Antioche. Il était d’origine païenne et exerçait la profession de médecin (une tradition tardive a même fait de lui un peintre). On ne sait pas au juste à quelle époque il se convertit, mais il est certain qu’il appartenait à la seconde génération chrétienne et qu’il ne connut pas Notre-Seigneur. Au cours du deuxième voyage missionnaire de saint Paul, il rencontra l’Apôtre à Troas et s’embarqua avec lui pour la Macédoine. Il resta longtemps dans la ville de Philippes pour organiser et développer la jeune communauté chrétienne. Cinq ou six ans plus tard, il accompagna saint Paul à Jérusalem. Témoin de l’arrestation et de l’emprisonnement de son maître à Césarée, il le suivit à Rome, où, malgré ses chaînes, l’Apôtre pouvait recevoir ses amis et prêcher le royaume de Dieu. Il fut encore près de Paul au moment de la seconde captivité. Grâce à ses relations avec lui et avec les autres Apôtres, Luc put écrire le Troisième Évangile, où, à l’exemple du Docteur des Gentils, il s’attachait à prouver que Jésus avait apporté le salut, non pas seulement aux Juifs, mais à tous les hommes. Parmi les évangélistes, on désigne saint Luc sous le symbole du bœuf, parce qu’il commence son récit en parlant du sacerdoce de Zacharie, prêtre et sacrificateur, et que le bœuf était la victime la plus ordinaire des sacrifices de l’Ancienne Loì. Saint Luc écrivit aussi les « Actes des Apôtres » pour raconter les premiers événements de la vie de l’Église. Nous n’avons sur la fin de sa vie que des données incertaines. Il est honoré comme martyr.
(Légende lorraine)
C’était un simple agnelet, tout blanc, tout mignon, tout frisé, que l’on appelait Blanchet et qui tétait encore sa mère : « Ne t’éloigne pas du troupeau, tu serais mangé par le loup ! » Et, docile, il marchait sur les talons de la bergère, qui s’arrêtait parfois de filer pour caresser sa toison. Il la suivait partout, et quand elle s’écartait un peu

pour prier, il l’écoutait converser avec les Saintes et l’Archange, qui la pressaient de partir pour délivrer le royaume d’un loup très méchant qu’on appelait l’Anglais.
Et quand elle s’en revenait pensive, Blanchet, trottinant à côté d’elle, bêlait tout doux, tout doux, comme sa maman-brebis quand elle voulait le retenir ; et il semblait dire : « Ne t’éloigne pas du troupeau, tu serais mangée par le loup ! » Et Jeanne soupirait, hésitante… Fallait-il écouter Monsieur saint Michel ou l’agnelet ?
Une première fois, le sire de Baudricourt, consulté, la renvoya à ses moutons, qui furent bien contents, l’agnelet surtout ! Mais une seconde fois il dit : « Va, Jeanne ! Fais ce que doit ! » Et un triste jour, Blanchet la vit toute prête à

partir, casque en tête, épée au côté. Elle disait adieu en pleurant à son père, à sa mère, à ses frères, à son troupeau…
Et comme le pauvre agnelet bêlait lamentablement,
1 — L’appel des âmes

Le 10 juin 1637, naissait à Laon, d’une des meilleures familles de la ville, un petit enfant auquel en donna le nom de Jacques.
Me Nicolas Marquette, le père, annonça la nouvelle à Mgr de Brichanteau, ancien missionnaire au Canada, lequel le félicita chaleureusement.
Dès son tout jeune âge, Jacques montra une fervente piété. Sa joie était d’aller à Notre-Dame de Liesse, célèbre sanctuaire situé à trois lieues de Laon.
Un autre fait marquait son esprit d’abnégation. À l’âge de 9 ans, il prit la résolution de jeûner tous les samedis, malgré les reproches de son père.

Le 8 octobre 1654, Jacques, qui avait 17 ans, entrait dans la Compagnie de Jésus, n’ignorant pas les fortes études que cette Société imposait à ses novices.
Pendant ce temps, au Canada, des religieux allaient de tribu en tribu prêcher l’Évangile, Harassés de fatigue, torturés, ils offraient leur vie au bon Dieu.
On lisait avec émotion, en France, les récits douloureux qui venaient des campements indiens et qui demandaient de grands cœurs pour porter la parole de Dieu.
Ces récits relataient l’ouverture de nouvelles missions. Jacques décida de partir et demanda l’autorisation au Père général de la Compagnie.

Il débarqua à Québec, le 20 septembre 1666, prit quelques jours de repos et fut envoyé à la résidence des Trois-Rivières pour s’initier aux langues du pays.
Le P. Marquette prit contact avec les mœurs des diverses tribus sauvages, lesquelles vivaient dans de petites cabanes en bois.
Ces sauvages ne songeaient qu’au commerce des peaux qu’ils échangeaient contre des armes à feu, de la poudre et du plomb.
Lassés des armes à feu, ils voulurent obtenir de l’eau-de-vie. Dès lors, ils se livrèrent à de fréquentes orgies, lesquelles leur amenèrent les pires maladies.

Lorsque la chasse avait été fructueuse, ils s’abandonnaient à de grands festins, qui duraient près de quatre heures, ne conservant rien pour le lendemain.
Le P. Marquette, qui était à table avec eux, fut déchaussé. On lui graissa les jambes et les pieds, et pendant qu’il mangeait, tous les chefs du village lui rendirent visite.
Mais à ces festins succédaient souvent trois ou quatre jours de jeûne. Le P. Marquette dut alors se contenter de peaux d’anguille ou de jeunes pousses d’arbre.
À force de souffrir, à force de travail et de supplices, il avait réussi à gagner déjà de nombreuses âmes à la cause de Dieu.
2 — En canot sur les Lacs

Dans ce pays parfumé de la Provence, au milieu des senteurs de lavande se dresse une muraille de pierre. Accrochée à celle-ci, une vaste grotte, où l’on accède par un sentier pédestre, semble veiller de toute éternité sur la vallée. Au début de la chrétienté, une pénitente est venue pleurer ses péchés dans la solitude, accompagnée dans ses larmes par les chants des grillons, et soutenue dans sa prière par son frère, saint Lazare, premier évêque de Marseille. À la Sainte-Baume, les fidèles sont aujourd’hui nombreux à se presser pour implorer l’intercession de sainte Marie-Madeleine.
Dans la petite ville de saint Maximin, non loin du sanctuaire, l’été touche à sa fin. Sur la place du village, les hommes, jeunes et vieux, jouent à la pétanque ou sirotent un pastis. L’accent mélodieux des villageois ajoute une petite note de couleur à la soirée d’été qui, comme les autres, a reçu les fortes caresses d’un soleil de plomb. Soudain, un son strident déchire l’air. En quelques secondes, la place où résonnèrent les rires et les chants, s’est couverte d’un silence de mort. Tous ont reconnu le signal fatidique, celui de la sirène qui annonce ce que tous appréhendent le feu ! Le feu est à la forêt… Au détour d’une ruelle, un enfant de douze ans, au teint bruni par le soleil, arrive en courant. Son père, de permanence à la gendarmerie, a reçu le premier la nouvelle. Yvon vient maintenant donner à tous des détails : le feu a pris au pied du sanctuaire, la forêt qui abrite le pas sinueux des pèlerins est devenu, en quelques minutes un brasier que vient attiser avec frénésie les souffles violents du mistral.
La mer agitée, c’est la nuit. Dans les ténèbres, un fantôme passe. C’est Jésus. Les apôtres, apeurés, se mettent à crier. Jésus s’étant fait connaître, St-Pierre lui dit « Seigneur, si c’est vous, ordonnez que je vienne vers vous en marchant sur les eaux ». Sur l’ordre de Jésus, il s’avance. Mais…




