Marie veillant sur l'Enfant-Jésus

ANT bien que mal, la sainte Famille s'installa dans la grotte. Les bergers les aidèrent en apportant quelque mobilier rudimentaire, suffisant pour faire le ménage, laver les langes et
Charles de Foucauld, sa jeunesse aventureuse.
Si Charles de Foucauld est canonisé un de ces jours, on pourra dire de lui : c'était le plus gourmand des saints.

A vingt ans, quand il était élève à l'école de cavalerie
La jeunesse du roi saint Louis
Sur l'eau claire de l'Oise, à cris joyeux, quatre vaillants garçons ont poussé un canot. C'est l'automne : le vent frais qui balaie les nuages dans le ciel d'un bleu pâle fait frissonner
Saint Joseph
« Marie, êtes-vous prête ?

— Me voici ! »

Et la jeune femme s'assied sur l'âne entre deux ballots. Il fait encore nuit... Marie et Joseph partent pour Bethléem.

L’Empereur Auguste a ordonné de recenser
Notre-Dame de la prison
La cour du roi d'Aragon était en grande liesse, car on fêtait aujourd'hui le quinzième anniversaire du fils du roi : le prince Josiano.

C'était un grand garçon, mince et souple, dont la douceur
Pour gagner le souterrain
Toc, toc...
Gaëtan, Yves et Louis se regardent ; qui donc peut venir à cette heure ? Ce n'est pas leur mère encore : elle ne doit rentrer que demain matin ; ce n'est pas leur père non plus,
Le cercle de fer des Blolos
Le soleil brûle dans le ciel d'Afrique et Jeanne-Marie chante dans la pergola. Elle sait pourtant que le danger rôde, mais une fille de soldat n'a pas peur. Elle monte justement au belvédère

Et maintenant une histoire ! Posts

Auteur : Par un groupe de pères et de mères de familles | Ouvrage : Petite Histoire de l'Église illustrée .

∼∼ XVIII ∼∼

Infa­ti­gables, les scouts ont deman­dé à leur aumô­nier d’aller au som­met du mont Cavo, le plus éle­vé des monts Albains, à 949 mètres d’altitude, un peu au sud-​est du lac d’Albano.

Sur les ins­tances du Père X…, Ber­nard et Jean ont obte­nu de se joindre à eux. Avec la troupe, ils ren­tre­ront à Rome, où la famille sera de retour, car on n’attend plus que l’audience pon­ti­fi­cale pour mettre le cap sur la France.

L’ancienne route romaine, dite voie triom­phale, conduit au som­met du mont Cavo ; elle est ombra­gée, la mon­tagne elle-​même joli­ment boi­sée. Cepen­dant rien ne vaut la vue unique qui, des hau­teurs du mont, attend le voyageur.

On découvre la côte, la mer jusqu’à Civita-​Vecchia ; et puis, ce sont, à perte de vue, der­rière les monts Albains, des chaînes estom­pées et, plus proches, les ondu­la­tions mono­tones et mélan­co­liques de la cam­pagne romaine.

Maxi­min, qui est de la par­tie, se plante très droit sur un roc et n’hésite pas à déclarer :

— Nous avons le monde à nos pieds !

— Eh ! mon bon, riposte Ber­nard, en pre­nant l’accent du Midi, on ne voit tout de même pas jusqu’à la Cannebière !

C’est alors une joute impayable entre les deux gar­çons, au grand bon­heur du reste de la bande. Le petit André rit pour tout de bon, en dévo­rant Ber­nard de ses yeux trop brillants, dans son petit visage pâle.

L’aumônier, de son côté, scrute lon­gue­ment l’horizon.

— Venez près de moi ; contem­plons un peu ensemble. Cet immense pano­ra­ma, n’en déplaise à mon jeune ami, ne nous per­met pas de voir jusqu’au bout du monde, mais comme il est facile, d’ici, de s’imaginer le va-​et-​vient des armées à tra­vers l’Europe ; sur cette mer si bleue, on vit pas­ser jadis une flotte toute blanche que décrit le sire de Join­ville dans ses mémoires.

— Quelle flotte ?

— Reve­nons d’abord, voulez-​vous, vers l’an 1100, et regar­dons très loin, vers l’Orient, du côté de Jérusalem.

Nous appren­drons que la ville, le Cal­vaire, le tom­beau du Christ, sont aux mains des musul­mans, dont la puis­sance de nou­veau menace la chrétienté.

Or, à la même époque, les sei­gneurs féo­daux sont de plus en plus tur­bu­lents. Ils sont sans cesse en luttes entre eux. Quelle belle et légi­time expan­sion à leur humeur batailleuse, qu’une ou plu­sieurs expé­di­tions pour déli­vrer les Lieux Saints.

— J’aurais aimé cela, dit Maxi­min, mais pour­tant c’est un peu fou, tant de sang répan­du, tant de sacri­fices, pour déli­vrer une pro­vince minus­cule et quelques villes.

Ber­nard bondit :

— Allons donc ! quand cette pro­vince est la Pales­tine, les villes Damas ou Jéru­sa­lem ? Je me serais fait hacher dix fois, cent fois, s’il eût fallu…

— Ber­nard, ne pre­nez pas feu ! Nous sommes tous du même avis, mais il est bien per­mis de rai­son­ner les causes qui ont entraî­né l’Europe sur les routes de Jéru­sa­lem. Elles sont mul­tiples. D’abord celles dont nous venons de par­ler, et qui eussent suf­fi, car la déli­vrance des Lieux Saints valait en effet tous les sacri­fices ; mais, de plus, l’Église et l’Europe sen­taient la menace musul­mane gran­dir et il était néces­saire de lui oppo­ser une bar­rière, sous peine d’invasions redou­tables pour le monde et pour la Foi.

Auteur : Bouchard, Françoise | Ouvrage : Autres textes .

Les lec­teurs qui connaissent le récit sui­vant com­pren­dront qu’il était impos­sible de faire un livre 1 ayant pour sujet les miracles sans rela­ter le plus mer­veilleux de tous, celui qui a per­mis la plus belle des décou­vertes, offrant à la véné­ra­tion uni­ver­selle, l’ignoble ins­tru­ment du sup­plice de Notre Sei­gneur, mais aus­si, l’instrument béni de la rédemp­tion du monde : je veux par­ler de l’invention de la Sainte Croix.

L’empereur Constan­tin avait déjà été mar­qué par ce signe quand, s’apprêtant à aller prendre pos­ses­sion de l’empire, il eut une appa­ri­tion : il vit dans le ciel une croix plus écla­tante que le soleil, sur laquelle étaient écrites ces paroles : « Par ce signe, tu vain­cras ! » Il com­prit tout de suite le mes­sage. Le mono­gramme du Christ va rem­pla­cer l’aigle sur la ban­nière impé­riale qui sera désor­mais sur­mon­tée d’une croix (c’est la nais­sance du labarum).

Mais le ciel est plus exi­geant encore la nuit pré­cé­dant le ter­rible com­bat qui l’opposa à Maxence, Notre Sei­gneur lui appa­rut en songe, lui recom­man­dant de mettre une croix sur le bou­clier de cha­cun de ses sol­dats. Le remède fut effi­cace : Maxence fut défait, empor­té par les eaux du Tibre.

Soldats de Constantin avec le signe du Christ sur le bouclier

La vic­toire sur le tyran allait chan­ger la face du monde, per­met­tant d’établir soli­de­ment le règne du chris­tia­nisme sur tout l’empire.

Notes :

  1. Récit tiré du livre Le monde mer­veilleux des saints, Fran­çoise Bou­chard, Éd. Résiac, 1995
Auteur : Par un groupe de pères et de mères de familles | Ouvrage : Petite Histoire de l'Église illustrée .

∼∼ XVII ∼∼

Un mot du Père X… met Ber­nard en liesse. Il offre aux deux gar­çons une ren­contre à Castel-​Gandolfo, et même pro­pose de les emme­ner plus loin. Com­ment ne pas accepter ?

À l’heure fixée, les deux insé­pa­rables retrouvent l’aumônier et sa troupe, sur les hau­teurs au-​dessus du lac d’Albano. Tout de suite l’aumônier pro­pose de s’approcher le plus pos­sible du palais papal.

— Nous sommes ici à trente kilo­mètres de Rome, et c’est depuis 1596 la rési­dence d’été des sou­ve­rains Pon­tifes. Il y a d’abord l’antique palais bâti par Urbain VIII. Aucun Pape n’y était retour­né depuis la prise de Rome ; mais, main­te­nant qu’il y a eu l’accord du Latran, entre le Saint-​Père et le royaume d’Italie, Pie XI y vient de temps en temps. Au vieux palais, s’est ajou­té l’immense vil­la Bar­be­ri­ni, tout récem­ment restaurée.

Le Pape a fait orga­ni­ser, à côté, une ferme modèle, qu’il aime à visi­ter. Venez, nous allons par­cou­rir ce qu’il est per­mis de voir dans ce domaine du Père de famille de la Chrétienté.

Cette visite inté­resse beau­coup la jeu­nesse et les détails de la lai­te­rie la cap­tivent pro­di­gieu­se­ment. Les ran­gées de belles vaches, toutes pareilles sous leur robe uni­forme gris-​souris, dans les étables modernes, font le bon­heur des gar­çons ; et Jean regrette Colette devant le pou­lailler, où picorent d’innombrables et jolis petits pou­lets blancs.

Puis tout le monde s’engage dans les deux magni­fiques allées de chênes verts, qui réunissent Castel-​Gandolfo à la ville d’Albano. On des­cend au bord du lac et c’est là que l’on s’assied, autour d’un déjeu­ner impro­vi­sé. Ber­nard a manœu­vré pour se mettre auprès du petit André, auquel il vou­drait par­ler, mais aujourd’hui tout le monde écoute un nou­veau et joyeux compagnon.

C’est un Mar­seillais. Jadis cama­rade de classe, au lycée de Mar­seille, de l’un des plus âgés des scouts, ils se sont retrou­vés par hasard à Rome et le Méri­dio­nal a immé­dia­te­ment deman­dé à suivre son ami.

Il parle fort bien l’italien, mais son fran­çais a un léger accent du Midi. Il connaît tout, a tout vu, et fait la joie de la troupe. Il s’appelle Maxi­min ; on l’a déjà sur­nom­mé Tar­ta­rin ; il n’en est point offus­qué, ayant joli carac­tère, et éprou­vant un cer­tain plai­sir à ce qu’on s’occupe de lui.

Comme on est au des­sert, il dit :

— Qu’est-ce qui fume une cigarette ?

— Nous n’en consom­mons guère, c’est une vraie dépense.

— Mais j’en ai plein mes poches, je vais vous en don­ner. Et « Tar­ta­rin » offre à qui veut une abon­dante provision.

Les plus jeunes se récusent, les aînés se laissent faire ; l’heure est douce à vivre sous les chênes verts, tout au bord du lac d’aspect sombre, mais si calme.

Jean, silen­cieux depuis le début, glisse à l’aumônier :

— Racontez-​nous quelque chose, Père, comme vous faites ordi­nai­re­ment. Parlez-​nous des Papes qui sont venus ici.

— Pas encore de ceux-​là. Nous ne sommes pas si avan­cés, dans nos cau­se­ries du soir au camp, et pour­tant, je vous assure que tout le monde y met son mot.

— Et que c’est empoi­gnant, affirme un grand scout. Qui m’eût dit autre­fois que l’Histoire de l’Église était à ce point pas­sion­nante, m’eût bien étonné.

Sur ce, Père, allez-​y !… Repre­nez le fil de vos discours.

— Eh ! eh ! si je vous pre­nais au mot ?… des dis­cours ! Je vois d’ici vos têtes. Vous en auriez vite assez. Contentons-​nous de racon­ter, comme dit Jean.

Vous vous sou­ve­nez que, en recon­nais­sance des actes de Pépin et de Char­le­magne, le Pape Léon III avait cou­ron­né celui-​ci empe­reur à Rome. C’était un hon­neur et en même temps un titre qui équi­va­lait à celui de défen­seur du Saint-​Siège. Dans ce temps-​là, on le com­pre­nait bien en ce sens. Aus­si ce titre n’était-il pas néces­sai­re­ment lié pour tou­jours aux princes de tel pays.

Quelques-​uns des faibles suc­ces­seurs de Char­le­magne, rois de France, le reçurent encore. Mais plus tard des sou­ve­rains d’Allemagne, que le Saint-​Siège avait appe­lés à sa défense, Othon le Grand, ses fils et petits-​fils, le por­tèrent. Mal­heu­reu­se­ment, ils eurent avec le Pape des démê­lés qui ne furent que le pré­lude de plus graves dif­fi­cul­tés. Les sou­ve­rains alle­mands en vinrent à se décla­rer empe­reurs par leur propre droit, et bien­tôt ils empié­tèrent sur le pou­voir spi­ri­tuel du Pape. L’un d’eux cepen­dant fut une belle excep­tion. L’Église l’a cano­ni­sé ; il s’appelle saint Hen­ri. Son fils aus­si mon­tra du zèle pour le ser­vice de l’Église, mais son petit-​fils Hen­ri IV eut une tout autre atti­tude, vous allez le voir.

Il fau­drait des heures pour expli­quer en détail ce que l’histoire appelle : « La lutte du sacer­doce et de l’Empire. » Pour la résu­mer, j’évoquerai une seule phy­sio­no­mie, celle de saint Gré­goire VII. Il s’appelait Hil­de­brand. C’était un moine venu à Clu­ny pour y trou­ver la grande vie reli­gieuse. Le Pape saint Léon IX l’arracha à son abbaye et l’appela près de lui, dès le début de son pon­ti­fi­cat, pour l’aider à tra­vailler à une réforme néces­saire, car il s’était intro­duit dans l’Église de graves abus.

Auteur : Par un groupe de pères et de mères de familles | Ouvrage : Petite Histoire de l'Église illustrée .

∼∼ XVI ∼∼

— Maman, nous avons trou­vé deux bicy­clettes à louer. Pouvons-​nous aller demain, Jean et moi, jusqu’à Tusculum ?

— Très bien, pour­vu que ta tante soit de cet avis. Mais il fau­dra par­tir de bonne heure, avant la grosse cha­leur, et ne pas ren­trer trop tard. Jean est fra­gile, tu veille­ras à ce qu’il ne se refroi­disse pas, quand vous vous arrê­te­rez. Avez-​vous un petit guide de poche, car vous n’êtes pas sûrs de ren­con­trer des gens par­lant français ?

— Oui, maman, tout est pré­vu. Ce que ça va être amusant !

Là-​dessus Ber­nard court faire ses pré­pa­ra­tifs, et, le len­de­main, dès le matin, les deux cou­sins pédalent, joyeux, sur la route. Vers 8 heures, alors qu’il com­mence déjà à faire chaud, les deux gar­çons pénètrent dans la petite ville actuelle, et se dirigent, à pied cette fois et le guide à la main, vers le rocher que domine une croix.

Tus­cu­lum est d’une ori­gine si ancienne, qu’elle se perd dans la légende. À la place de cette croix s’élevait, au moyen âge, un château-​fort domi­nant le voi­si­nage. Il n’en reste plus que les traces, à peine visibles, d’une enceinte et de deux portes, mais les ves­tiges des édi­fices romains demeurent considérables.

Après quelques allées et venues, au gré de leurs caprices, nos jeunes voya­geurs s’installent tout au som­met, à l’ombre de deux grands arbres, pour se repo­ser et se res­tau­rer un peu.

Le moyen-age raconté aux enfants
Ber­nard et Jean en excursion.

Quand les pro­vi­sions enfouies par Maria­nick au fond de leurs musettes ont à peu près dis­pa­ru, Ber­nard dit à son cousin :

— Cher­chons dans ton guide le nom de cette autre ville qui se des­sine là-​bas, sur le ciel, avec un aspect de forteresse.

— Tiens, regarde. C’est Marino.

Jean est très admiratif.

— Que j’aurais donc aimé vivre au temps des ponts-​levis et des tournois !

— Pas tant que moi. Au col­lège, nous avions un pro­fes­seur qui nous a admi­ra­ble­ment fait com­prendre cette époque de la Féo­da­li­té. Je la connais à fond, j’en sais par cœur toutes les grandes lignes.

En réa­li­té, vois-​tu, l’insécurité géné­rale, les inva­sions des Nor­mands, puis des Sar­ra­zins, obli­geaient les peuples à recou­rir à une sorte de patro­nage, qui pou­vait appor­ter son secours immé­diat en cas de nécessité.

Les sei­gneurs, dans leurs châ­teaux for­ti­fiés, dépen­daient du roi, et avaient d’autre part droit de suze­rai­ne­té dans toute l’étendue de leur fief. Toute une hié­rar­chie du pou­voir s’est orga­ni­sée ain­si. L’artisan, le culti­va­teur, le ter­rien, a un patron ou bien s’en choi­sit un, dont il devient l’homme-lige, le client. Il lui est dévoué comme à son suze­rain, comme son suze­rain l’est au sei­gneur, et le sei­gneur au roi. Le plus faible recourt au plus fort. C’est une arma­ture d’autant plus puis­sante que les domaines des sei­gneurs sont héré­di­taires et que les charges se continuent.

Auteur : Par un groupe de pères et de mères de familles | Ouvrage : Petite Histoire de l'Église illustrée .

∼∼ XV ∼∼

Non ! non ! laisse-​moi, Maria­nick ! Je veux res­ter avec maman… avec maman !

Et pan ! pan ! Pier­rot envoie des coups de son petit pied dans toutes les direc­tions, et fait une colère rouge, tan­dis que Maria­nick le main­tient d’une main vigoureuse.

— Crie tant que tu vou­dras, mon petit fieu ! quoique à ta place j’aurais grand’honte ! Mais de res­ter chez ta maman qui a une mine de pen­due, ça, n’y compte pas !

Ber­na­dette, accou­rue au bruit, entend la der­nière phrase.

— Tu trouves que maman a mau­vaise mine ? dit-​elle inquiète.

— Las ! Vous la faites cou­rir toute la jour­née, et vous ne pen­sez qu’à vos vieilles pierres, à vos grottes, à vos mon­tagnes et à tout le trem­ble­ment. C’est sa figure que fau­drait regar­der. C’est plus inté­res­sant que le reste !

Et Maria­nick entraîne Pier­rot en bougonnant.

Récit de la conversion des peuples de l'Est de l'Europe
Maria­nick et Pierrot

Ber­na­dette reste interdite.

Serait-​il vrai que l’on ait ain­si fati­gué sa mère sans s’en rendre compte ? Jamais maman ne se plaint, se dit men­ta­le­ment la jeune fille, et nous en pro­fi­tons en égoïstes. Papa est si peu sou­vent là, il ne se rend pas compte non plus.

Et Ber­na­dette va trou­ver tante Jeanne. Il en résulte que, dès le len­de­main, tout le monde (sauf le chef de famille rete­nu à Rome pour ses affaires) part pour Fras­ca­ti, dans les monts Albains. Une toute petite mai­son basse, un site frais, beau­coup d’ombre, un air léger… Comme maman va se repo­ser là, bien ins­tal­lée dans un grand fau­teuil de paille, sous les arbres ! Les gar­çons sont les moins satis­faits. On leur rap­pelle qu’ils ont des lettres à écrire ;… mais le soir Ber­nard pro­pose à son cousin :

— Veux-​tu que nous étu­diions un peu ? Yvon m’a prê­té des livres.

— Moi, dit Jean, ça m’intéresserait de savoir com­ment se sont conver­tis les peuples dont nous n’avons encore jamais parlé.

Ceux du centre de l’Europe, par exemple.

— Cher­chons dans ce gros bou­quin. Tiens, voi­là : « Conver­sion des Saxons. »

— Ça, inutile, nous le savons. C’est la lutte de Witi­kind et, de Char­le­magne, qui a des phases tra­giques, et se ter­mine pour­tant par le bap­tême des bar­bares. Continue.

— « Conver­sion des Normands. »

— Connue aus­si ! Tu te sou­viens, c’est leur brave chef Rol­lon, qui fait de la Nor­man­die une des pro­vinces les plus chré­tiennes de France.