Sainte Euphrasie eut pour père Antigone, proche parent de l’empereur Théodose le Grand ; elle naquit à Constantinople en 380. Sa mère, devenue veuve l’année suivante, refusa de se remarier et se retira en Égypte avec son enfant, visitant les solitudes de la Basse-Thébaïde et distribuant dans les monastères d’abondantes aumônes. La jeune Euphrasie fut tellement édifiée de la ferveur d’un des couvents qu’elle ne voulut plus le quitter. Sa mère l’y laissa et la fillette commença dès lors une vie tout angélique de prière, d’humilité, d’obéissance et de mortification. Elle balayait le couvent, faisait les lits, tirait de l’eau pour la cuisine, s’exerçait aux plus bas travaux de la maison, tout cela avec une grande joie surnaturelle. Le démon, prévoyant les heureux résultats de sa ferveur, lui fit cruellement la guerre d’abord par de fortes tentations intérieures, qu’elle surmonta en se mortifiant davantage et en prenant l’avis de sa supérieure ; puis par des vexations extérieures intolérables : il la jeta dans un puits, la précipita d’un troisième étage, renversa sur elle une chaudière d’eau bouillante. Aucune de ces épreuves ne vint à bout du courage d’Euphrasie. Mais l’empereur, son parent, lui rappela qu’elle avait été fiancée à un jeune seigneur à l’âge de 5 ans et qu’il était temps de contracter le mariage promis. Désolée, elle plaida si bien sa cause que Théodose lui-même s’interposa pour qu’elle pût rester au couvent. Elle continua donc sa vie religieuse jusqu’au moment de sa mort, en 410.
En ce temps-là, Hoël II régnait en Petite-Bretagne, de par la grâce du ciel…
Un matin de printemps, arriva, au pays de Léon, un barde étranger qui s’en venait de la cour de Childebert, roi des Francs, et qui cherchait un vaisseau pour regagner sa patrie.
Son nom était Yvarnion et il était né là-bas, au-delà du grand océan, dans cette île de Bretagne dont il chantait, en
s’accompagnant sur la route, les cantilènes mélancoliques et les gwerz guerrières célébrant les exploits des chevaliers d’Arthur.
Mais, las ! Loin du pays natal, il n’est point de joie véritable pour le cœur et Yvarnion ne songeait plus qu’au bonheur de retrouver son île et ceux qu’il y avait laissés… À l’aube du jour suivant, il allait s’embarquer et, si Dieu permettait un bon vent, promptement il
apercevrait les rochers escarpés bordant la côte de l’île de Bretagne, ce dont il se réjouissait grandement à l’avance.
S’étant endormi pesamment, car il était las de tant de chemin parcouru, il eut un songe merveilleux : une forme lumineuse, soudainement, se dressa au pied de sa couche, et la clarté qui l’auréolait était tellement éblouissante que le barde ne pouvait la contempler sans cligner des yeux…
— Yvarnion, dit-elle d’une voix plus mélodieuse que ruisselet coulant sous la mousse au printemps, il est dans la volonté du Seigneur ton Dieu que tu restes dans ce pays-ci et non pas que tu t’embarques à la fine pointe de l’aube comme c’était ton désir… Tu rencontreras, près d’une fontaine, une jeune fille du nom de Rivanone, tu en feras ton épouse et vous aurez un fils qui édifiera toute la Bretagne par ses rares vertus, son savoir et les miracles
qu’il fera… Va, et souviens-toi !
Yvarnion s’éveilla grandement étonné et, pour tout dire, assez effrayé… Mais, comme il voulait retourner en son pays, il ne tint pas compte de l’ordre et, s’étant vêtu, il s’achemina à grands pas vers le rivage.
Déjà, il apercevait la mer étincelante sous la claire lumière de la prime aube et, dessus, se balançant à la houle, le navire qui allait l’emporter, quand, à un coude de l’étroit
sentier qu’il suivait, derrière un gros bouquet d’ajoncs en fleur, apparut une fontaine de pierres grises…
Auprès, se tenait, une main posée sur sa cruche emplie d’eau limpide, une jeune fille qui, immobile, semblait attendre…
Et elle était si belle et fraîche, avec ses joues roses, son doux sourire et ses yeux semblables à l’azur du ciel, qu’Yvarnion s’arrêta, ébloui…
Jésus, dans une galerie du Temple, examinait la manière dont les Juifs déposaient leurs offrandes. Des riches déposaient de grosses sommes. Une pauvre femme arriva et offrit deux petites pièces. Jésus dit alors à ses apôtres : « Cette pauvre veuve a donné plus que tous les autres ; car elle a donné…
Une Chananéenne (païenne) suppliait Jésus de guérir sa fille tourmentée par le démon. Jésus, pour éprouver sa foi, lui répondit durement, allant jusqu’à lui dire « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants (juifs) et de le donner aux petits chiens » (païens). Mais cette femme, à genoux, pleine…
Avant de commencer sa vie publique, Jésus se retira dans le désert, où il pria et jeûna durant quarante jours. Après quoi, il eut faim. Le démon alors voulut le tenter. Il le tenta d’abord de gourmandise, lui proposant de changer les pierres en pain. — Il le tenta ensuite d’orgueil, l’invitant…
Nul n’est prophète en son pays. Jésus s’en aperçut. Les gens de Nazareth, qui l’avaient vu travailler comme un simple charpentier, étaient devenus jaloux de sa célébrité, surtout les grands et les notables, qui voyaient leur compatriote environné d’une gloire toute neuve. Et ils étaient irrités de voir qu’il ne…