Notre-​Dame de Fatima

| Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants .

Trois petits bergers

En l’année 1917, le Por­tu­gal tra­ver­sait une triste période. Diri­gé par un gou­ver­ne­ment qui per­sé­cu­tait la reli­gion, ce pays, divi­sé, rui­né, enva­hi par le com­mu­nisme, sem­blait aller à sa perte.

En même temps, les armées por­tu­gaises par­ti­ci­paient à la grande guerre, et, dans plus d’un foyer, on pleu­rait les sol­dats tom­bés bien loin, là-​bas, sur une terre étran­gère.

Récit des apparitions de Fatima raconté aux enfants
Un éclair, brus­que­ment, frappe leurs yeux.

À cette époque, le vil­lage de Fati­ma res­tait encore à peu près incon­nu. Situé à une cen­taine de kilo­mètres de Lis­bonne, ses modestes mai­sons se dres­saient sur les pentes de la mon­tagne d’Aire, dans une contrée par­ti­cu­liè­re­ment aride et rocailleuse. Pour­tant, cette région gar­dait le sou­ve­nir d’une écla­tante vic­toire, rem­por­tée en 1385, par le roi Jean 1er de Por­tu­gal, avec une poi­gnée de braves. Le roi, en recon­nais­sance, fit construire à cet endroit un beau couvent en l’honneur de Notre-​Dame de la Vic­toire. Il en confia la garde aux Domi­ni­cains. Ceux-​ci répan­dirent autour d’eux la dévo­tion du saint rosaire. L’usage s’en était si bien conser­vé à tra­vers les siècles que, dans cette par­tie du pays, beau­coup de familles réci­taient encore fidè­le­ment le cha­pe­let. Les petits enfants eux-​mêmes, éle­vés dans cette habi­tude, aimaient à le dire.

* * *

Par une belle jour­née du prin­temps de 1917, trois ber­gers de Fati­ma gar­daient leurs mou­tons dans un champ nom­mé la Cova da Iria, qui appar­te­nait aux parents de l’un d’eux.

L’aînée des enfants, Lucie, comp­tait dix années. Avec elle se trou­vaient deux de ses cou­sins : un gar­çon de 9 ans, nom­mé Fran­çois, et sa sœur Jacinthe, âgée de sept ans.

Ni l’un ni l’autre de ces trois enfants ne savait lire. Seule, Lucie avait déjà fait sa pre­mière com­mu­nion. C’était une fillette fraîche et robuste, simple, modeste et nul­le­ment timide. Lucie était pieuse et priait avec fer­veur. Sa mère, excel­lente chré­tienne, veillait soi­gneu­se­ment sur ses enfants et les éle­vait dans la crainte de Dieu et l’habitude du devoir.

Le père, Anto­nio Dos San­tos, sans avoir beau­coup de reli­gion, pas­sait pour un très brave homme.

Les parents de Jacinthe et de Fran­çois méri­taient aus­si l’estime des habi­tants du vil­lage.

Jacinthe, assez grande et mince pour son âge, sem­blait plu­tôt crain­tive. Comme sa cou­sine, elle était modes­te­ment vêtue d’une robe qui tom­bait à la che­ville et por­tait sur ses che­veux un long fou­lard.

 

La belle dame

Il arri­vait sou­vent aux ber­gers de se retrou­ver dans les champs et de gar­der ensemble le trou­peau de leurs parents.

Ce jour-​là, 13 mai 1917, vers midi, les enfants sui­vant leur habi­tude, récitent en com­mun le cha­pe­let. Puis, assis sur l’herbe rase, ils cherchent à quel jeu ils pour­raient bien s’amuser. L’idée leur vient de construire une petite cabane avec les pierres, si nom­breuses en cette région, qu’il suf­fit d’allonger la main pour les ramas­ser.

Ils n’ont pas encore com­men­cé qu’un éclair, brus­que­ment, frappe leurs yeux… Sur­pris, tous trois regardent autour d’eux. Pas un nuage ne passe sur le bleu pur du ciel et le soleil brille écla­tant sur la cam­pagne.

Tout de même, ils ont peur d’un orage. Lucie pro­pose de ren­trer. Les ber­gers réunissent leurs bêtes, et, les pous­sant devant eux, ils com­mencent à déva­ler la col­line.

À peine ont-​ils fait quelques pas, qu’un nou­vel éclair les aveugle. Ils s’arrêtent, regardent anxieux… et res­tent sai­sis, éblouis par le spec­tacle qui s’offre à eux… Tout près, au-​dessus d’un chêne vert, une Dame mer­veilleu­se­ment belle est debout, enve­lop­pée de lumière. Elle paraît toute jeune, à peine dix-​huit ans. Ses vête­ments sont d’une blan­cheur de neige, la robe et le man­teau bro­dés d’or. De ses mains jointes pend un long cha­pe­let dont les grains, la chaîne, la croix, sont éga­le­ment d’un blanc pur. Le ravis­sant visage de la Dame est grave. Elle semble prier.

Les enfants effrayés, vou­draient fuir. Mais la Dame les ras­sure, leur dit de ne rien craindre. Lucie, domi­nant son émo­tion, ose s’adresser à l’apparition et lui demande :

« D’où venez-​vous ? Que voulez-​vous de moi ? »

La Dame, alors, dit qu’elle vient du ciel. Elle désire que les enfants reviennent à cette même place, le 13 de chaque mois, durant six mois. Elle leur révé­le­ra ses volon­tés.

Lucie se per­met encore de ques­tion­ner :

« Irai-​je au ciel ?

— Oui », répond la Dame.

— Et Jacinthe ?

— Aus­si.

— Et Fran­çois ?

— Lui aus­si, mais avant, il lui fau­dra encore réci­ter le cha­pe­let. »

La belle Dame ajoute : « Mes enfants, conti­nuez tou­jours à réci­ter le cha­pe­let avec dévo­tion, comme vous venez de le faire » Puis elle dis­pa­raît dans le ciel et les enfants res­tent cloués sur place, étour­dis par la sur­prise et l’admiration…

Que vont dire les parents d’une chose si extra­or­di­naire ? Lucie croit qu’il vaut mieux n’en pas par­ler car on pour­rait être gron­dé. Elle recom­mande à ses cou­sins de se taire. Mais ils sont trop petits pour gar­der un si grand secret. À peine ren­trés chez eux, Fran­çois et Jacinthe se dépêchent de tout racon­ter à leurs parents. Ceux-​ci sont bien éton­nés d’une pareille aven­ture ! Ils vont pré­ve­nir la mère de Lucie qui inter­roge sa fille. Lucie, alors, très fran­che­ment ; explique tout ce qui vient de se pas­ser à sa maman qui ne sait qu’en pen­ser.

Bien­tôt le bruit de cet évé­ne­ment court par­mi les habi­tants de Fati­ma. Mais per­sonne ne veut croire au récit des enfants. On se moque d’eux, on les traite de men­teurs, on hausse les épaules.

Eux, cepen­dant, mal­gré toutes les raille­ries, affirment tou­jours la même chose sans se lais­ser trou­bler. Ils pensent sans cesse à l’apparition et espèrent qu’on leur per­met­tra d’être exacts au rendez-​vous que la belle Dame leur a don­né.

 

Les apparitions

Quand vient le 13 juin, per­sonne ne songe à empê­cher les trois enfants de retour­ner vers le champ où s’élève le chêne vert. Les parents de Fran­çois et de Jacinthe ont même prê­té si peu d’attention au récit de leurs petits, que, ce jour-​là, sans se sou­cier de ce qui pour­rait bien arri­ver, ils sont par­tis de grand matin pour une foire de la région et ne revien­dront qu’a la nuit.

Pour­tant, lorsque les ber­gers quittent le vil­lage, une cin­quan­taine d’habitants les suivent.

Arri­vés près du chêne vert, les trois enfants com­mencent à réci­ter le cha­pe­let. À midi, l’heure de l’Angélus, la belle Dame se montre à eux. Comme la pre­mière fois, elle est enve­lop­pée de lumière, vêtue de blanc et tient un cha­pe­let.

La conver­sa­tion s’engage. La Dame enseigne aux enfants cette prière qu’ils devront réci­ter à la fin de chaque dizaine du cha­pe­let « Mon Jésus, pardonnez-​nous nos offenses, préservez-​nous du feu de l’enfer, sou­la­gez les âmes du pur­ga­toire, sur­tout les plus délais­sées. »

Puis la Dame confie aux enfants un secret, avec la défense abso­lue de le révé­ler à per­sonne et elle dis­pa­raît…

Le 13 juillet, près de cinq mille per­sonnes se pressent dans les champs autour des petits ber­gers. Par res­pect pour la Dame, Lucie et Jacinthe sont vêtues de robes claires et elles ont un fou­lard blanc sur la tête.

Fatima raconté aux enfants : les apparitions de la Vierge
Les enfants devant les auto­ri­tés civils.

L’apparition, ce jour-​là, recom­mande aux enfants de réci­ter le cha­pe­let tous les jours en l’honneur de Notre-​Dame du saint Rosaire, et pour obte­nir que la guerre finisse. « Elle seule pour­ra leur venir aide », assure-​t-​elle.

Lucie la prie de bien vou­loir faire un miracle pour mon­trer la véri­té des appa­ri­tions. La Dame pro­met pour le mois d’octobre.

Non seule­ment les langues mal­veillantes de la région vont leur train, mais les jour­naux s’en mêlent, por­tant dans tout le Por­tu­gal l’écho des appa­ri­tions de Fati­ma.

Le 13 août, vers l’heure de midi, une foule énorme est réunie autour du chêne vert, presque dépouillé de ses feuilles et de ses bran­chettes, par des mains avides. On attend en vain les petits voyants… Les gens se fâchent quand ils apprennent que le Sous-​Préfet, pour essayer de cou­per court à ces pré­ten­dues visions, a été prendre les ber­gers chez leurs parents et les garde dans sa mai­son. Durant deux jours, il ne cesse de les har­ce­ler de ques­tions, essayant par des menaces de les épou­van­ter pour les ame­ner à avouer qu’ils n’ont rien vu et qu’ils trompent tout le monde. Il cherche sur­tout à leur arra­cher le fameux secret. Rien n’y fait. Lucie, Fran­çois, Jacinthe répètent tou­jours exac­te­ment ce qu’ils ont dit une pre­mière fois, et, sur le secret, ils res­tent abso­lu­ment muets. Décou­ra­gé, le Sous-​Préfet finit par rame­ner les enfants chez eux.

Ceux-​ci sont tristes d’avoir man­qué le rendez-​vous de la belle Dame. Mais le 19 août, alors qu’ils ne s’y attendent plus du tout, la céleste visi­teuse vient à eux dans un lieu appe­lé « les petites val­lées ». Elle se plaint de celui qui les a empê­chés de se rendre à son invite. Aus­si, le miracle pro­mis pour octobre aura-​t-​il moins d’éclat.

Le 13 sep­tembre, dès le matin, des groupes nom­breux se mettent en route vers Fati­ma. Déjà, beau­coup n’approchent plus qu’avec res­pect du lieu où la Dame s’est mon­trée. Les hommes se découvrent, les femmes s’agenouillent. Vers midi, Lucie com­mance de réci­ter le cha­pe­let.

Après le cha­pe­let, la petite fille s’écrie : « La voi­ci, la voi­ci venir ! » Et à la fin de l’entretien : « La voi­ci par­tie ! » La Dame quand elle paraît, demande aux enfants de faire conti­nuer la réci­ta­tion du cha­pe­let tous les jours afin d’obtenir que la guerre cesse.

La foule, pres­sée autour des ber­gers, n’entend rien de la voix mys­té­rieuse. Elle se rend compte seule­ment que Lucie est en conver­sa­tion avec une per­sonne invi­sible. Des signes mer­veilleux accom­pagnent l’apparition… Une nuée blanche enve­loppe le chêne vert et les enfants, et les nuages autour du soleil prennent des tons roses, rouges, jaunes, qui se reflètent sur les assis­tants. On sent qu’il se passe quelque chose d’extraordinaire.

Dès le 12 octobre au soir, les che­mins qui mènent à Fati­ma sont encom­brés par des mil­liers de voya­geurs. Beau­coup de gens vont pieds nus, réci­tant le cha­pe­let. Mal­gré la fraî­cheur du temps, ils sont déci­dés à pas­ser la nuit à la belle étoile pour être mieux pla­cés le len­de­main. À l’aube, la foule gros­sit encore. Envi­ron 70.000 per­sonnes sont ras­sem­blées dans les champs. La pluie, qui ne cesse de tom­ber durant toute la mati­née, n’arrête pas les pèle­rins.

À midi, Lucie arrive sous l’averse, avec ses deux petits cou­sins. La Dame se montre à eux, et, durant ce temps, la foule voit s’élever des colonnes de fumée autour du chêne vert.

Notre-Dame de Fatima - le 13 octobre 1917 - Histoire pour le catéchisme
Le 13 octobre 1917.

Tout à coup, Lucie s’écrie : « Regar­dez le soleil ! » La pluie a ces­sé, les nuages se déchirent, les assis­tants voient le soleil qui se met à tour­ner, sui­vant l’expression des enfants « comme une roue de feu » entou­rée d’étincelles. À un moment, il semble même se déta­cher du ciel et se pré­ci­pi­ter sur la terre. Le peuple tombe à genoux, crie, pleure, se frappe la poi­trine, récite l’Ave Maria.

 

Interrogatoires

Entre les diverses appa­ri­tions, sur­tout après la der­nière, les enfants doivent subir bien des ques­tions. Cha­cun veut savoir ce qu’ils ont vu, enten­du. Il leur faut sans cesse recom­men­cer les mêmes récits. Un prêtre très ins­truit, qui écri­ra l’histoire Fati­ma, se rend sou­vent chez les parents et, en pré­sence de plu­sieurs témoins, inter­roge lon­gue­ment et minu­tieu­se­ment les petits ber­gers. Ceux-​ci répondent tou­jours avec la même fran­chise, la même sim­pli­ci­té, sans jamais se contre­dire. « Une fois qu’on a par­lé aux enfants », déclarent ceux qui les approchent « il est impos­sible de dou­ter de leur sin­cé­ri­té ».

À Fran­çois, le prêtre demande si la Dame est belle ?

« Elle est plus belle qu’aucune per­sonne que j’aie jamais vu

— Peux-​tu bien regar­der le visage de la Dame ?

— Je le puis, mais pas long­temps, à cause de la lumière. »

Jacinthe est inter­ro­gée :

« Qu’est-ce que Notre-​Dame a recom­man­dé à Lucie avec plus de force ?

— Elle nous a ordon­né de réci­ter le cha­pe­let tous les jours.

— Et tu le récites ?

— Je le récite tous les jours avec Fran­çois et Lucie. »

Le soir de la der­nière appa­ri­tion, le prêtre demande à Lucie :

« La Dame t’a-t-elle dit qui elle était ?

— Elle a dit qu’elle était Notre-​Dame du Rosaire, qu’il fal­lait nous repen­tir de nos péchés, nous cor­ri­ger, ne plus offen­ser Notre-​Seigneur qui est tant offen­sé, et réci­ter le cha­pe­let tous les jours

— A-​t-​elle dit autre chose ?

— Elle a dit aus­si qu’elle vou­lait qu’on lui élève une cha­pelle à la Cova da Iria… Puis elle a pro­mis que si les hommes chan­geaient de vie, elle exau­ce­rait leurs prières. »

 

Les voyants

À la pre­mière appa­ri­tion, Lucie s’était enhar­die à deman­der à la Dame : « Irai-​je au ciel ? Et Fran­çois ? Et Jacinthe ? » Et pour tous les trois, la Vierge avait répon­du : « Oui ».

Il semble que Marie ait eu hâte de venir cher­cher deux de ses petits pri­vi­lé­giés pour qu’ils puissent goû­ter près d’Elle les joies du Para­dis.

En décembre 1918, Fran­çois pris d’une mau­vaise grippe, lan­guit quelques mois, tou­jours pieux, fidèle à son cher cha­pe­let. Sou­vent, il recom­man­dait à sa mère de ne pas man­quer de le réci­ter. Il eut de la peine, quand les forces lui man­quèrent pour pro­non­cer tous les Ave. Au prin­temps, M. le Curé lui fit faire sa pre­mière Com­mu­nion, dans son lit. Fran­çois rayon­na de bon­heur en rece­vant la sainte Hos­tie. Le len­de­main, il expi­rait sans ago­nie, le sou­rire sur les lèvres.

À son tour, la petite Jacinthe pre­nait une pleu­ré­sie puru­lente. Les doc­teurs vou­lurent essayer de la sau­ver par une opé­ra­tion. L’enfant assu­rait que c’était inutile, car Notre-​Dame lui était appa­rue, lui disant qu’elle mour­rait. On l’opéra cepen­dant. Elle souf­frit cruel­le­ment et gémis­sait. Le len­de­main, la petite dit à la per­sonne qui la soi­gnait : « Écou­tez, mar­raine, moi, je ne me plains plus. Notre-​Dame m’est appa­rue de nou­veau, disant que bien­tôt, elle vien­drait me cher­cher et que, dès main­te­nant, elle m’enlevait mes dou­leurs. » En effet, Jacinthe ne sem­blait plus souf­frir. Elle deman­da encore une fois à se confes­ser et mou­rut pieu­se­ment, le 20 février 1920.

Lucie res­tait donc seule à venir prier à l’endroit où la Vierge s’était mon­trée aux trois petits ber­gers. On l’y voyait sou­vent, humble, pieuse, mêlée à la foule, réci­tant avec elle le cha­pe­let. Mais pour obéir aux ordres de Marie et com­plé­ter son ins­truc­tion, Lucie dut à son tour quit­ter Fati­ma. Plus tard, pour se don­ner tout au bon Dieu, elle entra dans un couvent et y prit, avec l’habit reli­gieux, le nom de Sœur Marie-​Lucie des Sept-​Douleurs.

 

Le pèlerinage

Les faits extra­or­di­naires de Fati­ma se répan­dirent rapi­de­ment à tra­vers le Por­tu­gal. De tous les coins du pays, on venait à la Cova da Iria. Les jours de fête sur­tout, le peuple s’y ren­dait en chan­tant des can­tiques. Des gué­ri­sons, des conver­sions écla­tantes s’opéraient par l’invocation de « Notre-​Dame du Rosaire de Fati­ma. » En 1921, l’autorité dio­cé­saine per­met­tait le culte à la Cova da Iria. Une cha­pelle s’éleva sur le champ de l’apparition, et, près de la cha­pelle, une source jaillit et se mit à cou­ler. Or, jusque là, cette terre aride ne connais­sait que l’eau des pluies recueillies dans les citernes.

La dévo­tion au saint Rosaire se répan­dait de plus en plus par­mi le peuple et la foi se réveillait.

Cela ne fai­sait pas le compte des enne­mis de la reli­gion. Ils mirent tout en mou­ve­ment pour essayer d’empêcher le pèle­ri­nage de se déve­lop­per.

Le 13 mai 1920, le gou­ver­ne­ment mobi­li­sa les troupes pour arrê­ter les pèle­rins qui se diri­geaient vers Fati­ma. Mais des cen­taines de per­sonnes trou­vèrent tout de même le moyen de se rendre ce jour-​là à la Cova da Iria.

En mars 1922, durant la nuit, un groupe d’anarchistes fit sau­ter à la dyna­mite la cha­pelle éle­vée sur le lieu des appa­ri­tions en l’honneur de Notre-​Dame du Rosaire. Ce sacri­lège sou­le­va des pro­tes­ta­tions indi­gnées dans tout le Por­tu­gal. Une pro­ces­sion de répa­ra­tion grou­pa plus de 60.000 per­sonnes et les dons affluèrent pour la construc­tion d’une nou­velle cha­pelle.

Le 13 octobre 1930, devant plus de 100.000 pèle­rins, l’Évêque de Lei­ria décla­rait dignes de foi les visions dont les trois enfants avaient été favo­ri­sés et auto­ri­sait offi­ciel­le­ment le culte de Notre-​Dame du Rosaire de Fati­ma.

Le 13 mai 1931, au milieu d’une foule éva­luée à deux cent mille per­sonnes, tous les évêques du Por­tu­gal, ayant à leur tête le nonce du Pape, se réunirent à Fati­ma pour consa­crer solen­nel­le­ment le Por­tu­gal au Cœur Imma­cu­lé de Marie. C’était la pre­mière nation offi­ciel­le­ment consa­crée au Cœur très pur de la Vierge. Marie répon­dit visi­ble­ment à la confiance de ses enfants en fai­sant pas­ser un grand cou­rant de grâces sur le Por­tu­gal. Cette nation, sage­ment gou­ver­née par un chef chré­tien, voit peu à peu renaître l’ordre, la paix, la pros­pé­ri­té.

 

La consécration du monde au Cœur Immaculé de Marie

Le « secours extra­or­di­naire », appor­té par Notre-​Dame de Fati­ma au Por­tu­gal, devait s’étendre aus­si à toutes les nations.

Au cours des appa­ri­tions, la Vierge avait confié aux enfants un secret. Ce secret, l’heure est venue enfin où Lucie a le droit d’en révé­ler une par­tie.

Le mes­sage de Notre-​Dame de Fati­ma se lève comme une étoile au-​dessus des ténèbres et des ter­ribles bou­le­ver­se­ments de l’heure actuelle. Ces épreuves, la Vierge les avaient annon­cées, si les hommes ne se conver­tis­saient pas. Mais, au plus fort de la tem­pête, Marie, dans sa misé­ri­cor­dieuse bon­té, veut encore une fois inter­cé­der en notre faveur près de son Divin Fils et nous sau­ver.

Der­niè­re­ment, devant l’autorité ecclé­sias­tique, Lucie décla­rait que le 13 juin 1917, la Vierge lui avait dit : « Jésus veut se ser­vir de toi pour me faire connaître et aimer. Il veut éta­blir dans le monde la dévo­tion à mon Cœur Imma­cu­lé. » Et Marie deman­dait que l’univers entier fût solen­nel­le­ment consa­cré à son Cœur Imma­cu­lé. La récom­pense pro­mise à cet acte filial était la ces­sa­tion de la guerre, l’établissement du règne de Jésus-​Christ par l’action de sa Mère et la conver­sion de la Rus­sie…

Le 31 octobre 1942, dans un mes­sage au peuple por­tu­gais pour le 250 anni­ver­saire des appa­ri­tions de Fati­ma, le Pape Pie XII, consa­crait le monde au Cœur Imma­cu­lé de Marie. Cette consé­cra­tion, le Sou­ve­rain Pon­tife la renou­ve­la solen­nel­le­ment le 8 décembre, dans la basi­lique Saint-​Pierre, devant une foule immense.

Les Évêques de France, en consa­crant leur dio­cèse au Cœur Imma­cu­lé de Marie, invitent toutes les familles, toutes les œuvres, toutes les âmes, à faire à leur tour cette consé­cra­tion.

Si nous répon­dons au désir de la Sainte Vierge, et, qu’à la consé­cra­tion à son Cœur Imma­cu­lé nous joi­gnons la réci­ta­tion fer­vente du cha­pe­let, la péni­tence et la sanc­ti­fi­ca­tion de notre vie alors, nous pour­rons espé­rer que l’aube de la paix se lève­ra bien­tôt sur les nations, et que nous ver­rons notre chère Patrie reprendre sa grande mis­sion spi­ri­tuelle dans le monde.

 

Image de Notre-Dame de Fatima
Notre-​Dame de Fati­ma


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2 Commentaires

  1. Catherine a dit :

    En réa­li­té la Sainte Vierge a deman­dé la consé­cra­tion de la Rus­sie (et non du monde) à son Coeur Imma­cu­lé. Consé­cra­tion non réa­li­sée à ce jour.

    12 mai 2012
    Répondre
  2. Le Raconteur a dit :

    Oui, vous avez rai­son ; le texte n’est pas tout à fait exact. Mais j’ai tou­jours des scru­pules à modi­fier un texte qui n’est pas de moi.
    Sur le fond, nous espé­rons que tous les pays et tous les foyers du monde soient consa­crés au Cœur Imma­cu­lé de Marie.

    15 mai 2012
    Répondre

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