Et maintenant une histoire ! Posts

Charles de Foucauld, l'ermite du désert
La blouse et la cabane
Après six ans à la Trappe, Frère Albéric obtient la permission de partir.

Que faire ? Où aller ? Comment réaliser son rêve ? Il est tout seul comme étaient
Le Christ chez les musulmans d'Afrique
IX

Un monde nouveau devant les missionnaires : l'Amérique
Prêcher le Christ chez les musulmans, c'était là une audace que bien souvent on expiait par la mort. Dans la seconde
Ejo l’ennemi


Cinquante-quatre degrés à l'ombre ! Une vraie fournaise.

Pourtant le Père continue la leçon. Quel mal, pour faire entrer quelque chose dans ces petites caboches toujours si dures et qui, ce soir, sont
Deux Moinillons
Ding-Dong... Deux petits moines, — des moinillons, — disent leur Angelus, leur bénédicité ; puis, tandis que les Pères prennent leur repas au réfectoire, ils déballent leurs petites provisions au pied
Monsieur Vincent : de Dax à Paris

Vincent de Paul naquit en Gascogne, à Pouy — près de Dax — le 24 avril 1581. A vrai dire, aucun document religieux ni civil ne nous a jamais renseigné sur l'année de sa naissance. Mais
La même nuit
Le vent souffle fort, ce soir, sur la plaine désolée. Si fort que bêtes et gens, transis jusqu’aux os, se sont réfugiés dans leurs abris bien clos, et que, loin, bien loin à l’horizon, on ne voit plus personne
La lampe du couvent de Santa-Maria dei Miracoli
Un soir, dans les dernières années du pontificat de Pie IX, un vieux juif s’approchait furtivement de la porte d’un des nombreux couvents de femmes qui s’élevaient alors
| Ouvrage : Autres textes .

Par­mi les mis­sion­naires fran­çais qui  se ren­dirent au Cana­da (Nou­velle France), se trouvent les Pères Jésuites Isaac Jogues (1607−1646), René Gou­pil (1608−1642) et Jean de la Lande (1620−1646), tous trois, prêtres, mas­sa­crés par les Iro­quois pour avoir conver­ti ces indiens sau­vages à la foi catho­lique. Ils feront par­tie des huit prêtres cano­ni­sés en 1930 par Pie XI. On dit que le sang des mar­tyrs devient une semence de chré­tiens. On ver­ra que cela fut vrai aus­si en terre américaine.

La petite sainte indienne du Canada Kateri TEKAKWITHADix ans plus tard, un lys de pure­té appar­te­nant à la nation iro­quoise, Kate­ri, deve­nue la « Pro­tec­trice du Cana­da », nais­sait à Osser­ne­non (aujourd’hui Auries­ville) dans l’état de New York en 1656. Son père est un Mohawk (Iro­quois païen), chef de son Clan. Sa mère (Kahen­ta, Fleur de la Prai­rie), est une Algon­quine, bap­ti­sée et éle­vée par des Fran­çais à Trois-​Rivières. Prise par une attaque d’Agniers, elle devien­dra la femme du chef (Ken­hon­won­kha, du Clan des Tor­tues). Elle trans­met­tra à ses deux enfants, Kate­ri et son petit frère, l’exemple d’une mère chré­tienne. Kate­ri ver­ra sa maman prier tous les jours, suivre les pré­ceptes d’une vie chré­tienne et cer­tai­ne­ment, ces pre­mières années seront très impor­tantes pour la vie future de Kateri.

À l’âge de quatre ans, Kate­ri perd sa famille (ses parents et son frère) à cause d’une épi­dé­mie de petite vérole. Elle échappe à la mort, mais gar­de­ra le visage avec des tâches de rou­geur vio­lette . C’est un oncle (Grand-​Loup) et une tante qui la recueillent et vont habi­ter à Kah­na­wa­ké. Kate­ri fut bien soi­gnée. À ce moment, on lui don­na le nom de « Tekak­wi­ta » qui signi­fie en iro­quois, celle qui avance en hésitant.

Auteur : Ardent, Luc | Ouvrage : Et maintenant une histoire I, Les commandements à observer, les vertus à pratiquer .

On ne sait pas très bien com­ment ça a com­men­cé, mais actuel­le­ment ça y est.

Pour­tant, elle mar­chait bien, l’équipe Saint-​Jacques. Ses membres avaient du cran ; je ne sais pas si tu fais six kilo­mètres à pied pour aller à ta réunion d’équipe ; en tout cas, eux les fai­saient. D’ailleurs, quand on connaît Paul, le chef, ça se com­prend : un petit gars de 12 ans, avec un sou­rire qui lui fait le tour de la figure, des mol­lets bien plan­tés qui ne savent que cou­rir, des yeux qui voient tout ; et quand il com­mande, eh bien ! il ne bégaie pas. Comme ce n’est jamais à lui qu’il pense, ses équi­piers l’aiment bien. Et puis, ce qu’on peut avoir du plai­sir avec lui ! À chaque réunion, c’est un nou­veau jeu ; et tou­jours de bonnes idées pour le coin, pour la route, pour faire lire le jour­nal, pour… on n’en fini­rait pas de le dire ; c’est à se deman­der où il les cherche.

jeux de patronnage - sacrifice pour l'équipeDonc, l’équipe Saint-​Jacques mar­chait à bloc, à toute allure. La meilleure preuve, c’est qu’à cause d’elle deux gar­çons de la paroisse avaient été bap­ti­sés et qu’un vieux de 85 ans qui n’était plus entré dans une église depuis sa Com­mu­nion solen­nelle avait vou­lu faire ses Pâques.

Un jour, à la réunion, André qui habite aux Trois Tilleuls arrive avec un vilain regard. Brus­que­ment, en pleine par­tie de « cercle empoi­son­né », il s’étale et se retourne furieux vers Louis : « Tu l’as fait exprès ! », et pan ! sur l’oreille droite de l’autre qui vrai­ment ne sait pas ce qui se passe. Après avoir cra­ché par terre et lan­cé un juron, André s’en va. La réunion conti­nue, mais l’entrain est tombé.

La fois sui­vante, André est absent, mais aus­si Mar­cel qui habite tout près de chez lui. Déci­dé­ment, ça ne va pas.

Dans la semaine qui suit, voi­là que Paul, en ren­trant de l’école, tombe sur une grosse pierre et se heurte très fort le genou. Ça enfle. « Trois mois de lit », dit le doc­teur. Pauvre équipe Saint-​Jacques ! Vrai­ment, c’était de la mal­chance. Que pouvait-​il donc bien y avoir ?

Auteur : Dardennes, Rose | Ouvrage : Et maintenant une histoire I, Les commandements à observer, les vertus à pratiquer .

Le soleil brûle dans le ciel d’Afrique et Jeanne-​Marie chante dans la per­go­la. Elle sait pour­tant que le dan­ger rôde, mais une fille de sol­dat n’a pas peur. Elle monte jus­te­ment au bel­vé­dère pour scru­ter la forêt où il se terre. Pas un bruit… Pas une fumée… Pas même un mou­ve­ment de feuilles alan­guies par le soleil… Rien qu’un silence redou­table et une immo­bi­li­té qui oppresse… La mer infi­nie des fron­dai­sons tro­pi­cales ne livre pas son secret.

Courage d'une jeune filleEst-​il pos­sible — pense la fillette — qu’il y ait des êtres vivants dans cette forêt morte ?

Cepen­dant on n’en sau­rait dou­ter. Hier encore, la patrouille a remar­qué des traces de pas, des arbres abat­tus, des restes de feu. Les Blo­los sont là ! Ils guettent ; d’un ins­tant à l’autre, ils sur­gi­ront, cri­blant le poste de leurs flèches empoi­son­nées. Dans les block­haus, les tirailleurs le savent et attendent. Au bel­vé­dère, le lieu­te­nant Saint-​Foix le sait et veille. Venant à lui, sa fille le sait aus­si et sourit.

« Une fois de plus vous serez maître d’eux, Père ! La force fran­çaise fini­ra bien par les domp­ter puisque, hélas, l’amitié que nous leur appor­tions n’a pas tou­ché leur cœur. »

Le front de l’officier demeure sou­cieux. Il s’inquiète de ce que trame la ruse de ces anthro­po­phages qu’il a mis­sion de sou­mettre et à l’hostilité des­quels il se heurte depuis trois mois.

« Sois pru­dente, ma Jean­nette, avec eux on ne sait jamais. »

Deux jours ont pas­sé sans que rien ne sur­gisse de la forêt mys­té­rieuse. On com­men­ce­rait à dou­ter de la pré­sence des Blo­los si des traces fraîches n’étaient rele­vées chaque matin. Le silence oppresse… L’attente use les nerfs… La cha­leur accable… et Jeanne-​Marie som­meille dans son hamac quand une piqûre sou­dain la redresse en sur­saut. Mais elle a juste le temps d’apercevoir près d’elle une face noire hideuse qui rit, et elle retombe sans un mot, sans un cri, dans une autre pen­sée, ter­ras­sée par une étrange tor­peur qui la fait lourde et livrée sans défense à ce noir qui l’emporte à grands pas souples…

Auteur : Schnebelin, Marguerite | Ouvrage : 90 Histoires pour les catéchistes II, III. Dévotion à la Sainte Vierge .

Sor­tant de l’usine où elle a tra­vaillé tout le jour, une femme aux traits amai­gris s’engage dans l’étroit che­min qui mène hors de la ville jusqu’à une « grotte de Lourdes ». Voi­là huit jours qu’elle fait ce tra­jet. L’inquiétude et la peine courbent ses épaules lasses. Au logis, son mari est cou­ché depuis six mois, souf­frant cruel­le­ment. De son tra­vail à elle dépend l’existence de tous. Mais la mal­heu­reuse, épui­sée de sur­me­nage et de pri­va­tions, voit venir l’heure où la misère fera suite à la gêne au foyer désolé.

À peu de dis­tance se dresse le rocher où rayonne la blanche sta­tue de la Sainte Vierge. Celle qui monte vers ce but s’arrête dans le sen­tier, indé­cise, l’âme angoissée.

— Qu’est-ce que je fais !… Moi, pro­tes­tante, venir la prier ! Qu’est-ce que j’espère ! De quel droit récla­mer sa pitié ?…

Mais une voix s’élève au fond de l’âme trou­blée, une voix qui ras­sure et invite à l’espoir « Ton mari et tes enfants sont catho­liques et c’est pour eux que tu viens. » « Et puis, mur­mure la pauvre femme, j’ai fait ce que je devais : j’ai res­pec­té les croyances du père, j’ai veillé à ce que les petits connaissent et pra­tiquent leurs devoirs… »

Auteur : Ducrant, François | Ouvrage : Et maintenant une histoire I, Les commandements à observer, les vertus à pratiquer .

Jusque-​là, Jacques a été un petit gars très heureux.

Et puis, brus­que­ment, la mala­die, cette sinistre visi­teuse, est venue mettre sa vilaine main sur lui. En vain le doc­teur a ordon­né les trai­te­ments les plus énergiques.

En vain aus­si, la maman de Jacques, si cou­ra­geuse pour cacher son angoisse et sa peine, lui a pro­di­gué les soins si déli­cats que seule une maman peut inven­ter. Rien n’y a fait : le petit gars n’a pu retrou­ver com­plè­te­ment la santé.

Catéchisme : apprendre à faire des SacrificesAlors, il fal­lu prendre une déci­sion, com­bien dou­lou­reuse pour tous : envoyer Jacques dans un éta­blis­se­ment au bord de la mer où l’air du large, en même temps qu’un trai­te­ment appro­prié, lui redon­ne­rait sa vigueur passée.

Après une nuit bien pénible, tant il avait de cha­grin de quit­ter les siens, et où cent fois au moins, il a deman­dé à l’infirmière qui l’accompagnait : « Dites, Madame, on n’est pas bien­tôt arri­vés ? » Jacques a enfin rejoint cette grande mai­son située à l’extrémité de la côte et que de hauts tama­ris pro­tègent de la bru­ta­li­té des vents d’ouest.

* * *

Les pre­miers jours ont été par­ti­cu­liè­re­ment durs pour Jacques, habi­tué à voir ses moindres dési­rs d’enfant malade satis­faits ; et tout spé­cia­le­ment le soir, dans son petit lit, en pen­sant à la mai­son et sur­tout à la chère maman qui n’allait pas venir embras­ser son petit, il lui est arri­vé déver­ser de grosses larmes.

Mais les infir­mières sont si gen­tilles et l’emploi du temps si bien orga­ni­sé que, peu à peu, il s’est accli­ma­té. Main­te­nant, il connaît les habi­tudes de la mai­son, il en connaît le méde­cin, les sur­veillantes, et bien que d’un natu­rel assez timide, il a déjà fait connais­sance avec quelques petits camarades.

Ce qui l’ennuie bien encore un peu, ce sont ces inter­mi­nables heures de cure, pen­dant les­quelles il faut res­ter sage­ment allon­gé. Si encore les gale­ries don­naient sur le large, on pour­rait au moins s’amuser à contem­pler les barques par­tant à la pêche aux sar­dines, ou bien encore le jeu des vagues qui se bous­culent entre elles et que Jacques ne se lasse pas d’admirer quand il des­cend sur la plage.

Mais pour que les malades ne soient pas incom­mo­dés par les pluies, les gale­ries sont jus­te­ment orien­tées vers le port. Alors, pour pas­ser le temps, Jacques se plonge dans le livre qu’il a appor­té de chez lui : « Tem­pête sur le Pôle ».

Pour la dixième fois au moins, il relit ce pas­sage qu’il aime par­ti­cu­liè­re­ment : l’explorateur, per­du sur la ban­quise, voit enfin arri­ver l’avion sau­veur qui lui apporte des vivres.

Une voix qui n’est pas celle du pilote mais bien celle de l’infirmière, Mme Rose, qui sur­veille habi­tuel­le­ment la gale­rie, le tire brus­que­ment de sa lec­ture palpitante :

« On m’appelle au télé­phone, mes petits. Je m’en vais, mais je compte sur vous pour conti­nuer votre cure comme si je ne vous avais pas quit­tés. Pour cela, voyez, je ne veux pas dési­gner de sur­veillant par­mi vous. »