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L'expansion de l'Église sur les bords de la Méditerranée

L'expansion de l'Église sur les bords de la Méditerranée

∼∼ IV ∼∼ Colette est restée sans regret à bord. Bernadette et Marianick sont demeurées sur le pont, bien à l'ombre, en train d'essayer un nouveau point de tricot très compliqué. Petit Pierre évolue autour d'elles en faisant fonctionner, à grand effort de tapage, un modèle réduit de conduite intérieure. Il est si occupé, que l'attention des travailleuses se concentre de plus...

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Ismaïla ou le miracle des étoiles

Ismaïla ou le miracle des étoiles

Noël Le crépuscule tombait sur Bethléem... Était-ce la froidure particulière qui incitait les habitants à garder leur porte close ou bien le cœur de ces gens était-il particulièrement froid et fermé ? [caption id="attachment_6389" align="aligncenter" width="600"] Il n'y avait pas de place pour eux à l'hôtellerieBethléem, tapisserie à l'hôtellerie du patriarcat latin[/caption] ...

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Le bâton de Saint Joseph (Légende bretonne)

Le bâton de Saint Joseph (Légende bretonne)

La vieille Yvonne s'assit un jour près de son rouet et nous dit : — Oui, mes enfants, le plus grand des saints du paradis, c'est saint Joseph. Écoutez bien ce que je vais vous raconter, et vous verrez si je vous ai menti. Nous nous approchâmes plus près encore de mère Yvonne, et elle commença : « Personne n'aimait Joseph Mahec, dans le pays de Kervéh qu'il habitait ; aussi vivait-il s...

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Anne de Guigné.

Sacrifice pour se préparer à la communion - Anne de GuignéOh ! le beau modèle eucha­ris­tique ! comme elle a bien su se sanc­ti­fier par la Com­mu­nion, cette enfant bénie ! La COMMUNION était pour cet Ange de pureté un fes­tin de joie. A tous ceux qui la consi­dé­raient, elle appa­rais­sait alors trans­fi­gu­rée : « On eût dit, déclare un témoin, un osten­soir vivant qui s’avançait tout rayon­nant d’amour. » Ceux qui ont vu cette vir­gi­nale enfant reve­nir de la Sainte Table, ne l’oublieront jamais, plu­sieurs affirment que son visage pre­nait alors un éclat extra­or­di­naire. Jésus trans­pa­rais­sait en son petit lis écla­tant de pureté. Tout cela, c’était la récom­pense mer­veilleuse de sa géné­ro­sité, de sa pré­pa­ra­tion tou­jours fer­vente à la sainte Com­mu­nion.

Quand le moment en appro­chait, rien ne pou­vait la sor­tir de son recueille­ment. Un jour, la mati­née était splen­dide et chaque brin d’herbe comme serti de dia­mants, la lumière s’accrochant à chaque goutte de rosée, Les hiron­delles ali­gnées sur les fils du télé­graphe gazouillaient, tout était enchan­te­ment, et son frère, émer­veillé, tra­dui­sait son admi­ra­tion en cris enthou­siastes et en bonds joyeux : « Jojo, fit Anne, en met­tant un doigt sur ses lèvres, il faut pen­ser à ta Com­mu­nion. » Au retour de la Messe, les enfants par­laient des hiron­delles et de tout ce qui les avait ravis : « Maman, moi aussi, dit Anne avec can­deur, j’avais bien envie de dire mon admi­ra­tion comme Jojo, mais j’ai fait un sacri­fice au petit Jésus pour mieux le rece­voir. » Sou­vent elle redi­sait : Petit Jésus, mon doux Sau­veur, gar­dez mon cœur tou­jours à vous ! Ou bien, au milieu de ses jeux les plus entraî­nants, elle s’arrêtait et avec une gra­vité douce : « Jojo, disait-​elle, si nous allions faire une petite prière pour nous pré­pa­rer à la Com­mu­nion de demain ? »

Elle a pra­ti­qué avec une per­fec­tion rare la devise du Croisé : Se vaincre pour com­mu­nier et com­mu­nier pour se vaincre.

L’obéissance est la sain­teté des enfants, avait dit le Père pré­di­ca­teur de sa retraite de Pre­mière Com­mu­nion faite à six ans. Aussi avait-​elle pris alors la réso­lu­tion d’être très obéis­sante. Et elle le devint tel­le­ment que son ins­ti­tu­trice a pu écrire : « Jamais, quand on lui disait de faire une chose, elle n’en deman­dait la rai­son, elle obéis­sait promp­te­ment et tou­jours joyeu­se­ment. » Per­sonne ne se sou­vient, lit-​on dans sa Vie, par le P. Lajeu­nie, de l’avoir vue une seule fois hési­ter quand l’obéissance com­man­dait ; on ne l’entendait jamais ni mur­mu­rer, ni rai­son­ner.

Cette grande vertu ne lui était pas natu­relle. Les Saints ne naissent pas saints, ils le deviennent parce qu’ils se sont cor­ri­gés de leurs défauts. Anne, à deux ou trois ans, était un bébé volon­taire et dif­fi­cile. C’est par amour pour Jésus qu’elle devint si ver­tueuse. Toute petite, elle aimait à com­man­der, à domi­ner ; par vertu, ensuite, elle ne cher­chait plus qu’à être oubliée. Douce, humble, effa­cée, elle met­tait en pra­tique la grande leçon de Jésus : Appre­nez de moi à être doux et humble de cœur. Au com­men­ce­ment, quand ses frères et sœurs la contra­riaient, l’agaçaient, elle se retour­nait vers son ins­ti­tu­trice en s’écriant : « Oh ! que j’ai envie de me fâcher ! » Mais elle se domi­nait, et quand elle eut bien lutté pour acqué­rir la dou­ceur, elle n’avait même plus envie de se fâcher. Deve­nue une vraie petite maman pour ses frères et sœurs, elle les conso­lait, les fai­sait tra­vailler, les amu­sait, leur cédant tou­jours, pas­sant des heures entières à faire « le che­val » du petit Jacques, ce qui la fati­guait et ce qu’elle détes­tait. Elle le fai­sait aima­ble­ment, sans se plaindre. Conti­nuez à lire »

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Celui dont il va être main­te­nant ques­tion n’est pas un saint. L’histoire l’a presque oublié ; rares sont les livres où les éco­liers pour­raient lire sa vie exem­plaire. L’Église n’a pas consi­déré que ses ver­tus fussent suf­fi­santes pour le pla­cer sur les autels. Pour­tant, par ses longues souf­frances héroï­que­ment sup­por­tées, par son éner­gie à rem­plir, mal­gré tout, ses devoirs, par sa tran­quillité en face de la mort ne mériterait-​il pas d’être placé, non loin de saint Louis, dans la belle gale­rie de ces princes du Moyen Age qui sur­ent être de grands rois en demeu­rant de grands chré­tiens ? Et quand vous aurez lu ce que fut sa brève exis­tence tra­gique, sans doute penserez-​vous que Celui qui connaît le plus pro­fond des cœurs et pèse au juste poids les actions des hommes, l’aura accueilli dans son amour, au Para­dis…

* * *

Baudouin IV sur le champ de bataille CroisadeIl se nom­mait Bau­douin. Il avait treize ans lorsque son père mou­rut, le puis­sant Amaury, roi de Jéru­sa­lem, qui tant avait lutté vaillam­ment contre l’infidèle, et mené jusqu’en Égypte l’offensive des armées franques. C’était un bel enfant, remar­qua­ble­ment doué ; char­mant de corps et de visage, prompt et ouvert, aussi habile aux exer­cices phy­siques qu’appliqué à ceux de l’intelligence. Son esprit était vif, sa mémoire excel­lente et, dès son plus jeune âge, il avait com­pris com­bien il est utile, pour un prince, d’être très cultivé. En même temps, cava­lier émé­rite, aussi habile à mon­ter, sans selle, un fou­gueux petit che­val arabe qu’à mener un lourd des­trier de Bou­logne, capa­ra­çonné de fer, aussi expert en la chasse au fau­con qu’à la nage dans les eaux du lac de Tibé­riade. Vrai­ment, un magni­fique gar­çon.

Depuis son plus jeune âge, son pré­cep­teur, Mes­sire Guillaume de Tyr, qui écri­vait alors un énorme livre sur l’histoire des Croi­sades, lui en avait raconté tous les évé­ne­ments ; Bau­douin n’ignorait rien de la gloire de ses ancêtres, ni des condi­tions où était né le royaume dont il héri­te­rait un jour. Et l’enfant, quand il che­vau­chait à tra­vers la cam­pagne de la Terre Sainte aimait à évo­quer l’épopée de ces hommes admi­rables qu’avaient été les pre­miers croi­sés.

Ce n’était pas à lui qu’il eût fallu apprendre com­ment, pour déli­vrer de l’occupation des Turcs musul­mans le Saint-​Sépulcre où dor­mit, après la cru­ci­fixion, le corps de Notre-​Seigneur, le grand Pape Urbain II, en 1095, dans la cathé­drale de Clermont-​Ferrand en France, avait appelé le monde à la croi­sade et com­ment, aus­si­tôt, des mil­liers d’assistants avaient fixé sur leur man­teau une croix d’étoffe rouge en jurant de par­tir pour la Pales­tine ! Ce n’était pas à lui qu’il eût fallu apprendre les noms des glo­rieux chefs qui avaient mené à la vic­toire la pre­mière croi­sade ; Gode­froy de Bouillon, le par­fait che­va­lier du Christ ; Hugues de Ver­man­dois, frère du roi de France ; Robert Cour­te­heuse, duc de Nor­man­die ; et les ducs de Sicile et les comtes de Tou­louse, et les évêques, et les légats du Pape, tous éga­le­ment pieux, tous éga­le­ment croyants.

Il se répé­tait sou­vent les phrases que son maître Guillaume lui avait lues, où il racon­tait com­ment les croi­sés, exté­nués, déci­més, presque à bout de cou­rage, étaient arri­vés en juin 1099 devant Jéru­sa­lem, la ville Sainte entre toutes.… « Lorsqu’ils enten­dirent que cette ville était Jéru­sa­lem, lors, ils com­men­cèrent à pleu­rer d’émotion. Tous se mirent à genoux et ren­dirent grâces à Dieu, parce qu’ils tou­chaient au but de leur pèle­ri­nage, et qu’ils allaient entrer dans cette ville que tant aima Notre-​Seigneur durant qu’il vivait, homme, pour sau­ver les hommes. C’était grande émo­tion de voir et d’ouïr leurs larmes et leurs san­glots. Et lorsqu’ils furent appro­chés des murailles, en vue des tours de la cité, ils levèrent les mains au ciel dans une fer­vente prière, puis se mirent pieds nus, par humi­lité de cœur, et bai­sèrent la terre qu’avait fou­lée Jésus. »

C’était de leurs efforts, de leurs sacri­fices, qu’était né ce royaume, le beau royaume chré­tien de Pales­tine, dont Bau­douin aurait la charge. Il pen­sait aux puis­sants châ­teaux, qu’on appe­lait les kraks, copiés des châ­teaux forts de France ou de Bel­gique, qui sur­veillaient tous les pas­sages par où le Musul­man aurait pu atta­quer de nou­veau. Il pen­sait aussi aux solides milices des Che­va­liers moines, les Tem­pliers, les Hos­pi­ta­liers, qui consa­craient toute leur exis­tence à défendre la Terre Sainte contre les Turcs. Avec de tels hommes, avec de telles for­te­resses, qu’avait-on à craindre ? Et lui, Bau­douin, devenu à la mort de son père Bau­douin IV, il savait bien que, Dieu aidant, il com­bat­trait de toutes ses forces pour la sau­ve­garde du Sépulcre, la défense de son royaume et la sûreté de tous les chré­tiens en Orient. Fidèle ! Il serait fidèle ! Et il pen­sait qu’un magni­fique ave­nir s’ouvrait devant lui. Conti­nuez à lire »

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L'enfance de Saint Jean-François RégisSaint Jean-​François Régis naquit le 31 jan­vier 1597 à Font­cou­verte, à égale dis­tance de Nar­bonne et de Car­cas­sonne. Font­cou­verte, Fon­taine cou­verte, source cachée, est une place forte de modèle réduit : trente mai­sons pro­té­gées par un châ­te­let appar­te­nant au sei­gneur abbé de La Grasse.

Aujourd’hui, c’est saint Jean-​François Régis qui pro­tège Font­cou­verte et la pré­cieuse source est décou­verte : le vil­lage allait don­ner nais­sance à un saint !

Jean de Régis, père du bébé, a noté sur son livre de rai­son, d’une belle écri­ture mou­lée par la plume d’oie : « L’an mil-​cinq-​cent-​nonante-​sept, le der­nier jour de jan­vier, un diven­drès (dies vene­ris : ven­dredi) es nas­qut notre enfant, Jean-​François. Et fut par­rin noble Fran­cis de Turin, dit de Brè­tés, sei­gneur et baron de Péchei­riq, la mar­rine damoi­selle Clare Daban, famé à mon frère Régis. »

C’est là l’acte de nais­sance du Saint. Jean-​François Régis naquit le même jour à la vie de l’âme, puisque son père ajouta sur son livre de famille : « Et fut bap­tisé à l’église de Font­cou­verte. » Encore un saint qui a été bap­tisé le jour même de sa nais­sance. Remar­quons le fait, sans pré­tendre cepen­dant en tirer une conclu­sion caté­go­rique, car, à cette époque, pré­sen­ter un enfant du jour au bap­tême était une pieuse cou­tume géné­ra­le­ment obser­vée dans les familles catho­liques.

Le père et l’oncle du Saint tiraient quelque gloire de leur titre de « capi­taine et gen­darme de la com­pa­gnie de Mon­sei­gneur le Maré­chal de Joyeuse. » Mais il s’agissait de gens d’armes de réserve ! La foi de ces deux braves leur fai­sait un devoir de répondre immé­dia­te­ment à tout appel des chefs ligueurs pour com­battre les troupes hugue­notes. Les deux sei­gneurs de Régis étaient plu­tôt, à la vérité, des gen­tils­hommes ter­riens, de modestes gen­tils­hommes qui ne négli­geaient point d’aider de leurs propres mains les quelques domes­tiques qui semaient, cou­paient, bat­taient et engran­geaient les blés, récol­taient les fruits dorés au chaud soleil de Pro­vence. On voyait même les deux « gens d’armes » mettre la main aux man­che­rons de la char­rue.

La demeure des Régis est éloi­gnée de tout luxe, elle ne montre point les pro­por­tions d’une gen­til­hom­mière. Com­po­sée d’un rez-​de-​chaussée et d’un étage cou­vert d’un gre­nier, son seul orgueil est de ren­fer­mer deux grandes pièces de six mètres de côté, dans les­quelles les Régis reçoivent, mais bien rare­ment, les hobe­reaux du voi­si­nage.

Rude à la guerre, rude au tra­vail de ses champs, le père de Jean-​François est cepen­dant un homme de manières douces qui ne contra­rie­rait en rien sa jeune femme, Made­leine d’Arse. Celle-​ci est mal­heu­reu­se­ment de santé si déli­cate qu’elle doit renon­cer à nour­rir elle-​même son bébé, qui est son second enfant. La mar­raine, Clara Daban, demande à se char­ger de son filleul. Elle lui trou­vera bien une nour­rice sur ses terres. Et c’est ainsi que Jean-​François devien­dra pour long­temps « le nour­ris­son de Moux », loca­lité proche de Font­cou­verte.

Cette nour­rice est entrée dans la légende, sinon dans l’Histoire. S’étant absen­tée, elle retrouve le bébé sous le ber­ceau, « déve­loppé de ses langes, sain et gaillard ». La bonne femme, qui a eu fort peur, accuse les sor­ciers d’avoir voulu du mal au fils des Régis ; elle ne peut son­ger à accu­ser le démon qui aurait cer­tai­ne­ment aimé se débar­ras­ser, dès le ber­ceau, d’un grand saint qui allait lui cau­ser un tort consi­dé­rable en lui ravis­sant des mil­liers d’âmes.

Et l’enfant gran­dit aux côtés de son frère aîné Charles, car Made­leine d’Arse a retiré son fils de Moux dès qu’il a pu sup­por­ter le lait de vache. La jeune femme a une trop belle idée de l’éducation pour aban­don­ner la for­ma­tion de l’enfant au seul bon vou­loir d’une nour­rice pay­sanne. La brave femme ne lui ensei­gne­rait que le bien, mais elle se serait vite trou­vée débor­dée par l’intelligence pré­coce de Jean-​François, dont les innom­brables ques­tions ne lais­saient pas un ins­tant de répit à sa maman. C’était évi­dem­ment les habi­tuels : « Maman, qu’est-ce que c’est que cela ?… Maman, ça sert à quoi, cela ?… Et pour­quoi dit-​on cela ?… » Par­fois, l’enfant ne posait pas suf­fi­sam­ment de qes­tions pour conten­ter son insa­tiable curio­sité, puisqu’il lui arri­vait de se for­mer un dic­tion­naire à lui, un voca­bu­laire qui attri­buait aux mots un sens qu’ils n’avaient point !

Pour exemple, jugeons de l’étonnement et de la frayeur de Made­leine d’Arse lorsque, pro­me­nant par la main son Jean-​François de cinq ans, celui-​ci lui déclara « sau­te­lant » à son côté, joyeux :

— Ma mère, je serai damné !…

La maman s’arrête, regarde son fils dans ses yeux rieurs et si vifs :

— Mon petit, voyons, tu ne sais pas le sens ter­rible du mot damné ! Dieu te garde d’un tel mal­heur !…

Et, à Jean-​François très atten­tif, Made­leine d’Arse donne une leçon de caté­chisme, que l’enfant clô­ture par cette pro­messe joyeuse :

— Alors, au Ciel ! ma mère ! au Ciel !

Enfant, Jean-​François fai­sait déjà preuve de nom­breuses qua­li­tés de base, telles que la modes­tie, la rete­nue, la bien­séance. Mais il ne fau­drait point son­ger à trou­ver de la tris­tesse chez ce bam­bin méri­dio­nal ! Non, Jean-​François, ses heures de classe ter­mi­nées, se pré­ci­pi­tait de toute la vitesse de ses petites jambes pour jouer avec ses cama­rades sous les pla­tanes du mail de Font­cou­verte. Il était par­fois pré­cédé de Charles, son aîné, mais il avait la gen­tillesse d’entraîner par la main ses deux petits frères, Jean et Fran­çois.

Il est amu­sant de consta­ter que la maman aimera don­ner à nou­veau à ses deux autres enfants les mêmes pré­noms qu’à son cher Jean-​François. Autre curio­sité : le nom de famille du saint, Régis, devien­dra un pré­nom habi­tuel, même très sou­vent donné au bap­tême des gar­çons. Cette cou­tume est rela­ti­ve­ment rare, et on ne peut citer que quelques saints dont les noms de famille ont été ainsi trans­for­més en pré­noms usuels : sainte Jeanne de Chan­tal, saint Louis de Gon­zague, saint Fran­çois Xavier.

Et voici l’âge de l’école. Jean-​François fré­quen­tera l’école du vil­lage, mêlé aux petits cama­rades, mêlé aux enfants des ser­vi­teurs de son père. Il étu­die comme les autres, mieux que les autres, et puis, brus­que­ment, moins bien que les autres.

Cet enfant pos­sé­dait une sen­si­bi­lité extra­or­di­naire. « On pou­vait le châ­tier avec les yeux, et toutes les fautes étaient tou­jours trop punies par une mine un peu sévère. » Les parents avaient l’intelligence de ne point abu­ser de cette faci­lité de cor­rec­tion, mais il advint qu’un des pre­miers maîtres de l’enfant crut pou­voir se per­mettre d’user envers lui « d’un peu de rigueur ». Le résul­tat fut à ce point pitoyable que « ses parents déses­pé­raient déjà de le voir jamais capable de bonnes lettres. »

Par bon­heur, rap­portent les pre­miers his­to­riens du saint, « sa mère, qui l’étudiait tous les jours, s’aperçut que la sévé­rité de son maître étouf­fait les lumières de son esprit. Elle le pria donc de chan­ger de bat­te­rie et de le conduire avec dou­ceur, ce qui lui réus­sit si heu­reu­se­ment que, se voyant caressé, il com­mença à s’épanouir en sorte qu’il appre­nait plus qu’on ne vou­lait ».

Jean-​François étu­diait la langue fran­çaise tout en conti­nuant à par­ler cou­ram­ment le lan­gue­do­cien avec ses parents et ses cama­rades de classe et de jeux. Peut-​être était-​ce la Pro­vi­dence qui pré­pa­rait ainsi le futur saint à ses mis­sions dans les mon­tagnes céve­noles, où il ne par­lera que le lan­gue­do­cien à ces bonnes gens, qui n’auraient pas saisi grand’chose d’un ser­mon en pur fran­çais. Nous ne sommes qu’au XVIIe siècle. Conti­nuez à lire »

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Non, il ne vou­lait pas quit­ter la mai­son pour aller là-​bas, dans cette ferme comme petit ber­ger. Depuis huit jours on ne par­lait que de cela.

Georges n’avait plus que sa maman et sa grande sœur qui était repas­seuse.

Cette année, la vie deve­nant plus dif­fi­cile, la maman de Georges s’inquiétait pour son fils, assez déli­cat de santé ; le doc­teur du dis­pen­saire et les infir­mières consul­tés avaient répondu :

Le prêtre, le berger des chrétiens« Il faut envoyer cet enfant à la cam­pagne. Mettez-​le petit ber­ger dans une bonne famille de culti­va­teurs, vous ver­rez comme cela lui fera du bien ; l’âme et le corps y gagne­ront.

Quand sa maman lui avait rap­porté ces paroles, en venant l’attendre avec sa sœur à la sor­tie du patro (on était un jeudi), Georges s’était mis à pleu­rer :

« Non, je ne veux pas par­tir ! Tant pis si je suis malade, je ne veux pas être ber­ger !

— Tu n’es pas rai­son­nable, mon petit Georges, avait dit sa sœur Mar­celle ; pense au sou­la­ge­ment que nous aurons, maman et moi, de te savoir bien nourri et au bon air ; tu devrais être fier de pen­ser que tu vas pou­voir nous déchar­ger et gagner ta nour­ri­ture. Tiens, voilà jus­te­ment Mon­sieur l’Abbé qui passe, nous allons lui deman­der son avis.
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Épilogue

Il y a sur terre un mil­liard sept cent vingt-​six mil­lions d’hommes.

Sur ce nombre, un mil­liard quarante-​trois mil­lions ne sont pas encore chré­tiens.

Sur les six cent quatre-​vingt-​trois mil­lions de chré­tiens, les catho­liques sont trois cent cinq mil­lions.

Donc, dans l’ensemble du monde, sur cent hommes vivants, il n’y en a pas plus de dix-​sept ou dix-​huit qui aient été bap­ti­sés catho­liques.

En Afrique, sur cent hommes vivants, la pro­por­tion des catho­liques est de deux, plus trois dixièmes.

En Asie, sur cent hommes vivants, la pro­por­tion des catho­liques est de un, plus six dixièmes.

Histoire des missions pour les jeunes et le catéchisme

MADAGASCAR. — Une leçon de musique chez les Fran­cis­caines Mis­sion­naires de Marie.

Ces chiffres montrent quel immense champ de tra­vail s’offre encore à l’Église ; ces chiffres font com­prendre tout ce qu’il y a de pres­sant, tout ce qu’il y a d’impérieux dans les accents du pape Pie XI, lorsqu’il demande que tous les évêques, que tous les prêtres, que tous les catho­liques, hommes et femmes, prêtent aux mis­sion­naires le genre d’aide qu’ils peuvent, cha­cun dans sa sphère, leur appor­ter.

Les tout jeunes aussi, ceux à qui ce livre s’adresse, peuvent beau­coup pour les mis­sions. Ils peuvent les ser­vir par leur prière, cette prière des cœurs purs, que Dieu accueille volon­tiers.

Ils peuvent les ser­vir par leurs géné­ro­si­tés, en s’inscrivant à l’Œuvre de la Pro­pa­ga­tion de la Foi, qui assure au Pape les res­sources néces­saires pour l’entretien des mis­sions sur la sur­face de la terre ; à l’Œuvre de la Sainte-​Enfance, qui sauve de la mort, en pays païens, les enfants aban­don­nés, et qui fait d’eux des chré­tiens ; à l’Œuvre de Saint-​Pierre Apôtre, qui fonde des sémi­naires pour la for­ma­tion des cler­gés jaunes ou des cler­gés noirs ; à l’Œuvre des Écoles d’Orient, qui, par­tout sur les rives de la Médi­ter­ra­née orien­tale, entre­tient des écoles catho­liques au milieu des popu­la­tions chré­tiennes encore sépa­rées de Rome ; à l’Œuvre Apos­to­lique, qui four­nit aux Mis­sion­naires les objets litur­giques et pour­voit à leurs autres besoins. Conti­nuez à lire »

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