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Le match de sa vie

"Le match de sa vie"

Pierre dut appuyer sur la manette du starter pour donner les gaz. L'air, en ce beau matin du jeune été, surprenait par son carac­tère glacial ; le vélo-moteur partait mal. Pourtant, comme Pierre dévalait la côte de Mou­lin-Blanc, l'engin se lança et ce fut, pour le garçon épris de vitesse, la griserie de la course. Une joie forte et profonde pénétrait dans le cœur de l'adolesce...

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En s’en revenant dans le sentier blanc

"En s’en revenant dans le sentier blanc"

Dans le sentier, blanc de givre, Jean rit tout seul : il se rappelle l'histoire du couteau ! L'an dernier, pendant sa rougeole, il a demandé qu'on lui raconte une histoire, et grand-père avait commencé, sur un ton à faire frissonner tous les braves : « C'était le soir. A la lueur d'une chandelle, un homme allait à pas de loup dans la maison... » Jean retenait son souffle : ...

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Vers la grande ville

"Vers la grande ville"

Elle avait quatorze ans, elle était brune, très brune avec de longs cheveux ; elle vivait très heureuse chez elle, entre son papa et sa maman, dans une petite ville toute blanche, plantée au bord d'un grand lac transparent sous un ciel très bleu. Cela se passait il y a très, très longtemps, dans un pays d'Orient. Les bourgeons commençaient à éclater un peu partout et, de maison en ...

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∼∼ XXI ∼∼

De loin en loin, durant ce long voyage, le bon Curé de L… a écrit à ses parois­siens, qui le tiennent d’ailleurs fidè­le­ment au cou­rant de leurs pro­jets de retour.

Un soir, Colette est priée de prendre la plume. Mal­gré ses dix ans son­nés et son stylo neuf, elle n’a pas beau­coup changé sa manière d’écrire. Elle com­mence cepen­dant par un cor­rect : Mon­sieur le Curé,… mais reprend tout de suite son allure personnelle.

« Je me demande un peu pour­quoi c’est tou­jours moi qui suis char­gée de vous apprendre les grands évé­ne­ments. Et, avec ça, les gar­çons pré­tendent que j’écris comme un chat. Alors, entre nous, je crois que c’est encore mieux que leurs pattes de mouches ! Enfin, moi, ça m’arrange, parce que j’aime tant vous faire devi­ner les nouvelles.

Cher­chez, mon­sieur le Curé, cher­chez… Qu’est-ce que je vais vous annon­cer aujourd’hui ? Ça y est !… vous avez trouvé, nous avons vu le Saint-​Père !

C’est le plus grand des deux évé­ne­ments ; l’autre, c’est que nous serons en France la semaine pro­chaine et chez vous dans quinze jours.

Alors, vous com­pre­nez, on saute, on danse, on est tel­le­ment content !

Vous dites bien sûr : « Du calme, Colette ! Raconte donc au lieu de sauter. »

Le vatican et les gardes suisses pour les enfantsHé bien ! voilà ! C’est avec le pèle­ri­nage du bateau que papa a obtenu que nous ayons une audience. Maman et tante Jeanne se sont habillées en noir avec des man­tilles sur la tête, nous, les « demoi­selles », en blanc. On nous a fait pas­ser par la « Porte de Bronze », et défi­ler entre les gardes suisses. Ils sont habillés en cos­tumes tout en bandes de dif­fé­rentes cou­leurs. Ils ont des casques et des hal­le­bardes. Les gar­çons ont pré­tendu que je les regar­dais avec des yeux ronds comme des phares d’autos ! Ces gar­çons ne pensent qu’aux machines, c’est ridicule !

Ensuite, il a fallu mon­ter le beau grand esca­lier. Tout le monde com­men­çait à être inti­midé. Nous voilà dans une grande salle, très haute, avec des pein­tures par­tout, et des ser­vi­teurs qui vont et viennent, tout habillés de damas rouge. Encore une autre grande salle. C’est là que le pèle­ri­nage doit attendre, long­temps. Il y a quelques bancs le long des murs ; on fait asseoir maman et d’autres per­sonnes fatiguées.

On ne dit pas grand’chose. On est trop saisi.

Mais, quand la porte s’est ouverte et que le Pape a paru tout blanc, entre des mon­sei­gneurs en man­teaux vio­lets, et des mes­sieurs qui s’appellent des camé­riers, et puis que nous avons pensé : C’est lui qui repré­sente le Bon Dieu sur la terre et qui est son Vicaire. J’étais contente, contente. Et je pense que c’était pour tout le monde pareil ; papa parais­sait très pâle et Ber­nard avait sa drôle de tête, comme le jour de ma pre­mière Com­mu­nion. Conti­nuez à lire »

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∼∼XX ∼∼

Colette, les yeux brillants, les joues rouges, de son mou­choir minus­cule se tam­pon­nant le front, entre, Annie sur les talons, dans le tout petit jar­din atte­nant à l’hôtel. Là, sous l’ombrage des oran­gers et des lauriers-​roses, maman tra­vaille paisiblement.

— Oh ! quel dom­mage que ce méchant doc­teur vous oblige à res­ter ici, maman. Si vous saviez ce que nous avons vu !

— Nous avons couru, couru, inter­rompt Annie. Main­te­nant qu’on va par­tir, les gar­çons veulent aller par­tout. Nous deux, nous n’en pou­vons plus.

— Mais si j’en peux encore, moi, pro­teste Colette. Ce n’est pas parce qu’on a un peu chaud qu’on n’est plus bon à rien.

— Voyons, asseyez-​vous toutes deux et contez-​moi votre matinée.

—D’abord, nous sommes allés à la messe, à l’église qu’on appelle Sainte-​Marie-​Majeure, et nous avons com­mu­nié tout près, tout près de la Crèche du petit Jésus. On voit très dis­tinc­te­ment (c’est éclairé) quelques pauvres vieilles planches ; alors, vous com­pre­nez, quand on pense que Celui qu’on a dans son cœur, après la com­mu­nion, et qui est le Roi de tous les rois, a cou­ché sur ce bois dur, on vou­drait le lui faire oublier à force de l’aimer.

Les deux fillettes racontent la visite de Rome - St Jean de Latran

Basi­lique Saint-​Jean de Latran à Rome.

Maman sou­rit doucement.

— Et après, Colette ?

— Après, papa nous fait déjeu­ner au galop… Ça c’est exact, Annie peut le dire… Ensuite, en tram, nous arri­vons à l’église Sainte-​Croix de Jérusalem.

Et, maman, croyez-​vous ? nous y avons vu la grande relique de la Croix, sur laquelle Notre-​Seigneur est mort, et un des clous qui a percé ses mains et une longue épine. On regarde de tout près, on peut tou­cher le clou. La Vraie Croix ! les vrais clous ! Est-​ce pos­sible ! Ce bois, le sang de Jésus a coulé des­sus, et ce clou a déchiré ses mains ou ses pieds.

Alors on prie, mais une prière sans mots, toute avec le cœur. Explique à ton tour, Annie. Dis où nous sommes allés ensuite.

— Mon oncle a voulu que nous nous asseyions dans le square qui est très tran­quille, pour nous faire regar­der de loin la grande façade de Saint-​Jean de Latran, domi­née par je ne sais com­bien de statues.

Puis, il a fallu repar­tir et aller jusque-​là, pré­cise Annie, qui déci­dé­ment trouve qu’on se pro­mène un peu trop.

Colette ne par­tage pas son avis :

— Bien sûr, « on » y est allé. Et c’est joli­ment inté­res­sant. Vous savez, maman, que c’est Constan­tin qui a bâti là la pre­mière basi­lique et le palais des Papes. Ils y ont habité (les Papes, pas Constan­tin) du IVe au XIVe siècle.

— A la bonne heure, Colette ! Vous a-​t-​on dit aussi com­ment, à cause de cette ancien­neté, on appelle la basi­lique de Saint-​Jean de Latran « Mère et maî­tresse des autres églises » ?

— Oui, tante. Et Annie ajoute : Il parait que les bar­bares ont bien sac­cagé tout cela ; alors, au XIVe siècle, les Papes se sont déci­dés à faire construire le palais actuel du Vatican.

— Entre temps, mes enfants, il y avait eu le grand schisme d’Occident.

— Ça, j’ai entendu papa qui en par­lait avec les gar­çons, mais j’ai trouvé que c’était bien com­pli­qué. Je ne suis pas sûre d’avoir com­pris. Et toi, Annie ?

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∼∼ XIX ∼∼

Allo ! la Jeu­nesse. Nous venons de déci­der notre départ dans cinq jours ; mais nous n’avons pas le cou­rage de quit­ter Rome et l’Italie sans avoir été jusqu’à Assise. Je comp­tais ache­ter ici quelques sou­ve­nirs qui auraient embelli « la mai­son des vacances » ; à la réflexion, vos mamans et moi pré­fé­rons nous en pri­ver, pour pou­voir mon­ter à Assise. Qu’en dites-​vous ?

— Quel bon­heur ! papa, crie Colette, en bon­dis­sant comme un cha­mois, tan­dis que le reste de la bande répond avec un enthou­siasme tout aussi joyeux, quoique moins exubérant.

Et l’on prend la route qui mène à Assise, à tra­vers les monts de l’Ombrie. Le site où repose la petite ville est d’une beauté char­mante, silen­cieuse, recueillie. C’est la patrie de saint François.

— Est-​il né ici ? demande Annie.

— Oui, et savez-​vous que, tout petit, il s’appelait Jean. Plus tard, on l’a sur­nommé Fran­çois, à cause de son amour de la langue fran­çaise, peut-​être aussi de la France tout court.

Saint François d'Assise et les Franciscains

« Oiseaux, mes frères !… »

Comme le Bon Dieu l’a bien envoyé au bon moment ! Tout le long des siècles, nous l’avons dit cent fois, l’Église voit les pauvres hommes qui la com­posent tom­ber dans quelque faute. Les chré­tiens ne sont pas des anges, hélas ! Ce qui est admi­rable, c’est que Dieu donne sans cesse à son Église juste les secours ou les exemples néces­saires pour cor­ri­ger ses enfants.

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∼∼ XVIII ∼∼

Infa­ti­gables, les scouts ont demandé à leur aumô­nier d’aller au som­met du mont Cavo, le plus élevé des monts Albains, à 949 mètres d’altitude, un peu au sud-​est du lac d’Albano.

Sur les ins­tances du Père X…, Ber­nard et Jean ont obtenu de se joindre à eux. Avec la troupe, ils ren­tre­ront à Rome, où la famille sera de retour, car on n’attend plus que l’audience pon­ti­fi­cale pour mettre le cap sur la France.

L’ancienne route romaine, dite voie triom­phale, conduit au som­met du mont Cavo ; elle est ombra­gée, la mon­tagne elle-​même joli­ment boi­sée. Cepen­dant rien ne vaut la vue unique qui, des hau­teurs du mont, attend le voyageur.

On découvre la côte, la mer jusqu’à Civita-​Vecchia ; et puis, ce sont, à perte de vue, der­rière les monts Albains, des chaînes estom­pées et, plus proches, les ondu­la­tions mono­tones et mélan­co­liques de la cam­pagne romaine.

Maxi­min, qui est de la par­tie, se plante très droit sur un roc et n’hésite pas à déclarer :

— Nous avons le monde à nos pieds !

— Eh ! mon bon, riposte Ber­nard, en pre­nant l’accent du Midi, on ne voit tout de même pas jusqu’à la Cannebière !

C’est alors une joute impayable entre les deux gar­çons, au grand bon­heur du reste de la bande. Le petit André rit pour tout de bon, en dévo­rant Ber­nard de ses yeux trop brillants, dans son petit visage pâle.

L’aumônier, de son côté, scrute lon­gue­ment l’horizon.

— Venez près de moi ; contem­plons un peu ensemble. Cet immense pano­rama, n’en déplaise à mon jeune ami, ne nous per­met pas de voir jusqu’au bout du monde, mais comme il est facile, d’ici, de s’imaginer le va-​et-​vient des armées à tra­vers l’Europe ; sur cette mer si bleue, on vit pas­ser jadis une flotte toute blanche que décrit le sire de Join­ville dans ses mémoires.

— Quelle flotte ?

— Reve­nons d’abord, voulez-​vous, vers l’an 1100, et regar­dons très loin, vers l’Orient, du côté de Jérusalem.

Nous appren­drons que la ville, le Cal­vaire, le tom­beau du Christ, sont aux mains des musul­mans, dont la puis­sance de nou­veau menace la chrétienté.

Or, à la même époque, les sei­gneurs féo­daux sont de plus en plus tur­bu­lents. Ils sont sans cesse en luttes entre eux. Quelle belle et légi­time expan­sion à leur humeur batailleuse, qu’une ou plu­sieurs expé­di­tions pour déli­vrer les Lieux Saints.

— J’aurais aimé cela, dit Maxi­min, mais pour­tant c’est un peu fou, tant de sang répandu, tant de sacri­fices, pour déli­vrer une pro­vince minus­cule et quelques villes.

Ber­nard bondit :

— Allons donc ! quand cette pro­vince est la Pales­tine, les villes Damas ou Jéru­sa­lem ? Je me serais fait hacher dix fois, cent fois, s’il eût fallu…

— Ber­nard, ne pre­nez pas feu ! Nous sommes tous du même avis, mais il est bien per­mis de rai­son­ner les causes qui ont entraîné l’Europe sur les routes de Jéru­sa­lem. Elles sont mul­tiples. D’abord celles dont nous venons de par­ler, et qui eussent suffi, car la déli­vrance des Lieux Saints valait en effet tous les sacri­fices ; mais, de plus, l’Église et l’Europe sen­taient la menace musul­mane gran­dir et il était néces­saire de lui oppo­ser une bar­rière, sous peine d’invasions redou­tables pour le monde et pour la Foi.
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Les lec­teurs qui connaissent le récit sui­vant com­pren­dront qu’il était impos­sible de faire un livre 1 ayant pour sujet les miracles sans rela­ter le plus mer­veilleux de tous, celui qui a per­mis la plus belle des décou­vertes, offrant à la véné­ra­tion uni­ver­selle, l’ignoble ins­tru­ment du sup­plice de Notre Sei­gneur, mais aussi, l’instrument béni de la rédemp­tion du monde : je veux par­ler de l’invention de la Sainte Croix.

L’empereur Constan­tin avait déjà été mar­qué par ce signe quand, s’apprêtant à aller prendre pos­ses­sion de l’empire, il eut une appa­ri­tion : il vit dans le ciel une croix plus écla­tante que le soleil, sur laquelle étaient écrites ces paroles : « Par ce signe, tu vain­cras ! » Il com­prit tout de suite le mes­sage. Le mono­gramme du Christ va rem­pla­cer l’aigle sur la ban­nière impé­riale qui sera désor­mais sur­mon­tée d’une croix (c’est la nais­sance du labarum).

Mais le ciel est plus exi­geant encore la nuit pré­cé­dant le ter­rible com­bat qui l’opposa à Maxence, Notre Sei­gneur lui appa­rut en songe, lui recom­man­dant de mettre une croix sur le bou­clier de cha­cun de ses sol­dats. Le remède fut effi­cace : Maxence fut défait, emporté par les eaux du Tibre.

Soldats de Constantin avec le signe du Christ sur le bouclier

La vic­toire sur le tyran allait chan­ger la face du monde, per­met­tant d’établir soli­de­ment le règne du chris­tia­nisme sur tout l’empire.

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Notes:

  1. Récit tiré du livre Le monde mer­veilleux des saints, Fran­çoise Bou­chard, Éd. Résiac, 1995

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