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La Vierge sarrasine

La Vierge sarrasine

Notre-Dame Pendant des siècles et des siècles, jusqu'à ce qu'une main profanatrice la détruisit en 1793, sous la Terreur, on vénérait dans une très vieille chapelle, à La Saulnerie, en Tardenois, non loin de Reims, en Champagne, une singulière statue de la Vierge. Cette statue portait, profondément enfoncé dans le genou gauche, un bizarre trait de fer, long d'une vingtaine de pouces. O...

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Pierre, soldat de chez nous

Pierre, soldat de chez nous

Charité envers Dieu Toute la journée le canon avait tonné sans arrêt, les mitrailleuses n’avaient cessé de crépiter et les balles de siffler. Il flottait dans l’air une âcre odeur de poudre. Le sang avait coulé, hélas ! Et le soir tombait sur le champ de bataille comme un immense apaisement. Profitant de la trêve, des brancardiers passaient, ramassant les blessés d’abord...

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Martyre de la bienheureuse sainte Salsa, vierge et martyre du Christ

Martyre de la bienheureuse sainte Salsa, vierge et martyre du Christ

A Tipasa vivait une femme jeune encore (elle n'avait que quatorze ans), mais le glorieux martyre qu'elle y souffrit lui a donné le respect qu'entraîne la maturité de l'âge. Le courage qu'elle montra couvrit de gloire sa jeunesse, à ce point qu'elle parut née pour le martyre. Elle s'était donnée tout entière au Christ, avait foulé aux pieds toutes les séductions et tous les plaisirs de l...

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Un peu plus tard, ayant quitté les Gondi, et devenu curé de Châtillon-​les-​Dombes, M. Vin­cent pour­sui­vit sa lutte ardente et sans répit contre le désor­dre des mœurs et l’indifférence reli­gieuse. Il put aussi com­men­cer la réforme du clergé. Son apos­to­lat, qui tou­chait si vite et si bien le peu­ple, s’étendit éga­le­ment à la noblesse du pays. Vin­cent de Paul eut encore là, pour lut­ter contre l’absurde cou­tume du duel qui fai­sait tant de vic­ti­mes, main­tes chan­ces et main­tes occa­sions. Et voici l’une d’elles, telle que nous l’a contée M. Vin­cent. Il connais­sait un cer­tain gen­til­homme nommé M. de Rou­ge­mont ; « grand homme bien fait, appe­lant en duel ceux qui n’allaient pas droit avec lui ». Et notre saint lui-​même d’ajouter : « Il me l’a dit, et il n’est pas croya­ble com­bien il a battu, blessé et tué de monde. » Or, ce ter­ri­ble sei­gneur était pieux — et sa piété allant crois­sant grâce aux leçons et à l’exemple de M. Vin­cent, il finit par être de plus en plus « occupé de Dieu ». Un jour donc, il s’examina, vou­lant savoir s’il avait bien renoncé à tout pour l’amour du Christ, ou bien, au contraire, s’il lui était resté « quel­ques atta­ches ». Il réflé­chit, passa en revue « ses biens, ses allian­ces, sa répu­ta­tion, les gran­deurs, les menus amu­se­ments du cœur humain ». Et, brus­que­ment, son regard tomba sur son épée. « Pour­quoi la portes-​tu ? » pensa-​t-​il. Mais le point d’honneur était encore très fort en lui : « Quoi ! Quit­ter cette chère épée qui m’a si bien servi en tant d’occasions et qui, après Dieu, m’a tiré de mille dan­gers ! » Ayant encore réflé­chi, le gen­til­homme finit par déci­der qu’il devait se sépa­rer de son épée, pour n’avoir plus la ten­ta­tion de s’en ser­vir — et, nous raconte Vin­cent de Paul, se trou­vant vis-​à-​vis d’une grosse pierre, M. de Rou­ge­mont des­cend de son che­val, « prend son épée, bat sur cette pierre, et tic et tac, et tic et tac ; enfin, il la rompt et la met en piè­ces, et s’en va… Il ne tenait plus qu’à Dieu seul. »

Histoire de Saint Vincent par Michel de Saint Pierre

Un autre jour, pen­dant que M. Vin­cent était curé de Châtillon-​les-​Dombes, un évé­ne­ment impor­tant arriva. Laissons-​lui encore la parole, puisqu’il raconte si bien : Conti­nuez à lire »

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Histoires à raconter le soir - Saint Vincent de Paul

De Rome, Vin­cent par­tit pour Paris — et il y alla avec une mis­sion. Le pape Paul V, en effet, lui avait confié, à lui, jeune prê­tre encore inconnu, un mes­sage oral et secret pour le roi de France Henri IV lui-​même. Nous ne savons pas exac­te­ment quelle était cette mis­sion. Cer­tains his­to­riens croient qu’il s’agissait de pré­pa­rer la Cour de France à un mariage espa­gnol, dans le but de rap­pro­cher les nations catho­li­ques. Quoi qu’il en fût, Vin­cent de Paul et Henri IV se plu­rent : le roi appré­cia l’équilibre et la vigueur de ce prê­tre, fils de pay­san — et Vin­cent était tout dis­posé à aimer, dans Henri, le Béar­nais ami du peu­ple qui vou­lait que les peti­tes gens de son royaume eus­sent, le diman­che, la poule au pot.

* * *

Peu après cette ambas­sade — sur laquelle Vin­cent devait gar­der le secret — le jeune prê­tre fut nommé aumô­nier de la reine Mar­got…

Cette sou­ve­raine avait connu un curieux des­tin. C’était la fille d’Henri II et de Cathe­rine de Médi­cis. Et sa mère l’avait mariée contre son gré à Henri de Navarre, devenu depuis lors, nous l’avons vu, Henri IV. Or, le roi de France avait obtenu l’annulation de son mariage — en sorte que Mar­got était deve­nue « reine sans cou­ronne ». Conti­nuez à lire »

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Vie de Saint Vincent de Paul pour le catéchisme

Histoire à raconter au coin du feu, naissance de Saint Vincent de PaulVin­cent de Paul naquit en Gas­co­gne, à Pouy — près de Dax — le 24 avril 1581. A vrai dire, aucun docu­ment reli­gieux ni civil ne nous a jamais ren­sei­gné sur l’année de sa nais­sance. Mais Vin­cent lui-​même devait plus tard, à douze repri­ses dif­fé­ren­tes, pré­ci­ser son âge dans des let­tres que l’on a conser­vées, et nous l’en croyons sur parole.

Mal­gré la par­ti­cule, l’enfant n’était pas de famille noble. Il y avait à Pouy un ruis­seau qu’on appe­lait Paul, et, selon l’usage de cette épo­que, la famille qui vivait près de là fut appe­lée « de Paul ». Vin­cent a d’ailleurs toute sa vie signé « Depaul » en un mot.

Ses parents avaient quel­que bien, mais ils étaient de petits pay­sans. Le père, Jean de Paul, boi­tait — ce qui ne l’empêchait pas de tra­vailler avec achar­ne­ment, avec âpreté. Il finit d’ailleurs par élar­gir son modeste domaine, et deve­nir pro­prié­taire de plu­sieurs fer­mes. Mais en atten­dant, ses six enfants (qua­tre gar­çons et deux filles) beso­gnè­rent dur pour aider leurs parents. Vin­cent, le futur saint, vint au monde le troi­sième.

De très bonne heure, il garda les bre­bis, les vaches et les pour­ceaux de son père. Il devait le rap­pe­ler plus tard, affir­mant sans aucune honte qu’il était « un pau­vre por­cher de nais­sance ». Pieux, il lui arri­vait fré­quem­ment, dit-​on, d’aller prier sous un chêne auprès de la mai­son de ses parents. Les lieux où s’écoula son enfance étaient situés au bord du fleuve l’Adour : ter­res bas­ses que les eaux recou­vraient deux fois par an. Le sol en était mai­gre ; il y pous­sait du sei­gle et un peu de millet. Aux sai­sons plu­vieu­ses, des mares y stag­naient — en sorte que le petit ber­ger devait sur­veiller son trou­peau du haut de ses échas­ses, affron­tant le vent mouillé.

Récit pour le caté - Les soeurs de saint Vincent de Paul à la soupeComme le curé d’Ars, Vin­cent de Paul eut une enfance à la fois libre et rude. Et comme lui, lorsqu’il était ren­tré à la mai­son, il n’était pas pré­ci­sé­ment gâté : dor­mant non loin de l’étable des bêtes qui n’était sépa­rée de la mai­son des hom­mes que par une mince cloi­son de plan­ches…

Quant aux repas fami­liaux, il les décrira plus tard en quel­ques mots : « Au pays dont je suis, on est nourri d’une petite graine appe­lée millet que l’on met à cuire dans un pot ; à l’heure du repas, elle est ver­sée dans un vais­seau, et ceux de la mai­son vien­nent autour, pren­dre leur réfec­tion, et après, ils vont à l’ouvrage. »

De même, il bros­sera un tableau vivant et sim­ple de la vie que menaient ses pro­pres sœurs à la cam­pa­gne : « Reviennent-​elles à la mai­son pour pren­dre un mai­gre repas, las­sées et fati­guées, tou­tes mouillées et crot­tées, à peine y sont-​elles, si le temps est pro­pre au tra­vail ou si leurs père et mère com­man­dent de retour­ner, aus­si­tôt elles s’en retour­nent, sans s’arrêter à leur las­si­tude et sans regar­der comme elles sont agen­cées. » Conti­nuez à lire »

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Des coups vio­lents contre la porte. Des hom­mes armés qui crient d’une voix furieuse : « Ouvrez ! ouvrez tout de suite ! » Est-​on revenu au temps des ori­gi­nes du Chris­tia­nisme, à l’époque des Per­sé­cu­tions, lors­que les gar­des des empe­reurs romains fai­saient la chasse aux bap­ti­sés ? Non. On est en France, en l’année 1793, c’est-à-dire au plein de la tra­gi­que période de la Révo­lu­tion. Il y a plus de trois ans qu’à Paris le peu­ple révolté s’est emparé de la Bas­tille, et cer­tains disent qu’une nou­velle épo­que de l’histoire a com­mencé ce jour-​là. Il y a quel­ques mois que, dans la dou­leur ou la stu­peur de la nation, le roi Louis XVI a gravi les mar­ches de la guillo­tine et que le bour­reau a mon­tré à la foule sa tête ruis­se­lante de sang.

Histoire : soldats révolutionnaires arrêtant un prêtre

Des hom­mes armés qui crient d’une voix furieuse : « Ouvrez ! ouvrez tout de suite. »

— Ouvrez ! ouvrez donc ou nous enfon­çons la porte ! Dans com­bien de vil­les de France, jus­que dans les plus petits vil­la­ges, de tel­les scè­nes ne se reproduisent-​elles pas ? Com­bien de famil­les sont ainsi réveillées en sur­saut, et com­bien se retrou­ve­ront, une heure plus tard, père, mère, grands-​parents, enfants, ser­vi­teurs, entas­sés dans la cel­lule d’une pri­son, atten­dant de com­pa­raî­tre devant le Tri­bu­nal révo­lu­tion­naire qui les jugera et qui, peut-être,très sou­vent, trop sou­vent même, condam­nera maints des mem­bres à mon­ter, eux aussi, les degrés de la sinis­tre machine qu’a inven­tée le doc­teur Guillo­tin ?

Quels cri­mes ont-​ils com­mis ? Que leur reproche-​t-​on ? Bien sou­vent celui-​ci : d’avoir caché des prê­tres. C’est que, depuis deux ans, la Révo­lu­tion fait la chasse au clergé. Pour­quoi ? Parce que ses chefs ont la haine du Chris­tia­nisme et veu­lent l’arracher du sol de la vieille France. Dans maints endroits, des équi­pes de furieux se sont ruées sur les égli­ses les plus véné­ra­bles, les cathé­dra­les les plus magni­fi­ques, ont brisé les têtes des sta­tues, par­fois même entre­pris de démo­lir pierre par pierre les nefs. Les prê­tres sont tra­qués, ou plu­tôt sont tra­qués tous ceux d’entre eux qui ont refusé de prê­ter ser­ment au gou­ver­ne­ment sacri­lège, ce que le Saint Père le Pape a défendu. Com­ment vivent-​ils donc, ces mal­heu­reux que toute la police pour­chasse ? En se ter­rant, en se cachant sans cesse. Le pas­se­port qu’il faut désor­mais pour voya­ger en France, ils ne l’ont pas. Aucun moyen pour eux de gagner leur vie. Seule peut les sau­ver la cha­rité cou­ra­geuse de quel­ques famil­les catho­li­ques accep­tant de les abri­ter en secret, mais, pour ces chré­tiens, c’est, s’ils sont pris, la pri­son, le pro­cès, la mort pres­que à coup sûr : abri­ter un prê­tre « réfrac­taire » est un crime aux yeux de la loi.

Tout cela, d’innombrables enfants catho­li­ques de France le savent. Il n’est famille chré­tienne où les gar­çons et les filles n’aient entendu par­ler de ces évé­ne­ments tra­gi­ques, et des dan­gers qu’eux aussi peu­vent cou­rir.

Dans leurs jeu­nes âmes, l’héroïsme des enfants subli­mes des pre­miers siè­cles de l’Église est revenu. Innom­bra­bles aussi sont, parmi eux, ceux qui sont réso­lus à tout bra­ver, à expo­ser leur vie pour demeu­rer fidè­les à la foi de leur bap­tême. Des enfants, qui n’étaient pas des saints, des enfants comme tous les autres, ont, au cours de cette dou­lou­reuse période qu’on appelle la Ter­reur, été les dignes des­cen­dants des Mar­tyrs. Ima­gi­nons deux d’entre eux ; regar­dons les faire : leur exem­ple ne sera point perdu.

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Mes­siés, Mes­da­mes, com­mence Luid­gui, avec son savou­reux accent qui fait le bon­heur des autres…

— Eh ! y a pas de dames », inter­rompt Alex, le Pari­sien.

Il n’y a pas de dames, en effet. Le bivouac, en plein bled maro­cain, n’est pas fait pour les dames… mais Luid­gui s’en moque bien. À la foire de Neuilly, les clowns qui, devant la foule amu­sée, font la retape pour le spec­ta­cle, tou­jours super­sen­sa­tion­nel, les clowns disent tou­jours : Mes­da­mes, Mes­sieurs… à moins qu’ils ne disent Messieurs-​dames, ce qui revient au même.

Moquerie supportée vaillament ; maîtrise de soi

Et Luid­gui qui a reçu avant tout autre don, et bien avant sa voca­tion de légion­naire, des dis­po­si­tions éton­nan­tes pour l’état de clown, Luid­gui pré­tend, ce soir comme les autres, pro­cu­rer aux cama­ra­des une bonne par­tie gra­tuite de fou-​rire.

« Mes­siés, Mes­da­mes, recommence-​t-​il imper­tur­ba­ble, nous vous offrons ce soir « oune nou­méro abso­lou­ment extra-​vagant ». Clara, la « pouce » savante (lisez la puce) a pro­vo­qué en « douel » pour « oune » match de boxe… devi­nez qui, Messiés-​dames, dévi­nez si vous pou­vez… Zé vous lé donne en cent… zé vous lé donne en mille… zé vous lé donne en dix mille. »

Un silence chargé de curio­sité s’est éta­bli parmi les légion­nai­res.

La vie rude de la Légion a fait de ces hom­mes si divers de grands enfants. L’absence de toute dis­trac­tion les a ren­dus badauds. Et ce soir, ils pren­nent un plai­sir de gos­ses à écou­ter les boni­ments de Luid­gui. Le jeune étran­ger a réussi à les intri­guer, il les tient en haleine, sus­pen­dus à ses lèvres, On sent bien qu’il va sor­tir quel­que chose d’énorme, d’inattendu, une de ces trou­vailles cocas­ses dont il a le génie.

« Ah ! Messiés-​dames, zé vois bien que vous « brou­lez » de savoir contre qui Clara pré­tend rem­por­ter cé soir « oune » grande vic­toire spor­tive… Eh bien, Mes­da­mes, Mes­siés, « celoui » contre qui Clara, la « pouce », sé mesou­rera n’est autre que notre grandé cham­pion de boxe poids lourd… Pha­nor ! »

Une cas­cade de rires a jailli de tou­tes parts dans le cer­cle formé par les hom­mes éten­dus sur le sable.

« Hur­rah !

— Vive Clara !

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