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Les trois oiseaux de boue

"Les trois oiseaux de boue"

En ce temps-là, le lac de Tibériade ne portait pas ce nom. Ce ne fut que quelque temps après ce que je vais vous raconter, que le fils du cruel Hérode édifia sur ses bords la cité qu’il baptisa Tibériade, pour faire sa cour à l’Empereur. Le beau lac s’appelait Kinnereth, ce qui veut dire la Harpe, parce que ses contours harmonieux offrent exactement la forme de cet instrument de musi...

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Roche-Brune

"Roche-Brune"

Pénitence. Non, pour sûr, ils ne l'auront pas ! Elle est à nous : nous la garderons ! affirment les gens de Durhaut en descendant la côte. — Non, pour sûr, ils ne l'auront pas ! clament les gens de Durbas en montant la côte. Depuis vingt ans, les deux villages se disputent la possession d'un grand menhir roux, planté aux confins des deux territoires. Jamais ils n'ont pu s'arranger. Aujo...

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Et, pour finir, du "5" à l'heure...

"Et, pour finir, du "5" à l'heure..."

Pénitence Fred jeta un coup d'œil à la pendulette du tableau de bord. La grande aiguille allait passer sur la petite, à la verticale. — Minuit, dans un instant ! Je ne suis pas en avance ! Le jeune homme appuya sur l'accélérateur, la voiture fit un bond en avant, cependant que les aiguilles dansaient follement sur le cadran du compteur. 140 kilomètres/heure, 142... 145... Il n'y eut p...

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∼∼ IV ∼∼

Colette est res­tée sans regret à bord. Ber­na­dette et Maria­nick sont demeu­rées sur le pont, bien à l’ombre, en train d’essayer un nou­veau point de tri­cot très compliqué.

Petit Pierre évo­lue autour d’elles en fai­sant fonc­tion­ner, à grand effort de tapage, un modèle réduit de conduite inté­rieure. Il est si occupé, que l’attention des tra­vailleuses se concentre de plus en plus sur le fameux tri­cot. Pier­rot s’en rend compte. Il est affreu­se­ment taquin. S’il fai­sait une belle peur à tout le monde en se cachant der­rière ce gros tas de cor­dages ? Que ce serait donc amu­sant de voir la calme Ber­na­dette se déme­ner un peu ! Et mon­sieur Pierre sur­veille les alen­tours. Presque tout le monde est des­cendu. Le vieux mon­sieur qui fume son cigare, là, à côté, ne le regarde pas, ni la dame anglaise qui lit son jour­nal à tra­vers ses lunettes dorées ; donc, c’est le moment.

Il faut pas­ser tout contre le fau­teuil de Ber­na­dette, mais Pier­rot l’entend comp­ter ses points. C’est ras­su­rant. Un petit détour. Ça y est.

Comme un chat, l’enfant se tapit der­rière le tas de cor­dages, l’œil au guet à tra­vers de petits espaces libres, et attend l’effet produit.

Une ou deux minutes se passent, puis Maria­nick se redresse. Son regard cherche Pier­rot. Elle l’appelle. Pas de réponse.

— Ma Doué ! où est le petit ? Colette, tu jouais avec lui ?

Mais Colette, comme sa sœur aînée, n’a rien vu ; tout de suite c’est l’inquiétude qui enva­hit les tri­co­teuses. Ber­na­dette court aux cabines, se deman­dant si le petit impru­dent n’a pas essayé d’y des­cendre. Maria­nick, en cher­chant l’enfant, répète invo­ca­tions sur invo­ca­tions à la bonne Mère Sainte Anne, se repro­chant amè­re­ment d’avoir quitté des yeux le petit.

Lui, du fond de son obser­va­toire, s’amuse pro­di­gieu­se­ment. Mais papa, alerté, gagne le pont en quelques enjam­bées. Comme le capi­taine y monte aussi et s’étonne de sa pré­ci­pi­ta­tion, il le met au courant.

C’est un char­mant offi­cier, ce capi­taine. Il est grand, éton­nam­ment mince dans sa vareuse san­glée, et ses yeux ont vite fait de fouiller son navire, dont il connaît les moindres recoins. À peine sur le pont, une lueur amu­sée passe dans son regard. Il va droit aux cor­dages, plonge le bras der­rière et en extrait Pier­rot, soli­de­ment sus­pendu par le fond de la culotte. Hélas ! des mains du capi­taine, le fond de culotte passe dans celles de papa, qui y applique de maî­tresses claques.

Il est à croire que Pier­rot déchante, et pour long­temps, du plai­sir d’inquiéter sa famille ; mais l’incident fait sou­rire l’officier et le retient auprès du groupe fami­lial, si mali­cieu­se­ment alerté. On cause.

— J’ai fait ce voyage en pèle­rin avant de l’accomplir tant de fois depuis, comme marin. J’en connais, je crois, tous les détails.

Il vous fau­drait des­cendre à Chypre, mon­sieur, puis à Rhodes. Ce sont là des sites incom­pa­rables, et tel­le­ment inté­res­sants par ce que nous savons des séjours qu’y fit saint Paul !

— Oui. Je vou­drais jus­te­ment que mes enfants pro­fitent de ce voyage pour situer les débuts de l’Histoire de l’Église. Aucune étude en effet ne vau­dra sur ce point notre croisière.

Colette ne quitte pas des yeux le com­man­dant, tant elle met d’attention à l’écouter. Il s’en aper­çoit. Charmé par cette petite fille si simple, il se penche vers elle :

— Tenez, made­moi­selle, regar­dez cette jolie petite carte. Quand nous arri­ve­rons à Sala­mine, il fau­dra pen­ser à saint Paul. Il y a converti le pro­con­sul romain Ser­gius Paulus.

Colette est inti­mi­dée, mais ce grand offi­cier a l’air si bon !

— S’il vous plaît, mon­sieur, un pro­con­sul, qu’est-ce que c’était ?

— Un repré­sen­tant de l’empereur romain, gou­ver­nant en son nom.

Savez-​vous que ça n’a pas été facile de le conver­tir. Il y avait là un magi­cien, nommé Ély­mas, qui fai­sait l’impossible pour détruire l’influence de saint Paul. Alors l’apôtre dit à Ély­mas : « Tu es un fils de Satan. Voici que la main de Dieu va s’appesantir sur toi ; aveugle, tu ne ver­ras plus, pour un temps, la lumière du soleil.

— Oh ! mon­sieur. Et c’est arrivé ? Il n’a plus rien vu ?

— Comme saint Paul l’avait dit. Devant ce miracle et cette puni­tion, Ser­gius a com­pris la puis­sance de Dieu et s’est converti.

Colette est tout à fait en confiance. Elle pose le doigt sur la carte et demande :

— Cette autre petite île, c’est Rhodes ? Conti­nuez à lire »

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∼∼ III ∼∼

Antioche. — Quelle cha­leur ! On décide en famille de ne pas des­cendre et de res­ter à l’ombre sur le pont. Jean a bien envie d’insister et se penche sur le bas­tin­gage pour cacher sa déception.

Pas de vagues, une mer calme aux cou­leurs intenses. Jean essaye de s’absorber dans sa contem­pla­tion ; mais il a qua­torze ans, et les pieds lui démangent sur ce navire.

Un œil pers­pi­cace l’observe sans qu’il s’en doute ; l’aumônier, dont les scouts se ras­semblent pour des­cendre, se dirige vers son père. Un bref échange de quelques mots ; Jean s’entend appeler.

— Veux-​tu cou­rir Antioche avec Mon­sieur l’Aumônier et sa troupe ? Tu es invité, mon petit.

Un bond, un cha­leu­reux merci, et Jean est dans la barque au milieu des Rou­tiers, qui chantent en cadence au bruit des avirons.

Il y a plus de sou­ve­nirs à Antioche que d’intérêt présent.

Quand les scouts ont par­couru le quar­tier de la rue Sin­gon, qu’on dit être celui de la pri­mi­tive Église, quand quelques-​uns d’entre eux, déva­lant les pentes du Mont Sil­pius, ont caressé le rocher sculpté en tête de géant, connu sous le nom de Cha­ro­num, toute la troupe réclame un rapide « cam­ping » pour mettre à contri­bu­tion la science de l’aumônier.

— Installez-​vous, Père, reposez-​vous. Ce pèle­ri­nage vous a éreinté et nous allons rame­ner en France un squelette.

— Bah ! croyez-​vous En atten­dant, je vou­drais tant vous aider à suivre au moins les grandes lignes des pre­mières conquêtes de l’Église, en ce pays que les apôtres ont par­couru en tous sens !

Les scouts marins - l'histoire de l'Eglise

Jean est dans la barque au milieu des Routiers.

En par­lant hier de Damas, nous avons natu­rel­le­ment évo­qué la figure admi­rable de saint Paul. C’est ici, à Antioche, qu’il bap­tisa les pre­miers païens conver­tis ; mais nous aurions dû d’abord par­ler de saint Pierre. Il passa un temps consi­dé­rable dans cette vieille cité dont il fonda l’Église, après celle de Jérusalem.

Jean hasarde timidement :

— C’est l’Église de Rome que saint Pierre a fon­dée, Père. Pour­quoi dites-​vous celle de Jérusalem ?

— Lorsque les apôtres ont com­mencé à prê­cher l’Évangile, on appe­lait « églises » les groupes de fidèles nou­vel­le­ment conver­tis, et on leur don­nait le nom de la loca­lité qu’ils habi­taient : Église de Jéru­sa­lem, d’Éphèse, d’Antioche, etc. Mais tous ces groupes ne fai­saient qu’un, tous avaient même Foi, même doc­trine, mêmes sacre­ments, et bien­tôt saint Pierre va leur don­ner comme centre et pour tou­jours la ville de Rome. Conti­nuez à lire »

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∼∼ II ∼∼

Huit jours durant, le bran­le­bas est à son comble.

Enfin, un beau matin, par un soleil splen­dide, la famille s’installe au com­plet sur le navire. Le port offre le tableau le plus pit­to­resque qui soit, les groupes de pèle­rins étant aussi divers que vivants.

Ici, la tache claire des bérets blancs, por­tés par un groupe de jeunes filles ; là, un ensemble de scouts, dont on devine les gais visages sous les cha­peaux kaki. Ce sont des Rou­tiers ; au milieu d’eux, les enfants ont vite repéré la sil­houette connue d’un de leurs plus sym­pa­thiques aumôniers.

Jean chu­chote : Le Père X…

— Va lui dire bonjour.

Cette pre­mière ren­contre devait don­ner au voyage un imprévu et un inté­rêt que nul hier n’eût soupçonnés.

Toute la famille s'installe au complet sur le pont du navire.

Toute la famille s’installe au com­plet sur le pont du navire.

Tout de suite on s’installe non loin les uns des autres et, pour apprendre cette His­toire de l’Église que l’on devi­nait dif­fi­cile, rien de plus simple pour le moment. Il n’y a qu’à écou­ter, car le Père, entouré de sa troupe, déclare :

— Allons, Henri, pre­nez la carte. Ici, à droite de la côte, Damas ; qu’est-ce que cela nous rappelle ?

L’interpellé, un jeune aux yeux clairs, à la phy­sio­no­mie intel­li­gente, répond : Quel dom­mage de n’avoir pu aller jusque-​là, Père. Il paraît que c’est tel­le­ment joli, Damas, avec ses mai­sons silen­cieuses et closes, toute blanche au milieu d’un immense cercle de ver­dure. La ville déli­cieuse, que l’on appelle ici : la perle de l’Orient ! Oui, c’eût été bon de la visi­ter, meilleur encore de par­cou­rir cette route sur laquelle Saul fut terrassé.

— Allons ! au lieu d’aviver nos regrets, redites-​nous donc un peu, pour ces petits qui nous écoutent, les sou­ve­nirs qui s’attachent à Damas.

— Il nous faut remon­ter pour cela, Père, au mar­tyre de saint Étienne, ce pre­mier diacre que les Apôtres s’étaient adjoints à Jéru­sa­lem, pour les aider dans leur mis­sion ; car les conver­sions se mul­ti­pliaient et ils ne suf­fi­saient plus à la tâche. Le cou­rage d’Étienne, son ardeur à prê­cher l’Évangile, lui avaient mérité l’honneur d’être lapidé. Pen­dant son mar­tyre, Étienne, les yeux fixés sur le Ciel ouvert à son regard ravi, priait pour ses bour­reaux et pour un jeune homme qui gar­dait les vête­ments des exé­cu­teurs. Ce jeune homme s’appelait Saul.

Il était petit, d’une rare intel­li­gence et d’une rare éner­gie. Citoyen romain, Juif de nais­sance, ins­truit, let­tré, géné­reux, jouis­sant d’une vraie répu­ta­tion, il met­tait tous ses dons au ser­vice des per­sé­cu­teurs et s’acharnait à détruire l’Église nais­sante. Si bien qu’il fut chargé d’aller à Damas pour y décou­vrir et faire arrê­ter les chré­tiens. Conti­nuez à lire »

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∼∼ I ∼∼

— Allo ! Colette, cette leçon est-​elle finie, oui ou non ? Je meurs de faim et le goû­ter attend.

Ins­tan­ta­né­ment, dans la grande baie ouverte, une tête blonde appa­raît. Elle se penche au-​dessus des touffes de fleurs grim­pantes, aux­quelles se mêlent ses che­veux bou­clés, pour répondre à Jean :

— Voilà ! Voilà ! Je descends.

Et c’est ainsi que nous retrou­vons nos amis 1.

Depuis trois ans, Colette et sa famille habitent Bey­routh. Au bout de la pre­mière année, tante Jeanne, Ber­nard, Annie ont rega­gné la France, lais­sant Yvon à Rome, au Sémi­naire Français.

Alors, Colette et Jean ont com­mencé à trou­ver le temps long. Ber­na­dette, très occu­pée à aider maman au ménage, n’a guère de loi­sirs, Pier­rot est encore bien petit, et les enfants qu’on trouve au col­lège et à la pen­sion dif­fèrent un peu des amis de France.

Les études sont deve­nues de plus en plus sérieuses, jusqu’au jour où il est per­mis d’envisager un retour en France, avec un congé de six mois pour papa.

Cet espoir met de la joie dans l’air, et c’est en gam­ba­dant d’un pied sur l’autre que Colette rejoint son frère pour goû­ter, à l’ombre de la vérandah.

Tout en beur­rant sa tar­tine, elle demande : Pour­quoi Maria­nick n’est-elle pas là avec Pierrot ?

— Parce que mon­sieur Pierre a goûté d’avance ; Ber­na­dette l’a emmené pro­me­ner. Il n’a pas d’étude le jeudi, lui !

— Écoute, pour le moment la tienne est finie. De quoi te plains-​tu ?

Histoire de l'Église pour les enfants du catéchisme

Pour­quoi Maria­nick n’est-elle pas là avec Pierrot ?

— D’autre chose ! De ce que les semaines ont l’air d’être de quinze jours au lieu de sept, depuis que papa parle de ren­trer en France.

— Quelle blague ! jamais le temps n’a passé si vite, au contraire. On fait des pro­jets magni­fiques pour le voyage. Ce sera splendide !

— Sans comp­ter, pré­cise Jean avec impor­tance, que nous devons nous arrê­ter à Rome, et peut-​être voir le Pape ; ça n’arrive pas à tout le monde, tu sais, ces affaires là !

— Non. Seule­ment, entre nous, nous ne sommes pas très fer­rés sur toutes les par­ties du voyage. En Pales­tine, on sui­vait Notre Sei­gneur par­tout. Tu savais, moi aussi, le nom de presque toutes les villes de l’Évangile. Tan­dis que main­te­nant, nous nous arrê­te­rons dans des endroits dont j’ignore même l’existence. Et ça ne sera pas drôle du tout.

Jean ne peut s’empêcher de consta­ter qu’il y a du vrai dans ces réflexions pes­si­mistes. Il est son­geur, un peu ennuyé aussi…

— Hé bien ! fait Colette impa­tiente, tu ne réponds rien ?

— Je cherche un moyen.

— Un moyen ! pourquoi ?

— Pour faire un voyage intéressant.

— Dis-​le alors.

— Oh ! ces filles ! riposte Jean d’un ton pro­tec­teur, ça ne saura jamais consen­tir à réflé­chir. Donne-​moi donc au moins le temps d’ajuster deux idées. Puis, sur un ton de confi­dence : Pour moi, voilà ce qu’il faut faire : apprendre à fond notre His­toire de l’Église. Je la sais très mal, toi pas du tout. Il n’y a qu’à s’y mettre. Conti­nuez à lire »

Notes:

  1. Voir Caté­chisme illus­tré, Marne 1931 ; Récits évan­gé­liques illus­trés, Marne 1933.

    NDLR : sur ce site, nous avons déjà ren­con­tré ces jeunes amis dans À la décou­verte de la litu­gie

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Saint Hugues, évêque de Grenoble, et le sept étoiles vus en songeLes étoiles merveilleuses

— Caché der­rière le Saint-​Eynard et le Néron, je sais un haut-​lieu où je veux vous conduire, petits amis. Et ce « haut-​lieu » a une his­toire, une his­toire vraie, une magni­fique histoire.

Il y a de cela bien, bien long­temps, vers le temps de la pre­mière Croi­sade. Gre­noble était déjà une ville impor­tante, avec sa cathé­drale et son Évêque qui fut saint Hugues.

Or, ce saint évêque eut un songe. « Il voyait sept étoiles tom­ber à ses pieds, se rele­ver ensuite, tra­ver­ser des mon­tagnes désertes, pour s’arrêter enfin dans un lieu sau­vage appelé Char­treuse. Là, les anges bâtis­saient une demeure et sur le toit, tout à coup, les sept étoiles mys­té­rieuses se mirent à briller. Que vou­lait dire ce songe merveilleux ?…

Le len­de­main, sept voya­geurs, venus de très loin, frappent à la porte de l’Évêque, se jettent à ses pieds, le priant de leur don­ner, dans la mon­tagne, un endroit tran­quille, loin des hommes, où ils pour­raient prier Dieu. C’était la réponse du Seigneur.

Saint Hugues reçoit saint Bruno et ses compagnons

Les sept étoiles du songe mer­veilleux, c’étaient saint Bruno et ses compagnons.

Qui donc était Bruno ? Un homme riche et savant, très pieux et très bon. Le Saint-​Père le Pape venait de le nom­mer Arche­vêque de Reims. Mais Bruno refusa ce grand hon­neur, dis­tri­bua sa for­tune aux pauvres, quitta la ville. Il vint se cacher dans la mon­tagne, pour être seul avec Dieu.

BRIGITTE. — Il faut donc s’en aller loin, tout seul, pour bien ser­vir le bon Dieu ? Pour­tant, sur les images, on voit tou­jours le Sei­gneur Jésus entouré d’une foule de gens, des malades, des petits enfants.

— C’est vrai. Il en était presque écrasé par­fois. Il était si bon. Mais que faisait-​Il, chaque soir, après la longue jour­née où Il avait prê­ché, guéri les malades ?… Il se reti­rait dans la mon­tagne pour se retrou­ver, seul avec Dieu, son Père.

Quand ils veulent accom­plir quelque chose de grand, de beau, que font le savant, le poète ? L’un s’enferme dans son labo­ra­toire, l’autre s’égare en pleine cam­pagne. Ils veulent être seuls, pour se don­ner tout entiers à leur œuvre.

Saint Bruno cher­chait donc aussi un coin dans la mon­tagne, pour pen­ser aux choses du Ciel.

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