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Qu'est-ce que la Liturgie ?

Qu'est-ce que la Liturgie ?

Chapitre II Non, petit Pierre ne perdra rien pour attendre. Il s’en doute bien et il est aux aguets. Ce petit homme est partisan du moindre effort. Il n’ignore pas que maman ne varie jamais dans ses décisions et qu’il faudra, bon gré mal gré, écouter un jour ou l’autre les explications promises à sa sœur ; aussi tend-il l’oreille pour surprendre sa rentrée. Quand il entend les pe...

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Les Croisades, l'ordre des Templiers

Les Croisades, l'ordre des Templiers

∼∼ XVIII ∼∼ Infatigables, les scouts ont demandé à leur aumônier d'aller au sommet du mont Cavo, le plus élevé des monts Albains, à 949 mètres d'altitude, un peu au sud-est du lac d'Albano. Sur les instances du Père X..., Bernard et Jean ont obtenu de se joindre à eux. Avec la troupe, ils rentreront à Rome, où la famille sera de retour, car on n'attend plus que l'audience pon...

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Le mariage de Catherine

Le mariage de Catherine

Dans Alexandrie, sur les bords de la Méditerranée orientale, grandit la princesse Catherine, douée d’une vive intelligence et d’une merveilleuse beauté, mais dont le cœur est rempli d’orgueil. À la mort du roi, la reine Sabinelle, sa mère, l’emmène en Arménie où Catherine devient une adolescente toujours plus belle, toujours plus savante, toujours plus orgueilleuse aussi. Bien...

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∼∼ XXIV ∼∼

Au grand com­plet, la famille est allée dire adieu à Yvon, au Sémi­naire Fran­çais. En che­mi­nant sur la route du retour, papa tient à faire remar­quer que la fon­da­tion des « écoles par­ti­cu­lières », pour pré­pa­rer les futurs prêtres à leur saint minis­tère, fut déci­dée au Concile de Trente. Saint Vincent de Paul, l’admirable Mon­sieur Olier, le fon­da­teur de Saint-​​Sulpice, et saint Jean Eudes, trois Fran­çais, ont eu ensuite l’initiative de l’organisation des sémi­naires en France.

Seule­ment, cette fois, la petite jeu­nesse écoute d’une oreille très dis­traite. Elle est fort exci­tée par les der­niers pré­pa­ra­tifs de ce vrai départ pour la France, intri­guée aussi. Depuis hier, des conci­lia­bules ont lieu entre les auto­ri­tés fami­liales. Ber­nard et Maria­nick y ont été admis, pourquoi ?

Quelques heures avant de se rendre à la gare, la curio­sité des enfants se change en stu­pé­fac­tion. Ber­nard appa­raît, accom­pa­gné du petit André, et crie triom­phant : « Nous l’emmenons ! Nous l’emmenons ! »

Mater­nelles, maman et tante Jeanne embrassent l’enfant qui, sous ces chauds bai­sers, retient péni­ble­ment de grosses larmes silen­cieuses ; mais Maria­nick arrive, et sa bonne voix enrouée d’émotion met fin aux effusions :

— Viens vite, mon petit gars, passe-​​moi ton paquet, que je le mette avec les bagages. Faut peut-​​être aussi te don­ner un coup de brosse, avant de par­tir. Étourdi de joie, le petit scout obéit. Alors c’est une explo­sion : On l’emmène ! Quel bon­heur ! Com­ment ça se fait-​​il ?

— Allez-​​vous vous taire ! bavards que vous êtes, crie papa en fai­sant mine de se bou­cher les oreilles. Un peu de silence, et écoutez :

Vous savez le petit André seul au monde. Il a un tuteur quel­conque, qui trouve tout simple de l’abandonner aux sol­li­ci­tudes du Père X… Celui-​​ci se rend compte que l’enfant est très déli­cat. Paris ne vaut rien à ce petit.

Alors Ber­nard m’a sup­plié de le prendre. Nous avons devant nous six mois à la cam­pagne, et notre petite mai­son, son jar­din, auront grand besoin d’être remis en état, pen­dant les semaines de vacances. André nous y aidera. Maria­nick l’adopte comme nous et, quand nous quit­te­rons de nou­veau la France, nous aurons trouvé, j’en suis sûr, à l’aide de M. le Curé, une famille pour ce pauvre petit.

Inutile de décrire le départ après pareille aven­ture. C’est à qui s’occupera du petit scout, qui sou­rit à tout le monde et croit rêver tout éveillé. La nuit venue, il forme avec Maria­nick le plus joli tableau. Il s’est endormi confiant, et sa tête très brune est appuyée sur l’épaule de la vieille Bre­tonne, tout contre le visage pâle, pai­sible et ridé. Le contraste est délicieux.

Le réveil se fait en pleines mon­tagnes. Neiges et soleil se confondent, le ciel est d’une lim­pi­dité idéale. Quelle beauté !

C’est à Annecy qu’on doit des­cendre et s’arrêter.

Les bagages à la consigne, on déjeune et papa décide : Allons nous asseoir au bord du lac.

Là, le coup d’œil est abso­lu­ment enchan­teur. L’eau, la mon­tagne, le ciel sont iri­sés, bai­gnés d’une étrange lumière, indé­fi­nis­sable, ni bleue ni verte, mais tel­le­ment trans­pa­rente et jolie, que Colette tra­duit encore l’impression géné­rale en décla­rant : On est bien en France, tout de même ! Ici, c’est ravis­sant. On n’a plus envie de s’en aller.

— Pour le moment, restons-​​y, répond maman, qui jouit encore plus du pay­sage que les enfants.

Voyez-​​vous, là, sur le coteau, la cathé­drale ? À côté, dans le groupe de mai­sons, c’est l’ancien évê­ché de saint Fran­çois de Sales. Et plus haut, cette cha­pelle est celle du pre­mier monas­tère de la Visi­ta­tion, qu’il fonda avec sainte Jeanne de Chantal.

Ber­nard, debout, pivote sur lui-​​même.

— C’est rageant d’être tou­jours pressé. Il fau­drait tout voir ici, la ville et la mon­tagne. Ce que j’aimerais m’enfoncer là-​​bas, en pleines neiges, à tra­vers les routes que par­cou­rait saint Fran­çois de Sales, quand il tenait tête à tous ces enra­gés cal­vi­nistes, qui ont plu­sieurs fois essayé de l’assassiner.

— Je le croyais si doux, saint Fran­çois de Sales ! dit Jean.

Coloriage : Saint François de Sale pour les enfants et les louveteaux

Il se dépouillait pour secou­rir les pauvres ; il n’épargna même pas l’argenterie de sa cha­pelle, don­nant à l’un les burettes, à l’autre les chandeliers.

— Je n’ai jamais dit le contraire. Il était d’une patience héroïque, d’une bonté par­faite, don­nant aux pauvres jusqu’à son argen­te­rie, jusqu’aux burettes de sa cha­pelle, mais aussi d’une fer­meté qui valait tout le reste. Les pro­tes­tants l’ont bien senti. Il a ramené à la Foi des aïeux une grande par­tie des habi­tants de ce mer­veilleux pays.
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∼∼ XXIII ∼∼

Une main vigou­reuse, posée sur l’épaule de Ber­nard, le fait tres­sau­ter. Il se retourne brus­que­ment et se trouve en face de trois amis : le chef des Rou­tiers, suivi de Maxi­min et du petit André.

— Peste ! dit Henri. Quel sérieux ! Nous vous regar­dons depuis un moment. Vous avez l’air de deux conspirateurs.

— Nous cau­sions bien, c’est vrai, sans conspi­rer pour cela.

— On peut savoir le sujet de cette confé­rence ? demande « Tar­ta­rin » avec un rien d’ironie, mêlée à son jovial sourire.

— Bien sûr.

Quelques minutes après, le sujet en ques­tion était repris à cinq, non sans une ardente animation.

Le chef dit bien­tôt : Lais­sons ces apos­ta­sies et ces fai­blesses qui suivent tou­jours l’abandon du devoir et de la vérité. Dieu, lui, n’abandonne jamais la barque de Pierre. Nous devons nous le répé­ter inces­sam­ment. Voyons donc com­ment l’Église a tra­vaillé pour répa­rer tant de ruines.

Dès le début du XVIe siècle, le concile tenu au Latran avait posé les bases d’une réforme reli­gieuse tout autre que les folles idées de Luther. Mal­heu­reu­se­ment, les esprits demeu­raient alors si éblouis par le mou­ve­ment de la Renais­sance, qu’ils étaient bien peu capables de s’intéresser aux meilleurs projets.

Enfin, le Pape Paul III convoque un nou­veau concile, que conti­nue­ront Jules III et Pie IV. C’est le Concile de Trente, le plus beau peut-​​être de l’Histoire de l’Église, et le dix-​​huitième concile œcu­mé­nique. Il ne sera clos qu’au bout de dix-​​huit ans.

— Dix-​​huit ans ! Qu’est-ce que tu nous chantes ?

— La vérité, tout bon­ne­ment. Le concile fut inter­rompu à deux reprises par la force des cir­cons­tances, mais cela même ser­vit à mûrir tout ce qui était l’objet des délibérations.

Les ques­tions sou­le­vées par les pro­tes­tants, toutes les réformes utiles à intro­duire dans l’Église, seront étu­diées, mises au point, avec une clarté, une net­teté irré­fu­tables. Autour de ce concile, nous allons voir briller, comme des lumières ardentes, une flo­rai­son de saints.

Les plus remar­quables de ce siècle appar­tiennent à l’Espagne. C’est comme une récom­pense de la lutte héroïque, sou­te­nue par les royaumes du nord de ce pays contre les Maures. Repous­sés peu à peu, mais à quel prix, ceux-​​ci sont enfin chas­sés, par Fer­di­nand le Catho­lique, de Gre­nade et de l’Andalousie. Ceci se pas­sait à la fin du XVe siècle ; depuis lors, l’Espagne avait connu des années de grande pros­pé­rité. C’est à son ser­vice que Chris­tophe Colomb venait de décou­vrir l’Amérique.

— Mais tu par­lais des saints. Chris­tophe Colomb n’est pas cano­nisé, que je sache.

— Attends donc un peu. Et saint Ignace de Loyola, est-​​il cano­nisé ? Vous connais­sez l’histoire de ce jeune sei­gneur espa­gnol. Il avait été chargé de diri­ger l’héroïque défense de la ville de Pam­pe­lune. Il y fut gra­ve­ment blessé. Pen­dant sa conva­les­cence, la Sainte Vierge lui appa­rut. Éclairé d’en haut, il réso­lut de faire pas­ser au ser­vice du Christ et de sa Mère tout ce qui, jusqu’alors, fai­sait battre son âme de che­va­lier. Il ne lut­tera plus pour la gloire des armes, mais pour la gloire de Dieu !

Venu étu­dier à l’Université de Paris, il y ren­contre un com­pa­triote, autre grand sei­gneur. C’est Fran­çois de Xavier, à qui tout sou­rit, et qui rêve d’ajouter les suc­cès lit­té­raires à l’honneur de son nom.

— Le pauvre ! dit Ber­nard, il avait compté sans le zèle de son nou­vel ami, qui ne cesse de faire son­ner à son oreille le mot de l’Évangile : « Que sert à l’homme de gagner l’univers, s’il vient à perdre son âme ? »

— Tout juste. Xavier pro­teste, mais la parole divine fait son chemin.

Le 15 août 1354, il est parmi le petit groupe qui suit Ignace sur la route mon­tante condui­sant à Mont­martre. Là, dans une vieille église, tous vont s’engager à renon­cer aux richesses, aux hon­neurs, pour deve­nir à tra­vers le monde les che­va­liers, les « Com­pa­gnons de Jésus ».

Sol­dats du Christ et du Pape, les Jésuites, en quelques années, don­ne­ront au monde d’étonnants exemples de sain­teté. Théo­lo­giens de forte et sûre doc­trine, leur rôle au concile sera de pre­mier ordre.

Pré­di­ca­teurs d’une rare vigueur, comme saint Pierre Cani­sius, entre autres, ils ramè­ne­ront à la Foi un grand nombre d’hérétiques.

Mis­sion­naires incom­pa­rables, ils iront, à la suite de saint Fran­çois Xavier, évan­gé­li­ser les Indes, le Japon, la Chine,… don­nant ainsi à l’Église des fils plus nom­breux que ceux qui, en Europe, l’ont abandonnée.

Sur­tout, les Jésuites feront preuve d’une obéis­sance magna­nime aux ordres du Vicaire du Christ, et ce sera comme une réponse à la révolte pro­tes­tante. Cette dis­ci­pline contri­buera, pen­dant les siècles sui­vants, à affer­mir la Foi catho­lique et romaine, parmi l’élite de la jeu­nesse, éle­vée dans leurs col­lèges et impré­gnée de leur esprit.

Maxi­min ne dit rien, mais un pli aux lèvres lui donne une expres­sion sceptique.

— Tu ne me crois pas ? demande Henri gaiement.

— Je te trouve exa­géré ; tu as été élevé chez « eux », pardi !

— Moi ! Ah ! mais pas du tout. Seule­ment, j’ai appris mon his­toire, autre­ment que dans nos seuls manuels. Le soir, avec mon père, nous cau­sions ; il m’obligeait à tout appro­fon­dir loya­le­ment. Je n’en fai­sais du reste aucun mys­tère, et comme j’étais, grâce à cela, plus fort que d’autres, mes places me valaient une entière et joyeuse indépendance.

Étu­die ainsi, crois-​​moi, tu ver­ras comme les choses s’éclairent. Conti­nuez à lire »

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∼∼ XXII ∼∼

La famille, de nou­veau, boucle les valises. Tout le monde sait que les gar­çons n’ont aucune dis­po­si­tion pour les opé­ra­tions de ce genre. Mais Ber­nard et Jean sont du moins très capables de se débrouiller pour l’affaire du billet col­lec­tif à la gare, tan­dis que papa va s’occuper du visa des pas­se­ports. Et vite, nos deux insé­pa­rables ont joint la via Nazio­nale, ayant la per­mis­sion, une fois leur mis­sion rem­plie, de pro­fi­ter encore un peu des inépui­sables tré­sors de Rome.

En effet, non loin de la gare, les Thermes de Dio­clé­tien les attirent ; l’église de Sainte-​​Marie des Anges en occupe une par­tie ; l’autre, qui avait été trans­for­mée en couvent des Char­treux, est main­te­nant un musée. Le cloître s’ouvre sur un déli­cieux jar­din, tout encom­bré de débris antiques.

Et voici les deux cou­sins, assis à l’ombre pour se repo­ser, qui se remettent à phi­lo­so­pher, car déci­dé­ment ils y ont pris goût.

Devant ces restes d’un loin­tain passé, Jean s’étonne des folies du paga­nisme ; mais Ber­nard fait remarquer :

— Dans tout ce qui nous a frap­pés en ces der­nières semaines, je trouve sur­tout éton­nant que des hommes vivant depuis la venue de Notre-​​Seigneur dans la lumière de l’Évangile aient pu s’en détour­ner au point de som­brer dans l’erreur. Comme le disait ton père, l’autre jour, l’aveuglement de la pas­sion, l’obstination, l’orgueil sur­tout peuvent seuls expli­quer ce qui, pour moi, demeure un phénomène.

— A qui penses-​​tu en me disant cela ?

— A Luther, à Cal­vin, à tant de gens endia­blés, c’est le mot, qui ont mis l’Église à feu et à sang. Mon cher pro­fes­seur, l’abbé G…, était pour­tant bien clair quand il résu­mait l’hérésie pro­tes­tante ; cepen­dant, cette, révolte reste tou­jours comme une chose inouïe dans mon esprit.

— Je ne puis pas en dire autant, mon vieux Ber­nard, pour une bonne rai­son, c’est que mon esprit, à moi, n’en a jamais été fort occupé. Que racon­tait donc ton abbé G… ?

— Qu’au XVIe siècle, les fai­blesses de plu­sieurs ren­daient néces­saires cer­taines réformes dans l’Église. Il expli­quait les choses à peu près dans ce sens : deux sortes d’esprits dési­raient une réforme : les vrais enfants de l’Église, qui l’attendent hum­ble­ment, com­pre­nant qu’ils doivent com­men­cer par se réfor­mer eux-​​mêmes ; et puis, les esprits pleins d’orgueil, qui s’imaginent être char­gés de régen­ter le monde à leur guise, au lieu de croire aux pro­messes faites par Notre-​​Seigneur à son Église. Tel Luther, ce moine orgueilleux, tenace, qui allait faire de si affreux ravages. Il com­mence par sus­ci­ter une que­relle au sujet des indulgences.

— Com­ment ne l’a-t-on pas arrêté dès le début ?

— Va donc arrê­ter ce diable d’homme ! On a tout essayé. Le Pape Léon X lui envoie des car­di­naux pour ten­ter de l’éclairer. Il répond à tout par des gros­siè­re­tés et des injures, qu’il sème ensuite dans l’Allemagne entière. Il se dit chargé d’une pré­ten­due réforme de l’Église, et le Saint-​​Père patiente, attend pen­dant trois ans avant de condam­ner ses erreurs. La bulle (autre­ment dit l’écrit qui les condamne enfin) est brû­lée publi­que­ment par Luther et ses par­ti­sans ! As-​​tu idée de cela ? Conti­nuez à lire »

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∼∼ XXI ∼∼

De loin en loin, durant ce long voyage, le bon Curé de L… a écrit à ses parois­siens, qui le tiennent d’ailleurs fidè­le­ment au cou­rant de leurs pro­jets de retour.

Un soir, Colette est priée de prendre la plume. Mal­gré ses dix ans son­nés et son stylo neuf, elle n’a pas beau­coup changé sa manière d’écrire. Elle com­mence cepen­dant par un cor­rect : Mon­sieur le Curé,… mais reprend tout de suite son allure personnelle.

« Je me demande un peu pour­quoi c’est tou­jours moi qui suis char­gée de vous apprendre les grands évé­ne­ments. Et, avec ça, les gar­çons pré­tendent que j’écris comme un chat. Alors, entre nous, je crois que c’est encore mieux que leurs pattes de mouches ! Enfin, moi, ça m’arrange, parce que j’aime tant vous faire devi­ner les nouvelles.

Cher­chez, mon­sieur le Curé, cher­chez… Qu’est-ce que je vais vous annon­cer aujourd’hui ? Ça y est !… vous avez trouvé, nous avons vu le Saint-​​Père !

C’est le plus grand des deux évé­ne­ments ; l’autre, c’est que nous serons en France la semaine pro­chaine et chez vous dans quinze jours.

Alors, vous com­pre­nez, on saute, on danse, on est tel­le­ment content !

Vous dites bien sûr : « Du calme, Colette ! Raconte donc au lieu de sauter. »

Le vatican et les gardes suisses pour les enfantsHé bien ! voilà ! C’est avec le pèle­ri­nage du bateau que papa a obtenu que nous ayons une audience. Maman et tante Jeanne se sont habillées en noir avec des man­tilles sur la tête, nous, les « demoi­selles », en blanc. On nous a fait pas­ser par la « Porte de Bronze », et défi­ler entre les gardes suisses. Ils sont habillés en cos­tumes tout en bandes de dif­fé­rentes cou­leurs. Ils ont des casques et des hal­le­bardes. Les gar­çons ont pré­tendu que je les regar­dais avec des yeux ronds comme des phares d’autos ! Ces gar­çons ne pensent qu’aux machines, c’est ridicule !

Ensuite, il a fallu mon­ter le beau grand esca­lier. Tout le monde com­men­çait à être inti­midé. Nous voilà dans une grande salle, très haute, avec des pein­tures par­tout, et des ser­vi­teurs qui vont et viennent, tout habillés de damas rouge. Encore une autre grande salle. C’est là que le pèle­ri­nage doit attendre, long­temps. Il y a quelques bancs le long des murs ; on fait asseoir maman et d’autres per­sonnes fatiguées.

On ne dit pas grand’chose. On est trop saisi.

Mais, quand la porte s’est ouverte et que le Pape a paru tout blanc, entre des mon­sei­gneurs en man­teaux vio­lets, et des mes­sieurs qui s’appellent des camé­riers, et puis que nous avons pensé : C’est lui qui repré­sente le Bon Dieu sur la terre et qui est son Vicaire. J’étais contente, contente. Et je pense que c’était pour tout le monde pareil ; papa parais­sait très pâle et Ber­nard avait sa drôle de tête, comme le jour de ma pre­mière Com­mu­nion.
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∼∼XX ∼∼

Colette, les yeux brillants, les joues rouges, de son mou­choir minus­cule se tam­pon­nant le front, entre, Annie sur les talons, dans le tout petit jar­din atte­nant à l’hôtel. Là, sous l’ombrage des oran­gers et des lauriers-​​roses, maman tra­vaille paisiblement.

— Oh ! quel dom­mage que ce méchant doc­teur vous oblige à res­ter ici, maman. Si vous saviez ce que nous avons vu !

— Nous avons couru, couru, inter­rompt Annie. Main­te­nant qu’on va par­tir, les gar­çons veulent aller par­tout. Nous deux, nous n’en pou­vons plus.

— Mais si j’en peux encore, moi, pro­teste Colette. Ce n’est pas parce qu’on a un peu chaud qu’on n’est plus bon à rien.

— Voyons, asseyez-​​vous toutes deux et contez-​​moi votre matinée.

—D’abord, nous sommes allés à la messe, à l’église qu’on appelle Sainte-​​Marie-​​Majeure, et nous avons com­mu­nié tout près, tout près de la Crèche du petit Jésus. On voit très dis­tinc­te­ment (c’est éclairé) quelques pauvres vieilles planches ; alors, vous com­pre­nez, quand on pense que Celui qu’on a dans son cœur, après la com­mu­nion, et qui est le Roi de tous les rois, a cou­ché sur ce bois dur, on vou­drait le lui faire oublier à force de l’aimer.

Les deux fillettes racontent la visite de Rome - St Jean de Latran

Basi­lique Saint-​​Jean de Latran à Rome.

Maman sou­rit doucement.

— Et après, Colette ?

— Après, papa nous fait déjeu­ner au galop… Ça c’est exact, Annie peut le dire… Ensuite, en tram, nous arri­vons à l’église Sainte-​​Croix de Jérusalem.

Et, maman, croyez-​​vous ? nous y avons vu la grande relique de la Croix, sur laquelle Notre-​​Seigneur est mort, et un des clous qui a percé ses mains et une longue épine. On regarde de tout près, on peut tou­cher le clou. La Vraie Croix ! les vrais clous ! Est-​​ce pos­sible ! Ce bois, le sang de Jésus a coulé des­sus, et ce clou a déchiré ses mains ou ses pieds.

Alors on prie, mais une prière sans mots, toute avec le cœur. Explique à ton tour, Annie. Dis où nous sommes allés ensuite.

— Mon oncle a voulu que nous nous asseyions dans le square qui est très tran­quille, pour nous faire regar­der de loin la grande façade de Saint-​​Jean de Latran, domi­née par je ne sais com­bien de statues.

Puis, il a fallu repar­tir et aller jusque-​​là, pré­cise Annie, qui déci­dé­ment trouve qu’on se pro­mène un peu trop.

Colette ne par­tage pas son avis :

— Bien sûr, « on » y est allé. Et c’est joli­ment inté­res­sant. Vous savez, maman, que c’est Constan­tin qui a bâti là la pre­mière basi­lique et le palais des Papes. Ils y ont habité (les Papes, pas Constan­tin) du IVe au XIVe siècle.

— A la bonne heure, Colette ! Vous a-​​t-​​on dit aussi com­ment, à cause de cette ancien­neté, on appelle la basi­lique de Saint-​​Jean de Latran « Mère et maî­tresse des autres églises » ?

— Oui, tante. Et Annie ajoute : Il parait que les bar­bares ont bien sac­cagé tout cela ; alors, au XIVe siècle, les Papes se sont déci­dés à faire construire le palais actuel du Vatican.

— Entre temps, mes enfants, il y avait eu le grand schisme d’Occident.

— Ça, j’ai entendu papa qui en par­lait avec les gar­çons, mais j’ai trouvé que c’était bien com­pli­qué. Je ne suis pas sûre d’avoir com­pris. Et toi, Annie ?

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