Jésus, invité à des noces, s’y rendit, ainsi que sa Mère, et ses Apôtres. Vers la fin du repas, le vin manqua. Marie, ayant pitié des jeunes époux que cela devait humilier, dit à Jésus ces simples mots : « Ils n’ont plus de vin ! » Jésus, après avoir répondu : « Mon heure…
Et maintenant une histoire ! Posts
En l’an 203, durant la persécution de l’empereur Sévère, Perpétue et Félicité, qui vivaient en Afrique, furent arrêtées et jetées dans une prison obscure. C’est en ce lieu qu’on les baptisa, car elles étaient encore simples catéchumènes. Quelques jours plus tard, elles furent conduites sur la place publique et, après une glorieuse confession de la foi, condamnées aux bêtes par le procurateur Hilarion. C’est avec joie qu’elles revinrent de la place à la prison, où diverses visions affermirent encore leur courage et les embrasèrent d’ardeur pour la palme du martyre. Sans aucun égard pour leur qualité de jeunes mères, on les produisit dans l’amphithéâtre. Elles se virent un moment le jouet d’une vache furieuse qui les couvrit de blessures et les foula aux pieds. On donna l’ordre de les achever à coups de glaive. De Carthage leur culte s’étendit à Rome, puis à l’Italie entière.
Conte pour l’Épiphanie
DE son palais aux multiples colonnes de porphyre, aux vastes toits plats qui formaient des terrasses, aux salles à fresques ornées de personnages, Gaspard, le Roi Mage, venait de partir.
Monté sur un chameau richement caparaçonné, escorté des esclaves aux torses de bronze, Gaspard s’en allait, de compagnie avec Melchior et Balthasar [1], offrir ses hommages au nouveau Roi dont une merveilleuse étoile leur avait révélé la venue…
Mais voici que, à quelque distance de l’imposant cortège, une forme gracile se glisse… C’est Ninus, le fils de Gaspard ; il vient d’échapper à la surveillance de la reine Makéri, sa mère, toute troublée par les récents adieux de son époux.
Il marche, l’enfant royal, bien décidé à suivre son père, car il a surpris le motif du voyage des trois Mages et il a fermement résolu d’aller adorer, lui aussi, ce nouveau prince… ce prince pour lequel une étoile vient de s’allumer au ciel !…
Mais, avant de se mettre en route, Ninus s’était demandé quel présent il pourrait apporter au futur Maître du monde… Ses jouets de terre cuite ou d’ivoire eussent été trop lourds… son arc et ses flèches trop encombrants… puis, de tout ceci, il possédait une abondance et, par suite, n’y tenait guère… Par contre, il aimait tant la mignonne hirondelle qu’il avait élevée : or, à se priver de ce que l’on aime, le mérite est grand ; Ninus le comprenait déjà, aussi emportait-il son hirondelle pour l’offrir au Roi Jésus. Une hirondelle, quel léger fardeau ! Son petit maître ne sentait pas même son poids lorsqu’elle se posait sur son épaule.
Il marchait toujours, le roitelet ; le soir était venu ; il marchait maintenant à travers la nuit limpide, accrochant parfois sa longue tunique aux buissons de nopals et de jujubiers, frôlant au passage les tiges desséchées des asphodèles ; il marchait, ses yeux fixés vers le sable pour y chercher là trace des pas de la caravane, et ses petits pieds, déjà bien las, s’enfonçaient dans ce sable que les rayons de la lune rendaient rose.
Au jour, la caravane fit halte, et lorsque l’enfant la rejoignit, il se terra, se dissimula afin de passer inaperçu.
— Encore, pensait-il, je ne puis me montrer. Nous ne sommes pas assez éloignés du palais : mon père m’y ferait reconduire.
Et Ninus, après avoir offert à son hirondelle des grains de sénevé dont il avait eu le soin d’emporter une petite provision, se contenta pour lui de quelques figues sèches.

Cependant, après plusieurs heures de repos, les chameaux se remirent en marche ; l’enfant dut repartir aussi, mais, exténué, il laissait grandir la distance entre lui et la caravane ; il se traînait, le roitelet, entre les troncs rugueux des palmiers dont les feuilles, secouées par un simoun aigre, s’agitaient, tels de gigantesques éventails. Malgré cela, un brillant soleil jetait des flèches d’or sur l’herbe rase de l’oasis que les rois et leur suite venaient de quitter…
Puis, plus loin encore, les jambes rompues, le gosier desséché, l’enfant pleura en pensant que ses forces ne lui permettraient pas d’atteindre le lieu de la deuxième étape.
Cette étape, Ninus l’atteignit cependant, mais bien des heures après la caravane, et il était si épuisé qu’il n’eut pas la force de faire les cinq cents pas qui le séparaient de son père ; il avisa près de lui une source, il s’y désaltéra avec son hirondelle et mangea quelques fruits.
— Je vais dormir une heure, pensa-t-il, en s’étendant avec délices sur l’herbe fraiche qui entourait la source et lorsque je serai reposé, j’oserai me présenter devant mon père.
- [1] Noms des deux autres Rois Mages.↩
Après la mort d’Hérode, la Sainte Famille revint en Galilée et s’installa à Nazareth où Joseph reprit son travail de charpentier — Un jour que tous les trois étaient allés à Jérusalem pour une fête, Jésus y resta, à l’insu de ses parents qui, durant trois jours, le cherchèrent partout, inutilement. Ils…
Conduits par une étoile, les rois Mages vinrent d’Orient, de très loin, pour voir ce que cet astre nouveau leur annonçait — Arrivés à Jérusalem, l’étoile disparut. Mais quand ils sortirent de la ville, elle apparut de nouveau, et les guida exactement là où se trouvait Jésus. Se prosternant alors ils adorèrent l’Enfant…
DANS un village d’Orient où ils étaient nés et où ils avaient toujours vécu, personne certainement ne connaissait, mieux les étoiles que le petit berger Rhaël et sa sœur Noémie. Ils les avaient si souvent contemplées pendant les belles nuits chaudes, alors qu’ils couchaient en plein air, à côté de leurs troupeaux.
Rhaël et Noémie étaient pauvres et orphelins, mais ils n’étaient pas malheureux, car ils s’aimaient tendrement, et savaient se contenter de leur très humble position.
Ils avaient de petites âmes très poétiques et un vif sentiment du beau et de l’idéal ; c’est pourquoi les étoiles du ciel les attiraient par leur clarté et leur mystère.
Ils les appelaient par leurs noms, savaient l’heure d’après leur position sur l’horizon, et s’en servaient très bien pour se guider.
Aussi, quel ne fut, pas leur étonnement, une nuit, d’en apercevoir une nouvelle qu’ils n’avaient encore jamais vue !
Elle était petite, mais très brillante et paraissait lointaine.
Le lendemain, l’étoile était un peu plus grosse et paraissait plus près, et il en fut de même les nuits suivantes : l’astre grandissait, et se rapprochait visiblement.

Les petits bergers étaient ravis d’étonnement et d’admiration et formaient mille conjectures concernant ce phénomène ; mais ils n’en parlaient à personne ; d’abord, ils vivaient presque toujours dans la solitude, éloignés de toute habitation, et puis ils étaient peu communicatifs, se suffisant parfaitement l’un à l’autre.
Maintenant, l’étoile occupait toutes leurs pensées ; ils, attendaient la nuit avec impatience pour voir. Elle brillait d’un éclat, incomparable, jetant mille feux comme une escarboucle et montant chaque soir un peu plus haut dans le ciel.




