Gabriel, dont le nom signifie « force de Dieu », est appelé l’Ange de l’Incarnation. C’est lui, en effet, qui fut chargé d’indiquer au prophète Daniel que le Messie naîtrait au bout de soixante-dix semaines d’années. C’est lui qui se présenta devant Zacharie pour lui annoncer la naissance du Précurseur Jean-Baptiste, comme le rapporte l’Évangile de saint Luc : « Un ange du Seigneur lui apparut, debout à droite de l’autel de l’encens. Zacharie fut troublé à cette vue. Mais l’ange lui dit : Ne crains pas, Zacharie, car ta prière a été exaucée et ta femme Elisabeth te donnera un fils que tu appelleras Jean. Il sera pour toi un sujet de joie et d’allégresse, et beaucoup se réjouiront de sa naissance ; car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira ni vin ni rien qui enivre, et il sera rempli de l’Esprit-Saint dès le sein de sa mère. Il ramènera beaucoup de fils d’Israël au Seigneur leur Dieu et lui-même marchera devant lui dans l’esprit et la puissance d’Élie, pour ramener les cœurs des pères vers les enfants et les indociles à la sagesse des justes, afin de préparer au Seigneur un peuple parfait… Je suis Gabriel, qui me tiens devant Dieu ; j’ai été envoyé pour te parler et t’annoncer cette bonne nouvelle… » Enfin, c’est encore Gabriel qui reçut la sublime mission de prévenir la Vierge Marie de sa future maternité divine, comme nous le rappellera demain la fête de l’Annonciation.
Ce songe a été raconté par Don Bosco à ses élèves en 1867 :
« Dans la nuit du 29 au 30 mai, dit le Saint, je me trouvais dans une immense plaine peuplée de brebis. Je me demandais à qui pouvait bien appartenir une telle multitude d’animaux lorsque j’aperçus tout à coup près de moi un berger appuyé sur son bâton. Je lui demandai à qui était ce troupeau. Il me répondit de ne pas m’en inquiéter, que je le saurais plus tard. Guidé par lui je me mis à parcourir la plaine et à examiner les bêtes. Ici de superbes brebis broutaient, à l’ombre de grands arbres, une herbe verte et épaisse. Un peu plus loin, un grand nombre d’autres, plus ou moins malades, cherchaient leur nourriture dans des coins remplis de pierres et de ronces où ne se trouvait pas un brin d’herbe fraîche. Je demandai quelques explications à mon guide. Il se contenta de me répondre : « Tu n’es pas fait pour conduire ce troupeau. Je vais te montrer celui que tu dois faire paître. » Et il me conduisit dans une autre partie de la plaine, couverte de broussailles, où des milliers d’agneaux paissaient, maigres et le corps couvert de plaies. Chose curieuse, ils avaient de longues cornes comme de vieux béliers, et toutes se terminaient par une sorte d’S.
« Comment se fait-il, demandai-je, que des agneaux si jeunes aient des cornes pareilles ? — Regarde plus attentivement », me répondit le berger. Je regardai à nouveau et vis que leur corps était couvert de chiffres représentant un 3. « Qu’est-ce que tout cela signifie ? » demandai-je à nouveau. « Voici, reprit l’homme. Cette plaine immense représente
Vierge à l’Enfant qui donne un Rosaire à deux enfants
Oui, clame Jacqueline indignée, je l’ai entendu !
– Que disait-il, enfin ?
– Il s’était disputé avec Michel Bougre qui voulait profiter de son agilité pour l’envoyer grimper au noyer. Michel était parti en bougonnant, et le petit « Noir » a dit entre ses dents : « Li méchant boy ; mais moi prendre mitraillette, et pan-pan-pan !… li devenir bon ! »
Ghislaine et Paulette sont affolées :
« Une mitraillette ! Il va le tuer !
– Il ne semble pourtant pas méchant, ce petit », murmure Odette.
Il a même l’air fort gentil, Joseph, authentique négrillon, débarqué avant-hier au village avec le Père Duchesne revenu voir sa vieille maman. Le missionnaire – un gars du pays qui fut à l’école avec tous les papas des enfants d’aujourd’hui, et arrive droit d’Afrique – était joyeusement attendu par tout le petit monde de Riveclaire, friand d’histoires de nègres et de sorciers… Mais quand on le vit accompagné de son boy Joseph, ce fut du délire : chacun voulait voir et approcher ce petit noir en chair et en os, avec des cheveux crépus, un nez épaté, des yeux malicieux et des dents éclatantes de blancheur dans sa figure chocolat. Bientôt s’engagèrent des conversations désopilantes, en un impayable français ponctué de rires sonores… puis ce furent, avec les garçons, des parties de cache-cache et de balle au camp, sous l’œil envieux
On raconte qu’il y avait à Rome une noble veuve, plus riche de vertus que fortunée, et grandement désireuse de marier sa fille avant de mourir. Hélas, ce n’est pas chose aisée lorsqu’on n’a qu’une maigre dot à offrir aux prétendants ! Cependant, cette pieuse chrétienne se sentait vieillir et chaque jour elle s’inquiétait davantage de l’avenir de son unique enfant. Comme cette dernière était encore jeune et, dit-on, fort jolie, elle décida de tenter un grand coup en mettant saint Antoine de Padoue dans l’affaire.
Ne trouve-t-on pas la statue de l’illustre prédicateur dans toutes les églises du monde ? C’est, à n’en pas douter, parce qu’il jouit d’un crédit tout particulier au ciel ! On prétend même qu’en Italie les fidèles ont en lui une confiance telle que beaucoup n’hésitent pas à le faire passer avant le Bon Dieu ! L’intéresser à ce mariage si désiré était donc, pour la noble famille romaine, miser sur le succès. Aussi la mère et la fille commencèrent-elles leur neuvaine avec une foi à transporter les montagnes ! Et tandis que leur prière montait vers le Saint elles se disaient l’une et l’autre : « Il va nous exaucer ! Dans huit jours, neuf au plus, le candidat que nous attendons sera là ! »
Cependant les jours de la neuvaine passent, la semaine se termine et personne ne se présente… Saint Antoine serait-il devenu dur d’oreille avec les années, ou son cœur se serait-il endurci ? Le désappointement de ses deux dévotes est d’autant plus vif que leur confiance en lui avait été plus entière…
Au soir du neuvième jour, la fille, désespérée, prend la statue de l’humble fils de saint François et commence à se plaindre amèrement à lui, un peu à la manière des Napolitains lorsqu’ils s’adressent à saint Janvier le jour de sa fête !
Il faut savoir que ce jour-là, l’archevêque de Naples approche la tête du martyr d’un petit flacon rempli de son sang et qu’après un moment d’attente et de prière le liquide se met à bouillonner comme s’il était frais. Parfois cependant le Saint tarde à opérer le miracle… Alors les Napolitains, dont le sang bout naturellement toute l’année… se
Le vieux curé était resté au confessionnal jusqu’à la tombée de la nuit, jusqu’à ce que le dernier pécheur eût quitté l’église. Cependant, il décida d’attendre encore un peu, au cas où un pénitent en retard se présenterait encore.
Il était fatigué et malgré lui ses paupières se fermaient.
Tout à coup, il sursauta. La porte de l’église avait bougé ; peut-être n’était-ce qu’un coup de vent car la tempête faisait rage autour de la maison de Dieu. Mais une silhouette se détachait sur le mur : un homme s’avançait. Son pas résonnait de façon étrange sur les dalles, comme s’il avait une jambe de bois. Il avait relevé le col de son manteau, et à travers les grilles du confessionnal, le prêtre ne put distinguer du visage que deux yeux au regard sombre. L’étranger entra dans le confessionnal après une brève hésitation et s’agenouilla.
« Quand vous êtes-vous confessé pour la dernière fois ? » demanda le prêtre.
« Je n’ai encore jamais reçu ce sacrement » répliqua l’homme d’une voix étouffée.
« Jamais, dites-vous ? »
« Jamais. »
« Quel âge avez-vous donc ? »
« Je ne sais pas, il y a beau temps que j’ai cessé de compter les années. »
« Mais vous devez bien savoir à peu près votre âge ? »
« Une demi-éternité. »
« Bien, disons alors soixante-dix ans ! De quoi vous accusez-vous ? »
« J’ai été orgueilleux » répliqua le pécheur.
« Rien d’autre ? » insista le prêtre, étonné. « Vous n’avez été orgueilleux qu’une seule fois durant toutes ces années ? »
« Oui, une seule fois seulement. »
« Et rien d’autre ? »
« J’ai été envieux. »
« Envieux ? »
« Oui, envieux. J’étais jaloux de tout le monde. »
Parmi les plus belles processions du Saint-Sacrement, je place celle que j’ai faite un jour comme vicaire d’une paroisse. Elle ne comptait pas beaucoup de monde : Jésus, le petit Pierrot et moi. Je vais vous la raconter.
J’étais arrivé depuis quelques jours dans la paroisse. Un soir, M. le Curé me dit : « Demain, il faudra porter la sainte communion aux malades. » Il y avait cinq malades à voir, et chacun habitait dans une autre rue. Pour m’indiquer le chemin et les maisons, M. le Curé me donna Pierrot, car les enfants de chœur étaient déjà à l’école à cette heure, et le sacristain ne pouvait pas venir.
Pierrot était un petit bout d’homme ; cinq ans, à peine, mais il avait de l’esprit. Je vis cela tout de suite quand il se présenta à la sacristie le matin. Poliment il me donna la main et salua : « Bonjour, M. l’Abbé ». Il me semblait l’avoir déjà vu à l’église, probablement, parmi les élèves de la petite classe.
Dans cette paroisse de ville, le prêtre porte la communion aux malades sans que cela se remarque, c’est pourquoi, en chemin, je questionnai mon petit compagnon.
« Eh bien, Pierrot, sais-tu qui j’ai avec moi ? »
— Oh, oui, c’est Jésus, répondit-il. — Mais où donc est-il, on n’en voit rien du tout ? — Il est là, dans l’hostie, dit-il en montrant ma poitrine sur laquelle je portais le saint Sacrement. — Que penses-tu, que je vais faire de Jésus maintenant ? — Vous le portez aux malades ; à ma grand-maman aussi. »
C’était juste, en effet. Je devais aussi aller chez la grand’maman de Pierrot ! Curieux, je continuai à questionner :