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29 mars 2026Le bienheureux Raymond Lulle, Martyr

Né en 1235 à Pal­ma, dans l’île Majorque, Ray­mond Lulle, après avoir reçu de ses parents une excel­lente édu­ca­tion, se vit admis en qua­li­té de page au ser­vice de Jaime Ier, roi d’A­ra­gon. Il avait alors 14 ans. Voyages, amu­se­ments poé­tiques, plai­sirs de cour, il connut tout cela et s’y lais­sa prendre. Marié et père de deux enfants, il conti­nua encore sa vie dis­si­pée. Enfin, vers 1265, le Christ lui appa­rut et le conquit. Désor­mais, un idéal l’a­ni­ma, celui de conver­tir les infi­dèles, les Arabes sur­tout, et de mou­rir mar­tyr. Pen­dant neuf ans, il étu­dia le latin, l’a­rabe, la phi­lo­so­phie, la théo­lo­gie : il se mit ensuite à publier de nom­breux et savants ouvrages qui lui ont valu le titre de « Doc­teur illu­mi­né ». Puis com­men­ça la série de ses voyages apos­to­liques : Rome, la Terre Sainte, Paris, Mont­pel­lier, l’I­ta­lie, Tunis, Naples, Rome, Gênes, Paris, l’I­ta­lie, l’Es­pagne, Tunis, enfin Bou­gie, où il fut lapi­dé en 1315 en haine de la reli­gion. Le bien­heu­reux Ray­mond Lulle est hono­ré comme mar­tyr dans l’île Majorque, sa patrie, où son corps fut transporté.


Ouvrage : À la découverte de la liturgie avec Bernard et Colette | Auteur : Par un groupe de pères et de mères de familles

Chapitre VIII

Ce matin, le vent d’ouest court en secouant les branches à tra­vers le petit bois. De temps en temps, une rafale fait pas­ser dans l’air sa longue plainte triste, mais les gar­çons s’en moquent bien. Ils sont par­tis, gais comme pin­sons, gau­ler les der­nières châ­taignes, lais­sant leurs sœurs à la maison.

Colette confère avec Bernadette.
 — Veux-tu que nous allions, nous deux, cher­cher Nono ? Nous le condui­rions à l’église, pour lui apprendre ce qu’est la Mai­son du Bon Dieu.

— Mais il fait un temps de chien !

— Et après ! Mets ta cape d’infirmière, et moi, mon man­teau et mon capu­chon ; seule­ment, gare si le vent les gonfle, nous serons enle­vées comme des aéroplanes !

De fait, c’est une tem­pête qu’affrontent les deux sœurs.

Quand, ayant cueilli Nono en che­min, elles pénètrent dans la vieille église, il faut leur effort com­bi­né pour refer­mer la grande porte contre la pous­sée du vent. On entend les mugis­se­ments de la rafale frap­per le long des murs, comme les vagues sur les rochers, les jours de grande marée.

Aus­si, à peine entré, Nono murmure :
 — On est bien ici. Il fait bon !

Se pen­chant vers l’enfant, Ber­na­dette répond :
 — On se sent en sécu­ri­té contre la tem­pête, n’est-ce pas, mon petit ? Je vou­drais que tu com­prennes aus­si com­bien notre âme, bien plus encore que notre corps, est ici à l’abri du dan­ger. Quand l’enfant demeure chez son père, qu’il le sent là, tout proche, il n’a peur de rien. Or nous sommes à l’église, dans la mai­son de notre Père.

— Oui, insiste Colette, le Bon Dieu est par­tout, mais ici, Il nous attend pour que nous puis­sions lui par­ler tout à notre aise. Tu com­prends, Nono, devant le Bon Dieu, il faut se tenir très bien, et, si on a quelque chose à se dire, on le fait tout bas, mais ça n’empêche pas d’expliquer bien respectueusement.
Tu vas d’abord mettre ton doigt dans le béni­tier et faire le signe de la Croix.

La fri­mousse atten­tive se lève ; les yeux disent : Pourquoi ?

Colette a lu la ques­tion. Elle répond :
 — Parce que le signe de la Croix, accom­pa­gné du regret de nos fautes et fait pieu­se­ment avec l’eau bénite, efface nos péchés véniels. Main­te­nant, mettons-nous

Ouvrage : 90 Histoires pour les catéchistes I

L’extrême-onction

Histoire pour le KT : Le Général de Caulaincourt conduisant la charge des cuirassiers à la bataille de la Moskova, le 7 Septembre 1812C’é­tait à la san­glante bataille de la Mos­ko­wa, où Russes et Fran­çais s’é­taient bat­tus avec un achar­ne­ment farouche. Le géné­ral de Cau­lin­court venait d’en­le­ver les posi­tions enne­mies pour la troi­sième fois lorsque la cava­le­rie fran­çaise, ayant à sa tête le capi­taine Bakel, entra comme un oura­gan dans les murs de Boro­di­no. Les Russes la saluèrent par une ter­rible décharge d’ar­tille­rie. Le capi­taine Bakel, bles­sé à la jambe et à l’é­paule, tom­ba de che­val. Ses sol­dats le rele­vèrent et l’emportèrent aus­si­tôt au pas de course sous une pluie de balles. Peu à peu le silence se fit sur le champ de bataille… et le vaillant capi­taine, ouvrant les yeux, sou­rit en enten­dant le clai­ron fran­çais son­ner la vic­toire. « Nous sommes vain­queurs, mur­mu­ra-t-il… J’y comp­tais bien ! »

Cepen­dant le chi­rur­gien man­dé en hâte auprès du bles­sé lais­sa pas­ser vingt-quatre heures avant de venir à son che­vet, tant sa tâche était immense. Comme le sang ne cou­lait plus le major put extraire assez facile­ment la balle logée dans l’é­paule. Il allait se reti­rer en féli­ci­tant le bles­sé de son cou­rage quand celui-ci ajou­ta : « Et ma jambe, vous ne la regar­dez pas ? — Com­ment, dit le chi­rur­gien, une jambe encore après l’é­paule ! Vous faites du luxe !» Et se pen­chant à nou­veau sur le bran­card il décou­vrit le membre malade. Quel effroyable engin avait pu réduire le pied en cet état ? Le cuir des bottes, les chairs hachées, les os broyés, tout cela for­mait une hor­rible plaie affreuse à voir.

« Mon Capi­taine, dit le major, il n’y a qu’une planche de salut ; et sans hési­ter… C’est de vous

Ouvrage : Légende dorée de mes filleuls | Auteur : Daniel-Rops

— Non, je ne tra­hi­rai pas le ser­ment de mon bap­tême ! Non, je n’ac­cep­te­rai pas de reve­nir aux idoles, aux fétiches ! Non, non… je pré­fère mourir !

À quel moment de l’his­toire sommes-nous donc ? À Rome, à l’é­poque des grandes per­sé­cu­tions, et cette jeune voix qui pro­clame ain­si sa foi, est-ce celle d’un frère de sainte Agnès, de sainte Blan­dine ; celle d’un mar­tyr du IIIe ou du IVe siècle ? Nul­le­ment, nous sommes en plein XIXe siècle. Il y a envi­ron soixante-cinq ans. Et où donc ? Regardez.

Les martyrs OugandaisLes jeunes enfants sont noirs, abso­lu­ment noirs, oui de jeunes nègres de qua­torze ou quinze ans. Ali­gnés les uns à côté des autres, une qua­ran­taine, ils sont enfer­més dans des cages en bam­bous ; leur cou est pris dans une fourche et de lourdes pièces de bois leur empri­sonnent un pied et un poi­gnet. Devant eux s’a­gitent des sortes de monstres gro­tesques et hor­ribles en grand nombre ; le visage enduit d’ar­gile rouge, zébré de traî­nées de suie, la tête héris­sée de plumes, des peaux de bêtes atta­chées autour des reins, un col­lier d’os­se­ments bat­tant sur la poi­trine et des gre­lots tin­tant à leurs che­villes, ce sont des sor­ciers. Mais leurs ges­ti­cu­la­tions menaçantes,leurs cris, leurs chants sau­vages, pas plus que les pré­pa­ra­tifs du grand bûcher qu’on élève non loin de là, rien ne peut faire flé­chir le cou­rage de ces jeunes héros du Christ.

Ils mour­ront tous, sans un moment de fai­blesse, sans qu’un seul aban­donne la foi et tra­hisse. Cette his­toire des petits mar­tyrs de l’Ou­gan­da est un des plus beaux cha­pitres de toute la grande his­toire de l’Église… Écoutez-la !

* * *

L’im­mense conti­nent noir, l’A­frique, a été péné­tré par le Chris­tia­nisme sur­tout depuis un siècle… Et cette péné­tra­tion a été l’œuvre d’hommes admi­rables, les Mis­sion­naires, prêtres et moines d’un dévoue­ment sans trêve, d’un cou­rage à toute épreuve, d’une mer­veilleuse bon­té. Aus­si braves quand il s’a­git d’al­ler, en des pays hos­tiles, par­mi des peuples encore sau­vages, pour y semer la bonne parole du Christ, l’Évangile, que patients et bons orga­ni­sa­teurs quand il s’a­git ensuite de vivre au milieu des noirs, pour leur appor­ter non seule­ment l’en­sei­gne­ment chré­tien, mais toutes sortes de secours, les mis­sion­naires ont été, dans toute l’A­frique, de véri­tables conqué­rants paci­fiques qui, sans armes, ont gagné à la civi­li­sa­tion des espaces géants. Aujourd’­hui, il n’est contrée si loin­taine, si per­due, qui n’ait ses Mis­sion­naires. Au Père, les indi­gènes viennent deman­der tout : un conseil, un médi­ca­ment, une pro­tec­tion. Si l’Église a désor­mais des mil­liers de fidèles dans le conti­nent noir, c’est aux Mis­sion­naires que ce grand suc­cès est dû.

Cardinal Lavigerie fondateur des Pères Blancs, missionnairesPar­mi ceux qui ont par­ti­ci­pé le mieux à cette grande tâche se trouvent au pre­mier rang les Pères Blancs. Ils ont été fon­dés par un homme de génie, le Car­di­nal Lavi­ge­rie, tout exprès pour vivre la même vie que les indi­gènes, s’ha­billant comme eux, par­lant leur langue, aidés aus­si par les Sœurs Blanches qui, vivant de la même façon, s’oc­cupent spé­cia­le­ment des femmes et des enfants. « II y a là-bas cent mil­lions d’êtres humains qui attendent le Christ ; je veux les don­ner à Lui ! » s’é­tait écrié un jour Lavi­ge­rie devant le Pape Pie IX. Et, fidèles à cette pro­messe, Pères blancs et Sœurs blanches n’ont pas ces­sé, depuis lors, de tra­vailler à sa réalisation.

Vers 1880, les Pères blancs avaient péné­tré dans l’Ou­gan­da. Savez-vous où se trouve, sur la carte d’A­frique, ce pays ? Regar­dez au sud du Sou­dan et de l’Éthiopie, c’est-à-dire à l’est du conti­nent. Là s’é­tend un immense pla­teau, grand à peu près comme la France, que domine la puis­sante masse du vol­can Elgon. Une magni­fique nappe d’eau, le lac Vic­to­ria, — si vaste qu’il s’y pro­duit de petites marées,— en occupe le sud, et c’est de ce lac que sort une des deux rivières qui, en s’u­nis­sant, vont for­mer le Nil. Ce haut pla­teau, où le cli­mat est frais, où les pluies sont suf­fi­santes sans être exces­sives, ne manque pas de richesses : bana­niers, épices, café, maïs, sor­gho, bœufs et mou­tons y font vivre à l’aise une popu­la­tion qui se déve­loppe. Cette popu­la­tion est for­mée de nègres ; des nègres intel­li­gents, tra­vailleurs, qu’on appelle « bantous ».

Comme la presque tota­li­té des nègres d’A­frique, les ban­tous de l’Ou­gan­da étaient

Ouvrage : Et maintenant une histoire I | Auteur : Mariemy, Eli­sa­beth

Vaillance, maîtrise de soi

Histoire de la maison en feu et du sauvetage du capitaine blesséNe pour­rais-tu pas me racon­ter encore com­ment tu es retour­né dans la mai­son en flammes, pour sau­ver ton chef qui allait mourir ? »

Rémy, sup­pliant, s’ac­croche à la manche de son aîné et insiste :

« Raconte encore ! Il était fort bles­sé à la tête le capi­taine, hein ? »

Le brouillard enve­loppe dou­ce­ment les deux frères, le jeune homme aux larges épaules et le petit gars à peine plus haut que les blés avant la moisson.

La terre mouillée colle à leurs semelles.

Ils vont, côte à côte, à pas lents, au bord d’un champ à demi labouré.

« Ça va, répond le grand Charles, sans quit­ter des yeux sa char­rue qui creuse un long sillon régu­lier der­rière Faraud, le che­val. Laisse-moi ! Dirait-on pas que j’ai fait une action extraordinaire ?

N’im­porte qui aurait ris­qué sa peau de bon cœur pour le capi­taine. Suf­fi­sait de le connaître…

Je l’ai rele­vé ; je l’ai empor­té avec un copain. Ben ! ça se devait. Puis, dans les coups durs — com­ment t’ex­pli­quer ? — y a je n’sais quoi qui vous tient… Enfin, je com­prends. Et la belle affaire d’être à moi­tié chic, pen­dant juste un quart d’heure, une fois ! Vois-tu, mon p’tit, du cou­rage, c’est pas les grands jours qu’il en faut ; c’est du lun­di matin au same­di soir, et encore le dimanche avec ! A l’oc­ca­sion, même, on en a besoin pour des choses de rien du tout.

Je m’rap­pelle une his­toire qu’est arri­vée y a long­temps, je m’pré­pa­rais à ma Com­mu­nion solennelle…

Tu ne t’en sou­viens pas, de tante Angé­lique ? T’es trop jeune. T’a­vais trois ans quand elle a pas­sé, la pauv’femme.

Elle pre­nait déjà de l’âge, c’é­tait la sœur du grand-père.

Ouvrage : À la découverte de la liturgie avec Bernard et Colette | Auteur : Par un groupe de pères et de mères de familles

Chapitre VII

Par un beau matin froid mais clair, la rou­lotte tant espé­rée est par­ve­nue sur la place du village.
André, sans cesse aux aguets, a cou­ru pré­ve­nir ses grands amis, et, aus­si­tôt après déjeu­ner, la troupe, sous l’égide du cou­sin Ber­nard, arrive au grand complet.

Les gar­çons constatent, ô bon­heur ! que la rou­lotte, pauvre mais propre, pos­sède un vieux moteur et se pré­ci­pitent pour en véri­fier la marque.

Pen­dant cette ins­pec­tion, Ber­na­dette, sui­vie des petites filles, frappe à la porte close.

Un minois pas­sa­ble­ment ébou­rif­fé paraît ins­tan­ta­né­ment, et les yeux, crain­tifs d’abord, s’éclairent en recon­nais­sant la jeune fille.

— Bon­jour, mon petit Nono, dit Ber­na­dette en cares­sant affec­tueu­se­ment les che­veux fri­sés. Est-ce que maman est là ?

Rele­vant sa fri­mousse, Nono, sans répondre, fait signe que oui, puis il prend sans façon la main de la jeune fille et la fait entrer.

Annie et Colette hésitent sur le seuil, mais une femme bien maigre, sous d’humbles vête­ments noirs, les traits rava­gés par la souf­france, dit d’une voix chantante :

— Entrez, mes petites demoiselles.

Puis, tour­nant vers Ber­na­dette ses grands yeux noirs sou­dain pleins de larmes, elle ajoute regar­dant les deux petites :
 — Et moi… je n’en ai plus !

Nono a pris un air farouche pour lut­ter contre ses propres larmes. Colette et Annie ont le cœur ser­ré, et il faut toute la dou­ceur de Ber­na­dette, tout l’entrain des gar­çons, qui viennent à la res­cousse, pour adou­cir le pre­mier contact.

Mais, quand on se quitte, c’est avec des au revoir affec­tueux et de bonnes poi­gnées de mains.

Jean a pas­sé son bras sous celui de sa grande sœur.

— Dis, Ber­na­dette, com­ment va-t-on s’arranger pour bien pré­pa­rer ce petit Nono ?

— Il est déjà conve­nu avec maman que nous lui ferons com­prendre à fond son caté­chisme. Vous, la jeu­nesse, débrouillez-vous. Étu­diez votre affaire ; à vous de lui expli­quer la litur­gie du bap­tême et de la