Voulant éprouver la foi de ses disciples, Jésus leur demanda : « Qui dit-on que je suis ? » Les apôtres avancèrent que, malgré tous les miracles qu’il avait accomplis, on ne le reconnaissait pas encore pour le Messie, mais pour un simple prophète. Notre-Seigneur, alors s’adressant aux Apôtres : « Et vous, qui dites-vous que…
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Le combat naval
L'histoire de Ben-Hur, imaginée par un écrivain autour des scènes réelles rapportées par les Évangiles, nous ramène aux premiers temps du Christianisme. Jeune Juif, Ben-Hur a été injustement accusé d'avoir voulu tuer un chef romain. Condamné à ramer sur les galères, il a réussi à mériter l'estime de Quintus Arrius, le commandant, qui pourra sans doute le faire libérer. Mais voici que s'engage un combat naval entre les galères romaines et les bateaux pirates.
1. Le combat se rapprochait. Soudain un corps passa comme un projectile et s’abattit sur le plancher, aux pieds de Ben-Hur. Celui-ci se pencha et vit que le blessé était un Barbare demi-nu, à peau très blanche, à cheveux noirs, qui portait encore, fixé à son bras, un bouclier d’osier. Celui-là, au moins, ne connaîtrait pas le pillage !
En le regardant, Ben-Hur eut peur : « Les ennemis sent probablement en grand nombre ! se disait-il. Que va-t-il advenir de nous ? Fuir ? Hélas ! cela ne servirait à rien. Or, si je veux essayer de retrouver ma mère et ma sœur, il faut que je sois libre, légalement libre. Et cette liberté, un seul homme est assez puissant pour obtenir qu’on me la rende : Quintus Arrius. Faites, Seigneur, qu’il ne meure pas ! Sinon, je suis perdu à jamais ! »
Il leva les yeux. Les galériens avaient lâché leurs avirons. La plupart d’entre eux essayaient, en vain d’ailleurs, de rompre leurs chaînes.
2. Ben-Hur se souvint qu’il n’était pas enchaîné. Alors, sans réfléchir plus longtemps, il se dressa et gravit en courant l’échelle.
Lorsqu’il atteignit le pont, il constata, à la lueur des fanaux, qu’on se battait partout. Les légionnaires[1] continuaient à tomber l’un après l’autre, accablés sous le nombre des assaillants. La mer était couverte de débris de toutes sortes. Au large, des navires éventrés achevaient de sombrer. D’autres projetaient jusqu’au ciel la lueur de leurs incendies.
Ben-Hur crut apercevoir la haute silhouette de Quintus Arrius. À cet instant, il lui sembla que, sous ses pieds, le pont se soulevait avec une rapidité et une force prodigieuse. Il perdit l’équilibre, trébucha, fit quelques pas en titubant. Avec la même rapidité, le pont s’abaissa, puis se brisa. Le jeune homme comprit ce qui se passait : les pirates avaient éperonné la galère romaine, sans se soucier de ceux des leurs qui se trouvaient à bord !
3. Le tintamarre était assourdissant. Le mât s’abattit. Enfin, le pont s’ouvrit. Ben-Hur fut entraîné dans une chute vertigineuse et l’eau se rua sur lui avec un grondement de tonnerre.
- [1] Soldats romains embarqués sur la galère. Les pirates barbares sont leurs assaillants.↩
La tour de Grandcroix (fin)

La reprise des relations entre la famille Verdier et le manoir de Grandcroix fut, comme bien l’on pense, mise aussitôt à profit par Geneviève et ses petits voisins. Dès le lendemain, les enfants du percepteur vinrent chez le marquis, …

… et une partie de cache-cache fut organisée dans les ruines qui se prêtaient admirablement à ce jeu. Lucienne, furetant de droite et de gauche, pour trouver une cachette, en découvrit une qui lui parut merveilleuse. C’était un petit réduit ménagé entre de vieux pans de murs à demi écroulés et dont l’entrée était cachée par un rideau de lierre.

Ayant soulevé le feuillage, la fillette se glissa dans le réduit et se blottit au fond, mais la paroi contre laquelle elle s’appuyait céda tout à coup sous son poids et un éboulement se produisit, Lucienne faillit tomber à la renverse.

Quand elle eut repris son équilibre et que le nuage de poussière se fut dissipé, elle aperçut, à l’endroit où la paroi s’était effondrée, une cavité assez profonde…

… une sorte de placard, dans lequel était posé un coffre bardé de fer et muni de fortes serrures, le tout recouvert d’une épaisse couche de rouille. Lucienne se rendit compte qu’elle avait fait une importante découverte.
La tour de Grandcroix (suite)

La fête de Noël avait eu, pour Geneviève de Grandcroix, un triste lendemain. En écoutant le récit des amabilités et des prévenances dont sa petite-fille avait été entourée dans la famille de ses voisins, le vieux marquis de Grandcroix retrouva ses anciennes craintes.

Il redouta que cet incident ne l’entraînât à nouer lui-même des relations dont il ne voulait à aucun prix. Il regrettait déjà d’avoir accordé cette permission…

… et déclara à Geneviève qu’il entendait qu’on en restât là de part et d’autre.
La petite fille fondit en larmes et essaya une timide protestation ; mais son grand-père fut inflexible.

Orgueilleux et susceptible, il tenait à ne rien devoir à personne. Après un moment de méditation il se rendit à la ville et, malgré l’état d’extrême gêne dans lequel il vivait, fit envoyer à Mme Verdier…

… une superbe corbeille de fleurs avec sa carte, se promettant de réduire encore ses maigres repas, afin de compenser cette dépense trop forte pour lui.

Geneviève profita de son absence pour courir à la haie du jardin et faire signe à ses petits amis de venir lui parler. Ils s’empressèrent d’arriver, et la fillette, sans pouvoir retenir de nouvelles larmes, leur signifia la volonté de son grand-père,

ajoutant que malgré son chagrin, elle devait obéir et qu’à l’avenir, elle ne pourrait même plus venir bavarder avec eux par-dessus la haie. Les jeunes Verdier navrés, se récrièrent…
La tour de Grandcroix

Dans une modeste mais charmante habitation, située en pleine campagne normande, demeurait la famille Verdier, composée du père, de la mère et de quatre enfants : Lucienne âgée de treize ans, déjà sérieuse et raisonnable, Roger, grand garçon de onze ans, Ninette, qui en avait huit, et enfin le petit Paul qui n’en comptait que six. Cette aimable et nombreuse famille n’avait pour tout revenu que les appointements de M. Verdier qui exerçait…

les fonctions de percepteur. Aussi la maman devait-elle réaliser des prodiges d’économie pour parvenir à boucler le budget ; on y’arrivait cependant.

À côté de l’habitation de M. Verdier s’élevait une tour délabrée, dernier vestige d’un château…

qui avait connu des siècles de splendeur. Il était la propriété des comtes de Grandcroix, anciennement hauts et puissants seigneurs, dont les générations successives avaient fait retentir les bois de leurs classes et chevauchées. Cette noble famille était peu à peu tombée en décadence et avait fini par se trouver totalement ruinée.




