Saint Jean l’Évangéliste

Auteur : Fleury Marduel | Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants .

Saint Jean l’Évangéliste est un des douze Apôtres aux­quels Jésus a confié son Église. On l’a appe­lé « l’Évangéliste », parce qu’il a écrit l’un des quatre Évan­giles, livres où nous pou­vons lire la vie de Jésus.

Le papa de Jean s’appelait Zébé­dée ; il était pêcheur et lan­çait ses filets sur les bords du lac de Tibé­riade, un lac si grand qu’on l’appelait quel­que­fois « la mer de Gali­lée » 1 ; il avait des ouvriers pour l’aider et aus­si ses deux fils, Jacques et Jean. Il y avait beau­coup de pois­sons dans ce lac et on les ven­dait bien : c’était donc un tra­vail impor­tant.

Nous savons qu’une autre famille de pêcheurs y tra­vaillait éga­le­ment ; il s’agissait d’un autre Jean qui avait aus­si deux fils : Simon et André. Ces deux familles vivaient en grande ami­tié et s’entraidaient sou­vent dans leurs pêches.

Tout petits, ces gar­çons ont dû jouer sou­vent ensemble ; Simon aimait beau­coup son petit ami Jean qui était le plus jeune de la bande et celui-ci le lui ren­dait bien.

Quand ils furent plus grands, ils enten­dirent par­ler de Jean-Bap­tiste qui appre­nait à ceux qui venaient l’écouter à deve­nir meilleurs et à aimer Dieu de tout leur cœur. Il annon­çait aus­si une belle et grande nou­velle : la venue pro­chaine du Mes­sie, Sau­veur pro­mis dans la Bible et que tous les Juifs atten­daient, d’autant plus que leur pays avait été pris et occu­pé par les Romains et qu’ils espé­raient que le Mes­sie les déli­vre­rait.

Saint Jean, Le premier apôtre à suivre Jésus - Histoire du Nouveau Testament pour les enfants

 

Jean fait la connaissance de Jésus

Les quatre amis devinrent les dis­ciples de Jean-Bap­tiste, tout en conti­nuant à tra­vailler avec leur père. Or, un jour, Jean-Bap­tiste mon­tra à ceux qui l’entouraient un Juif qui s’était joint à eux et il décla­ra : « Voi­ci l’Agneau de Dieu, celui qui ôte les péchés du monde » ; il vou­lait faire com­prendre que le Mes­sie était celui-là.

Jean et son ami André l’entendirent et sui­virent Jésus qui se retour­na et leur deman­da : « Que vou­lez-vous ? »

Embar­ras­sés, ils dirent seule­ment : « Maître, où demeures-tu ? »

— Venez et voyez, répon­dit Jésus.

Alors tous deux l’accompagnèrent et pas­sèrent avec lui la fin de la jour­née ; ils en étaient si contents que, tout de suite, André alla dire à son frère Simon : « Nous avons trou­vé le Mes­sie. » On peut pen­ser que, de son côté, Jean alla trou­ver son frère Jacques car, depuis ce moment, tous les quatre sui­virent Jésus ; Jean et André furent donc les pre­miers Apôtres.

Jean est appe­lé dans l’Évangile : « le dis­ciple que Jésus aimait », sans doute parce qu’il était, plus que les autres dis­ciples très aimant et ardent, peut-être aus­si parce que, très jeune encore, il ne vou­lut dès lors jamais prendre femme afin de réser­ver son cœur entiè­re­ment au Sei­gneur. C’est lui qui nous a racon­té le pre­mier des miracles de Jésus ; c’était à Cana, en Gali­lée, lors d’un repas de noces.

L’intervention de la Sainte Vierge

Peut-être à cause de la pré­sence des dis­ciples qui ont aug­men­té de façon impré­vue le nombre des convives, le vin fut épui­sé avant la fin du repas.

Bonne ména­gère, Marie s’en aper­çoit, avant même le maître de mai­son, et elle vou­drait épar­gner à ses hôtes l’embarras qu’ils éprou­ve­ront sûre­ment de ne pas four­nir à ses invi­tés ce sup­plé­ment de joie qu’apporte le vin dans un repas. Tout dou­ce­ment, elle aver­tit son Fils :

« Ils n’ont plus de vin ! »

Jean entend cette parole et celle de Jésus qui semble ne pas vou­loir s’en occu­per :

« Mon heure (le bon moment), répond-il, n’est pas encore venue. »

Mais la Sainte Vierge ne se trouble pas, très sûre que mal­gré son refus appa­rent, Jésus va s’occuper de cette affaire. Elle s’adresse donc aux ser­vi­teurs et les pré­vient : « Faites tout ce qu’Il vous dira. »

Il y avait là de grands vases pour mettre de l’eau. Jésus dit aux ser­vi­teurs : « Rem­plis­sez d’eau ces urnes, jusqu’en haut. »

Ils obéirent, et Jésus ajou­ta :

« Pui­sez main­te­nant, et por­tez-en à l’intendant du fes­tin (à celui qui était char­gé d’organiser la fête).

Celui-ci goû­ta cette eau chan­gée en vin. Ne sachant d’où il venait, il dit au maître de mai­son :

« Tout le monde sert d’abord le bon vin ; puis quand les convives ont bien bu et se rendent moins compte de ce qu’ils boivent, on sert le moins bon ; mais vous, vous avez gar­dé le bon vin jusqu’à la fin du repas. »

Vous voyez que lorsque Jésus fait des cadeaux, il ne les fait pas « à l’économie ». Et nous n’oublierons pas non plus la puis­sance d’intervention de la Sainte Vierge.

Jean nous pré­cise que ce fut le pre­mier des miracles de Jésus et que c’est à cause de ce miracle que ses dis­ciples crurent en lui. Puis Jésus par­tit avec eux pour com­men­cer ses pré­di­ca­tions en Gali­lée et sa Mère vint avec eux.

Le choix et l’éducation des apôtres

Jusque là, Jean et son frère Jacques, André et Simon conti­nuaient leur tra­vail ; mais un jour où Jésus était sur les bords du lac, il leur dit : « Venez à ma suite et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Aus­si­tôt, ils lais­sèrent leurs filets pour aller avec lui. Par­mi tous ceux qui le sui­vaient, Jésus en appe­la plu­sieurs et choi­sit ain­si ses douze Apôtres ; à Simon, il don­na le nom de Pierre et, plus tard, lui confia le gou­ver­ne­ment de son Église.

Comme le font les bons parents, Jésus remar­quait en cha­cun de ses Apôtres son carac­tère par­ti­cu­lier et ses défauts. Lorsque l’occasion s’en pré­sen­tait, il cher­chait à les cor­ri­ger.

Il n’aime pas les âmes molles ; il avait appe­lé Jacques et Jean « Fils du ton­nerre », à cause de leur ardeur et de leur géné­ro­si­té. Mais cette ardeur même peut deve­nir un défaut si on ne la modère pas. Ain­si un jour, comme ils tra­ver­saient la Sama­rie — pro­vince située entre la Gali­lée et la Judée — Jésus et ses dis­ciples furent mal accueillis dans un vil­lage où l’on refu­sa même de les rece­voir. En effet, les Sama­ri­tains et les Juifs ne s’aimaient pas. Indi­gnés, Jacques et Jean dirent à Jésus : « Sei­gneur, veux-tu que nous com­man­dions au feu de des­cendre du ciel et de les consu­mer » ?

Mais Jésus les gron­da en disant : « Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes. » Il vou­lait dire qu’il était venu sur la terre pour sau­ver les hommes et non pour les perdre. Et tout sim­ple­ment il pas­sa par un autre che­min avec ses Apôtres.

Une autre fois encore, Jean s’était indi­gné et vint le dire à Jésus : « Maître, nous avons vu quelqu’un qui chasse les démons en ton nom et nous l’en avons empê­ché, parce qu’il n’est pas des nôtres. »

Cepen­dant, ceux qui cher­chaient à imi­ter les dis­ciples de Jésus, pen­saient bien faire, et il ne fal­lait pas les blâ­mer. Aus­si, Jésus répon­dit-il : « Ne les empê­chez pas, car il n’y a per­sonne qui, fai­sant un miracle en mon nom, puisse aus­si­tôt mal par­ler de nous. »

Salomé réclame à Jésus une place de choix pour ces fils Jacques et Jean

Pour pré­pa­rer ses Apôtres à leur future mis­sion, Jésus s’entretenait avec eux et il leur par­lait sou­vent du Royaume qu’il allait éta­blir ; comme tous les Juifs qui enten­daient cette annonce, Jean pen­sait qu’il s’agissait d’un royaume de la terre, avec un roi sur un trône et des sei­gneurs tout autour de lui. Ce serait bien agréable, pen­sait-il, d’être ministre dans ce royaume ! Lui et son frère en par­lèrent à leur mère, Salo­mé, pour qu’elle demande au Sei­gneur de leur réser­ver des places.

Salo­mé com­men­ça par se pros­ter­ner aux pieds de Jésus qui lui deman­da ce qu’elle vou­lait.

— Ordonne, lui répon­dit-elle, que dans ton royaume mes deux fils que voi­ci siègent, l’un à ta droite, l’autre à ta gauche. »

Jésus, s’adressant aux deux frères — car il avait bien com­pris que leur mère par­lait de leur part — leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous récla­mez. Pou­vez-vous boire le calice que je vais boire ? »

Le « calice » signi­fiait une grande épreuve ; là, Jésus par­lait des souf­frances qu’il subi­rait et de sa mort sur la Croix.

— Ce calice, nous pou­vons le boire, répon­dirent André et Jean.

Alors Jésus leur dit : « Mon calice, vous le boi­rez. Mais, de sié­ger à ma droite ou à ma gauche, il ne m’appartient pas de vous l’accorder : c’est pour ceux à qui mon Père le des­tine. »

Les autres Apôtres qui avaient tout enten­du, s’indignèrent contre les deux frères qui avaient vou­lu se faire réser­ver les meilleures places alors qu’ils se trou­vaient autant de droits à les avoir. Mais Jésus leur don­na à tous une nou­velle leçon : Vous le savez, chez les païens, les chefs font sen­tir qu’ils sont les plus forts, qu’il faut leur obéir, les ser­vir ; mais pour vous, ce ne sera pas pareil : au contraire, celui qui vou­dra deve­nir grand devra être le ser­vi­teur des autres et, par­lant de lui-même, il ajou­ta : « à l’exemple du Fils de l’Homme qui n’est pas venu pour se faire ser­vir, mais pour ser­vir et don­ner sa vie pour la ran­çon d’une mul­ti­tude ».

L’amour de Jean pour Jésus

Bien loin de se vexer, Jean écou­tait et, depuis ce moment, il n’a plus jamais rien récla­mé. De plus en plus, il aimait son Maître et com­pre­nait mieux son immense amour pour tous les hommes. Il sen­tait bien aus­si que, dans cet amour, il y avait une part spé­ciale pour lui ! Cette pré­di­lec­tion, il s’en ser­vait par­fois, avec une sim­pli­ci­té d’enfant : ain­si le soir où Notre-Sei­gneur célé­bra avec eux sa der­nière Pâque.

Ce fut un repas très solen­nel — la Cène — et ils le prirent dans une belle salle — le Cénacle. — Les convives étaient éten­dus autour de la table, sur des divans comme c’était alors la cou­tume ; Jean s’était pla­cé à côté de Jésus et n’avait qu’un geste à faire pour appuyer sa tête contre sa poi­trine, contre son cœur ; il le fit avec toute sa ten­dresse et nous pou­vons pen­ser que Jésus a dû lui révé­ler les secrets de son amour. Aus­si saint Jean s’est-il effor­cé de nous les faire com­prendre lorsqu’il a écrit son Évan­gile, ses trois Épîtres et son Apo­ca­lypse. C’est ain­si qu’il nous a rap­por­té l’allégorie si tou­chante du Bon Pas­teur — dans laquelle Jésus explique qu’il est le bon et vrai Ber­ger.

Saint Jean, l'apôtre de l'Amour Divin - le Bon Pasteur

Le bon Pasteur

En Orient, et par­ti­cu­liè­re­ment en Pales­tine, on éle­vait de nom­breux trou­peaux, et les ber­gers s’en occu­paient avec beau­coup de soin, non seule­ment pour les nour­rir, mais pour les pré­ser­ver des voleurs et des loups. Quand ils ne les menaient pas aux champs, ils les gar­daient dans des « ber­cails » ou ber­ge­ries.

Jésus s’est com­pa­ré à l’un de ces ber­gers en disant : « Je suis le Bon Pas­teur. Je connais mes bre­bis et mes bre­bis me connaissent. »

Ses bre­bis, ce sont ses dis­ciples, et tous ceux qui plus tard croi­ront aus­si en sa parole. Et quels soins va-t-il prendre de cet immense trou­peau !

C’est lui qui fait sor­tir les bre­bis du ber­cail, de leur loge­ment. Il les appelle cha­cune par son nom ; il marche devant elles pour leur mon­trer le che­min, et elles le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix ; elles ne suivent pas la voix d’un étran­ger.

Quelle dif­fé­rence avec un mer­ce­naire, celui qui est payé pour s’occuper du trou­peau et à qui les bre­bis n’appartiennent pas ! Si un loup vient, il s’enfuit et ne défend pas les bre­bis, parce qu’il ne les aime pas. Il arrive aus­si que des bri­gands viennent, esca­ladent les bar­rières et volent les mou­tons. Tan­dis que le Bon Pas­teur garde la porte et montre le che­min. Ses bre­bis, il les aime tel­le­ment qu’il donne sa vie pour elles.

Il ajoute encore : « J’ai d’autres bre­bis qui ne font pas par­tie de ce ber­cail. Il faut que je les amène, et il n’y aura plus qu’un trou­peau et qu’un pas­teur.

Discours après la Cène

Jean trans­crit pour nous les der­nières paroles que Jésus leur a adres­sées après avoir ins­ti­tué la sainte Eucha­ris­tie et leur avoir fait faire leur pre­mière Com­mu­nion. Il les éta­blit alors ses suc­ces­seurs, leur don­nant le pou­voir de le faire des­cendre sous les appa­rences du pain et du vin et de le don­ner aux chré­tiens ; puis il leur don­na un com­man­de­ment nou­veau : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés », leur dit-il. Or, nous savons jusqu’où Jésus nous a aimés puisqu’il a vou­lu souf­frir et mou­rir sur la croix pour nous sau­ver et nous ouvrir le ciel. Il ne nous laisse pas libres d’observer ou non ce com­man­de­ment : « C’est à ce signe qu’on recon­naî­tra que vous êtes mes dis­ciples, l’amour que vous aurez pour vos frères. » Nous ne pou­vons donc pas être de vrais chré­tiens si nous sommes méchants, désa­gréables ou sim­ple­ment indif­fé­rents pour les autres.

Ce même soir, Jésus annonce aux Apôtres qu’il va par­tir : quel cha­grin pour eux ! Mais il fait encore deux pro­messes :

— Je ne vous lais­se­rai pas orphe­lins ; je revien­drai.

En effet, par la sainte Eucha­ris­tie, Jésus revient dans tous les taber­nacles du monde, par­tout où il y a un prêtre pour l’appeler.

Enfin il pro­met un autre Conso­la­teur, l’Esprit-Saint, pour qu’il demeure tou­jours avec nous. Et Jésus ajoute : « Je vais vous pré­pa­rer une place afin que là où je suis, vous soyez aus­si. » Et, pour nous mon­trer com­bien la vraie prière est puis­sante, il leur dit encore : « Ce que vous deman­de­rez à mon Père en mon nom, il vous l’accordera : deman­dez et vous rece­vrez, afin que votre joie soit par­faite. »

Quand nous prions au nom de Jésus, nous sommes donc sûrs d’être exau­cés ; mais comme Dieu ne veut nous don­ner que ce qui nous est bon, il ne nous accorde pas tou­jours ce que nous deman­dons, mais ce qui est le meilleur pour nous.

Jésus emme­na alors ses apôtres à Geth­sé­ma­ni, un jar­din où ils allaient sou­vent : il pria son Père pour eux et pour tous ceux qui « sur leur parole » croi­raient en lui — donc pour nous tous chré­tiens — deman­dant qu’ils res­tent tous unis. Puis, gar­dant seule­ment avec lui Pierre, Jacques et Jean, il s’enfonça dans le jar­din pour prier.

Jean assis­ta à la tra­hi­son de Judas, à l’arrestation de Jésus et, seul par­mi les Apôtres, le sui­vit jusqu’au Cal­vaire où il se trou­va au pied de la Croix avec la Vierge Marie. C’est là qu’avant de mou­rir, voyant auprès d’elle le dis­ciple qu’il aimait, Jésus dit à Marie : « Femme, voi­là ton fils » et à Jean : « Voi­là ta Mère ». Dès ce moment, Jean la prit avec lui ; il eut donc la grâce de vivre sans cesse auprès de la Sainte Vierge et d’écouter ses ensei­gne­ments qui com­plé­taient ceux de Jésus.

Après la Résurrection

Au matin de Pâques, lorsque les Saintes Femmes reçurent — près du tom­beau vide l’annonce de la résur­rec­tion de Jésus, elles cou­rurent l’apprendre à Pierre et à Jean qui se ren­dirent au tom­beau : Jean y arri­va le pre­mier, mais par défé­rence pour Pierre qui avait été dési­gné comme le chef de l’Église, il n’y entra qu’à sa suite.

Après la Résurrection, Jésus apparait aux apôtres sur le bord du lac de Génésareth

Avec tous les Apôtres, Jean fut témoin des appa­ri­tions de Jésus res­sus­ci­té ; sur les bords du lac où il pêchait avec Pierre, Jean, le pre­mier, recon­naît de loin Jésus sur la berge ; enfin il assis­ta à l’Ascension du Sei­gneur.

Après la Pen­te­côte, il aida Pierre dans ses pré­di­ca­tions ; ils furent arrê­tés ensemble, condam­nés, fla­gel­lés ; mais aus­si­tôt libé­rés, recom­men­cèrent à annon­cer le royaume de Dieu, pro­tes­tant qu’ils « ne pou­vaient taire ce qu’ils ont vu » et « qu’il vaut mieux obéir à Dieu qu’aux hommes ».

Ils res­tèrent quelque temps à Jéru­sa­lem où ils accueillirent saint Paul ; celui-ci avait été mira­cu­leu­se­ment conver­ti sur le che­min de Damas 2mais, avant de com­men­cer à prê­cher Notre-Sei­gneur qu’il n’avait pas connu, il tint à venir voir « Pierre, Jacques et Jean, les colonnes de l’Église ».

La fin de la vie de saint Jean

Sur les bords du lac de Géné­sa­reth, Jésus avait annon­cé à Pierre son mar­tyre ; Pierre, regar­dant son ami Jean, deman­da : « Sei­gneur, et celui-ci ? » Et Jésus répon­dit : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? »

On crut donc long­temps que le Sei­gneur avait pré­dit que Jean ne mour­rait pas ; mais le Sei­gneur avait seule­ment dit : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne… »

Les détails manquent sur les der­nières années de saint Jean ; nous savons qu’à la fin de sa vie, il vint à Ephèse 3 où il eut un dis­ciple célèbre : saint Poly­carpe. À son tour, saint Poly­carpe for­ma un grand évêque, saint Iré­née qui est venu en Gaule où il a fon­dé à Lyon notre pre­mier centre chré­tien. Nous sommes donc presque direc­te­ment, en France, les fils de saint Jean l’Évangéliste.

Outre son Évan­gile, saint Jean nous a lais­sé trois Épîtres (ou lettres) où il reprend et déve­loppe avec insis­tance le com-man­de­ment d’amour du Sau­veur : « Aimez-vous les uns les autres. On sent qu’il était péné­tré de cette consigne et vou­drait que nous en soyons péné­trés comme lui et que nous nous aimions de tout notre cœur. Éga­le­ment dans son Apo­ca­lypse (livre mys­té­rieux où l’avenir est pré­dit par des figures et sym­boles) il nous parle de l’intimité que Jésus désire avoir avec les âmes fidèles : « Voi­ci que je suis à la porte et que je frappe, dit le Sei­gneur. Si quelqu’un entend ma voix et m’ouvre la porte, j’entrerai chez lui. » Pen­sez-y chaque jour : il faut que tous, grands et petits, jeunes et vieux, nous tenions la porte de notre cœur ouverte pour que Jésus puisse y entrer et y res­ter.

Saint Jean vécut très âgé ; on dit qu’à la fin de sa vie, il ne ces­sait de répé­ter : « Mes petits enfants, aimez-vous les uns les autres ». Comme on s’en éton­nait, il répon­dait sim­ple­ment : « C’est le com­man­de­ment du Sei­gneur et il suf­fit. »

Mme Fleu­ry Mar­duel.

 

Vie de Saint Jean, l'ami de Jésus pour le catéchisme - Histoire gratuite à imprimer pdf


Imprimatur
Verdun, le 17 décembre 1962.            L. CHOPPIN

Notes :

  1. La Gali­lée est une par­tie de la Pales­tine.
  2. Vous trou­ve­rez la très inté­res­sante vie de saint Paul dans la Col­lec­tion des « Petites Vies ».

    NDLR : Et sur ce site, vous trou­ve­rez plu­sieurs récits évo­quant la vie de saint Paul, en par­ti­cu­lier le livre : Saint Paul, aven­tu­rier de Dieu

  3. On sait que saint Jean écri­vit son Évan­gile dans l’île de Path­mos, en face d’Éphèse, c’est à Path­mos qu’il fut enter­ré.

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