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25 mars 2026L’Annonciation

« L’ange Gabriel, nous dit saint Luc, fut envoyé d’au­près de Dieu dans une ville de Gali­lée, nom­mée Naza­reth, vers une vierge fian­cée à un homme de la mai­son de David, appe­lé Joseph ; et le nom de la Vierge était Marie. L’ange, étant entré chez elle, lui dit : Je vous salue, pleine de grâce, le Sei­gneur est avec vous. Mais elle, à cette parole, fut trou­blée et se deman­dait ce que pou­vait être cette salu­ta­tion. Et l’ange lui dit : Ne crai­gnez point, Marie, car vous avez trou­vé grâce devant Dieu. Voi­ci que vous conce­vrez et enfan­te­rez un fils et vous lui don­ne­rez le nom de Jésus. Il sera grand et on l’ap­pel­le­ra le Fils du Très-Haut ; le Sei­gneur Dieu lui don­ne­ra le trône de David son père, il régne­ra éter­nel­le­ment sur la mai­son de Jacob et son règne n’au­ra pas de fin. Marie dit à l’ange : Com­ment cela se fera-t-il ? car je ne connais point d’homme. L’ange lui répon­dit : L’Es­prit-Saint sur­vien­dra en vous et la puis­sance du Très-Haut vous cou­vri­ra de son ombre : c’est pour­quoi l’être saint qui naî­tra de vous sera appe­lé Fils de Dieu… Marie dit alors : Je suis la ser­vante du Sei­gneur, qu’il me soit fait selon votre parole ! » Et l’ange la quitta.


Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants | Auteur : Maldan, Juliette

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Dans une salle du châ­teau de Lignières, une dame pen­chée sur un gros livre, en expli­quait les enlu­mi­nures à une petite fille qui écou­tait ses paroles avec une vive atten­tion. Le visage pâle de l’en­fant s’é­clai­rait de grands et beaux yeux verts, lim­pides, pro­fonds, des che­veux blonds tom­baient sur ses épaules. Mais ses membres grèles, mal pro­por­tion­nés, son dos voû­té, don­naient à son petit corps un aspect ché­tif et dis­gra­cieux. Ses vête­ments étaient d’é­toffe commune.

Vie de Sainte Jeanne de France, Reine puis religieuse
Sainte Jeanne enfant et Mme de Lignières

Certes, on n’eut pas devi­né en cette enfant, pau­vre­ment vêtue, la fille du puis­sant roi de France, Louis XI !

Jeanne de France était née le 23 avril 1464 à Nogent-le-Roi, où Louis XI et la reine Char­lotte de Savoie séjour­naient au retour d’un pèle­ri­nage à Chartres, entre­pris pour implo­rer de la Vierge qu’un fils leur soit accor­dé. Trois enfants étant morts en bas âge, il ne leur res­tait qu’une fille : Anne. Le roi dési­rait ardem­ment un héri­tier qui conti­nuât sa race et son œuvre Or, ce fut une fille qui naquit, une petite fille fra­gile et mal venue ! Le roi fut déçu, vexé. Le bap­tême de la petite prin­cesse se célé­bra sans aucune réjouissance.

Cepen­dant la poli­tique ne per­dant jamais ses droits, peu de jours après la nais­sance de cette fille si mal reçue, Louis XI com­bi­nait déjà pour elle un mariage avec son cou­sin Louis d’Or­léans, alors âgé de deux ans !

À Amboise, la reine Char­lotte douce et pieuse, veillait sur sa petite fille.

Mais Louis XI ne pou­vait souf­frir sa pauvre enfant. Dès qu’elle eut cinq ans, il déci­da d’é­loi­gner Jeanne de la cour, et de la confier à la baronne de Lignières qui l’é­lè­ve­rait dans son châ­teau. Le baron et la baronne de Lignières, puis­sants sei­gneurs n’ayant pas d’en­fants, seraient prêts à aimer la petite prin­cesse Tous deux, pro­fon­dé­ment chré­tiens, étaient dignes de veiller sur une fille de roi et une future sainte.

pour les scouts : Récit de sainte Jeanne Reine de France
Le Châ­teau de Lignières

Le châ­teau de Lignières avec son gros don­jon, sa tour de guet, ses murs épais, se dres­sait au milieu de fraîches prai­ries cou­pées d’une claire rivière.

En ce temps de guerres civiles et des san­glantes émeutes, Jeanne à l’a­bri des murailles de Lignières, pas­se­ra, dans cette retraite, de longues et calmes années. Mais, sépa­rée de sa mère, dure­ment repous­sée par son père, oubliée de ses proches, l’en­fant sen­sible, aimante, souf­fri­ra pro­fon­dé­ment. Elle savait qu’elle ne res­sem­blait pas aux autres petites filles, fraîches et plai­santes qui cou­raient et dan­saient dans les prés, autour du vil­lage voi­sin. Mala­dive, dis­gra­ciée, humi­liée, pour­tant elle ne se plai­gnait ni ne s’ai­gris­sait. Tou­jours douce et patiente, déjà elle offrait ses peines et ses sacri­fices à Dieu qui l’at­ti­rait par sa grâce. Elle se tour­nait sur­tout avec une enfan­tine confiance vers la Vierge Marie, sa Mère du ciel, tou­jours prête à l’é­cou­ter et à la consoler.

Ouvrage : Patapon

Saint Jean-Marie Vian­ney, appe­lé aus­si le Curé d’Ars, a vécu en France au XIXe siècle. Aux nom­breux fidèles qui viennent l’é­cou­ter, il veut mon­trer que Dieu est amour, par­don, misé­ri­corde, bon­té. Ce seront d’ailleurs ses der­niers mots : « Comme Dieu est bon… »

Dans la petite église d’Ars, la messe va com­men­cer. L’as­sem­blée est très nom­breuse. Par­mi les fidèles se trouve un homme appe­lé Mais­siat. Venu de Lyon, c’est un grand intel­lec­tuel. Il est de pas­sage dans la région pour la chasse aux canards. Ayant enten­du par­ler du célèbre Curé d’Ars, il décide d’en­trer dans l’é­glise pour se moquer du vieux prêtre. Mais­siat a étu­dié la phi­lo­so­phie, il veut se mesu­rer à mon­sieur Vian­ney ; il cherche à com­prendre pour­quoi ce prêtre igno­rant, qui a eu tant de mal dans ses études, fait accou­rir des per­sonnes, même de très loin. Elles sont sou­vent prêtes à patien­ter des heures, par­fois des jours, afin de se confes­ser à lui.

Histoire du saint Curé d'Ars, saint Jean-Marie Vianney

Après le ser­mon, du haut de la chaire où il se trouve pour prê­cher, le Curé d’Ars inter­pelle l’homme devant tout le monde :

— Mon ami, j’es­père que votre âme est plus propre que les chiens que vous avez atta­chés à la porte de l’église.

Tout le monde le regarde, cer­tains sou­rient en voyant que le riche Mais­siat est sou­dain très mal à l’aise, lui qui est entré dans l’é­glise en rica­nant d’un air supérieur.

— Vous vien­drez me voir à la sacris­tie après la messe, ajoute mon­sieur Vianney.

Quand la messe est ter­mi­née, Mais­siat, sûr de lui, rejoint le Curé d’Ars :

— Quelle est donc cette comé­die que vous avez jouée là, mon­sieur le curé ? lui demande-t-il.

— Mon ami, répond le prêtre, vous allez vous confesser.

— Me confes­ser ? Vous n’y pen­sez pas ! Je ne crois pas en Dieu !

Ouvrage : Au cœur de la Provence | Auteur : Filloux, H.

Le chant des Alyscamps

Devant nous s’ouvre la longue allée, bor­dée de hauts peu­pliers d’I­ta­lie au feuillage touf­fu. De chaque côté s’a­lignent des tom­beaux, des dalles funé­raires, des monu­ments en ruines. Ici, une date qu’on déchiffre avec peine ; là, un nom à demi effa­cé. Cette allée de tom­beaux rap­pelle les voies romaines que les riches habi­tants de Rome bor­daient de leurs sépulcres. Ain­si, avant d’en­trer dans la ville des vivants, on tra­ver­sait la cité des morts.

L’é­vêque Tro­phime, le pre­mier, eut là son tom­beau et ce fut, dans la suite, un grand hon­neur d’être enter­ré auprès du saint. Évêques et sei­gneurs, com­mer­çants et bour­geois aimaient à venir dor­mir là leur der­nier som­meil. Dans les villes au bord du Rhône, on confiait les cer­cueils au fleuve, avec une offrande pour les marins qui les repê­chaient. Ain­si, ceux qui s’é­taient endor­mis du grand som­meil n’é­taient point oubliés ; ils se mêlaient à la vie de tous les jours et la vue de ces tom­beaux était une leçon pour les vivants. Car ceux qui repo­saient à l’en­trée de la cité, c’é­taient ceux-là qui l’a­vaient faite de leurs tra­vaux, de leurs peines, de leurs sueurs.

Les riches tom­beaux ont dis­pa­ru : il ne reste plus que ces pauvres dalles effri­tées et nues, sous l’al­lée magni­fique des peu­pliers. Au fond, la vieille église en ruines de Saint-Hono­rat. Ce saint Hono­rat, c’est le saint de Pro­vence, un des pre­miers évêques d’Arles, qui vint des brumes du Nord au pays du soleil et lui don­na tout son cœur. Son his­toire est si belle que je ne puis résis­ter à l’en­vie de vous la conter. Asseyons-nous sur ces dalles, à l’ombre des feuillages, dans le cou­chant recueilli.

Saint Hono­rat est né, là-bas, dans une grande cité grise au bord du Rhin, vers l’an 360. Ses parents étaient de nobles sei­gneurs esti­més de tous et grands étaient leurs biens. Sa mère, avant sa nais­sance, avait vu, dans un songe, une gerbe de feu jaillir de son cœur. Elle pen­sait : « Que sera mon enfant ? »

Cet enfant, qu’on appe­la Andro­nich, fit la joie de ses parents : tou­jours sou­riant, très doux, avec un gra­cieux visage où brillaient des yeux vifs, sous une auréole de blonds che­veux. Il devint un éco­lier stu­dieux, mer­veilleu­se­ment doué, si bien qu’il dépas­sa même son frère aîné.

Jeune homme, il fai­sait l’en­vie des mères, tant il était aimable et cour­tois. Comme ses parents, il était païen et sacri­fiait aux dieux des Romains, maîtres du Rhin, comme du Rhône, maîtres du monde d’a­lors. Une aven­ture mer­veilleuse vint trans­for­mer sa vie. Comme il était à la chasse avec des amis, il aper­çut un cerf magni­fique qui, à sa vue, s’en­fuit dans les four­rés. Piqué au jeu, Andro­nich des­cend de che­val, oubliant ses com­pa­gnons pour pour­suivre la bête. Course dif­fi­cile à tra­vers la forêt. Tout à coup, le jeune homme voit devant lui s’ou­vrir une caverne. Curieux il s’ap­proche et découvre trois hommes vêtus de laine blanche, por­tant de longues barbes. Pris de peur, il songe à s’en­fuir, mais il lit tant de bon­té sur les visages qu’il avance jus­qu’à la caverne. Le cerf s’ac­crou­pit aux pieds des soli­taires. Andro­nich s’é­tonne et s’émerveille.

— Ce cerf appar­tient au Sei­gneur, explique le plus âgé des hommes, au Sei­gneur Dieu que nous ado­rons et il vit fami­liè­re­ment avec nous qui l’ap­pe­lons au nom de Jésus.

Alors, l’un des ermites, Caprais, conte au jeune homme atten­tif la mer­veilleuse his­toire du Christ. Ce Jésus de Naza­reth, mis en croix par amour pour les hommes, ne lui était pas incon­nu. On en avait sou­vent par­lé devant lui, il avait enten­du dis­cu­ter son ensei­gne­ment dans les écoles, mais il le consi­dé­rait jusque là tel que le lui avaient mon­tré ses parents : comme un mal­fai­teur, un fau­teur de troubles jus­te­ment condam­né. Aujourd’­hui, dans la caverne ouverte sur la forêt, il com­prend, son erreur et déjà son cœur loyal s’at­tache à Jésus. Enfin, le cerf le guide vers ses com­pa­gnons inquiets de sa longue absence.

Saint Honorat rencontre St Caprais en Provence

Ouvrage : Et maintenant une histoire I | Auteur : Demetz L.

Septième commandement.[1]

Ding, ding, dong ! ding, ding, dong !

Gravure église à colorierEn ce beau soir de mai, Marie-Odile, la petite cloche, fidèle à son office quo­ti­dien, appelle à Com­plies les habi­tants d’Etial-aux-Sapins.

Tan­dis que tinte le frêle carillon au creux de la val­lée, les fidèles arrivent à pas pres­sés au ren­dez-vous parois­sial du soir.

Il en vient de par­tout : du vil­lage pai­sible, des fermes cachées au pied de la mon­tagne toute bleue, des hameaux reliés les uns aux autres par des lacets de sen­tiers roses.

Il en vient de partout.

Main­te­nant la cloche s’est tue pour écou­ter les voix simples des pay­sans qui adressent au Bon Dieu la prière du soir chantée.

« Celui qui se repose à l’ombre du Tout-Puis­sant, Celui-là dit au Sei­gneur : « Tu es ma cita­delle, mon Dieu en qui je me confie. »

La prière monte, monte.

Elle s’é­chappe par envo­lées, à tra­vers les fenêtres gothiques de la petite église, comme si elle vou­lait cou­rir toute la vallée.

Dans la nuit qui vient, une sil­houette fur­tive, qui avan­çait le long de la rue, s’est arrê­tée près de l’église.

Un homme a écou­té un ins­tant, lui aus­si, la voix du psaume :

« Celui qui se repose à l’ombre du Tout-Puissant… »

puis il est repar­ti avec un rire cynique.

Et main­te­nant voi­ci qu’il s’é­loigne comme un homme sans rai­son vers la pro­fon­deur solen­nelle des montagnes.

Brus­que­ment, il s’ar­rête encore ; ten­du, il écoute.

Au-des­sus de lui, dans les sapins majes­tueux, mille voix d’oi­seaux redisent une can­tate toute pure… une prière du soir.

L’homme croit rêver ; à ses oreilles bour­don­nantes les oiseaux redisent une can­tate toute pure…

« Celui qui se repose à l’ombre du Tout-Puissant… »

N’en pou­vant plus, il fuit de nou­veau pour ne plus rien entendre, mais le vent qui s’é­lève et la source qui jaillit lui répètent sans arrêt :

« Celui qui se repose à l’ombre du Tout-Puis­sant, Le Sei­gneur le préservera. »

Plus sombre, plus farouche que jamais, il rugit de colère et mar­tèle rageu­se­ment le sol de ses talons.

  1. [1] Le bien d’au­trui tu ne pren­dras, ni retien­dras injus­te­ment.
Ouvrage : Autres textes

Enfance de José Luis

Jose Sanchez del Rio - première communionJosé Luis San­chez del Rio est né le 28 mars 1913 à Sahuayo del Diaz, petit vil­lage de l’État de Michoacán. Il était le troi­sième de quatre frères. Sa famille, de des­cen­dance espa­gnole, était for­tu­née. Il aidait tou­jours autant qu’il le pou­vait les pauvres et les plus dému­nis. Il aimait les che­vaux et savait les mon­ter comme peu. Il était tou­jours très ami­cal et s’entendait bien avec tous. Il n’a jamais pro­fi­té de sa taille ou de sa force pour domi­ner ses com­pa­gnons. C’était un gar­çon sain et de carac­tère agréable, zélé et ingé­nieux, aimable et simple, très obéis­sant et déli­cat envers ses parents ; mais sur­tout très fervent, il fré­quen­tait les sacre­ments et réci­tait le cha­pe­let tous les jours.

La guerre Cristera

Quand il eut treize ans, la per­sé­cu­tion la plus san­glante et cruelle que le Mexique ait connue écla­ta : celle qu’on a appe­lée « la guerre cris­te­ra », com­pa­rable par sa dure­té, aux per­sé­cu­tions des pre­miers siècles du chris­tia­nisme. Ce furent aus­si les années pen­dant les­quelles se sont écrites les plus belles pages d’ héroïsme et de noblesse de l’histoire du Mexique. Ce furent des années dures pour les chré­tiens cou­ra­geux et braves. De nom­breux évêques furent expul­sés de leur dio­cèse. Les prêtres furent per­sé­cu­tés et sau­va­ge­ment assas­si­nés ; les biens de l’Église furent confis­qués, les sémi­naires furent fer­més, les églises ser­vaient d’écuries ou de pri­sons. Ils brû­lèrent les images sacrées et pro­fa­nèrent les taber­nacles. La haine du Gou­ver­ne­ment contre le Christ et son Église n’épargnait per­sonne, ni les plus jeunes ni les femmes.

1925-Messe des Cristeros sous le regard de ND de Guadalupe

Le peuple catho­lique mexi­cain n’eut rien d’autre à faire que de lever les armes pour défendre ce qu’il aimait le plus : sa foi au Christ et les droits de son Église. Rapi­de­ment, au cri de « Vive le Christ-Roi » – « Vive la Vierge de Gua­da­lupe ! », venant de toutes les classes sociales, des grandes villes ou des fermes les plus recu­lées, se leva une armée de sol­dats du Christ, les Cris­te­ros, qui eurent alors la béné­dic­tion des évêques et même la béné­dic­tion du Pape Pie XI. José San­chez – ou José Luis, comme ses amis l’appelaient parce que c’était son nom de guerre – fut un de ces sol­dats qui ne crai­gnirent pas de don­ner leur vie pour gagner le ciel.