Dans une salle du château de Lignières, une dame penchée sur un gros livre, en expliquait les enluminures à une petite fille qui écoutait ses paroles avec une vive attention. Le visage pâle de l’enfant s’éclairait de grands et beaux yeux verts, limpides, profonds, des cheveux blonds tombaient sur ses épaules. Mais ses membres grèles, mal proportionnés, son dos voûté, donnaient à son petit corps un aspect chétif et disgracieux. Ses vêtements étaient d’étoffe commune.
Certes, on n’eut pas deviné en cette enfant, pauvrement vêtue, la fille du puissant roi de France, Louis XI !
Jeanne de France était née le 23 avril 1464 à Nogent-le-Roi, où Louis XI et la reine Charlotte de Savoie séjournaient au retour d’un pèlerinage à Chartres, entrepris pour implorer de la Vierge qu’un fils leur soit accordé. Trois enfants étant morts en bas âge, il ne leur restait qu’une fille : Anne. Le roi désirait ardemment un héritier qui continuât sa race et son œuvre Or, ce fut une fille qui naquit, une petite fille fragile et mal venue ! Le roi fut déçu, vexé. Le baptême de la petite princesse se célébra sans aucune réjouissance.
Cependant la politique ne perdant jamais ses droits, peu de jours après la naissance de cette fille si mal reçue, Louis XI combinait déjà pour elle un mariage avec son cousin Louis d’Orléans, alors âgé de deux ans !
À Amboise, la reine Charlotte douce et pieuse, veillait sur sa petite fille.
Mais Louis XI ne pouvait souffrir sa pauvre enfant. Dès qu’elle eut cinq ans, il décida d’éloigner Jeanne de la cour, et de la confier à la baronne de Lignières qui l’élèverait dans son château. Le baron et la baronne de Lignières, puissants seigneurs n’ayant pas d’enfants, seraient prêts à aimer la petite princesse Tous deux, profondément chrétiens, étaient dignes de veiller sur une fille de roi et une future sainte.
Le château de Lignières avec son gros donjon, sa tour de guet, ses murs épais, se dressait au milieu de fraîches prairies coupées d’une claire rivière.
En ce temps de guerres civiles et des sanglantes émeutes, Jeanne à l’abri des murailles de Lignières, passera, dans cette retraite, de longues et calmes années. Mais, séparée de sa mère, durement repoussée par son père, oubliée de ses proches, l’enfant sensible, aimante, souffrira profondément. Elle savait qu’elle ne ressemblait pas aux autres petites filles, fraîches et plaisantes qui couraient et dansaient dans les prés, autour du village voisin. Maladive, disgraciée, humiliée, pourtant elle ne se plaignait ni ne s’aigrissait. Toujours douce et patiente, déjà elle offrait ses peines et ses sacrifices à Dieu qui l’attirait par sa grâce. Elle se tournait surtout avec une enfantine confiance vers la Vierge Marie, sa Mère du ciel, toujours prête à l’écouter et à la consoler.










José Luis Sanchez del Rio est né le 28 mars 1913 à Sahuayo del Diaz, petit village de l’État de Michoacán. Il était le troisième de quatre frères. Sa famille, de descendance espagnole, était fortunée. Il aidait toujours autant qu’il le pouvait les pauvres et les plus démunis. Il aimait les chevaux et savait les monter comme peu. Il était toujours très amical et s’entendait bien avec tous. Il n’a jamais profité de sa taille ou de sa force pour dominer ses compagnons. C’était un garçon sain et de caractère agréable, zélé et ingénieux, aimable et simple, très obéissant et délicat envers ses parents ; mais surtout très fervent, il fréquentait les sacrements et récitait le chapelet tous les jours.