Et maintenant une histoire ! Posts


2 mai 2026Saint Athanase, Évêque et Docteur de l’Église

Atha­nase naquit à la fin du IIIe siècle. Deve­nu évêque d’A­lexan­drie, il fut un intré­pide défen­seur de la reli­gion catho­lique. Étant encore diacre, il avait contri­bué à faire condam­ner Arius au concile de Nicée. Les Ariens lui en gar­dèrent une telle ran­cune qu’ils ne ces­sèrent jamais de lui tendre des embûches. En agis­sant auprès des empe­reurs par d’i­gnobles calom­nies, ils réus­sirent par cinq fois à le faire exi­ler : tan­tôt à Trèves, tan­tôt à Rome, tan­tôt dans les soli­tudes de l’É­gypte. On dit même que, pour se sous­traire à la fureur de ses enne­mis, il demeu­ra caché pen­dant cinq ans dans une citerne des­sé­chée, sans que per­sonne connût sa retraite, sauf un de ses amis qui lui appor­tait en secret sa nour­ri­ture. Une autre fois, pour­sui­vi par les satel­lites de Julien l’A­po­stat, il fit tout à coup retour­ner le bateau sur lequel il s’en­fuyait et vint tran­quille­ment à la ren­contre des émis­saires lan­cés à sa pour­suite. Quand il les croi­sa, ils lui deman­dèrent à quelle dis­tance se trou­vait Atha­nase : « Il n’est pas loin », leur répon­dit-il. Il échap­pa de la sorte à ses enne­mis, qui conti­nuèrent leur route… Après cha­cun de ses exils, Atha­nase trou­vait tou­jours un moment de paix pour ren­trer dans son dio­cèse, où il repre­nait immé­dia­te­ment et avec la même éner­gie ses labeurs apos­to­liques. Il écri­vit, pour expli­quer la foi catho­lique, de nom­breux ouvrages très clairs et très pieux. Et lui, le per­pé­tuel exi­lé, mou­rut dans son lit, à Alexan­drie, le 2 mai 373.


Ouvrage : Chandeleur | Auteur : Duhamelet, Geneviève

II

C’est le matin de la Chan­de­leur et, par chance, c’est un jeu­di. Maman a pré­ve­nu hier soir qu’elle irait à la messe de huit heures et qu’elle sou­hai­tait emme­ner les deux grands et même Gil­bert, s’il vou­lait s’ar­ran­ger pour être prêt à l’heure.

Pour l’ins­tant, il s’at­tarde au contraire à regar­der par la fenêtre. Le ciel est bleu, d’un bleu tout vif, tout neuf, tout lavé. Mais le gazon du jar­din est fleu­ri d’é­toiles blanches. Il a gelé cette nuit.

Les roses de Noël, au bord des plates-bandes, entr’ouvrent leurs petites corolles fri­leuses. Elles ont un bien joli nom, mais les bota­nistes les appellent sim­ple­ment des ellé­bores. Gil­bert l’a appris l’autre jour en étu­diant la fable du Lièvre et de la Tor­tue :

Ma com­mère, il vous faut purger 
Avec quatre grains d’ellébore.

Par curio­si­té, il aurait bien vou­lu goû­ter à ces fleurs roses et vertes qui pas­saient jadis pour gué­rir la folie. Mais Agnès, sage­ment, l’en dis­sua­da, lui affir­mant que c’é­tait une plante véné­neuse. Ain­si en est-il de beau­coup de choses qui sont à la fois remède ou poi­son, selon qu’on sait ou ne sait pas les employer.

Fir­min, le jar­di­nier, pré­pare la terre pour repi­quer les lai­tues sous cloche. Hier, il a gref­fé deux poi­riers. Pro­messe de fruits. Dans la réserve où les enfants ne doivent pas péné­trer seuls, les pommes et les poires d’hi­ver com­mencent à s’é­pui­ser : poires de Fri­bourg ou du bon chré­tien d’hi­ver, pommes de rai­nette ou de cal­le­ville qu’on fait reluire avant d’y enfon­cer les dents.

Mais, qu’est-ce que cette splen­deur au fond du pota­ger ? C’est l’a­man­dier, le plus pres­sé de tous les arbres frui­tiers, qui a revê­tu hâti­ve­ment sa parure et qui, pour faire un brin de toi­lette, poudre de rose ses sar­ments desséchés.

Histoire du soir - Le jardinier prépare la terre.
Le jar­di­nier pré­pare la terre.

Comme Gil­bert reste en extase à la fenêtre, une chaus­sette d’une main et son peigne dans l’autre, maman, qui est toute prête à par­tir pour la messe, menace de ne pas l’emmener. Agnès, heu­reu­se­ment, est toute prête, elle aus­si, et en deux temps, trois mou­ve­ments, elle chausse, débar­bouille, coiffe et habille le petit rêveur.

Il ne res­te­ra donc à la mai­son que grand’­mère qui a de mau­vaises jambes, Chris­tine et le petit Phi­lippe. Papa et l’oncle Pas­cal n’ont pas de jeu­dis, eux, et la fête de la Chan­de­leur n’est pas fête d’obligation.

Mais, au moment de par­tir, Jean, qui a eu la coque­luche l’au­tomne der­nier, est pris d’une telle quinte de toux que maman décide de le lais­ser à la mai­son et, pour le conso­ler, grand’­mère lui glisse à l’oreille

— Viens dans ma chambre. Nous lirons l’of­fice tous les deux.

Jean qui est très pieux — un jour, peut-être, il sera prêtre — aime beau­coup lire les offices avec grand’­mère qui explique si bien toutes choses et qui, il le sent confu­sé­ment, est si près du bon Dieu.

— La Chan­de­leur, grand’­mère, c’est ce qu’on appelle la Puri­fi­ca­tion, n’est-ce pas ?

— Oui, mon ché­ri. Le récit de cet évé­ne­ment est tout entier dans l’é­van­gile selon saint Luc, celui des quatre évan­gé­listes qui nous a racon­té le plus de choses sur l’en­fance de Jésus. La Sainte Vierge elle-même, sans doute, l’en instruisit.

Grand’­mère s’est ins­tal­lée dans son fau­teuil. Elle a atteint le gros livre dans lequel elle lit si sou­vent et, tan­dis qu’elle ajuste ses lunettes, Jean s’as­sied à ses pieds sur un tabou­ret, comme s’il avait encore l’âge de Chris­tine. Mais on est tou­jours un tout petit pour sa grand’mère.

Grand’­mère ouvre l’É­van­gile et elle lit len­te­ment, ver­set par ver­set, en s’ar­rê­tant pour com­men­ter les paroles sacrées au petit gar­çon qui l’é­coute avec attention.

La Chandeleur pour le catéchisme - Marie et joseph portèrent l'Enfant à Jérusalem.
Marie et Joseph por­tèrent l’En­fant à Jérusalem.

Cha­pitre II, ver­set 22 : Quand les jours de leur puri­fi­ca­tion furent accom­plis selon la loi de Moïse, Marie et Joseph por­tèrent l’En­fant à Jéru­sa­lem pour le pré­sen­ter au Seigneur.

— Quand toi, tes frères et tes sœurs, avez fait votre pre­mière sor­tie avec votre petite maman, elle vous a menés d’a­bord à l’é­glise. Elle vous a posés devant elle comme pour mieux vous offrir, et puis elle a deman­dé à un prêtre de pro­non­cer sur elle de belles prières qu’on appelle les Rele­vailles et qui sont faites pour atti­rer les béné­dic­tions du ciel sur les nou­velles mamans. La loi juive fai­sait une obli­ga­tion aux femmes de venir au Temple après la nais­sance de leurs enfants. La Sainte Vierge, parce qu’elle était la mère de Dieu, n’é­tait pas, comme les autres femmes juives, assu­jet­tie à cette loi. Mais elle était si humble et si obéis­sante qu’elle ne vou­lut pas se sin­gu­la­ri­ser. Aus­si, qua­rante jours après la nais­sance de son fils — pour une fille, le délai eût été de quatre-vingt-dix jours — elle quitte Beth­léem et s’a­che­mine vers le temple de Jéru­sa­lem, avec son petit enfant endor­mi dans ses bras et le bon saint Joseph auprès d’elle.

— Avaient-ils beau­coup de che­min à faire ?

Ouvrage : Chandeleur | Auteur : Duhamelet, Geneviève

I

Ça, c’est trop fort, s’ex­cla­ma Gil­bert en enfon­çant la porte d’un coup de poing, selon son habitude.

Et la petite Chris­tine, qui trot­ti­nait der­rière lui, répé­ta d’un air cour­rou­cé, en fron­çant autant qu’elle le pou­vait ses sour­cils blonds au-des­sus de ses yeux clairs :

— C’est trop fort !

— Qu’est-ce qui est trop fort, deman­da tran­quille­ment grand’­mère qui usait le jour, sui­vant son expres­sion, en tri­co­tant dans l’angle de la fenêtre.

— Voi­là, dit Gilbert.

— Voi­là, dit Chris­tine en même temps.

— C’est moi qui raconte.

— Non, c’est moi…

— Cha­cun à son tour, pro­po­sa grand’­mère, et Gil­bert, qui est un galant homme, lais­se­ra sa sœur par­ler la première.

Ce galant homme de huit ans ne put qu’o­béir, et c’est ain­si que Chris­tine prit la parole.

— Grand’­mère, c’est le sacris­tain qui est un méchant !

— Le sacris­tain ? L’aïeule demeu­rait stu­pé­faite. Le sacris­tain était un bon vieux pai­sible que les taqui­ne­ries des enfants de chœur ne par­ve­naient pas à rendre irritable.

— Natu­rel­le­ment, tu racontes l’his­toire par la fin ! obser­va iro­ni­que­ment le galant homme à qui la langue démangeait.

Chris­tine n’a­vait que six ans. Elle n’a­vait pas encore appris à mettre de l’ordre dans ses discours.

— Alors, raconte, toi, si je ne sais pas.

Gil­bert n’at­ten­dait que cette invitation.

— Eh bien, grand’­mère, figure-toi que nous avons vou­lu, moi et Christine…

— Chris­tine et moi, cor­ri­gea l’aïeule.

— Bon, si tu veux, Chris­tine et moi… nous avons vou­lu aller faire ce soir, en sor­tant de l’é­cole, notre prière au petit Jésus.

— On y va tous les soirs depuis Noël, reprit la petite fille d’une voix per­çante, et puis on donne des sous à l’ange qui dit mer­ci avec sa tête.

l'ange dit merci avec sa tête
On donne des sous à l’ange qui dit mer­ci avec sa tête.

— Donc, on a vou­lu y aller… et quand on est entré dans l’é­glise, sais-tu ce qu’on a vu ?

— On a vu… on a vu… plus rien du tout ! Plus de crèche, grand’­mère ! Les Mages sont par­tis et les Ber­gers aus­si, et tous les ani­maux et l’é­toile. Et le sacris­tain embal­lait le petit Jésus dans une boîte, avec de la fibre et du papier de soie !

— Dans une boîte ! répé­ta Chris­tine indignée.

— Alors, on a deman­dé au sacris­tain pour­quoi il enle­vait tout et il a dit : la crèche, c’est fini.

— Parce que c’est demain la… la quoi, Gilbert ?

— La Chan­de­leur. Il a dit, c’est demain la Chan­de­leur. Qu’est-ce que c’est que ça, grand’mère ?

Grand’­mère regar­dait les deux petits. Un peu de mélan­co­lie embuait ses yeux.

— Oui, la crèche, c’est fini… le petit Jésus a gran­di. Vous aus­si, vous gran­dis­sez, mes chéris.

— C’est vrai, dit Chris­tine, puisque je ne tiens plus dans mon petit lit et que je le donne à Philippe.

— Maman nous mesure, tu sais, près de la porte de sa chambre. Elle dit que je serai plus grand que Jean. J’ai deux cen­ti­mètres de plus que lui à mon âge, ajou­ta Gil­bert avec orgueil.

— Moi, je suis grande aus­si, pro­tes­ta Chris­tine. Le petit Jésus, il n’est pas plus grand que Philippe.

Et elle se tour­nait vers le der­nier-né qui som­meillait dans son cha­riot alsa­cien, tout pareil en effet au Jésus des crèches, avec ses bonnes joues rondes et roses et ses petits poings fermés.

Ouvrage : Autres textes | Auteur : Nesmy, Jean

(Conte d’Épiphanie)

Un che­min qui monte, monte roide entre de hauts talus cou­ron­nés de genêts et d’a­joncs, un che­min tout au plus bon pour les mules, c’est le che­min de Gré­ne­fol : un vrai che­min du para­dis, qui monte, monte, avec le ciel au bout.

Il va tout d’un élan de la borde de Gré­ne­fol à l’é­glise de Figue­blanche, tout droit, sans le moindre caprice d’é­cole buis­son­nière, sans le plus inno­cent jeu de cligne-musette à tra­vers champs. C’est tout au plus s’il se per­met de loin en loin un cloche-pied.

La borde est au creux de la combe, petit capu­chon bleu poin­tant dans un man­teau de bois. Le clo­cher de l’é­glise, tout en haut de la côte, jette à tous vents le son de ses cloches en plein ciel, et du matin au soir sur­veille la ronde de son ombre tour­nante sur la pous­si­née de mai­sons qui est autour.

Et donc, mon­tant roide de la borde à l’é­glise à vous rompre l’ha­leine, des­cen­dant fol­le­ment de l’é­glise à la borde à vous rompre le cou, voi­là le che­min de Gré­ne­fol, où seuls fré­quentent, avec les mules du mou­lin escor­tées d’un Pier­rot sif­fleur et fan­fa­ron, quelques petits du catéchisme.

Le Pier­rot peut à peine, tant la chaus­sée en est étroite, y faire cla­quer son fouet à deux mèches, et encore à petite volée ; les gars du caté­chisme, petites jambes et courtes haleines, même l’hi­ver si froid qu’il fasse, ne le grimpent qu’en soufflant.

Un vrai che­min du paradis !

*

Une gelée dans la campagne de Limoges

Tou­jours plein de musique, ce che­min de Gré­ne­fol. Le soleil donne-t-il ? La cigale y joue de la guim­barde. Il pleut ? L’eau du ciel y ruis­se­lant en cas­cade bous­cule ses cailloux, les fait chan­ter, chante avec eux. En tout temps, le gre­lot des mules rem­plit, et il s’y mêle encore le gre­lot des grillons dans les longs soirs d’été.

Et coquet, ce che­min ! Tout le long de l’an­née, d’une sai­son à l’autre, et d’un jour au sui­vant, il varie sa parure. Le prin­temps qui renaît rajeu­nit un peu la poudre verte et réveille les flammes engour­dies de ses touffes d’a­joncs. L’é­té lui cisèle un bijou de soleil guillo­ché, et dans un demi-jour verse un demi-som­meil à son front pous­sié­reux. L’au­tomne, une à une, à regret, souffle ses fleurs. Sur quoi sur­vient Noël, qui lui tisse, durant sa nuit mira­cu­leuse, un somp­tueux man­teau cou­leur de clair de lune.

Ouvrage : Évangile d’une grand’mère | Auteur : Ségur, Comtesse de

Peu de temps après, on vint dire au Roi Hérode, qui régnait à Jéru­sa­lem, que des Rois Mages qui arri­vaient de très loin vou­laient le voir et qu’ils deman­daient : « Où est le Roi des Juifs qui vient de naître, car nous avons vu son étoile en Orient et nous venons à Jéru­sa­lem pour l’adorer ? »

Hérode fut très effrayé de ce qu’on lui disait, parce qu’il crai­gnait qu’un Roi plus puis­sant que lui ne vînt lui enle­ver son Royaume. Et toute la ville de Jéru­sa­lem eut peur aus­si. Hérode fit venir les Rois Mages, leur par­la, les ques­tion­na, et il sut que le Roi dont par­laient les Mages était le Christ, le Fils de Dieu que les Juifs atten­daient d’après les livres des Pro­phètes. Alors Hérode fit venir les savants, Princes des prêtres et doc­teurs du peuple, et il leur deman­da où le Christ devait naître.

Ils lui répon­dirent : « À Beth­léem, ville de Juda. »

Psautier de Saint Louis - Les rois mages devant Hérode

Hérode emme­na les Mages chez lui, leur fit beau­coup de ques­tions sur l’étoile qu’ils avaient vue. Ils lui racon­tèrent que des Anges leur étaient appa­rus, qu’ils leur avaient annon­cé la nais­sance du Roi des Juifs, le Christ, le Mes­sie pro­mis, le Fils de Dieu, et leur avait ordon­né d’aller l’adorer ; qu’ils allaient se mettre en route sans savoir où ils devaient aller, mais qu’au moment de par­tir, une étoile, plus grosse et plus brillante que toutes les étoiles du ciel, se mon­tra à eux et se mit à avan­cer devant eux ; elle s’arrêtait quand ils s’arrêtaient et avan­çait quand ils mar­chaient ; cette étoile avait dis­pa­ru quand ils étaient entrés à Jéru­sa­lem, et c’est pour­quoi ils avaient deman­dé à voir le Roi des Juifs que leur avaient dési­gné les Anges.

Hérode les remer­cia, leur dit d’aller à Beth­léem, car c’était là que devait naître le Mes­sie, le Christ, pour sau­ver tous les hommes, en les déli­vrant du démon.

« Allez, leur dit le Roi Hérode, infor­mez-vous à Beth­léem de cet enfant, et quand vous l’aurez trou­vé, reve­nez me le faire savoir, pour que moi aus­si j’aille l’adorer. »

Les Rois Mages le lui pro­mirent et se remirent en route ; aus­si­tôt, leur étoile repa­rut, ce qui leur cau­sa une grande joie ; et l’étoile mar­cha devant eux, jusqu’à ce qu’étant arri­vée à la grotte où était l’Enfant et Marie sa mère, elle s’arrêta.

Ouvrage : Autres textes | Auteur : Noël, Marie

La veille de Noël, la vieille Mère Rachel se pré­pa­ra comme tous les ans à conduire tous ses fils à la Crèche. Elle appe­la ses trois fils pré­fé­rés : Simon, celui qui tra­vaillait la terre ; Lazare l’ou­vrier for­ge­ron ; et André, celui qui allait encore à l’école.

Elle avait aus­si un autre fils, né d’un autre lit. C’é­tait un homme qui avait énor­mé­ment tra­vaillé et beau­coup épar­gné pour aider sa mère Rachel à éle­ver ses trois petits frères. Il avait aus­si recons­truit et entre­te­nu de ses deniers la mai­son fami­liale et il conti­nuait tou­jours à don­ner géné­reu­se­ment. Pour­tant, ses frères ne l’ai­maient pas. Ils lui enviaient ses capa­ci­tés à faire le bien ; ils en étaient jaloux. Aus­si le tenaient-ils à l’é­cart et n’hésitaient pas à le railler quand ils le croi­saient en chemin.

* * *

En cette veille de Noël, Rachel frap­pa à sa porte.

« Jean dit-elle, je pars tout à l’heure ado­rer le Sei­gneur Jésus. Mais la route est un peu longue jus­qu’à Beth­léem et je n’ai pas assez de vivres. Peux-tu me don­ner des provisions ? »

« Voi­ci mes clés, répon­dit Jean, celle du gre­nier, celle du cel­lier, celle de la cave. Prends tout ce qu’il te faut et même plus. Mes frères ne doivent man­quer de rien pour ce beau voyage qui sera une grande fête ! »

Récit : générosité à Noël et accueil de Jésus

Sa mère prit les pro­vi­sions et s’en fut mais aus­si­tôt elle revint…

« Le man­teau de ton frère Simon est râpé, il aura froid en route, donne-moi un vête­ment pour lui. »

« Prends mon man­teau, ce sera pour moi une grande joie de savoir mon man­teau aller à Beth­léem sur les épaules de mon frère ! »

Mère Rachel prit le man­teau mais revint encore.

« Les sou­liers de ton frère Lazare ont de bien mau­vaises semelles. Tu ferais bien de m’en don­ner une paire pour lui. Tu en as une de rechange et il fait ta pointure. »