Elle n’était point riche, la vieille Maria… Durant de longues années, ses mains s’étaient durcies au labeur de la terre, et maintenant elle pouvait faire le bilan d’une rude vie de travail, mais non pas celui d’un bas de laine gonflé d’écus. Pourtant, dame Maria n’était pas dépensière. Elle savait se contenter de peu : le lait de sa chèvre, les œufs de ses poules et les légumes de ses champs avaient bien suffi durant de longues années à la subsistance de sa vie courageuse.
Restée veuve, sans enfant, elle n’avait pas voulu fermer son cœur à l’affection. Elle avait adopté François, un petit voisin resté, lui aussi, tout seul sur la terre au soir d’un terrible orage qui avait laissé son papa et sa maman foudroyés dans les champs à côté d’un chariot de foin.
Le petit était gentillet, bouclé comme un chérubin, avec de grands yeux qui reflétaient la pureté du Bon Dieu.
Maria l’avait pris en disant simplement : « Mon petit gars, c’est moi qui serai ta maman ! »
***
La vie est pénible pour une femme seule à la campagne ; que de durs travaux il lui avait fallu exécuter !
Rien ne rebutait dame Maria :


Il y a bien des mystères à Vaux, celui de la Tour du Diable, une tour en ruines toute couverte de lierre, où nul ne pénètre la nuit ; et puis il y a surtout le mystère de la cruche, celui dont tout le monde parle.
En ce soir de juillet, des paysans vont et viennent d’un air accablé sur les chemins des champs ; ils se regardent quand ils se rencontrent et n’ont qu’un mot à se dire :
Soudain, Loïs tressaillit. Toute menue sous son armure de guerre, une ombre se dressait non loin de lui sur les créneaux, insoucieuse des flèches anglaises.


Bing ! Bang ! Ding ! Dong ! Alléluia !
Oncle Xavier hésite un brin, mais il ne sait rien refuser à sa filleule.