Il était 11 heures du matin.
À Paris, l’agent n° 217 revenait pour la cinquantième ou la soixantième fois, le long du trottoir, rue de la Cité, quand il aperçut au milieu du parvis Notre-Dame un rassemblement déjà énorme et qui grossissait toujours.
– Encore un accident ! pensa-t-il.
Et, prêt à tirer son carnet pour le procès-verbal, il quitta le trottoir de son pas tranquille et traversa la foule. Au milieu, un homme était à genoux, la figure tournée vers Notre-Dame.
Il avait une culotte courte, des guêtres de drap, une veste brune, et serrait dans ses mains un gourdin planté devant lui et coiffé d’un béret. À côté de lui, une grande mule blanche harnachée de pompons rouges, le poitrail enguirlandé de grelots qui tintaient, levait la tête, dressait les oreilles.
L’agent mit sa main sur l’épaule de l’homme :
— Levez-vous, que faites-vous là ? Comment vous appelez-vous ?
L’homme se retourna, vit le képi, l’uniforme. Il se releva et mit son béret.
Il était petit, mais tout carré, carré de tête, carré d’épaules. La mule tendit le cou, et, répondant à cette avance, il lui donna une petite tape d’amitié qui fit carillonner les grelots. Après quoi, il dit à l’agent :
— Je m’appelle José Irrigoyen. Je suis muletier à Elhiogara, à trois lieues de Saint-Jean-de-Luz ; il y a deux mois, ma femme a eu de mauvaises fièvres, et j’ai promis, si elle guérissait, de venir faire ma prière, avec ma mule, à Paris, devant la grand’porte de Notre-Dame. Ma femme a guéri, et me voilà. Je fais ma prière.
— Vous faites un rassemblement.
— Moi ? Je ne rassemble rien du tout. Je n’ai besoin de personne, et




Une histoire vraie ? En voici une toute simple et jolie, qui nous fut contée par une des
Pleine de grâce… Sourire de la terre. Et sourire du ciel. Les Pères venaient d’arriver, en tournée de mission, dans ce village aux confins du désert, et non évangélisé encore. Quelques indigènes se groupaient autour des robes blanches.


