Les meilleurs récits de Noël
Dans la nuit où s’ouvrent les cœurs

Ils sont deux, Martine et Vincent, petits et transis, seuls entre le bois et la plaine immense, dans la profonde nuit. Leurs yeux grands ouverts sur tout ce noir hostile gardent encore l’affreuse vision du château paternel assailli, ravagé, pillé… Et leur cœur est en eux comme avec une grande déchirure béante qui les fait pleurer et appeler douloureusement le papa et la maman que le sire de Mauroc a emmenés prisonniers… « Papa !… – Maman !… » Ah ! dès que s’apaisa le tumulte de la bataille, durant laquelle ils s’étaient cachés tous les deux derrière une tenture, comme ils les ont cherchés !… Dans tout le château désert et ruiné, sinistre comme si la mort y rôdait encore, ils ont appelé… crié… Pleuré, aussi ; car dans la chère demeure ravagée, l’écho de leur propre voix répondait seul, lugubrement, à leurs appels ; et toutes les portes béantes ou enfoncées ouvraient sur des salles vides, abandonnées, glacées… Tant qu’une lueur de jour pénétra par les hautes fenêtres …
lire la suite…La bûche de Noël

En ce temps-là, la France s’appelait la Gaule, et la Gaule était couverte de forêts. Et il y avait, au plus profond de la grande forêt, un bûcheron qui vivait tout seul dans une hutte. Il s’appelait Carnutorix. Il aimait les grands arbres de la forêt. Il les connaissait, et donnait des noms aux plus beaux. Lorsqu’il en abattait un, cela lui faisait beaucoup de peine. Et pourtant, il fallait bien puisque c’était son métier… Près de sa hutte, se trouvait un vieux chêne tout tordu, au tronc énorme. Il y avait des touffes de gui dans les branches. C’est rare, le gui du chêne. Tous les ans, les druides venaient le couper avec une faucille d’or, et ils offraient des sacrifices au génie du tonnerre. Carnutorix avait un peu peur des druides au mystérieux pouvoir : quand il les voyait venir, il se cachait. C’était une sorte de sauvage. Carnutorix avait une sorte de couteau tranchant qu’un guerrier avait perdu en traversant la forêt. Il …
lire la suite…Les santons, fils des Pastorales

JACQUES. — Monsieur Ambroise, comment a‑t‑on eu l’idée de fabriquer ces petits Santons ? MAÎTRE AMBROISE. — Ils sont venus tout d’un coup, à leur heure, té ! Quand le bon Dieu l’a voulu. Savez-vous que c’est saint François d’Assise, le doux prédicateur des oiseaux, qui, le premier, représenta la crèche, dans une vraie étable, avec l’âne et le bœuf ? Il est un peu de chez nous, bonne Mère, car sa mère était une Provençale. D’Italie la coutume des crèches vivantes est passée chez nous où tout de suite elle a été accueillie avec enthousiasme. Noël ! Calendo ! C’est une fête si Provençale. Plus tard, la crèche s’anime. Les personnages deviennent acteurs et les Provençaux aiment à jouer un rôle autour de « l’Enfançoun ». Avec les bergers, on voit venir le meunier et la meunière, le rémouleur, la poissonnière. C’est la Pastorale avec les premiers Santons en chair et en os. Nos petits Santons d’argile reproduisent les personnages des pastorales et des vieux Noëls que nous aimons. Écoutez ce couplet : Lis autri li venon …
lire la suite…La crèche de M. le curé

La veille de Noël, après sa réfection du matin, le vénérable curé de X… était fort perplexe. Cela se voyait à son attitude, les mains croisées sur son estomac un peu rebondi et se frottant les deux pouces, l’un contre l’autre, comme tous ceux qui pensent ou qui digèrent. La digestion ne devait pourtant pas être difficile. Pensez, deux œufs frais parce qu’il y avait des poules pondeuses dans la cour du presbytère, un reste de poisson connu, le long des grèves bas-normandes, sous le nom de vieille, ni délicat ni appétissant, je vous assure, et un peu de beurre frais, battu par Charline, la vieille servante, avec le lait d’une vache, ni grasse ni maigre, qui paissait dans le clos, au bout du jardin. Tel était, à peu près, et invariablement, l’ordinaire de M. le curé de X…, le village étant pauvre et par conséquent le casuel presque nul. Seulement le curé, par une douce habitude, sirotait sa demi-tasse dans laquelle il …
lire la suite…À la découverte de la liturgie : Prologue

Chapitre I Clac ! Clac ! Les gros sabots de père Pierre et les petits sabots de Colette font une musique d’ensemble sur la route gelée. Les deux amis (car Colette aime beaucoup le père Pierre et le père Pierre aime beaucoup Colette), les deux amis luttent silencieusement contre l’âpre bise du vent d’est. Le chapeau rabattu sur les yeux, le cache-nez tordu autour du cou, le fermier marche sans hâte, de cette allure régulière et paisible du « terrien ». Colette, enfouie dans un grand manteau, la tête serrée par le capuchon, trotte à son habitude, sans souci de l’heure tardive ni de l’ombre que perce à peine la lueur de la lanterne portée par son compagnon. Devant la grille du jardin, qu’on devine à travers la brume glacée de cette soirée de novembre, on s’arrête. — Bonsoir, père Pierre, à demain et merci. — Bonsoir ma petite demoiselle. Demain, y se pourrait ben que ça glisse ! Faudra faire attention à ne pas courir sans y regarder ! Déjà, de son pas posé, le …
lire la suite…Le plus beau cadeau

Jean-Pierre, le fils du docteur, s’était réjoui depuis longtemps pour la rentrée des classes après les vacances de Noël. Il aimait pourtant bien les vacances, surtout en hiver, quand il y a de la neige et qu’on peut faire du ski ou aller en luge. Ce premier jour de classe avait son importance, car chaque premier communiant devait tirer au sort son compagnon de première communion. Jean-Pierre, à ce sujet, a un désir secret : « Si seulement le sort tombe sur Albert Clément. C’est le fils d’un riche fabricant, il a de si beaux jouets. Nous irions très bien ensemble : moi, le fils du docteur, et Albert, toujours si bien habillé ». * * * Le Bon Dieu connaissait ce désir secret, puisqu’il sait tout ! Et pourtant — il ne l’a pas exaucé, car ce désir n’était pas tout à fait bon. Ainsi, quand on eut fini de tirer au sort, ce n’était pas Albert qui se trouvait à côté de Jean-Pierre, mais le petit Charles, le plus pauvre …
lire la suite…Degemer, le chien du mage Balthazar

La rumeur s’est répandue aux quatre coins du monde. Et là, je suis intrigué par mon maître que je trouve de plus en plus agité. En fait, il n’y tient plus depuis qu’il a repéré cette étoile nouvelle, plus grande et plus brillante que les autres. Et le voilà tout impatient de prendre la route pour, d’abord, rejoindre Melchior et Gaspard. Les mages ! Oui mon maître est mage. Je pourrais dire aussi que c’est un grand sage même si dans l’immédiat, je le trouve bizarre. Il me parle d’un nouveau-né qui est fils de Dieu, qu’il va le rejoindre, guidé par l’étoile du berger et qu’il lui offrira ce qu’il a de plus précieux : de la myrrhe. Un nom du pays breton C’est très confus pour moi tout cela. Là, je l’entends projeter d’aller jusqu’à l’enfant né… mais sans moi ! Pourtant, Balthazar, je ne le lâche jamais, je le suis partout, je l’écoute et compatis quand il faut. Je le distrais de mes sauts, …
lire la suite…La crèche de Nina

Elles s’en vont, Ninon, Ninette, Nina, jupette rouge et bonnet pareil, six petits sabots claquant sur la terre gelée. « Vite, vite, les sœurettes, car le jour baisse, dit Ninette, la plus sage. – Vite, vite, répond Ninon, la plus ardente, car un grand travail nous attend. – Vite, vite, murmure Nina, la plus douce, car Mère a dit qu’on ne s’attarde pas. » Et les six petits sabots martèlent en chœur : « Vite, vite, vite, vite, les petites sœurs. » Mais que c’est donc lourd, tout ce qu’elles portent, les sœurettes !… Et encombrant, donc !… Elles en ont plein les poches, et plein le giron, dans les mains, dans les bras et jusque sous le menton… Il y a du gui, de la mousse, du houx, du lierre, de la paille, du foin et du sapin… À peine voit-on, dans toute cette verdure, trois frimousses rondes et rouges comme des pommes d’api, éclairées de blanches quenottes et de petits yeux de souris… « Elle sera belle, notre crèche… – Et grande, donc… avec un …
lire la suite…La pastorale de Galagu

Dans une maison, vieille maison offerte à tous les vents, restait il y a bien longtemps une vieille, vieille femme qu’on appelait la mamet Jaumette. La vie n’avait guère épargné la vieille, et elle n’avait plus de famille qu’un petit-fils. Et encore : l’enfant qui s’appelait Olivier était si petit, si maigre, si pâle, que le voyant chacun retenait sa respiration de crainte de le voir s’affaisser comme un château de cartes. La vieille avait en charge la bergerie du château de la Baume qui se trouvait tout à côté de la maison, vieille maison offerte à tous les vents. Un jour un médecin passant par là, vit l’enfant si petit, si maigre, si pâle. Il dit à la vieille femme qu’elle devrait mieux le conduire à l’hôpital. Au regard qu’échangèrent la mamet Jaumette et son petit-fils, il sut que rien ne pourrait séparer ces deux-là. Alors il proposa à la vieille de faire coucher l’enfant dans la bergerie, et non dans la …
lire la suite…Le vieux cordonnier

Un soir de noël, un vieux cordonnier se reposa dans son petit magasin en lisant : « La visite des hommes sages à l’Enfant Jésus. » À la lecture des cadeaux que les bergers et les rois mages apportèrent à la crèche, il se dit : « Si demain était le premier Noël, et si Jésus devait être né ce soir dans cette ville, je sais ce que je lui donnerais ! » Il se leva et prit d’une étagère deux petites chaussures en cuir neige-blanc le plus mou, avec des boucles argentées lumineuses qu’il venait de finir : « Je lui donnerais cela, mon travail le plus fin. Que sa mère sera heureuse ! Mais je suis un vieil homme idiot, pensa-t-il avec un sourire. Le Maître n’a aucun besoin de mes pauvres cadeaux. » Remettant les mignonnes chaussures à leur place, il souffla la bougie, et alla se reposer. Il ferma ses yeux, quand il entendit une voix qui appelait son nom. « Martin ! » Intuitivement, il reconnut cette voix. « Martin, tu as envie …
lire la suite…Le petit Jésus d’un soir

La grosse Louise a ouvert brusquement la porte du petit salon où Mme de Chambreil tricote devant une claire flambée. Jaquemette a posé sa poupée et, surprise, s’est redressée de toute la hauteur de ses huit ans. — Eh bien, Louise, que se passe-t-il ? demande Mme de Chambreil. — Madame ! Madame !… C’est M. le Curé ! — M. le Curé à cette heure-ci ? Faites entrer, Louise ! La silhouette du prêtre se dessine dans l’entre-bâillement de la porte. Il secoue avant d’entrer quelques flocons de neige qui s’incrustent à sa pèlerine. Son bon sourire se fait embarrassé. — Je m’excuse, madame, de venir vous déranger à cette heure indue. — Vous savez bien, monsieur le Curé, que vous ne me dérangez jamais… Mais je suis navrée de voir que vous avez affronté un temps pareil pour venir jusqu’ici… et un soir de Noël encore ! — Eh ! oui… justement, un soir de Noël… C’est que, voyez-vous, madame, il m’arrive quelque chose de bien fâcheux : Je n’ai pas d’Enfant Jésus ! Devant le sourire un peu amusé de …
lire la suite…La dernière visiteuse

C’était à Bethléem à la pointe du jour. L’étoile venait de disparaître, le dernier pèlerin avait quitté l’étable, la Vierge avait bordé la paille, l’Enfant allait dormir enfin. Mais dort-on la nuit de Noël ?… Doucement la porte s’ouvrit, poussée, eût-on dit, par un souffle plus que par une main, et une femme parut sur le seuil, couverte de haillons, si vieille et si ridée que, dans son visage couleur de terre, sa bouche semblait n’être qu’une ride de plus. En la voyant, Marie prit peur, comme si ç’avait été quelque mauvaise fée qui entrait. Heureusement Jésus dormait ! L’âne et le bœuf mâchaient paisiblement leur paille et regardaient s’avancer l’étrangère sans marquer plus d’étonnement que s’ils la connaissaient depuis toujours. La Vierge, elle, ne la quittait pas des yeux. Chacun des pas qu’elle faisait lui semblait long comme des siècles. La vieille continuait d’avancer, et voici maintenant qu’elle était au bord de la crèche. Grâce à Dieu, Jésus dormait toujours. Mais dort-on la nuit de Noël ?… Soudain, il …
lire la suite…Les rois mages

À la rencontre des Rois. – La crèche. – C’est demain la fête des Rois Si vous voulez les voir arriver, allez vite à leur rencontre, enfants, et portez-leur quelques présents. Voilà, de notre temps, ce que disaient les mères, la veille du jour des Rois. Et en avant toute la marmaille, les enfants du village ; nous partions enthousiastes à la rencontre des rois Mages, qui venaient à Maillane, avec leurs pages, leurs chameaux et toute leur suite, pour adorer l’Enfant Jésus. – Où allez-vous, enfants ? – Nous allons au-devant des Rois ! Et ainsi , tous ensemble, mioches ébouriffés et petites blondinettes, avec nos calottes et nos petits sabots, nous filions sur le chemin d’Arles, le cœur tressaillant de joie, les yeux remplis de visions. Et nous portions à la main, comme on nous l’avait recommandé, des fouaces pour les Rois, des figues sèches pour les pages et du foin pour les chameaux. Jours croissants, Jours cuisants. C’était au commencement de janvier et la bise soufflait : c’est vous dire qu’il faisait froid. …
lire la suite…Vivent les Santons !

Laure. — Puisque nous parlons de Noël, venez tous, les amis, regarder notre crèche. Michèle. — Le ravissant petit Jésus, blond et rosé, couché sur la paille ! Christine. — Et la Vierge, sa mère, en tunique bleue, avec ce long voile blanc qui descend en plis gracieux sur ses épaules, comme elle est belle ! Jacques. — Saint Joseph me plaît dans sa robe violet foncé et son manteau jaune. Christian. — Mais qui sont tous ces petits personnages rangés au fond de la boîte ? Clémence, sautant de joie. — Té, ce sont nos Santons ! Vous ne connaissez pas les Santons ? Dans une boîte de carton, Sommeillent les petits Santons, Le berger et le rémouleur Et l’Enfant Jésus Rédempteur. Le Ravi qui le vit Est toujours ravi. Les moutons En coton, Sont serrés au fond… Un soir alors — paraît l’étoile d’or Et tous les petits Santons Quittent la boîte de carton. Naïvement — dévotement, Ils vont à Dieu — porter leurs vœux, Et leur chant — est touchant. Noël ! Joyeux Noël ! Noël joyeux de Provence ! Et voilà. Les Santons, c’est toute la Provence qui s’en vient offrir ses hommages à l”« Enfançoun » de Bethléem. Ah ! si vous voyiez nos crèches à …
lire la suite…Le petit Jésus de cire

(Conte pour le temps de Noël) ☆ ☆ ☆ ☆ ☆ Dans une des plus anciennes rues de Bruges-la-Morte, vivait depuis plus d’un demi-siècle Martha la Modeleuse. On eût dit qu’elle avait l’âge de son logis, tant elle avait l’air vieille. On ne l’entendait jamais rire ni même se parler à elle-même tout haut, comme les gens qui vivent seuls en ont l’habitude. Mais on la voyait toujours penchée sur son modeste établi, façonnant de ses mains restées souples de charmants bibelots de cire. La chambre où l’ouvrière travaillait était bien humble, bien étroite, presque pauvre. Cependant, toute la lumière du jour semblait s’y répandre. Dès qu’il faisait beau, des clartés multicolores ruisselaient dans la pièce, grâce à la vaste ogive, fermée seulement les jours de mauvais temps par un très curieux vitrail. Sur une petite étagère accrochée au mur, étaient rangés tous les bibelots au fur et à mesure qu’ils étaient achevés. Auprès des saints Michel domptant de formidables dragons, se dressaient de minces figurines drapées de …
lire la suite…Noël avec les santons de la crèche

Par une nuit froide de décembre, le mistral souffle. Je descends de ma chambre et que vois-je ? La crèche illuminée par une douce lumière émanant des santons. Je me tiens coite et j’attends, fixant les yeux sur cette crèche pourtant familière que je ne reconnais plus. Qu’a‑t-elle changé ? Rien, seulement cette lumière. Tiens, on dirait qu’elle transforme les personnages. Ils sourient et semblent vivants. Je m’enhardis à leur parler. Voyant l’ange joufflu qui bat des ailes, je lui demande : — « D’où viens-tu petit ange ? » Mais que se passe-t-il ? Il me répond : — « Je viens du ciel et j’ai pour nom Bouffareo. On m’a appelé ainsi parce que j’ai de grosses joues à force de souffler dans ma trompette. Dieu m’a envoyé sur terre pour sonner de mon instrument à la naissance de son Fils. Mais je n’ai pas bien chaud avec mes seules ailes pour me couvrir. — Je peux te donner ma polaire. » L’ange, recouvert, soupira d’aise. Pour me remercier, il m’emmène voir la Sainte …
lire la suite…Le Salut des Bêtes

La vieille Séphora habitait le village de Bethléem. Elle vivait d’un troupeau de chèvres et d’un petit champ planté de figuiers. Jeune, elle avait été servante chez un prêtre, en sorte qu’elle était plus instruite des choses religieuses que ne le sont d’ordinaire les personnes de sa condition. Revenue au village, mariée, plusieurs fois mère, elle avait perdu son mari et ses enfants. Et alors, tout en restant secourable aux hommes selon ses moyens, le meilleur de sa tendresse s’était reporté sur les bêtes. Elle apprivoisait des oiseaux et des souris ; elle recueillait les chiens abandonnés et les chats en détresse ; et sa petite maison était pleine de tous ces humbles amis. Elle chérissait les animaux, non seulement parce qu’ils sont innocents, parce qu’ils donnent leur cœur à qui les aime et parce que leur bonne foi est incomparable, mais encore parce qu’un grand besoin de justice était en elle. Elle ne comprenait pas que ceux-là souffrent qui ne peuvent être méchants ni violer une règle …
lire la suite…Une crèche à la page

Qu’en penses-tu, Michel ? – Qu’en dis-tu, Nicolas ? – Parle aussi, toi, Luc… » Parler ?… Souvent, la chose est aisée aux trois garçons. Aujourd’hui, elle leur semble terriblement difficile : ils voudraient exprimer des choses… des choses qui ne sont pas faciles à dire. Alors, ils se taisent ; ils réfléchissent et concluent seulement : « Il faut que ça finisse ! » *** De mémoire d’homme, il y eût des frottements durs entre les Têtembois-de-la-ville et les Têtembois-de-la-terre. Ceux de la ville éclaboussaient les cousins paysans de leurs toilettes et de leur argent, de leur fin parler, de leur confort et de leur mépris pour cette allure de rustauds endimanchés qu’ils promenaient sur les trottoirs de la ville, les jours de marché. Ceux de la terre se moquaient un brin des cousins citadins qui ne distinguaient pas une poule d’un coq, et pour un peu de boue poussaient des cris de pintade effarouchée ; surtout, ils ne leur pardonnaient pas de compter pour abêtissant leur rude labeur, et de les tenir pour rustres, parce qu’ils …
lire la suite…Le petit chat…

L’Espérance Avant-hier, un jeune scout est venu à la crèche de Sainte-Odile, avec sa mère, au sortir de la classe. L’église est presque déserte… L’enfant arrive le premier, regarde, et, subitement, sur la pointe des pieds, retourne vers sa maman : « Vite… Viens voir ! » Et la maman aperçoit ceci : un amour de petit chat, tout pelotonné sur lui-même, dort dans la paille, sa tête appuyée sur celle de l’Enfant-Jésus ! Il dort d’un sommeil profond, confiant, comme s’il avait trouvé le havre suprême de la paix ! La scène est si charmante que le scout et sa mère restent là, silencieux, dans une sorte de contemplation… Puis le vicaire arrive… et quelques autres personnes. On leur fait signe de marcher doucement… très doucement… pour – c’est le cas de le dire – ne pas réveiller le chat qui dort ! Il n’est pas gras, le pauvre matou ! C’est probablement un de ces malheureux qu’on vient jeter sur le terrain vague de la zone et qui meurent souvent de faim, de froid …
lire la suite…Le beau travail du santonnier

Dans la clarté de la lampe, près de la porte ouverte aux parfums du soir, maître Ambroise fume son calumiau, sa courte pipe de terre. Sa grande barbe, ses abondants cheveux gris sous le large feutre lui donnent l’air d’un berger de la montagne. Ses petits yeux bleus étincellent de vie. Mère-grand. — Eh ! bonsoir, maître Ambroise, ces pichoun viennent voir vos Santons. Maitre Ambroise. — Té, voisine, c’est le moment. Avec les grands jours, on va les laisser dormir dans l’armoire. Ce soir, on y travaille encore, mes filles surtout qui ont des doigts de fée car mes vieilles mains deviennent maladroites. Chantal. — Nous aimerions tant savoir comment vous fabriquez ces charmants petits personnages si pleins de vie. Maitre Ambroise. — Ah ! pichot, c’est tout un art, voyez-vous. Il n’y a plus beaucoup de santonniers aujourd’hui, des vrais j’entends. Il s’en trouve bien encore qui vous font des petits bonshommes de terre cuite, barbouillés de rouge, de jaune, de bleu. Mais on ne peut pas appeler ça des Santons ! Eh ! péchère, ça …
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