Le Troubadour d’Assise

Il y a longtemps de cela, dans une petite ville d’Italie appelée Assise, on parlait beaucoup du fils d’un riche marchand drapier…
Il s’appelait François. Il était petit et maigre, mais agréable de figure, avec un sourire charmant. Il fallait voir surtout ses beaux yeux noirs, à la fois vifs et doux.
C’était un vrai chef au milieu des autres jeunes gens d’Assise. Mais un chef pour l’amusement, et Dieu, qui lui avait donné aussi belle âme que beau visage, attendait autre chose de lui.
Il n’était pas du tout avare, mais un jour, pressé et énervé parce qu’il avait beaucoup de travail dans la boutique, il bouscula un mendiant :
― Va-t’en, tu m’ennuies !
Ah ! comme le remords vient vite le mordre. Il plante là les clients, court après le pauvre, s’agenouille devant lui, demande pardon et donne sa bourse toute pleine d’écus. Quand on est capable de faire un geste pareil pour l’amour de Dieu, ça prouve qu’on est appelé à de grandes choses.







