Sainte Reine (236–251)

| Ouvrage : Petites Vies Illustrées pour enfants .

Non loin de la pit­to­resque ville de Semur en Côte-d’Or, se trouve une bour­gade modeste : Alise Ste-Reine.

C’est l’antique Alé­sia dont le nom est entré dans l’histoire. On sait que c’est là, qu’après une résis­tance héroïque, Ver­cin­gé­to­rix se ren­dit à César en l’an 52 avant l’ère chré­tienne.

Sait-on aus­si que le nom de sainte Reine rap­pelle le sou­ve­nir d’une jeune mar­tyre gal­lo-romaine, qui ver­sa son sang pour le Christ à Alé­sia ?
Reine naquit en 236 à Alé­sia, au palais du Sei­gneur Clé­ment, son père. Il était riche, puis­sant, mais païen farouche, il pour­sui­vait de sa haine les chré­tiens. L’idolâtrie ne devait dis­pa­raître que deux siècles plus tard, après la conver­sion de Clo­vis.

La mère de la petite Reine mou­rut peu après sa nais­sance, et Clé­ment confia le bébé à une nour­rice dont on lui avait van­té l’honnêteté. La brave femme était chré­tienne mais Clé­ment l’ignorait. Elle s’attacha for­te­ment à sa gra­cieuse petite nour­ris­sone, la fit bap­ti­ser secrè­te­ment et l’éleva dans la reli­gion du Christ à l’insu de son père.

Les pre­mières paroles que pro­non­ça Reine furent les noms de Jésus et de Marie. A mesure que se déve­lop­pait sa jeune intel­li­gence, la nour­rice lui fit com­prendre qu’elle ne devait par­ler de sa reli­gion à per­sonne, même pas, et sur­tout pas, à son père. Reine com­prit, et quand le Sei­gneur Clé­ment pas­sait à che­val en allant à la chasse ou en expé­di­tions guer­rières, il s’arrêtait pour embras­ser sa petite fille, écou­tant un ins­tant son babillage ; mais celle-ci pre­nait bien garde de ne pas lui par­ler de Dieu, de Jésus, ou de sa sainte Mère.

Clé­ment ne tar­da pas à rap­pe­ler au palais la petite ; elle avait sept ou huit ans, il était fier de sa beau­té.

— « Prends bien garde, mon agneau, dit en l’embrassant sa nour­rice. Ne dis à per­sonne au châ­teau que tu adores le vrai Dieu. Fais-le en secret dans ton cœur, le Sei­gneur Clé­ment te mène­rait à la mort lui-même, s’il savait que tu es chré­tienne.

— Ne crains rien, nour­rice. Je ne prie­rai Dieu qu’en secret et atten­drai d’être plus grande pour par­ler de Lui. »

Reine fut pru­dente et long­temps le grand secret fut igno­ré de tous au palais. Mais de la voir par­fois mys­té­rieuse et secrète, s’enfermant seule pour prier et n’accordant jamais un regard aux idoles aux­quelles on offrait de l’encens, éveilla les soup­çons.

Le Major­dome de Clé­ment lui dit un jour :

— « Maître, un bruit court. On dit que votre fille, la demoi­selle Reine, s’est lais­sée séduire par la secte du Gali­léen, qu’elle l’adore en secret, et porte sur son cœur une croix dis­si­mu­lée sous ses den­telles.

— Ma fille ! s’écria Clé­ment, c’est impos­sible. Je n’ai que cette belle enfant et elle serait chré­tienne ? Qu’on me l’amène immé­dia­te­ment. »

La vie de Sainte Reine pour les enfants et les scoutes
« Nour­rice, je viens vivre avec toi ! »

Tout le châ­teau est en émoi. Les ser­vi­teurs aiment tous la petite Reine… que va-t-il lui arri­ver ?

— « Le maître est dur et cruel, mur­mure-t-on, que va deve­nir notre demoi­selle ? Il ne vou­dra rien entendre. »

Tous se ras­semblent pour voir ce qui va se pas­ser.

On s’attend à ce que la fillette, âgée de 12 à 13 ans, ne s’écroule à genoux, ter­ro­ri­sée, en larmes, aux pieds de son père. Mais non, Reine s’avance toute droite, les mains croi­sées sur sa poi­trine.

Clé­ment la regarde dure­ment.

— Est-ce vrai, Reine, es-tu chré­tienne ?

Oui, père, j’adore le seul vrai Dieu, je crois en lui.

La colère de Clé­ment éclate, mais à ses cris de rage, à ses menaces, Reine ne répond qu’un seul mot :

Je crois en Dieu, en Jésus-Christ son Fils unique ; mais mon res­pect pour vous mon père, n’est pas chan­gé. Je vous obéi­rai en tout, sauf à renier ma foi.

— Puisque tu per­sistes dans ta folie, fille déna­tu­rée, je te chasse de ma demeure. Va-t-en ! je te défends de repa­raître devant mes yeux ! »

Reine ne pro­teste pas, elle sait que son père est inflexible. Elle s’éloigne, les yeux pleins de larmes, et, sans empor­ter le moindre bagage, quitte le châ­teau et prend toute seule la route cham­pêtre condui­sant à la chau­mière de sa nour­rice.

En voyant la fille du Sei­gneur, soli­taire et sans escorte, les pay­sans et ceux qui la ren­contrent, s’étonnent :

— « Où peut aller ain­si la fille du Sei­gneur Clé­ment ? »

Grand fut éga­le­ment l’étonnement de la nour­rice quand elle vit la petite prin­cesse lui ten­dant les bras.

— « Nour­rice, nour­rice, mon père sait que je suis chré­tienne, il me chasse… alors je viens vivre avec toi ; comme cela je pour­rai pra­ti­quer ma reli­gion.

— Mais ma petite Reine, je ne puis t’offrir la vie que demande ta noble nais­sance ; je ne suis qu’une pauvre pay­sanne. Tu es habi­tuée main­te­nant à la vie du châ­teau et, même si tu acceptes de vivre près de moi, ce n’est pas dans ma petite chau­mière que tu trou­ve­ras un mari digne de toi, et de ton sang.

Reine se mit à rire.

— « Oh ! nour­rice ne te sou­cie pas de me trou­ver un mari, je n’ai que 13 ans et… j’ai choi­si déjà celui qui sera mon unique époux. J’ai consa­cré ma vie à Notre divin Sau­veur. »

Et Reine mena la vie d’une petite pay­sanne, se livrant à tous les tra­vaux. Elle filait, allait laver le linge à la fon­taine, éplu­chait les légumes, rac­com­mo­dait les vête­ments, tou­jours sou­riante. Son grand plai­sir était de conduire aux champs quelques bre­bis. Dans la soli­tude des grands espaces, elle trou­vait Dieu, s’absorbant dans une longue prière. La jeune patri­cienne n’était plus entou­rée d’amies de son âge, ni de ser­vi­teurs com­plai­sants, mais l’intimité divine lui suf­fi­sait. Elle ali­men­tait ses médi­ta­tions des bons conseils que lui don­nait le prêtre de la bour­gade, qui l’avait bap­ti­sée.

Coloriage pour les mômes : Sainte Reine lavant son linge
Reine lavait le linge à la fon­taine.

Un jour elle eut quinze ans.

Ce jour-là jus­te­ment, Reine était avec son petit trou­peau au lieu dit « les Trois Ormeaux », quand vint à pas­ser un frin­gant cava­lier sui­vi d’une brillante escorte.

C’était le pré­fet des Gaules, Oly­brius, en tour­née d’inspection. Frap­pé de la beau­té et de la dis­tinc­tion de la jeune ber­gère, il s’arrêta, ordon­nant à ses sol­dats de la lui ame­ner sur-le-champ.

Reine recon­nut Oly­brius qu’elle avait autre­fois aper­çu au châ­teau de son père et trem­bla.

« O Christ, dit-elle dans son cœur, je suis ton épouse, ne per­mets pas qu’on me fasse injure, garde-moi tienne. Accorde-moi la grâce de mou­rir plu­tôt que de perdre ma vir­gi­ni­té. »

For­ti­fiée par cette prière, elle s’approcha sans crainte d’Olybrius.

— « De quelle race es-tu pour être si belle ?

— Je suis de race noble.

— Si tu es noble, quel est ton nom ?

— Reine. Je suis fille du Sei­gneur Clé­ment.

— Tu ne devrais pas être ici à gar­der des bêtes, il me semble quel métier fais-tu donc là ?

— Je fais le métier d’adorer la Très Sainte Tri­ni­té.

— Ah vrai­ment tu es donc une com­plice du Gali­léen ?

— Oui, je suis chré­tienne, et le Christ sau­ra me pro­té­ger, puisque je suis sa ser­vante.

— Tu es une petite entê­tée, mais nous allons mettre bon ordre à tout cela. Emme­nez-la et gar­dez-la bien, dit le pré­fet à ses sol­dats, je vais voir avec le Sei­gneur Clé­ment à arran­ger les choses. »

Clé­ment fut fort en colère appre­nant l’attitude de sa fille vis-à-vis du tout-puis­sant pré­fet. Il crai­gnait de perdre ses bonnes grâces et lui don­na toute liber­té d’agir contre son enfant.

Le len­de­main dès l’aube, des trom­pettes clai­ron­nantes convo­quèrent la popu­la­tion sur la grande place. Le peuple accou­rut en foule plein d’effroi et de curio­si­té. Oly­brius sié­geait sur son trône. Il ordon­na que Reine fût ame­née. S’avançant au-devant de la jeune fille, il lui dit avec une cer­taine dou­ceur :

— « Jeune fille, tu dois ado­rer nos dieux, et il ajou­ta tout bas se pen­chant vers elle : Si tu n’es pas convain­cue qu’importe, fais sem­blant de l’être, pense à toi, à ta jeu­nesse, à ta beau­té. L’avenir s’ouvre devant toi. Je te com­ble­rai de richesses, tu seras mon épouse. Tout le monde sera à tes pieds.

— Non, dit Reine en redres­sant sa tête fière, je ne puis être ton épouse et je ne puis ado­rer tes dieux.

— Ne t’obstines pas, Reine, je suis tout-puis­sant, tu dois obéir. Si tu me résistes, j’ai le fer et le feu pour te tor­tu­rer, te réduire à la sou­mis­sion ou te mener jusqu’à la mort. Réflé­chis avant de me répondre.

Reine secoua dou­ce­ment la tête.

— L’or et la puis­sance des hommes ne comptent pas pour moi. Ma seule richesse est le Christ, mon époux. Je suis chré­tienne, et pour lui je souf­fri­rai joyeu­se­ment la mort qui me réuni­ra à Lui pour tou­jours ».

Oly­brius était per­plexe ; s’il livrait l’adolescente aux bour­reaux, elle per­drait sa radieuse beau­té et il la vou­lait pour épouse ; mais com­ment vaincre son obs­ti­na­tion ?

Il pen­sa qu’un empri­son­ne­ment, sévère en vien­drait à bout, et déci­da de livrer Reine à son père, pen­dant quelques mois. Lui irait, pen­dant ce temps, batailler pour l’empire romain.

— « Clé­ment, dit-il en s’éloignant, je vous la confie, n’épargnez rien pour que je trouve à mon retour une fian­cée sou­mise et docile. »

Et Clé­ment se fit le bour­reau de son enfant. Il n’avait qu’une crainte, perdre les bonnes grâces du tout-puis­sant pré­fet. Le Sei­gneur d’Alésia fit donc enfer­mer sa fille au fond d’un sou­ter­rain noir et humide dans son châ­teau de Gri­gnon près de Fla­vi­gny-sur-Oze­rain.

Elle fut atta­chée à une grosse chaîne par le milieu du corps, les extré­mi­tés de la chaîne furent scel­lées aux murs ; la lon­gueur de la chaîne était cal­cu­lée pour que la jeune enfant ne puisse ni s’asseoir ni faire un pas.

On peut encore visi­ter ce caveau aujourd’hui, plus tard un monas­tère béné­dic­tin fut construit au-des­sus. Ce fut un miracle que Reine puisse sur­vivre à un tel sup­plice. Dieu vou­lait pour elle la gloire d’un écla­tant mar­tyre. Un fidèle chré­tien lui fai­sait pas­ser de l’eau et de la nour­ri­ture chaque jour. Elle priait atten­dant le ciel.

Les semaines et les mois pas­sèrent. Oly­brius revint à Alé­sia ; il s’empressa de deman­der à Clé­ment si sa fille avait enfin cédé.

— « Hélas, mon cher pré­fet, elle est tou­jours têtue comme une mule ! Elle conti­nue à dire qu’elle veut mou­rir pour son Dieu… pour­tant je ne crois pas qu’on ait pu la trai­ter plus sévè­re­ment que je ne l’ai fait. »

Oly­brius convint de la bonne volon­té de Clé­ment, mais sa rage contre Reine était à son comble. Il dis­si­mu­la son cour­roux et se fit ame­ner Reine dans la plus belle salle de son palais, puis il vou­lut res­ter seul avec elle.

Une petite lampe brû­lait sur l’autel des faux-dieux, l’encens était à côté dans une coupe.

Reine appa­rut tou­jours digne et belle.

— Reine, dit dou­ce­ment le pré­fet, nous sommes seuls tous les deux. J’admire ta fier­té, elle est digne d’une vraie patri­cienne. Tu as bien fait de ne pas ado­rer les dieux en public, mais main­te­nant je te demande de jeter à leur gloire seule­ment un grain, un seul petit grain d’encens devant moi, et tu seras libre. J’oublierai le pas­sé, tu seras mon épouse et la dame la plus admi­rée de toute la Gaule.

Je ne le peux, fit Reine avec dou­ceur. Mon seul Dieu, c’est le Christ.

Récit de sainte Reine, martyre - Devant le prefet des Gaules Olybrius
« Jeune fille, tu dois ado­rer nos dieux. »

Oly­brius res­ta un ins­tant muet, puis il écla­ta.

— Tu l’auras vou­lu, fille obs­ti­née !

Il fit appe­ler les bour­reaux.

Dépouillée de ses vête­ments et éten­due sur le che­va­let, des bour­reaux armés de lanières com­men­cèrent à fla­gel­ler l’enfant.

Les nom­breux assis­tants, tout païens qu’ils fussent, étaient bou­le­ver­sés de ce spec­tacle et criaient :

— Tu es folle, Reine, cède enfin, brûle donc l’encens aux dieux et tu seras l’heureuse épouse du romain le plus magni­fique.

— Tai­sez-vous, mau­vais conseillers, disait Reine ! Vos dieux sont des idoles de pierre ou de bois ; moi j’adore Jésus-Christ, le seul vrai Dieu c’est Lui qui me donne force et joie dans les tour­ments.

Puis on l’entendit prier dou­ce­ment :

Sei­gneur, j’ai pla­cé ma confiance en vous ; don­nez-moi le cou­rage de vous confes­ser jusqu’à la mort.

Fou de rage, Oly­brius ordon­na d’interrompre les tor­tures. Le corps de la jeune mar­tyre déchi­ré et ruis­se­lant de sang offrait un spec­tacle si dou­lou­reux que les femmes pleu­raient et se trou­vaient mal, tan­dis que les hommes mur­mu­raient qu’ils en avaient assez. Oly­brius lui-même se voi­la les yeux d’un pan de sa toge. S’approchant enfin de la mar­tyre :

— Reine, lui dit-il, ton corps n’est plus qu’une plaie, ton sang ruis­selle, pour­quoi conti­nuer à t’obstiner ? sacri­fie aux dieux et ton sup­plice ces­se­ra.

Je suis au Christ, mur­mu­ra Reine.

La nuit était venue, on recon­dui­sit la vic­time dans un cachot où elle fut enfer­mée.

Sainte Reine en extase dans son cachot - histoire d'une jeune martyre
Reine en extase dans son cachot.

Reine est seule dans cet infect réduit où les rats courent sur un sol gluant. Son corps n’est qu’une plaie vive, elle ne peut ni s’étendre ni dor­mir, mais la grâce divine la sou­tient. Elle remer­cie Dieu qui ne l’a pas aban­don­née à sa fai­blesse.

Sou­dain, une grande clar­té illu­mine le cachot, les murs semblent dis­pa­raître. Reine est ravie en extase. Elle voit une croix lumi­neuse qui monte, jusqu’au ciel, tout en haut une petite colombe blanche bat des ailes ; elle sait que c’est son âme, qui sera bien­tôt libé­rée à jamais.

Elle ne sent plus ses souf­frances, son cœur est plein de joie. Par un miracle insigne, toutes ses bles­sures sont gué­ries, il n’en reste pas trace.

Le len­de­main, quand la jeune fille parut devant Oly­brius, sans une plaie et plus mer­veilleu­se­ment belle que jamais, il fut frap­pé de stu­peur, mais sa pas­sion ne fit que se ravi­ver. Pour ten­ter de la flé­chir, il fit les plus belles pro­messes de l’or, des bijoux, des palais de marbre blanc à colonne de pro­phyre ; richesses, hon­neurs, amour, il mit tout cela aux pieds de cette petite vierge qui n’avait pas seize ans.

— « Je ne puis que mépri­ser tes pro­messes, répé­tait Reine. Pour toi les plai­sirs et les satis­fac­tions de la terre comptent seuls, ils passent avant ton res­pect pour les dieux. Mais moi, je ne puis man­quer de fidé­li­té au seul vrai Dieu qui est le mien. »

Oly­brius remit donc la jeune fille, pour une nou­velle fois, aux mains des bour­reaux. Des torches enflam­mées furent pro­me­nées sur sa chair mira­cu­leu­se­ment gué­rie, puis on plon­gea ce corps tout brû­lé dans de l’eau gla­cée. S’approchant alors, Oly­brius vit que le corps flot­tait à la sur­face du bas­sin et que Reine sou­riait en priant :

Le Sei­gneur a pro­cla­mé sa puis­sance, disait-elle, le Sei­gneur a mani­fes­té sa gloire ! Jésus, mon Maître qui m’avez sau­vé de la mort, soyez béni dans les siècles des siècles.

Oly­brius com­prit qu’il était vain­cu par une faible enfant.

— Qu’on lui tranche la tête, ordon­na-t-il.

La popu­la­tion d’Alésia se réunit au lieu de l’exécution. Puis Reine fut ame­née enchaî­née, entou­rée de gardes.

Elle regar­da la foule et dit à haute voix :

— Je suis si heu­reuse, mes amis, je vais retrou­ver celui que j’aime ! S’il y a des chré­tiens par­mi vous qu’ils prient pour moi.

Les témoins du der­nier sup­plice de la douce mar­tyre affirment avoir vu, au moment ou sa tête fut tran­chée, une blanche colombe s’élever vers le ciel.

Des chré­tiens recueillirent les restes de la sainte enfant et les ense­ve­lirent pieu­se­ment, pla­çant près d’elle les grosses chaînes du cachot de Gri­gnon.

Et les siècles pas­sèrent avec des guerres, des inva­sions, des ruines. On finit par ne plus savoir où se trou­vait l’emplacement de la tombe de Reine.

En 864, des Béné­dic­tins s’installèrent à Gri­gnon et vou­lurent ravi­ver le culte de la petite sainte Reine.

Ils deman­dèrent à Dieu un miracle. Après avoir jeû­né durant trois jours, ils par­tirent en pro­ces­sion pour le lieu où la tra­di­tion pla­çait le tom­beau de la jeune sainte.

Et tan­dis qu’ils chan­taient des psaumes, une colombe blanche vint se poser sur un buis­son.

Le Père Abbé creu­sa lui-même la terre à cet endroit. Bien­tôt une ancienne sépul­ture appa­rut. On ouvrit le cer­cueil et l’on décou­vrit le corps d’une enfant entou­ré d’une grosse chaîne ; et quoique six siècles fussent écou­lés, de beaux che­veux dorés se voyaient au fond du cer­cueil.

Les restes de la sainte sont gar­dés à l’église parois­siale de Fla­vi­gny, la chaîne aus­si a été conser­vée.

La petite Reine, qui renon­ça aux joies et aux gloires ter­restres pour être fidèle à Dieu, est la patronne de bien des églises en France. On célèbre sa fête le 7 sep­tembre.

Mère Made­leine-Louise De Sion.

 


Imprimatur
Verdun, le 4 décembre 1955.       Mgr CHOPPIN, vic. gén.

2 Commentaires

  1. Giscard Mukucha a dit :

    Ma fille nee aujourd­hui je la nomme Reine pour incar­ner la sainte. To God be the glo­ry

    7 septembre 2017
    Répondre
    • Le Raconteur a dit :

      Bon anni­ver­saire à toutes les Reine

      10 septembre 2017
      Répondre

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