Le Seigneur les chassa du Paradis et mit à l’entrée des Chérubins armés d’une épée de feu, pour les empêcher d’aller à l’arbre de vie.
Et maintenant une histoire ! Posts
Aigulphe, vulgairement nommé Ayou, naquit à Blois vers l’an 630. Il se fit admettre à l’abbaye bénédictine de Fleury, au diocèse d’Orléans. Son supérieur lui confia la mission de faire enlever les reliques de saint Benoît, ensevelies sous les ruines de l’abbaye du Mont-Cassin, au royaume de Naples. Ayou partit, accompagné de quelques personnes du Mans il eut la chance de découvrir le tombeau de saint Benoît et celui de sainte Scholastique, sa sœur. Il en tira les ossements et les transporta en France : on mit ceux de saint Benoît dans l’abbaye de Fleury, et ceux de sainte Scholastique furent envoyés au Mans. Appelé ensuite à gouverner le monastère de Lérins, en Provence, Ayou tenta d’y rétablir la discipline ; mais des hommes pervers, encouragés par le seigneur de Nice, ourdirent un complot contre le saint Abbé et l’assassinèrent. L’Église, et en particulier le diocèse de Blois, l’honore comme martyr.

Dieu prépara le berceau de l’humanité en faisant avec rien :
1° La lumière,
2° Le ciel,
3° Les mers et la terre avec l’herbe verte et les arbres fruitiers,
4° Le soleil, la lune et les étoiles,
5° Les poissons et les oiseaux,
6° Les autres animaux,
7° Enfin Adam, qui aura la domination sur tous les êtres créés.
Il place l’homme et la femme dans un jardin délicieux, où il y a de beaux arbres et beaucoup de fruits agréables au goût.
Au milieu du jardin se trouvent l’Arbre de vie et celui qui servira à connaître le bien et le mal.
Pour arroser ce paradis, un fleuve sort de terre, il se divise en quatre canaux :
Le Phison, Le Géhon, Le Tigre, l’Euphrate.
Le Serpent était le plus fin de tous les animaux. Il dit à la Femme : « Pourquoi Dieu vous commandé de ne pas manger du fruit de tous les arbres ? » — « Dieu nous a commandé seulement de ne pas manger du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin de peur que nous ne mourions ». « Vous ne mourrez pas, mais vous serez des dieux, connaissant le bien et le mal. »
Alors, Ève prit de ce fruit, en mangea et en donna à Adam qui en mangea aussi.
(Légende).

Lorsque l’Ange du Seigneur eut averti Joseph d’avoir à fuir en Égypte, parce qu’Hérode cherchait l’Enfant pour le faire périr, il s’empressa, selon le commandement divin, de prendre l’Enfant et sa Mère, avec tout ce qu’il avait. Mais il avait peu de chose ; et, tout compte fait, il ne lui restait, pour un si lointain voyage, que trois pièces de celles qu’il avait reçues des Mages, lorsqu’ils étaient venus d’Orient à Bethléem pour adorer le Roi des Juifs.
Il prit ces trois pièces dans sa ceinture : « C’est sans doute, se dit-il, pour nous venir en aide dans cet exil que Dieu nous a envoyé ces hommes secourables qui sont ses serviteurs. Que son saint nom soit béni ! »
Il quitta Bethléem avec Jésus et Marie. C’était pendant la nuit obscure. L’âne marchait, les anges veillaient, Marie priait, Jésus dormait.
Lorsque le jour fut venu, la sainte Famille se trouva au pied des montagnes d’Hébron, où l’on montre encore le tombeau d’Abraham et de Sarah. Il y avait là un pauvre lépreux qui vivait caché dans une des nombreuses cavernes de ce pays, car il n’est pas permis aux lépreux d’habiter dans la société des hommes. Cependant, celui-ci, ayant entendu le pas des saints voyageurs, sortit de sa retraite et regarda. Jésus lui parut si beau, tout nimbé de lumière, Marie et Joseph lui parurent si bons, qu’il prit la confiance de s’avancer un peu pour leur faire sa prière. Mais il n’osait approcher tout à fait, car le lépreux est maudit, et celui-là est impur qui porte la main à la sienne. Il criait donc de loin : « O vous qui passez, serviteur et servante de Dieu, ayez pitié de moi ! »
Or Jésus, entendant la voix de la misère, s’éveilla et tendit ses bras au malheureux. Il regarda Marie, Marie regarda Joseph, Joseph fit approcher le lépreux et lui donna la première de ses trois pièces d’or ; car il avait compris que c’était la volonté du divin Fils de Marie. L’Enfant sourit, et de sa main il toucha le front du lépreux, qui guérit.
(Légende)
L’étoile filait doucement sous le ciel bleu, laissant derrière elle une longue traînée d’or, et les trois rois qui avaient quitté leur palais de marbre au bout du monde, la suivaient anxieusement à travers les monts, et les vallées.
Les pages portaient des présents magnifiques : l’or, l’encens et la myrrhe, et des coffrets d’argent ciselé, destinés à l’Enfant-Roi.
« Le cimeterre au clair ou la lance sur l’épaule, dit un auteur, leurs gardes les accompagnaient, et derrière chacun d’eux, comme figés dans leurs armures étincelantes, marchaient trois écuyers, l’un portant l’étendard du maître, l’autre son sceptre et le troisième sa couronne, sur laquelle, par instants, les ors et les diamants luisaient comme d’étranges lucioles. »
À Jérusalem, l’étoile sans pareille s’éteignit et les trois rois crurent qu’ils étaient arrivés ; mais nul ne connaissait le nouveau Roi.
Quelle tristesse !

Hérode et les scribes, obligés de relire la prophétie de la naissance, leur dirent enfin :
« Allez à Bethléem ! Et lorsque vous l’aurez trouvé ajouta le farouche Hérode, annoncez-le moi, afin que, moi aussi, avec un cortège magnifique, j’aille l’adorer. »
Ils reprirent la route ; mais l’étoile, en les quittant, avait emporté toute leur joie, ils se demandaient anxieusement si l’indication d’Hérode était bonne, car ce vilain prince leur avait fait fort triste impression, et ils ne pouvaient croire qu’il pût être l’interprète du ciel.
« Essayons, avec notre seule sagesse, se dirent-ils, de faire quelque découverte utile ; laissons notre suite et allons seuls interroger en ce pays »
Ils ordonnèrent donc à leurs écuyers et valets de s’arrêter, et ils marchèrent seuls à l’aventure dans la campagne, enveloppés en de larges manteaux qui cachaient leur rang.
Se laissant aller à l’inspiration, ils s’écartèrent et s’égarèrent.
Le soir venu, ils cherchaient encore leur route. En vain, des yeux interrogeaient-ils l’horizon : ils ne voyaient poindre ni les casques, ni les lances de leurs gardes. En vain, ils appelaient : l’écho seul répondait à leurs voix. La plaine s’étendait devant eux, déserte et silencieuse. La nuit descendait dans le ciel où lentement, une à une, les étoiles s’allumaient comme des perles d’or, mais ils essayaient en vain de découvrir celle qui s’était levée là-bas en Orient, sur leurs palais de marbre, et qu’ils avaient suivie.
Ils restaient là, tous trois, inquiets, à la recherche d’une hutte ou d’un abri, si pauvre fût-il, où ils pourraient du moins attendre l’aurore.
Mais ils n’apercevaient aucune lumière ; aucune fumée ne montait ; pas une clochette ne sonnait dans la plaine.
Tout à coup, le roi Balthazar prêta l’oreille :
— N’entendez-vous rien ? demanda-t-il aux autres.
Melchior et Gaspard écoutèrent à leur tour :
— Ne serait-ce pas plutôt, fit le premier, le vent qui fait bruire les branches ou les appels d’un rossignol perdu que l’écho apporte jusqu’à nous ?
Mais Gaspard montrait la route : « Avançons toujours ! dit-il. Murmure du vent ou chanson de rossignol, le bruit nous guidera. »
Et, à mesure qu’ils avançaient, le bruit devenait plus distinct. C’était maintenant comme un refrain joyeux qui montait dans l’air, troublant seul le grand silence de la nuit, et, sous les arbres, là-bas, très loin, une lueur brillait, un peu de fumée blanche montait dans le ciel.
« Stille Nacht, heilige Nacht. »
Une histoire vraie
Un saint curé
Le 24 décembre 1818, monsieur le curé Josef Mohr revenait à son presbytère d’Obendorf, après le baptême du dernier né de la famille Köhler. Obendorf veillait sous la neige. C’est un joli village au bord de la Salzach, à 15 km au nord de Salzburg. Monsieur le curé était jeune (né le 11 décembre 1792) et très pieux. Sa paroisse, par conséquent, vivait édifiante et sage. Monsieur le curé, rentre à la nuit, sentait la reconnaissance déborder de son cœur de prêtre. Il venait de donner à l’Église un petit chrétien. Et cette nuit sainte, nuit commencée, il monterait à l’autel pour la messe de Noël, messe merveilleuse que la chorale rendrait encore plus belle car Obendorf jouissait d’un curé musicien et d’un organiste excellent, instituteur au petit village voisin d’Arnsdorf. Cet organiste s’appelait Franz Xaver Gruber. Monsieur le curé l’avait en grande amitié et souvent, les deux amis se réunissaient pour la plus grande gloire de Dieu : le cure chantait, et Gruber l’accompagnait sur sa guitare.
La première inspiration
Ce soir-là, monsieur le curé avait donc grand besoin de se recueillir et de remercier Dieu dans l’attente de la grande action de minuit. Mais, tandis qu’il méditait humblement le mystère de la sainte nativité, une grande paix l’envahit, avec le désir d’exprimer les douces pensées qui affluaient dans son âme. Sans effort, comme d’un seul jet, il écrivit :
Stille Nacht, heilige Nacht,
Alles schläft ; einsam wacht
Nur das traute hochheilige Paar.
Holder Knabe im lockigen
Haar, Schlaf in himmlischer Ruh !
Intraduisibles ! parce que chaque langue a son génie, ces syllabes rêveuses et discrètes, semées du doux éclat des voyelles encrassées, rarement libres et brillantes, sans l’étincellement des langues « du Sud ».
Je traduis pour qui ignore la langue des lieder, ce qui est bien permis. Mais je traduis le sens, exprès, sans tenir compte de la mélodie que monsieur le curé n’avait pas encore :






