Et maintenant une histoire ! Posts


21 mars 2026Saint Benoît, Abbé

Benoît naquit d’une famille noble à Nor­cia, petite ville de l’I­ta­lie cen­trale. Ses parents l’a­vaient envoyé aux écoles publiques de Rome ; mais, voyant le dan­ger qu’il y avait pour lui à fré­quen­ter des cama­rades légers, il s’en­fuit à 14 ans dans les mon­tagnes désertes de Subia­co, où il vécut trois années dans une grotte presque inac­ces­sible : un moine nom­mé Romain lui don­na l’ha­bit reli­gieux et lui appor­tait sa nour­ri­ture. Cepen­dant le démon essaya de trou­bler l’âme du jeune homme par des images impures : Benoît sut en triom­pher en se rou­lant sur un buis­son d’or­ties et d’é­pines, ce qui le gué­rit pour tou­jours de sem­blables ten­ta­tions. Le bruit de sa sain­te­té finit par se répandre ; une foule de dis­ciples se réunirent près de lui et beau­coup de familles lui confièrent l’é­du­ca­tion de leurs enfants. Après avoir construit douze monas­tères à Subia­co, il s’é­loi­gna pour fuir la jalou­sie d’un prêtre voi­sin, et se reti­ra au Mont-Cas­sin, où il bâtit une abbaye. C’est là qu’il écri­vit sa règle si célèbre et qu’il finit ses jours. À la voix de Benoît, on vit Maur mar­cher sur les eaux pour sau­ver Pla­cide tom­bé dans un lac, on vit la farine et l’huile se mul­ti­plier mira­cu­leu­se­ment pen­dant une famine, on vit le démon sor­tir vain­cu du corps des pos­sé­dés. Saint Benoît expi­ra, qua­rante jours après son entre­vue avec sa sœur sainte Scho­las­tique, le 21 mars 543. Com­pa­ré à Abra­ham à cause de sa nom­breuse pos­té­ri­té reli­gieuse, il a reçu le titre de « patriarche des moines d’Occident ».


Ouvrage : Au cœur de la Provence | Auteur : Filloux, H.

Laure. — Puisque nous par­lons de Noël, venez tous, les amis, regar­der notre crèche.

Michèle. — Le ravis­sant petit Jésus, blond et rosé, cou­ché sur la paille !

Chris­tine. — Et la Vierge, sa mère, en tunique bleue, avec ce long voile blanc qui des­cend en plis gra­cieux sur ses épaules, comme elle est belle !

JacLa crèche de Noël pour les mômes - Frise des santons de Provenceques. — Saint Joseph me plaît dans sa robe vio­let fon­cé et son man­teau jaune.

Chris­tian. — Mais qui sont tous ces petits per­son­nages ran­gés au fond de la boîte ?

Clé­mence, sau­tant de joie. — Té, ce sont nos San­tons ! Vous ne connais­sez pas les Santons ?

Dans une boîte de carton,
Som­meillent les petits Santons,
Le ber­ger et le rémouleur
Et l’En­fant Jésus Rédempteur.
Le Ravi qui le vit
Est tou­jours ravi.
Les mou­tons En coton,
Sont ser­rés au fond…
Un soir alors paraît l’é­toile d’or
Et tous les petits Santons
Quittent la boîte de carton.
Naï­ve­ment dévo­te­ment,
Ils vont à Dieu por­ter leurs vœux,
Et leur chant est tou­chant.
Noël ! Joyeux Noël !
Noël joyeux de Provence !

Ouvrage : Et maintenant une histoire II | Auteur : Bernard, Jean

La vie de Jésus pour les petits - Marie et Joseph cherche un logement à BethléemLe vent souffle fort, ce soir, sur la plaine déso­lée. Si fort que bêtes et gens, tran­sis jusqu’aux os, se sont réfu­giés dans leurs abris bien clos, et que, loin, bien loin à l’horizon, on ne voit plus per­sonne sur les che­mins déserts.

Per­sonne ? Si… Deux ombres ombres avancent len­te­ment, là-bas, à demi cour­bées sous le vent et sem­blant cher­cher leur route à tâtons dans la nuit. Deux ombres… Un homme jeune encore et qui sou­tient de son bras puis­sant une jeune femme, à demi morte de fatigue.

Celle-ci s’arrête, tout à coup :

« Je n’en peux plus, Jean, mur­mure-t-elle d’une voix faible, il fau­drait nous asseoir… »

L’homme sur­saute :

« Nous asseoir, là, en plein vent, par ce froid ? Mais c’est impos­sible ! Allons, essaie encore… un peu… regarde ! Là-bas, il y a une lumière. »

La jeune femme a levé la tête. C’est vrai ! Une faible lumière brille à quelques mètres, dans l’ombre épaisse. Si on allait enfin pou­voir s’arrêter un peu, s’asseoir, se réchauf­fer ? L’espoir donne des forces… Len­te­ment, Mariette s’est remise en route tan­dis que l’appui de son jeune époux se fait, tout près d’elle, plus ferme et plus vigilant.

***

Pan ! Pan ! D’une poigne solide, l’homme a ébran­lé la porte de la petite mai­son basse, à demi cachée sous les arbres. Un bruit à l’intérieur… Une voix de femme, che­vro­tante der­rière la porte close :

« Oui est là ?

– Deux pas­sants qui auraient bien besoin de se réchauf­fer un peu. »

Un ins­tant d’hésitation, puis une protestation :

Ouvrage : Et maintenant une histoire II | Auteur : Mainé, Marie-Colette

L’office s’achève.

Légende de Noël - Choeur des moinesDra­pés dans leur chape de bure noire, les moines alternent pai­si­ble­ment les ver­sets sacrés. Pour­tant, au fond de la cha­pelle, une étrange dis­trac­tion a clos les lèvres du prieur : il sou­pire lon­gue­ment en regar­dant sur la muraille une grande éten­due de plâtre blanc qui tranche sur les déco­ra­tions envi­ron­nantes. Tout autour de la nef, d’exquises fresques rap­pellent les épi­sodes de la vie du Christ ; une seule manque, impor­tante cepen­dant : la Nativité.

Encore une fois, le prieur sou­pire ; le frère ima­gier, le bon frère Nor­bert, est mort voi­ci plu­sieurs mois lais­sant son œuvre inache­vée. Le prieur est en grand sou­ci : qui donc ter­mi­ne­ra la déco­ra­tion de l’abbaye ?… Noël est proche (dans huit jours à peine) et le mur reste blanc. Main­te­nant, il faut s’y rési­gner, pas un maître ima­gier ne serait capable de tra­vailler si promptement…

Certes, de nom­breux peintres se sont pré­sen­tés, mais leurs esquisses n’ont pas satis­fait le vieil abbé. Il vou­drait plus beau, plus simple, plus vrai !… Il vou­drait un artiste qui peigne avec son cœur et sa foi. Point ne s’en pré­sen­tant, force est au moine de lais­ser la tache livide dépa­rer la chapelle.

***

Deux par deux, les moines longent le cloître. Sou­dain, des coups sourds ébranlent le por­tail, un frère se détache de la file, va pous­ser le ver­rou. Par l’huis entr’ouvert, une sil­houette chan­ce­lante se glisse, et vient tom­ber aux pieds du prieur…

« Pitié !… Sauvez-moi !… »

Ouvrage : Les contes de la Vierge | Auteur : Tharaud, Jérôme et Jean

Légende de la Vierge - Immaculcée ConceptionTous ceux qui pré­tendent que rien ne vaut la joie de voir, chaque jour, en leur place, les belles choses que Dieu a créées, je répli­que­rai par le cas d’un jeune clerc qui eût don­né sans regret tout ce que les yeux peuvent voir et tout ce que la main peut sai­sir, pour le bon­heur de contem­pler, ne fût-ce qu’un ins­tant, Celle dont on dit à bon escient qu’elle est la gemme, l’églantine, la gloire de la terre et des cieux, Notre-Dame Sainte Marie.

Un jour que pros­ter­né devant son image bénie, il lui disait, une fois après tant d’autres, qu’il ne sou­hai­tait rien tant que la voir, non plus sous la forme impar­faite d’une sta­tue de pierre ou de bois, mais telle qu’elle était en vérité :

– Mon fils, lui répon­dit l’image, je n’annonce l’heure de mou­rir à per­sonne, car tes jours ne sont pas à moi : ils appar­tiennent à mon Fils. Mais si tu tiens tant à me voir, sache que nul au monde n’a obte­nu cette faveur qu’il n’ait per­du la vue aussitôt.

Ouvrage : Autres textes | Auteur : France, Anatole
Chanson enfantine de Saint Nicolas

Saint Nico­las, évêque de Myre en Lycie, vivait à l’époque de Constan­tin le Grand. Les plus anciens et les plus graves auteurs qui aient par­lé de lui célèbrent ses ver­tus, ses tra­vaux, ses mérites ; ils donnent de sa sain­te­té des preuves abon­dantes ; mais aucun d’eux ne rap­porte le miracle du saloir. Il n’en est pas fait men­tion non plus dans La Légende dorée. Ce silence est consi­dé­rable : pour­tant on ne se résout pas volon­tiers à mettre en doute un fait si célèbre, attes­té par la com­plainte uni­ver­sel­le­ment connue :

Il était trois petits enfants qui s’en allaient gla­ner aux champs…

Ce texte fameux dit expres­sé­ment qu’un char­cu­tier cruel mit les inno­cents « au saloir comme pour­ceaux » . C’est-à-dire appa­rem­ment qu’il les conser­va, cou­pés par mor­ceaux, dans un bain de sau­mure. En effet, c’est ain­si que s’opère la salai­son du porc : mais on est sur­pris de lire ensuite que les trois petits enfants res­tèrent sept ans dans la sau­mure, tan­dis qu’à l’ordinaire on com­mence au bout de six semaines envi­ron à reti­rer du baquet, avec une four­chette de bois, les mor­ceaux de chair. Le texte est for­mel : ce fut sept années après le crime que, selon la com­plainte, le grand saint Nico­las entra dans l’auberge mau­dite. Il deman­da à souper.

L’hôte lui offrit un mor­ceau de jambon.

— Je n’en veux pas ; il n’est pas bon.

— Vou­lez-vous un mor­ceau de veau ?

— Je n’en veux pas ; il n’est pas beau.

— Du p’tit salé je veux avoir

— Qu’y a sept ans qu’est dans le saloir.

Quand le bou­cher enten­dit c’la,

Hors de la porte il s’enfuya.

Aus­si­tôt, par l’imposition des mains sur la saloir, l’homme de Dieu res­sus­ci­ta les tendres victimes.

Tel est, en sub­stance, le récit du vieil ano­nyme ; il porte en lui les carac­tères inimi­tables de la can­deur et de la bonne foi. Le scep­ti­cisme semble mal ins­pi­ré quand il s’attaque aux sou­ve­nirs les plus vivants de la conscience popu­laire. Aus­si n’est-ce pas sans une vive satis­fac­tion que j’ai trou­vé moyen de conci­lier l’autorité de la com­plainte avec le silence des anciens bio­graphes du pon­tife lycien. Je suis heu­reux de pro­cla­mer le résul­tat de mes longues médi­ta­tions et de mes savantes recherches. Le miracle du saloir est vrai, du moins en ce qu’il a d’essentiel ; mais ce n’est pas le bien­heu­reux évêque de Myre qui l’a opé­ré ; c’est un autre saint Nico­las, car il y en a deux : l’un, comme nous l’avons dit, évêque de Myre en Lycie ; l’autre, moins ancien, évêque de Trin­que­balle en Ver­vi­gnole. Il m’était réser­vé d’en faire la dis­tinc­tion. C’est l’évêque de Trin­que­balle qui a tiré les trois petits gar­çons du saloir ; je l’établirai sur des docu­ments authen­tiques et l’on n’aura pas à déplo­rer la fin d’une légende.

J’ai été assez heu­reux pour retrou­ver toute l’histoire de l’évêque Nico­las et des enfants res­sus­ci­tés par lui. J’en ai fait un récit qu’on lira, j’espère, avec plai­sir et profit.

I

Nico­las, issu d’une illustre famille de Ver­vi­gnole, don­na dès l’enfance des marques de sain­te­té et fit vœu, à l’âge de qua­torze ans, de se consa­crer au Sei­gneur. Ayant embras­sé l’état ecclé­sias­tique, il fut éle­vé, jeune encore, par l’acclamation popu­laire et le vœu du cha­pitre, sur le siège de saint Cro­ma­daire, apôtre de Ver­vi­gnole et pre­mier évêque de Trin­que­balle. Il exer­çait pieu­se­ment son minis­tère pas­to­ral, gou­ver­nait ses clercs avec sagesse, ensei­gnait le peuple et ne crai­gnait pas de rap­pe­ler les grands à la jus­tice et à la modération.