Et maintenant une histoire ! Posts


28 mars 2026Saint Jean de Capistran, Confesseur

Jean, né à Capis­tran, dans l’I­ta­lie cen­trale, le 24 juin 1385, fit ses études de droit à Pérouse, devint gou­ver­neur de cette ville, ten­ta de réta­blir la paix avec les sei­gneurs de Rimi­ni et fut vic­time d’une tra­hi­son à la suite de laquelle on l’emprisonna. Ayant obte­nu sa déli­vrance au prix d’une forte ran­çon, il entra chez les Fran­cis­cains et fit pro­fes­sion en 1417. Pen­dant ses études de théo­lo­gie, il eut pour maître saint Ber­nar­din de Sienne, qui, frap­pé de ses pro­grès, le fit prê­cher à Sienne et le prit ensuite comme auxi­liaire dans ses mis­sions. Jean par­cou­rut ain­si presque toute l’I­ta­lie et conver­tit des âmes innom­brables. Nom­mé par le Pape inqui­si­teur contre les Juifs et les Sar­ra­sins, il en ame­na un grand nombre à la foi du Christ. Au concile de Flo­rence, il réus­sit à réunir les Armé­niens schis­ma­tiques à l’É­glise catho­lique. Envoyé comme nonce en Alle­magne, il conver­tit quan­ti­té d’hé­ré­tiques. Il pous­sa le pape Calixte III à décré­ter la Croi­sade et ani­ma tel­le­ment les princes à la guerre sainte qu’en peu de temps 70 000 chré­tiens furent enrô­lés. C’est prin­ci­pa­le­ment à ses conseils et à son cou­rage que l’on dut la vic­toire de Bel­grade où 120 000 Turcs furent taillés en pièces ou mis en fuite. Il mou­rut de fatigue peu de temps après, le 23 octobre 1456.


Ouvrage : Et maintenant une histoire II | Auteur : Colliaux, Marcelle

dentelliere - Jan Vermeer - 1670. Histoire des crêpes du 2 février, la Purification

Rêveuse, Marie-Aude, la petite den­tel­lière, regar­dait sa navette inactive…

« Plus de fil, plus de soie, mur­mu­ra-t-elle ! Je n’au­rai rien à offrir à Notre Dame Marie cette année… »

Ce n’é­tait pour­tant ni le cou­rage, ni l’a­dresse qui man­quaient à Marie-Aude ! Petite den­tel­lière adroite, elle était répu­tée pour la finesse mer­veilleuse de ses den­telles, de ses déli­cates incrus­ta­tions, et les riches dames de la ville se déran­geaient pour venir lui com­man­der leurs fines parures.

Or, cette année-là, Marie-Aude était déso­lée. Dési­reuse d’of­frir un pré­sent à Notre-Dame, comme toutes les dentel­lières du pays avaient cou­tume de le faire en la belle fête de la Puri­fi­ca­tion, elle avait rêvé depuis des mois de tis­ser en fil de soie un nap­pe­ron d’au­tel qui serait le chef-d’œuvre de sa vie !

A l’a­vance, elle avait ima­gi­né d’ac­cor­der harmonieu­sement ses fils en gra­cieux épis, en lis des champs, et de tis­ser fine­ment, si fine­ment en l’hon­neur de la Sainte Vierge, qu’il ne sau­rait y avoir plus déli­cat tra­vail que le sien.

Seule­ment, la vaillante petite Marie-Aude avait dépen­sé jus­qu’à son der­nier sou pour soi­gner sa chère grand-mère malade, dont elle était le seul sou­tien, et il lui était impos­sible d’a­che­ter le moindre fuseau pour Notre-Dame !

* * *

Pen­sive et triste, Marie-Aude écoute le régu­lier tic-tac de l’a­rai­gnée Miette qui tisse, elle, une fine den­telle à la fenêtre et tord son fil en nœuds légers. Marie-Aude aime cette petite arai­gnée beso­gneuse qui tra­vaille en artiste silen­cieu­se­ment et, en connais­seuse, la jeune fille admire ses trames légères toutes emper­lées de la rosée du matin.

« Miette, ma mie, mur­mure-t-elle, tu as bien de la chance ! » Et Miette, l’humble pro­té­gée de Marie-Aude, semble com­pa­tir car, insensiblement,

Ouvrage : 90 Histoires pour les catéchistes I | Auteur : Corbie, Geneviève de

La charité

Dis, maman… il ne sera pas en retard le train ? »

Train en garePour la dixième fois depuis une heure Gil­berte pose la même ques­tion à sa maman !

« Je l’es­père, ma ché­rie », répond Mme Del­vart éga­le­ment pour la dixième fois…

Jacques, le frère cadet, se montre moins patient ! Et lorsque sa sœur reprend pour la onzième fois son refrain, il lui répond, sans se sou­cier du res­pect dû au droit d’aînesse :

« Non, il sera en avance !

— Toi, je ne te demande rien, répond la fillette vexée.

— Tu nous casses les oreilles avec tes ques­tions idiotes, reprend Jacques en haus­sant les épaules d’un air dédaigneux.

— Allons, cal­mez-vous mes enfants, inter­rompt Mme Del­vart qui sent que le dia­logue va se ter­mi­ner en bagarre ! Croyez-vous que l’oncle Hen­ri sera content de vous trou­ver en train de vous disputer ? »

L’oncle Hen­ri est en effet le voya­geur que l’on attend avec une telle impa­tience ! Frère de Mme Del­vart, il est par­ti depuis huit ans comme mis­sion­naire au Gabon, quelques jours à peine après la nais­sance de son neveu. Là, il a bap­ti­sé, évan­gé­li­sé de toutes manières une petite tri­bu Pahouine de la Mis­sion des Makou­kou. Il y serait encore si ses Supé­rieurs ne l’a­vaient char­gé d’une tour­née de pro­pa­gande en Europe au pro­fit de ses enfants noirs. Après une semaine de repos en com­mu­nau­té, le Père avait été auto­ri­sé à pas­ser quelques jours en famille. Grande joie pour Mon­sieur et Madame Del­vart, heu­reux de revoir leur cher mis­sion­naire ; enthou­siasme de la part de Gil­berte et de Jacques qui ne le connais­saient guère que par des photographies…

* * *

Cepen­dant les enfants ne purent cacher une moue de décep­tion lorsque le train, qui n’a­vait ni avance ni retard, dépo­sa sur le quai un voya­geur qu’ac­com­pa­gnait M Del­vart. Mince et de taille moyenne, le visage à demi caché par une barbe fauve, vêtu d’une simple sou­tane noire, l’oncle Hen­ri, à part sa belle barbe, n’a­vait rien de plus extraordinaire 

Votre site « Et main­te­nant une his­toire » pro­po­se­ra par­fois des tra­vaux manuels pour occu­per le mer­cre­di des enfants. Ces bri­co­lages auront un rap­port plus ou moins loin­tain avec l’his­toire publiée le same­di précédent.

Ouvrage : Légende dorée de mes filleuls | Auteur : Daniel-Rops

Écou­ter cette histoire

Les lourds bro­de­quins des légion­naires sonnent sur les dalles des rues. A la porte de la mai­son, des coups vio­lents. Le jour se lève à peine sur Rome. « Ouvrez ! » Les sol­dats entrent, mena­çants, glaive en main, prêts à frap­per qui leur résis­te­rait. Mais ceux qu’on vient arrê­ter ne résistent nul­le­ment. D’a­vance, ils ont accep­té le sort qui les attend ; d’a­vance ils ont don­né leur vie au Christ.

Ils ne le renie­ront pas. Emme­nés devant un magis­trat de l’Em­pire, ils lui tien­dront tête sans trem­bler. On enten­dra à peu près ce dialogue :

récit du martyre de chrétiens jetés aux lions

— Es-tu chrétien ?

— Oui, je le suis.

— Acceptes-tu d’of­frir un sacri­fice aux dieux de Rome ?

— Je ne puis pas.

— Si tu refuses, tu mourras.

— Je refuse.

Ce dia­logue, c’est par dizaines, par cen­taines qu’il s’est répé­té. Innom­brables ont été les hommes, les femmes, les enfants, qui, en face des auto­ri­tés impé­riales, ont pro­cla­mé fiè­re­ment leur foi dans le Christ Jésus et pré­fé­ré mou­rir plu­tôt que de le tra­hir. C’est sans doute le cha­pitre le plus admi­rable de toute l’his­toire de l’Église que celui que com­posent ces « Pas­sions », ces récits sublimes du sacri­fice accep­té, dési­ré, par des géné­ra­tions de chré­tiens, et nos ancêtres au Moyen Age, dans les pages de la Légende dorée, ont par­ti­cu­liè­re­ment aimé à entendre celles où cet héroïsme était glo­ri­fié. Les mar­tyrs ne sont-ce pas les témoins du Christ ? —en grec, mar­tyr veut dire témoin. Ne sont-ce pas les preuves vivantes que, pour des chré­tiens, la fidé­li­té aux pro­messes du bap­tême est plus impor­tante que l’exis­tence même ? De siècle en siècle on cite­ra leurs noms, on répé­te­ra leur his­toire, on les invo­que­ra comme des inter­ces­seurs auprès de Dieu.