Épiphanie

Des histoires pour l’Épiphanie

Ayant pour thèmes : Épi­pha­nie, Galette, Roi mage

Le Gâteau des Rois

Le Gâteau des Rois
Le sixième jour du mois de jan­vier 1663, le roi Louis XIV avait convié le ban et l’ar­rière-ban de ses cour­ti­sans à une splen­dide par­tie de chasse qu’il don­nait, en l’hon­neur de la fête des rois, dans la forêt de Fon­tai­ne­bleau. Les invi­tés, mas­sés dans la cour d’hon­neur du châ­teau, vêtus de somp­tueux cos­tumes de velours bro­dés d’or et d’argent et mon­tés sur de superbes cour­siers, atten­daient la venue de Sa Majes­té en devi­sant des mille petites his­toires de la cour. Sou­dain, la grande porte du ves­ti­bule s’ou­vrit à deux bat­tants et l’huis­sier de ser­vice, s’a­van­çant sur le per­ron, annon­ça : — Mes­sieurs, le roi ! Aus­si­tôt, toutes les têtes se décou­vrirent et le silence se fit tan­dis que le monarque puis­sant s’ap­pro­chait de sa mon­ture, la cares­sait dou­ce­ment du bout de sa main gan­tée. Puis, sai­sis­sant à poi­gnée la cri­nière soyeuse du bel ani­mal, il enga­gea son pied dans l’é­trier et s’é­lan­ça en selle. Mais celle-ci, sans doute mal atta­chée, tour­na sur elle-même, une cour­roie se rompit …
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Degemer, le chien du mage Balthazar

Degemer, le chien du mage Balthazar
La rumeur s’est répan­due aux quatre coins du monde. Et là, je suis intri­gué par mon maître que je trouve de plus en plus agi­té. En fait, il n’y tient plus depuis qu’il a repé­ré cette étoile nou­velle, plus grande et plus brillante que les autres. Et le voi­là tout impa­tient de prendre la route pour, d’abord, rejoindre Mel­chior et Gas­pard. Les mages ! Oui mon maître est mage. Je pour­rais dire aus­si que c’est un grand sage même si dans l’immédiat, je le trouve bizarre. Il me parle d’un nou­­veau-né qui est fils de Dieu, qu’il va le rejoindre, gui­dé par l’étoile du ber­ger et qu’il lui offri­ra ce qu’il a de plus pré­cieux : de la myrrhe. Un nom du pays bre­ton C’est très confus pour moi tout cela. Là, je l’entends pro­je­ter d’aller jusqu’à l’enfant né… mais sans moi ! Pour­tant, Bal­tha­zar, je ne le lâche jamais, je le suis par­tout, je l’écoute et com­pa­tis quand il faut. Je le dis­trais de mes sauts, …
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Pouf

Pouf
Conte d’Épiphanie Per­­met­­tez-moi de vous pré­sen­ter Pouf. C’est un petit homme de 5 ans, bien plan­té sur de robustes mol­lets. Fri­mousse éveillée, che­veux en boucles, grands yeux d’a­zur. Je ne sau­rais vous dire” en quelle cir­cons­tance il se rebap­ti­sa lui-même, car, de mémoire d’homme, on ne connut jamais de saint Pouf au calen­drier. Or, notre Pouf mani­feste de très bonne heure la pas­sion des voyages. À sa grande joie, il reçut l’an pas­sé, pour ses étrennes, une superbe Citroën, modèle réduit, à l’aide de laquelle il fait du 4 à l’heure en pédales, sur l’a­ve­nue pari­sienne qu’­ha­bitent ses parents. Un seul acci­dent jus­qu’i­ci. Résul­tat : une énorme bosse au front ; mais qu’est-ce cela en com­pa­rai­son de plai­sirs inex­pri­mables Aujourd’­hui une panne l’ar­rê­ta ; oh ! une petite panne de rien du tout, très vite répa­rée par le jeune chauf­feur et sa gou­ver­nante Anna qu’il déteste, parce qu’elle raconte toutes ses pec­ca­dilles à maman : M. Pouf par-ci, M. Pouf par là… ça n’en finit plus. Ren­tré de promenade, …
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07. Adoration des mages

07. Adoration des mages
Conduits par une étoile, les rois Mages vinrent d’O­rient, de très loin, pour voir ce que cet astre nou­veau leur annon­çait — Arri­vés à Jéru­sa­lem, l’é­toile dis­pa­rut. Mais quand ils sor­tirent de la ville, elle appa­rut de nou­veau, et les gui­da exac­te­ment là où se trou­vait Jésus. Se pros­ter­nant alors ils ado­rèrent l’En­fant Dieu, et lui offrirent leurs pré­sents de l’or, comme à un roi de l’en­cens comme à un Dieu de la myrrhe comme à un homme mor­tel. Marie dut leur don­ner l’En­fant qu’ils ser­rèrent dans leurs bras. Ils eurent plu­sieurs fois ce bon­heur. Aver­tis ensuite en songe de ne pas revoir Hérode qui vou­lait tuer le nou­­veau-né, ils ren­trèrent dans leur pays par un autre che­min. Et nous, quels pré­sents allons-nous offrir au Petit Jésus ? À gauche, Joseph, près de Marie qui a Jésus dans ses bras. À droite, les rois Mages offrent leurs pré­sents. QUESTIONNAIRE : 1. Qu’é­taient les Mages ? — 2. Com­ment et pour­quoi sont-ils venus ? — 3. Qu’ont-ils offert à Jésus ? — 4. Que signi­fiaient leurs pré­sents ? — 5. Et nous, …
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Une crèche à la page

Une crèche à la page
Qu’en penses-tu, Michel ? – Qu’en dis-tu, Nico­las ? – Parle aus­si, toi, Luc… » Par­ler ?… Sou­vent, la chose est aisée aux trois gar­çons. Aujourd’­hui, elle leur semble ter­ri­ble­ment dif­fi­cile : ils vou­draient expri­mer des choses… des choses qui ne sont pas faciles à dire. Alors, ils se taisent ; ils réflé­chissent et concluent seule­ment : « Il faut que ça finisse ! » *** De mémoire d’homme, il y eût des frot­te­ments durs entre les Têtem­­bois-de-la-ville et les Têtem­­bois-de-la-terre. Ceux de la ville écla­bous­saient les cou­sins pay­sans de leurs toi­lettes et de leur argent, de leur fin par­ler, de leur confort et de leur mépris pour cette allure de rus­tauds endi­man­chés qu’ils pro­me­naient sur les trot­toirs de la ville, les jours de mar­ché. Ceux de la terre se moquaient un brin des cou­sins cita­dins qui ne dis­tin­guaient pas une poule d’un coq, et pour un peu de boue pous­saient des cris de pin­tade effa­rou­chée ; sur­tout, ils ne leur par­don­naient pas de comp­ter pour abê­tis­sant leur rude labeur, et de les tenir pour rustres, parce qu’ils …
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III. — Fèves royales

III. — Fèves royales
La tour de Grand­croix (fin) La reprise des rela­tions entre la famille Ver­dier et le manoir de Grand­croix fut, comme bien l’on pense, mise aus­si­tôt à pro­fit par Gene­viève et ses petits voi­sins. Dès le len­de­main, les enfants du per­cep­teur vinrent chez le mar­quis, … … et une par­tie de cache-cache fut orga­ni­sée dans les ruines qui se prê­taient admi­ra­ble­ment à ce jeu. Lucienne, fure­tant de droite et de gauche, pour trou­ver une cachette, en décou­vrit une qui lui parut mer­veilleuse. C’é­tait un petit réduit ména­gé entre de vieux pans de murs à demi écrou­lés et dont l’en­trée était cachée par un rideau de lierre. Ayant sou­le­vé le feuillage, la fillette se glis­sa dans le réduit et se blot­tit au fond, mais la paroi contre laquelle elle s’ap­puyait céda tout à coup sous son poids et un ébou­le­ment se pro­dui­sit, Lucienne faillit tom­ber à la ren­verse. Quand elle eut repris son équi­libre et que le nuage de pous­sière se fut dis­si­pé, elle aper­çut, à l’en­droit …
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La dernière chevauchée des Rois Mages

La dernière chevauchée des Rois Mages
Après avoir ado­ré Jésus, les Rois Mages s’en retour­nèrent dans leur pays. Voi­ci un conte qui nous décrit ce voyage des Rois Mages avec poé­sie. * * * La nuit tombe vite en hiver : déjà le cré­pus­cule com­men­çait, ils allaient sor­tir du royaume de Juda et gra­vis­saient la der­nière col­line ; le roi Gas­pard était sur son che­val blanc, le roi Mel­chior sur son che­val brun, le roi Bal­tha­zar sur son che­val noir. Or le Sei­gneur se pen­cha du haut du ciel et regar­da : un fris­son étrange par­cou­rait encore l’u­ni­vers, toute la Créa­tion trem­blait, sai­sie de joie et d’an­goisse, car un mys­tère venait de s’ac­com­plir et depuis le jour où le Tout-Puis­­sant l’a­vait tirée du néant, rien d’aus­si for­mi­dable ne s’é­tait pro­duit : ter­ribles avaient été les grandes eaux du déluge qui avaient lavé la face de la terre, et cepen­dant le monde en avait été moins pro­fon­dé­ment ébran­lé. Comme nous dis­tin­guons au milieu d’un vaste pay­sage l’a­gi­ta­tion de quelques insectes minus­cules, l’É­ter­nel aper­çut les trois Rois …
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L’Épiphanie

« Jésus étant né à Beth­léem de Juda, aux jours du roi Hérode, voi­ci que des Mages d’O­rient vinrent à Jéru­sa­lem, disant : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? car nous avons vu son étoile en Orient et nous sommes venus l’a­do­rer. Or, le roi Hérode, l’ap­pre­nant, fut trou­blé et tout Jéru­sa­lem avec lui, Ras­sem­blant tous les princes des prêtres et les scribes du peuple, il s’en­quit d’eux où devait naître le Christ. Et ils lui dirent : À Beth­léem de Juda… Les Mages par­tirent. Et voi­ci que l’é­toile qu’ils avaient vue en Orient allait devant eux jus­qu’à ce que, arri­vée au-des­­sus du lieu où était l’en­fant, elle s’ar­rê­ta. En voyant l’é­toile, ils eurent une très grande joie. Et, entrant dans la mai­son, ils trou­vèrent l’en­fant avec Marie et, se pros­ter­nant, ils l’a­do­rèrent ; puis, ayant ouvert leurs tré­sors, ils lui offrirent pour pré­sents de l’or, de l’en­cens et de la myrrhe. Et aver­tis en songe de ne pas retourner …
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Dans les coffres du roi Melchior

Dans les coffres du roi Melchior
Épi­pha­nie Sa maigre figure de petite fille misé­rable col­lée aux bar­reaux de la grille en bois doré, Azia suit de ses yeux tristes, un peu bri­dés, le remue-ménage inso­lite du palais royal. Par toutes les portes, des ser­vi­teurs vont, viennent, courent, s’ap­pellent ; dans la cour, d’autres apportent des coffres bar­dés de fer et des bal­lots d’é­toffes pré­cieuses ; aux écu­ries, on har­nache le dro­ma­daire blanc du roi Mel­chior et les cha­meaux de sa suite. Ça ne l’in­té­resse pas tel­le­ment, Azia… mais ça lui passe le temps. Ses jour­nées sont si longues, si longues, depuis qu’elle est toute seule en la grand-ville, pau­vrette aban­don­née ! Elle était heu­reuse, voi­la quelques mois, dans la jolie mai­son rose aux ten­tures de soie, pleine de fleurs odo­rantes et toute chaude de la ten­dresse d’un papa et d’une maman. Mais une horde venue de l’Oc­ci­dent a détruit la mai­son rose et emme­né cap­tifs le papa et la maman qui fai­saient tout son bon­heur de petite fille. Où sont-ils à présent ? …
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Le Salut des Bêtes

Le Salut des Bêtes
La vieille Sépho­ra habi­tait le vil­lage de Beth­léem. Elle vivait d’un trou­peau de chèvres et d’un petit champ plan­té de figuiers. Jeune, elle avait été ser­vante chez un prêtre, en sorte qu’elle était plus ins­truite des choses reli­gieuses que ne le sont d’or­di­naire les per­sonnes de sa condi­tion. Reve­nue au vil­lage, mariée, plu­sieurs fois mère, elle avait per­du son mari et ses enfants. Et alors, tout en res­tant secou­rable aux hommes selon ses moyens, le meilleur de sa ten­dresse s’é­tait repor­té sur les bêtes. Elle appri­voi­sait des oiseaux et des sou­ris ; elle recueillait les chiens aban­don­nés et les chats en détresse ; et sa petite mai­son était pleine de tous ces humbles amis. Elle ché­ris­sait les ani­maux, non seule­ment parce qu’ils sont inno­cents, parce qu’ils donnent leur cœur à qui les aime et parce que leur bonne foi est incom­pa­rable, mais encore parce qu’un grand besoin de jus­tice était en elle. Elle ne com­pre­nait pas que ceux-là souffrent qui ne peuvent être méchants ni vio­ler une règle …
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Marie veillant sur l’Enfant-Jésus

Marie veillant sur l'Enfant-Jésus
ANT bien que mal, la sainte Famille s’ins­tal­la dans la grotte. Les ber­gers les aidèrent en appor­tant quelque mobi­lier rudi­men­taire, suf­fi­sant pour faire le ménage, laver les langes et pré­pa­rer les repas. Joseph avait été s’ins­crire dans la liste des des­cen­dants de David, son ancêtre, et atten­dait avec impa­tience que Jésus eût quelques jours de plus pour ren­trer à Naza­reth et retrou­ver son com­merce. La tem­pé­ra­ture était douce. Le soir seule­ment, le froid pin­çait ; heu­reu­se­ment, l’âne, de sa grosse cha­leur ani­male, réchauf­fait la petite grotte. Vrai­ment, per­sonne ne pou­vait se plaindre. D’ailleurs quand le Bon Dieu est avec nous, que peut-il nous man­quer encore ? C’é­tait vers la fin de la jour­née. Elle avait été très belle, très claire et pas trop chaude. Sur le ciel bleu, le soleil déjà bas avait un bon rire d’or et safra­nait la cam­pagne. Marie et Joseph, assis à l’en­trée de la grotte, goû­taient la paix du soir et contem­plaient Jésus, endor­mi en suçant son pouce. Un grand vol de …
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Le gâteau des Rois

Le gâteau des Rois
DANS un vil­lage d’O­rient où ils étaient nés et où ils avaient tou­jours vécu, per­sonne cer­tai­ne­ment ne connais­sait, mieux les étoiles que le petit ber­ger Rhaël et sa sœur Noé­mie. Ils les avaient si sou­vent contem­plées pen­dant les belles nuits chaudes, alors qu’ils cou­chaient en plein air, à côté de leurs trou­peaux. Rhaël et Noé­mie étaient pauvres et orphe­lins, mais ils n’é­taient pas mal­heu­reux, car ils s’ai­maient ten­dre­ment, et savaient se conten­ter de leur très humble posi­tion. Ils avaient de petites âmes très poé­tiques et un vif sen­ti­ment du beau et de l’i­déal ; c’est pour­quoi les étoiles du ciel les atti­raient par leur clar­té et leur mys­tère. Ils les appe­laient par leurs noms, savaient l’heure d’a­près leur posi­tion sur l’ho­ri­zon, et s’en ser­vaient très bien pour se gui­der. Aus­si, quel ne fut, pas leur éton­ne­ment, une nuit, d’en aper­ce­voir une nou­velle qu’ils n’a­vaient encore jamais vue ! Elle était petite, mais très brillante et parais­sait loin­taine. Le len­de­main, l’é­toile était un peu plus grosse et parais­sait plus …
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Le conte des trois Mages et des trois vertus

Le conte des trois Mages et des trois vertus
Foi, espé­rance et cha­ri­té. Comme chaque année, les trois Mages, Gas­pard, Bal­tha­zar et Mel­chior, gui­dés par l’étoile d’Orient qui flam­bait, plus que jamais, dans la nuit de nos temps, se diri­geaient avec la même fer­veur vers la crèche de l’Enfant Roi pour lui offrir leurs tra­di­tion­nels pré­sents – de l’or, de l’encens et de la myrrhe – lorsque, contre toute habi­tude, un ange leur appa­rut en che­min pour leur annon­cer que cette fois-ci l’Enfant dési­rait d’autres cadeaux qui ne lui soient pas des­ti­nés à lui, mais aux visi­teurs de sa crèche. Les mages furent aus­si sur­pris que trou­blés et inter­ro­gèrent l’Envoyé : Gas­pard — Com­ment ? D’autres cadeaux ? Et pas à LUI ? Pour­quoi ? Il n’apprécie plus nos cadeaux ? Il s’est las­sé de nous ? L’ange — Non, non, pas du tout, au contraire, mais il s’est peut-être las­sé des mêmes cadeaux. De plus, il n’en veut pas pour Lui. Il est venu pour don­ner et se don­ner, pas pour rece­voir. Bal­tha­zar — Mais quels autres cadeaux offrir ? Et à des visi­teurs ? Nous sommes déjà en …
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La vraie adoration des bergers

La vraie adoration des bergers
D’après les noëls d’Auvergne. CETTE nui­tée, avant-veille de saint Étienne, pre­mier mar­tyr, les ber­gers fai­saient la veillée au pied d’une petite mon­tagne. Ils avaient allu­mé un clair et grand feu. Le puy les abri­tait du vent, et Gra­bié, de sa cime, sur-veillait les trou­peaux. On le voyait appuyé à son bâton, debout et noir contre le ciel plein d’étoiles. Enve­lop­pés dans leurs limou­sines, Cirgues et Guillot dor­maient, le cha­pe­ron sur la face. Les autres, en écou­tant les contes que leur nar­rait Robin, se chauf­faient les mains aux flammes ou man­geaient des châ­taignes cuites sous la cendre. Par­fois un bous­set de vin pas­sait à la ronde. Ils buvaient alors à la réga­lade ; et la lumière rouge éclai­rait leurs têtes ren­ver­sées. Sur la mi-nuit, comme Gau­thier se levait pour jeter sur les braises une bras­sée de genièvre, une sou­daine clar­té illu­mi­na la cam­pagne et tous furent sai­sis de frayeur. Mais, du haut des cieux, des anges beaux comme le jour leur disaient de ne point …
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La galette et les rois mages

La galette et les rois mages
Qui ne connaît l’histoire des rois mages qui, gui­dés par une étoile, se ren­dirent à Beth­léem rendre hom­mage à l’Enfant Jésus ? Le pre­mier s’appelait Gas­pard. Il avait le teint clair des Euro­péens, et appor­tait de l’or. Le second, Mel­chior, avait la peau brune des gens de Pales­tine et d’Arabie. Celui-là était por­teur d’encens. Le troi­sième, Bal­tha­zar, était cou­leur de nuit sans lune et ses dents brillaient comme brillent les dents des Afri­cains. Ce der­nier offrit à l’enfant Jésus de la myrrhe. On sait moins ce qui leur advint sur le che­min du retour. * * * Ils étaient savants en beau­coup de choses, certes, mais cela n’empêcha point qu’ils se per­dirent bel et bien, n’ayant plus le secours de l’étoile pour les aider. Après avoir erré plu­sieurs jours dans le désert, à bout de nour­ri­ture et sans eau, ils aper­çurent enfin une misé­rable cahute devant laquelle se tenaient un couple et deux enfants. Les joues déchar­nées, les yeux brillants de faim, ils firent pour­tant bon …
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Épiphanie

Épiphanie
Or, la nuit était venue vio­lette et trou­blante. Sur les pas du sacris­tain, la clef grin­ça et le pêne lourd fit dans la cathé­drale un gron­de­ment de ton­nerre. Le bruit por­té de voûte en voûte, d’o­give en ogive par tous ces gestes croi­sés des arcs, emplit la nef et s’é­va­nouit dans les bas-côtés en un mur­mure de voix confuses. La lampe d’au­tel, balan­cée len­te­ment sur son fil, trem­blait sa flamme rouge et paille­tait de clar­tés fugi­tives, le cuivre des can­dé­labres et le bois poli des stalles. Dans la rue, quelques fenêtres roses où passent des ombres der­rière les rideaux, un chat noir. Onze heures a son­né sur la ville assou­pie. Il fait sombre dans l’é­glise et les vitraux ternes dans leur den­telle de pierre semblent des jeux de patience. Et voi­là, qu’en ce soir des Rois, ils s’ir­ra­dient, comme si un soleil mer­veilleux les péné­trait, les vivi­fiait ; ils éblouissent, ils aveuglent. Leurs tons cha­toyants ont des nuances exquises, les étoffes sont opu­lentes et dra­pées à …
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VI. Les Rois mages.

VI.  Les Rois mages.
Peu de temps après, on vint dire au Roi Hérode, qui régnait à Jéru­sa­lem, que des Rois Mages qui arri­vaient de très loin vou­laient le voir et qu’ils deman­daient : « Où est le Roi des Juifs qui vient de naître, car nous avons vu son étoile en Orient et nous venons à Jéru­sa­lem pour l’adorer ? » Hérode fut très effrayé de ce qu’on lui disait, parce qu’il crai­gnait qu’un Roi plus puis­sant que lui ne vînt lui enle­ver son Royaume. Et toute la ville de Jéru­sa­lem eut peur aus­si. Hérode fit venir les Rois Mages, leur par­la, les ques­tion­na, et il sut que le Roi dont par­laient les Mages était le Christ, le Fils de Dieu que les Juifs atten­daient d’après les livres des Pro­phètes. Alors Hérode fit venir les savants, Princes des prêtres et doc­teurs du peuple, et il leur deman­da où le Christ devait naître. Ils lui répon­dirent : « À Beth­léem, ville de Juda. » Hérode emme­na les Mages chez lui, leur fit beau­coup de …
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Le retour des Rois Mages

Le retour des Rois Mages
L’enchantement était ter­mi­né ; comme s’il eût vou­lu faire com­prendre à ses ado­ra­teurs loin­tains que le moment était venu de retour­ner dans leur pays, le divin Enfant fer­ma les yeux, le nimbe de lumière qui auréo­lait sa tête s’a­dou­cit et, avec un sou­rire, la Vierge mère posa un doigt sur ses lèvres. À ce signal, les anges qui chan­taient encore le can­tique triom­phal, se turent subi­te­ment ; il se fit un grand silence et les trois Mages, se levant, quit­tèrent l’é­table, graves et recueillis. À la porte, ils retrou­vèrent les ber­gers qui se racon­taient de l’un à l’autre, les mer­veilles accom­plies. Ils arri­vèrent au cam­pe­ment où leurs cha­meaux accrou­pis pêle-mêle, par­mi les ser­vi­teurs, se livraient à l’in­sou­ciance du repos. Ins­tinc­ti­ve­ment, ils levèrent leurs yeux vers le ciel : l’é­toile était là, plus brillante que jamais. Cepen­dant un chan­ge­ment s’é­tait opé­ré : tan­dis qu’au pre­mier jour, ses rayons des­cen­daient droits sur l’é­table, ils s’in­cli­naient main­te­nant vers l’O­rient. Les Mages com­prirent sa muette invi­ta­tion et bien­tôt la …
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Babouchka

Babouchka
Conte russe Il était une fois une vieille femme nom­mée Babou­ch­ka qui habi­tait, seule, une toute petite mai­son au cœur de la forêt. Sans cesse, elle s’affairait, cou­sait, cui­si­nait, net­toyait et, tout en tra­vaillant, elle chan­tait. Pour se tenir com­pa­gnie, elle chan­tait des chan­sons, vieilles et nou­velles, et en inven­tait ; elle était de nature joyeuse. La grand-route pas­sait loin de la mai­son­nette si bien que les visi­teurs étaient rares. Babou­ch­ka fut donc bien éton­née, un après-midi d’hiver, d’entendre un grand vacarme dans la forêt. « C’est peut-être un ours » se dit-elle et elle se mit à trem­bler. Mais non, un ours ne fait pas cris­ser la neige sous ses pas de la sorte. Elle ten­dit à nou­veau l’oreille et enten­dit réson­ner des bruits de pas. Cette fois, c’était sûr, elle allait avoir de la visite ! Elle s’empressa d’ajouter quelques bûches et de mettre la grosse bouilloire noire sur le feu. Quelques ins­tants plus tard, on frap­pa fort à la porte. Babou­ch­ka sur­sau­ta : — Qui est là ? deman­­da-t-elle d’une petite voix crain­tive. — Des voyageurs …
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Le roi noir, Melchior

Le roi noir, Melchior
Peu à peu, la rumeur d’un Enfant avec une auréole se répan­dit et péné­tra les coins les plus iso­lés. Là-bas, vivaient trois rois qui étaient voi­sins et qui s’ap­pe­laient Gas­pard, Mel­chior et Bal­tha­zar. Ils res­sem­blaient à des men­diants et pour­tant ils étaient des vrais rois et –plus bizarre encore– des sages. Selon l’É­cri­ture, ils savaient s’o­rien­ter d’a­près la constel­la­tion des étoiles et c’est un art dif­fi­cile comme le savent tous ceux qui ont déjà essayé de suivre une étoile. Cha­cun des trois rois pré­pa­ra un cadeau pour le divin Enfant. Gas­pard était un roi très puis­sant ; aus­si il pen­sa qu’il fal­lait de l’or pour le Roi des rois. Le pieux Mel­chior vou­lu hono­rer le Dieu des­cen­du sur terre et pour cela il prit de l’encens. Et pour­quoi Bal­tha­zar prit-il de la myrrhe ? Avait-il pres­sen­ti que cette Enfant allait souf­frir, et souf­frir jusqu’à la mort, pour nous ? En tout cas, c’est ain­si que les trois rois char­gés de leur pré­sent, l’or, l’encens et la myrrhe, …
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