Des histoires pour l’Épiphanie
Ayant pour thèmes : Épiphanie, Galette, Roi mage
Le Gâteau des Rois

Le sixième jour du mois de janvier 1663, le roi Louis XIV avait convié le ban et l’arrière-ban de ses courtisans à une splendide partie de chasse qu’il donnait, en l’honneur de la fête des rois, dans la forêt de Fontainebleau. Les invités, massés dans la cour d’honneur du château, vêtus de somptueux costumes de velours brodés d’or et d’argent et montés sur de superbes coursiers, attendaient la venue de Sa Majesté en devisant des mille petites histoires de la cour. Soudain, la grande porte du vestibule s’ouvrit à deux battants et l’huissier de service, s’avançant sur le perron, annonça : — Messieurs, le roi ! Aussitôt, toutes les têtes se découvrirent et le silence se fit tandis que le monarque puissant s’approchait de sa monture, la caressait doucement du bout de sa main gantée. Puis, saisissant à poignée la crinière soyeuse du bel animal, il engagea son pied dans l’étrier et s’élança en selle. Mais celle-ci, sans doute mal attachée, tourna sur elle-même, une courroie se rompit …
Continuer la lecture…Degemer, le chien du mage Balthazar

La rumeur s’est répandue aux quatre coins du monde. Et là, je suis intrigué par mon maître que je trouve de plus en plus agité. En fait, il n’y tient plus depuis qu’il a repéré cette étoile nouvelle, plus grande et plus brillante que les autres. Et le voilà tout impatient de prendre la route pour, d’abord, rejoindre Melchior et Gaspard. Les mages ! Oui mon maître est mage. Je pourrais dire aussi que c’est un grand sage même si dans l’immédiat, je le trouve bizarre. Il me parle d’un nouveau-né qui est fils de Dieu, qu’il va le rejoindre, guidé par l’étoile du berger et qu’il lui offrira ce qu’il a de plus précieux : de la myrrhe. Un nom du pays breton C’est très confus pour moi tout cela. Là, je l’entends projeter d’aller jusqu’à l’enfant né… mais sans moi ! Pourtant, Balthazar, je ne le lâche jamais, je le suis partout, je l’écoute et compatis quand il faut. Je le distrais de mes sauts, …
Continuer la lecture…Pouf

Conte d’Épiphanie Permettez-moi de vous présenter Pouf. C’est un petit homme de 5 ans, bien planté sur de robustes mollets. Frimousse éveillée, cheveux en boucles, grands yeux d’azur. Je ne saurais vous dire” en quelle circonstance il se rebaptisa lui-même, car, de mémoire d’homme, on ne connut jamais de saint Pouf au calendrier. Or, notre Pouf manifeste de très bonne heure la passion des voyages. À sa grande joie, il reçut l’an passé, pour ses étrennes, une superbe Citroën, modèle réduit, à l’aide de laquelle il fait du 4 à l’heure en pédales, sur l’avenue parisienne qu’habitent ses parents. Un seul accident jusqu’ici. Résultat : une énorme bosse au front ; mais qu’est-ce cela en comparaison de plaisirs inexprimables Aujourd’hui une panne l’arrêta ; oh ! une petite panne de rien du tout, très vite réparée par le jeune chauffeur et sa gouvernante Anna qu’il déteste, parce qu’elle raconte toutes ses peccadilles à maman : M. Pouf par-ci, M. Pouf par là… ça n’en finit plus. Rentré de promenade, …
Continuer la lecture…07. Adoration des mages

Conduits par une étoile, les rois Mages vinrent d’Orient, de très loin, pour voir ce que cet astre nouveau leur annonçait — Arrivés à Jérusalem, l’étoile disparut. Mais quand ils sortirent de la ville, elle apparut de nouveau, et les guida exactement là où se trouvait Jésus. Se prosternant alors ils adorèrent l’Enfant Dieu, et lui offrirent leurs présents de l’or, comme à un roi de l’encens comme à un Dieu de la myrrhe comme à un homme mortel. Marie dut leur donner l’Enfant qu’ils serrèrent dans leurs bras. Ils eurent plusieurs fois ce bonheur. Avertis ensuite en songe de ne pas revoir Hérode qui voulait tuer le nouveau-né, ils rentrèrent dans leur pays par un autre chemin. Et nous, quels présents allons-nous offrir au Petit Jésus ? À gauche, Joseph, près de Marie qui a Jésus dans ses bras. À droite, les rois Mages offrent leurs présents. QUESTIONNAIRE : 1. Qu’étaient les Mages ? — 2. Comment et pourquoi sont-ils venus ? — 3. Qu’ont-ils offert à Jésus ? — 4. Que signifiaient leurs présents ? — 5. Et nous, …
Continuer la lecture…Une crèche à la page

Qu’en penses-tu, Michel ? – Qu’en dis-tu, Nicolas ? – Parle aussi, toi, Luc… » Parler ?… Souvent, la chose est aisée aux trois garçons. Aujourd’hui, elle leur semble terriblement difficile : ils voudraient exprimer des choses… des choses qui ne sont pas faciles à dire. Alors, ils se taisent ; ils réfléchissent et concluent seulement : « Il faut que ça finisse ! » *** De mémoire d’homme, il y eût des frottements durs entre les Têtembois-de-la-ville et les Têtembois-de-la-terre. Ceux de la ville éclaboussaient les cousins paysans de leurs toilettes et de leur argent, de leur fin parler, de leur confort et de leur mépris pour cette allure de rustauds endimanchés qu’ils promenaient sur les trottoirs de la ville, les jours de marché. Ceux de la terre se moquaient un brin des cousins citadins qui ne distinguaient pas une poule d’un coq, et pour un peu de boue poussaient des cris de pintade effarouchée ; surtout, ils ne leur pardonnaient pas de compter pour abêtissant leur rude labeur, et de les tenir pour rustres, parce qu’ils …
Continuer la lecture…III. — Fèves royales

La tour de Grandcroix (fin) La reprise des relations entre la famille Verdier et le manoir de Grandcroix fut, comme bien l’on pense, mise aussitôt à profit par Geneviève et ses petits voisins. Dès le lendemain, les enfants du percepteur vinrent chez le marquis, … … et une partie de cache-cache fut organisée dans les ruines qui se prêtaient admirablement à ce jeu. Lucienne, furetant de droite et de gauche, pour trouver une cachette, en découvrit une qui lui parut merveilleuse. C’était un petit réduit ménagé entre de vieux pans de murs à demi écroulés et dont l’entrée était cachée par un rideau de lierre. Ayant soulevé le feuillage, la fillette se glissa dans le réduit et se blottit au fond, mais la paroi contre laquelle elle s’appuyait céda tout à coup sous son poids et un éboulement se produisit, Lucienne faillit tomber à la renverse. Quand elle eut repris son équilibre et que le nuage de poussière se fut dissipé, elle aperçut, à l’endroit …
Continuer la lecture…La dernière chevauchée des Rois Mages

Après avoir adoré Jésus, les Rois Mages s’en retournèrent dans leur pays. Voici un conte qui nous décrit ce voyage des Rois Mages avec poésie. * * * La nuit tombe vite en hiver : déjà le crépuscule commençait, ils allaient sortir du royaume de Juda et gravissaient la dernière colline ; le roi Gaspard était sur son cheval blanc, le roi Melchior sur son cheval brun, le roi Balthazar sur son cheval noir. Or le Seigneur se pencha du haut du ciel et regarda : un frisson étrange parcourait encore l’univers, toute la Création tremblait, saisie de joie et d’angoisse, car un mystère venait de s’accomplir et depuis le jour où le Tout-Puissant l’avait tirée du néant, rien d’aussi formidable ne s’était produit : terribles avaient été les grandes eaux du déluge qui avaient lavé la face de la terre, et cependant le monde en avait été moins profondément ébranlé. Comme nous distinguons au milieu d’un vaste paysage l’agitation de quelques insectes minuscules, l’Éternel aperçut les trois Rois …
Continuer la lecture…L’Épiphanie
« Jésus étant né à Bethléem de Juda, aux jours du roi Hérode, voici que des Mages d’Orient vinrent à Jérusalem, disant : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? car nous avons vu son étoile en Orient et nous sommes venus l’adorer. Or, le roi Hérode, l’apprenant, fut troublé et tout Jérusalem avec lui, Rassemblant tous les princes des prêtres et les scribes du peuple, il s’enquit d’eux où devait naître le Christ. Et ils lui dirent : À Bethléem de Juda… Les Mages partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue en Orient allait devant eux jusqu’à ce que, arrivée au-dessus du lieu où était l’enfant, elle s’arrêta. En voyant l’étoile, ils eurent une très grande joie. Et, entrant dans la maison, ils trouvèrent l’enfant avec Marie et, se prosternant, ils l’adorèrent ; puis, ayant ouvert leurs trésors, ils lui offrirent pour présents de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Et avertis en songe de ne pas retourner …
Continuer la lecture…Dans les coffres du roi Melchior

Épiphanie Sa maigre figure de petite fille misérable collée aux barreaux de la grille en bois doré, Azia suit de ses yeux tristes, un peu bridés, le remue-ménage insolite du palais royal. Par toutes les portes, des serviteurs vont, viennent, courent, s’appellent ; dans la cour, d’autres apportent des coffres bardés de fer et des ballots d’étoffes précieuses ; aux écuries, on harnache le dromadaire blanc du roi Melchior et les chameaux de sa suite. Ça ne l’intéresse pas tellement, Azia… mais ça lui passe le temps. Ses journées sont si longues, si longues, depuis qu’elle est toute seule en la grand-ville, pauvrette abandonnée ! Elle était heureuse, voila quelques mois, dans la jolie maison rose aux tentures de soie, pleine de fleurs odorantes et toute chaude de la tendresse d’un papa et d’une maman. Mais une horde venue de l’Occident a détruit la maison rose et emmené captifs le papa et la maman qui faisaient tout son bonheur de petite fille. Où sont-ils à présent ? …
Continuer la lecture…Le Salut des Bêtes

La vieille Séphora habitait le village de Bethléem. Elle vivait d’un troupeau de chèvres et d’un petit champ planté de figuiers. Jeune, elle avait été servante chez un prêtre, en sorte qu’elle était plus instruite des choses religieuses que ne le sont d’ordinaire les personnes de sa condition. Revenue au village, mariée, plusieurs fois mère, elle avait perdu son mari et ses enfants. Et alors, tout en restant secourable aux hommes selon ses moyens, le meilleur de sa tendresse s’était reporté sur les bêtes. Elle apprivoisait des oiseaux et des souris ; elle recueillait les chiens abandonnés et les chats en détresse ; et sa petite maison était pleine de tous ces humbles amis. Elle chérissait les animaux, non seulement parce qu’ils sont innocents, parce qu’ils donnent leur cœur à qui les aime et parce que leur bonne foi est incomparable, mais encore parce qu’un grand besoin de justice était en elle. Elle ne comprenait pas que ceux-là souffrent qui ne peuvent être méchants ni violer une règle …
Continuer la lecture…Marie veillant sur l’Enfant-Jésus

ANT bien que mal, la sainte Famille s’installa dans la grotte. Les bergers les aidèrent en apportant quelque mobilier rudimentaire, suffisant pour faire le ménage, laver les langes et préparer les repas. Joseph avait été s’inscrire dans la liste des descendants de David, son ancêtre, et attendait avec impatience que Jésus eût quelques jours de plus pour rentrer à Nazareth et retrouver son commerce. La température était douce. Le soir seulement, le froid pinçait ; heureusement, l’âne, de sa grosse chaleur animale, réchauffait la petite grotte. Vraiment, personne ne pouvait se plaindre. D’ailleurs quand le Bon Dieu est avec nous, que peut-il nous manquer encore ? C’était vers la fin de la journée. Elle avait été très belle, très claire et pas trop chaude. Sur le ciel bleu, le soleil déjà bas avait un bon rire d’or et safranait la campagne. Marie et Joseph, assis à l’entrée de la grotte, goûtaient la paix du soir et contemplaient Jésus, endormi en suçant son pouce. Un grand vol de …
Continuer la lecture…Le gâteau des Rois

DANS un village d’Orient où ils étaient nés et où ils avaient toujours vécu, personne certainement ne connaissait, mieux les étoiles que le petit berger Rhaël et sa sœur Noémie. Ils les avaient si souvent contemplées pendant les belles nuits chaudes, alors qu’ils couchaient en plein air, à côté de leurs troupeaux. Rhaël et Noémie étaient pauvres et orphelins, mais ils n’étaient pas malheureux, car ils s’aimaient tendrement, et savaient se contenter de leur très humble position. Ils avaient de petites âmes très poétiques et un vif sentiment du beau et de l’idéal ; c’est pourquoi les étoiles du ciel les attiraient par leur clarté et leur mystère. Ils les appelaient par leurs noms, savaient l’heure d’après leur position sur l’horizon, et s’en servaient très bien pour se guider. Aussi, quel ne fut, pas leur étonnement, une nuit, d’en apercevoir une nouvelle qu’ils n’avaient encore jamais vue ! Elle était petite, mais très brillante et paraissait lointaine. Le lendemain, l’étoile était un peu plus grosse et paraissait plus …
Continuer la lecture…Le conte des trois Mages et des trois vertus

Foi, espérance et charité. Comme chaque année, les trois Mages, Gaspard, Balthazar et Melchior, guidés par l’étoile d’Orient qui flambait, plus que jamais, dans la nuit de nos temps, se dirigeaient avec la même ferveur vers la crèche de l’Enfant Roi pour lui offrir leurs traditionnels présents – de l’or, de l’encens et de la myrrhe – lorsque, contre toute habitude, un ange leur apparut en chemin pour leur annoncer que cette fois-ci l’Enfant désirait d’autres cadeaux qui ne lui soient pas destinés à lui, mais aux visiteurs de sa crèche. Les mages furent aussi surpris que troublés et interrogèrent l’Envoyé : Gaspard — Comment ? D’autres cadeaux ? Et pas à LUI ? Pourquoi ? Il n’apprécie plus nos cadeaux ? Il s’est lassé de nous ? L’ange — Non, non, pas du tout, au contraire, mais il s’est peut-être lassé des mêmes cadeaux. De plus, il n’en veut pas pour Lui. Il est venu pour donner et se donner, pas pour recevoir. Balthazar — Mais quels autres cadeaux offrir ? Et à des visiteurs ? Nous sommes déjà en …
Continuer la lecture…La vraie adoration des bergers

D’après les noëls d’Auvergne. CETTE nuitée, avant-veille de saint Étienne, premier martyr, les bergers faisaient la veillée au pied d’une petite montagne. Ils avaient allumé un clair et grand feu. Le puy les abritait du vent, et Grabié, de sa cime, sur-veillait les troupeaux. On le voyait appuyé à son bâton, debout et noir contre le ciel plein d’étoiles. Enveloppés dans leurs limousines, Cirgues et Guillot dormaient, le chaperon sur la face. Les autres, en écoutant les contes que leur narrait Robin, se chauffaient les mains aux flammes ou mangeaient des châtaignes cuites sous la cendre. Parfois un bousset de vin passait à la ronde. Ils buvaient alors à la régalade ; et la lumière rouge éclairait leurs têtes renversées. Sur la mi-nuit, comme Gauthier se levait pour jeter sur les braises une brassée de genièvre, une soudaine clarté illumina la campagne et tous furent saisis de frayeur. Mais, du haut des cieux, des anges beaux comme le jour leur disaient de ne point …
Continuer la lecture…La galette et les rois mages

Qui ne connaît l’histoire des rois mages qui, guidés par une étoile, se rendirent à Bethléem rendre hommage à l’Enfant Jésus ? Le premier s’appelait Gaspard. Il avait le teint clair des Européens, et apportait de l’or. Le second, Melchior, avait la peau brune des gens de Palestine et d’Arabie. Celui-là était porteur d’encens. Le troisième, Balthazar, était couleur de nuit sans lune et ses dents brillaient comme brillent les dents des Africains. Ce dernier offrit à l’enfant Jésus de la myrrhe. On sait moins ce qui leur advint sur le chemin du retour. * * * Ils étaient savants en beaucoup de choses, certes, mais cela n’empêcha point qu’ils se perdirent bel et bien, n’ayant plus le secours de l’étoile pour les aider. Après avoir erré plusieurs jours dans le désert, à bout de nourriture et sans eau, ils aperçurent enfin une misérable cahute devant laquelle se tenaient un couple et deux enfants. Les joues décharnées, les yeux brillants de faim, ils firent pourtant bon …
Continuer la lecture…Épiphanie

Or, la nuit était venue violette et troublante. Sur les pas du sacristain, la clef grinça et le pêne lourd fit dans la cathédrale un grondement de tonnerre. Le bruit porté de voûte en voûte, d’ogive en ogive par tous ces gestes croisés des arcs, emplit la nef et s’évanouit dans les bas-côtés en un murmure de voix confuses. La lampe d’autel, balancée lentement sur son fil, tremblait sa flamme rouge et pailletait de clartés fugitives, le cuivre des candélabres et le bois poli des stalles. Dans la rue, quelques fenêtres roses où passent des ombres derrière les rideaux, un chat noir. Onze heures a sonné sur la ville assoupie. Il fait sombre dans l’église et les vitraux ternes dans leur dentelle de pierre semblent des jeux de patience. Et voilà, qu’en ce soir des Rois, ils s’irradient, comme si un soleil merveilleux les pénétrait, les vivifiait ; ils éblouissent, ils aveuglent. Leurs tons chatoyants ont des nuances exquises, les étoffes sont opulentes et drapées à …
Continuer la lecture…VI. Les Rois mages.

Peu de temps après, on vint dire au Roi Hérode, qui régnait à Jérusalem, que des Rois Mages qui arrivaient de très loin voulaient le voir et qu’ils demandaient : « Où est le Roi des Juifs qui vient de naître, car nous avons vu son étoile en Orient et nous venons à Jérusalem pour l’adorer ? » Hérode fut très effrayé de ce qu’on lui disait, parce qu’il craignait qu’un Roi plus puissant que lui ne vînt lui enlever son Royaume. Et toute la ville de Jérusalem eut peur aussi. Hérode fit venir les Rois Mages, leur parla, les questionna, et il sut que le Roi dont parlaient les Mages était le Christ, le Fils de Dieu que les Juifs attendaient d’après les livres des Prophètes. Alors Hérode fit venir les savants, Princes des prêtres et docteurs du peuple, et il leur demanda où le Christ devait naître. Ils lui répondirent : « À Bethléem, ville de Juda. » Hérode emmena les Mages chez lui, leur fit beaucoup de …
Continuer la lecture…Le retour des Rois Mages

L’enchantement était terminé ; comme s’il eût voulu faire comprendre à ses adorateurs lointains que le moment était venu de retourner dans leur pays, le divin Enfant ferma les yeux, le nimbe de lumière qui auréolait sa tête s’adoucit et, avec un sourire, la Vierge mère posa un doigt sur ses lèvres. À ce signal, les anges qui chantaient encore le cantique triomphal, se turent subitement ; il se fit un grand silence et les trois Mages, se levant, quittèrent l’étable, graves et recueillis. À la porte, ils retrouvèrent les bergers qui se racontaient de l’un à l’autre, les merveilles accomplies. Ils arrivèrent au campement où leurs chameaux accroupis pêle-mêle, parmi les serviteurs, se livraient à l’insouciance du repos. Instinctivement, ils levèrent leurs yeux vers le ciel : l’étoile était là, plus brillante que jamais. Cependant un changement s’était opéré : tandis qu’au premier jour, ses rayons descendaient droits sur l’étable, ils s’inclinaient maintenant vers l’Orient. Les Mages comprirent sa muette invitation et bientôt la …
Continuer la lecture…Babouchka

Conte russe Il était une fois une vieille femme nommée Babouchka qui habitait, seule, une toute petite maison au cœur de la forêt. Sans cesse, elle s’affairait, cousait, cuisinait, nettoyait et, tout en travaillant, elle chantait. Pour se tenir compagnie, elle chantait des chansons, vieilles et nouvelles, et en inventait ; elle était de nature joyeuse. La grand-route passait loin de la maisonnette si bien que les visiteurs étaient rares. Babouchka fut donc bien étonnée, un après-midi d’hiver, d’entendre un grand vacarme dans la forêt. « C’est peut-être un ours » se dit-elle et elle se mit à trembler. Mais non, un ours ne fait pas crisser la neige sous ses pas de la sorte. Elle tendit à nouveau l’oreille et entendit résonner des bruits de pas. Cette fois, c’était sûr, elle allait avoir de la visite ! Elle s’empressa d’ajouter quelques bûches et de mettre la grosse bouilloire noire sur le feu. Quelques instants plus tard, on frappa fort à la porte. Babouchka sursauta : — Qui est là ? demanda-t-elle d’une petite voix craintive. — Des voyageurs …
Continuer la lecture…Le roi noir, Melchior

Peu à peu, la rumeur d’un Enfant avec une auréole se répandit et pénétra les coins les plus isolés. Là-bas, vivaient trois rois qui étaient voisins et qui s’appelaient Gaspard, Melchior et Balthazar. Ils ressemblaient à des mendiants et pourtant ils étaient des vrais rois et –plus bizarre encore– des sages. Selon l’Écriture, ils savaient s’orienter d’après la constellation des étoiles et c’est un art difficile comme le savent tous ceux qui ont déjà essayé de suivre une étoile. Chacun des trois rois prépara un cadeau pour le divin Enfant. Gaspard était un roi très puissant ; aussi il pensa qu’il fallait de l’or pour le Roi des rois. Le pieux Melchior voulu honorer le Dieu descendu sur terre et pour cela il prit de l’encens. Et pourquoi Balthazar prit-il de la myrrhe ? Avait-il pressenti que cette Enfant allait souffrir, et souffrir jusqu’à la mort, pour nous ? En tout cas, c’est ainsi que les trois rois chargés de leur présent, l’or, l’encens et la myrrhe, …
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