Et maintenant une histoire ! Posts

Sa maman du paradis
Josepho a douze ans et a été baptisé voici une semaine. Le Père l'a donné en exemple à ses compagnons de classe, car il sait son catéchisme sur le bout du doigt C'est d'ailleurs pourquoi il porte aujourd'hui
La belle histoire de saint Dominique
"Le chevalier à l'étoile"
Saint Dominique, fondateur de l'Ordre des Dominicains. Né vers 1173 à Caleruega, diocèse d'Osna (Espagne). Mort à Bologne, Italie, le 6 août 1221.

Saint
La moisson d'hosties
Les hommes battent le grain. Pierre regarde avec fierté ce flot de froment doré que déverse au sol la puissante batteuse.

Dans le vrombissement du moteur, les lourdes gerbes sont happées avec force,
Les voleurs de Dieu
La bouilloire s'étant mise à chanter, l'abbé Paul coupa le courant. Puis, tel qu'il était, trempé jusqu'aux os et tout grelottant, il s'affala dans un fauteuil qui gémit sous le poids de tous ses ressorts
Le tabernacle violé
Il y a quelques années, une violation sacrilège était commise dans une humble église de village, sur les rives d'un lac suisse.

De bon matin, avant l’angélus, le sacristain se hâte vers la cure
Nos « bons vieux Saints »
(conte normand)
À l’assemblée de Ratimesnil qui se tenait dans sa vaste cour, le cabaretier Heurtaux, debout dans une carriole fixée entre deux troncs de pommiers, faisait danser la « jeunesse
Le pèlerinage du Basque
Il était 11 heures du matin.

À Paris, l’agent n° 217 revenait pour la cinquantième ou la soixantième fois, le long du trottoir, rue de la Cité, quand il aperçut au milieu du parvis Notre-Dame
Auteur : Goyau, Georges | Ouvrage : À la conquête du monde païen .

XIV

Racontés par un cimetière : Jésuites et Lazaristes

Cha­la, dans Pékin, est, depuis plus de trois siècles, le champ d’honneur du catho­li­cisme chi­nois. Par la volon­té de l’empereur Wan­ly, et mal­gré de mul­tiples oppo­si­tions, Cha­la, qui appar­te­nait à un condam­né à mort, devint, en 1615, terre chré­tienne, afin de ser­vir de sépul­ture à l’horloger qui, venu pour révé­ler le Cre­do, avait d’abord révé­lé l’existence de « cloches son­nant toutes seules », — ain­si présentait-​il les hor­loges, — et qui n’était autre que le Père Ric­ci, jésuite. Par la volon­té de l’empereur Kan­ghi, s’éleva à Cha­la, en 1686, le tom­beau du Père Adam Shall, jésuite lui aus­si, astro­nome illustre, mort vingt-​cinq ans plus tôt en pleine per­sé­cu­tion : ce tom­beau, avec sa table à sacri­fier, son brûle-​parfums, res­sem­blait trait pour trait aux sépul­tures prin­cières ; et par la volon­té de Kan­ghi, trois des confrères du défunt, les Pères Ver­biest, Buglio et Magal­haes, s’en furent, comme délé­ga­tion offi­cielle de l’empereur, brû­ler de l’encens devant la tombe de Shan et y lire une orai­son impé­riale où l’empereur annon­çait à l’âme du défunt ses nou­velles pro­mo­tions, et l’invitait à venir « se délec­ter des offrandes qui lui étaient faites si par hasard elle pou­vait s’en rendre compte ». Deux ans après, c’était au tour du Père Ver­biest, autre jésuite, de trou­ver dans Cha­la son suprême repos ; et l’on peut lire, aux « Lettres édi­fiantes », sous la signa­ture du Père Fon­te­ney, la pit­to­resque des­crip­tion de cet autre cor­tège funèbre qui, le 11 mars 1688, péné­tra dans le cime­tière de Chala.

Récit des catholiques en Chine raconté aux enfants

D’abord un tableau de vingt-​cinq pieds de haut sur quatre de large, orné de fes­tons de soie, dont le bord était d’un taf­fe­tas rouge, sur lequel le nom et la digni­té du Père Ver­biest étaient écrits en chi­nois et en gros carac­tères d’or.

Puis la croix dans une grande niche, ornée de colonnes, et dans une autre niche, l’image de la Vierge et de l’Enfant Jésus ; ensuite un tableau de l’Ange gar­dien, et, der­rière, le por­trait du Père Ver­biest, « qu’on por­tait avec tous les sym­boles qui conve­naient aux charges dont l’Empereur l’avait hono­ré. » Les Pères sui­vaient en habits blancs, ain­si qu’en Chine il convient pour les deuils ; d’espace en espace, ils s’agenouillaient, et l’assistance, san­glo­tant à cœur fendre ain­si que l’imposaient les cou­tumes, ajou­tait à la gra­vi­té dou­lou­reuse de la cérémonie.

Auteur : Goyau, Georges | Ouvrage : À la conquête du monde païen .

XIII

L’apostolat de l’Extrême-Orient. Les prêtres en Chine et en Indo-​Chine ; leurs martyrs

Roi d’Espagne et plus encore roi de Por­tu­gal détes­taient de voir arri­ver, dans leurs colo­nies de l’Extrême-Orient et du Nouveau-​Monde, des mis­sion­naires d’autres nations. « Nous pro­té­geons les mis­sion­naires, disaient ces deux rois, mais nous ne vou­lons pro­té­ger que des mis­sion­naires de chez nous. » Le Saint-​Siège était hos­tile à une telle étroi­tesse de vues ; il vou­lait, lui, que toutes les nations chré­tiennes eussent le droit et la pos­si­bi­li­té d’envoyer en terres païennes des apôtres. Le pape Gré­goire XV, en 1622, consi­dé­ra que ce n’était pas à la royau­té d’une nation, mais à la Papau­té, de diri­ger la grande œuvre d’évangélisation ; il grou­pa autour de lui quelques car­di­naux en un conseil, qui s’appela la « Congré­ga­tion de la Pro­pa­gande » ; et c’est cette congré­ga­tion qui depuis plus de trois siècles orga­nise la pro­pa­ga­tion de la véri­té chré­tienne à tra­vers l’univers.

Tout de suite des Fran­çais de bonne volon­té s’offrirent à la Papau­té pour l’aider. Il y eut d’abord le Père Joseph, capu­cin, grand ami du car­di­nal de Riche­lieu, qui, d’accord avec Rome, envoya des capu­cins dans tout le bas­sin orien­tal de la Médi­ter­ra­née. Il y eut saint Vincent de Paul, qui, ayant fon­dé les Laza­ristes, dépê­cha quelques-​uns d’entre eux pour ten­ter de conver­tir la grande Île de Mada­gas­car. Il y eut enfin, aux alen­tours de 1660, deux prêtres de France, Pal­lu et La Motte Lam­bert, qui orga­ni­sèrent le sémi­naire des Mis­sions Étran­gères en vue de for­mer des clercs pour la conver­sion de l’Extrême-Orient, Indo-​Chine et Chine ; et le Saint-​Siège, en nom­mant ces deux prêtres vicaires apos­to­liques, — ce qui leur per­met­tait de faire chez les païens office d’évêques, — leur don­nait cette consigne, de recru­ter au plus tôt, dans, les chré­tien­tés qu’ils allaient fon­der, des prêtres de race jaune, de teint jaune, capables de deve­nir, par­mi leurs com­pa­triotes, ce que Jésus-​Christ appe­lait « le sel de la terre ».

Récit pour les enfants des martyrs des missionnaires en Chine
CHINE. — La grande muraille.

Les prêtres des Mis­sions Étran­gères, qui comp­te­ront bien­tôt trois siècles d’existence, ont tra­vaillé pour le Christ en Indo-​Chine et dans l’Hindoustan, en Chine, et depuis soixante-​dix ans au Japon.

Deux jésuites, le Père Ric­ci en Chine, et le Père de Nobi­li aux Indes, au début du XVIIe siècle, dans un élan de grande cha­ri­té, s’étaient mon­trés pleins de bien­veillance pour les vieux rites chi­nois et indiens, en essayant de leur don­ner une signi­fi­ca­tion com­pa­tible avec les dogmes chré­tiens ; il leur parais­sait que les popu­la­tions, si l’on pou­vait main­te­nir une par­tie de leurs usages reli­gieux, pas­se­raient plus aisé­ment au chris­tia­nisme. En Chine, les jésuites qui suc­cé­dèrent au Père Ric­ci prirent à la cour de l’empereur, comme astro­nomes et mathé­ma­ti­ciens, une très grande influence, et l’on put croire, un ins­tant, que la cour impé­riale était bien proche de se faire chré­tienne. Mais des réac­tions se pro­dui­sirent : réac­tion des influences païennes, à la cour ; réac­tion des autres ins­ti­tuts mis­sion­naires qui envoyaient des apôtres en Chine, Domi­ni­cains, Fran­cis­cains, Mis­sions Étran­gères, contre les cha­ri­tables ména­ge­ments que dans cer­taines chré­tien­tés chi­noises on affec­tait pour les rites païens, et qui ris­quaient, disait-​on, d’amener des abus. La Papau­té, au début du XVIIIe siècle, par­ta­gea ces craintes : le juge­ment qu’elle por­ta, dans la ques­tion dite des rites chi­nois, ouvrit une nou­velle période durant laquelle de nom­breuses per­sé­cu­tions sévirent.

Auteur : Goyau, Georges | Ouvrage : À la conquête du monde païen .

XII

Récit pour les enfants de l'évangélisation au canadaPie XI, en 1925, pro­cla­mait bien­heu­reux six jésuites qui furent, au XVIIe siècle, à la suite d’un pre­mier essaim fran­cis­cain, les pères spi­ri­tuels de la chré­tien­té cana­dienne, alors appe­lée la Nouvelle-​France. En 1930, il les cano­ni­sait. Deux étaient des Pari­siens, le Père Lal­le­mant et le Père Gar­nier ; deux étaient des Nor­mands, le Père Daniel et le Père Bré­beuf ; il y avait un Orléa­nais, le Père Jean Jogues ; un Lozé­rien, le Père Cha­ba­nel. Lati­nistes consom­més, ces jésuites, au début de leur car­rière, avaient savou­ré la splen­deur des belles séances de col­lège où s’étalait, devant des audi­teurs de choix, l’ampleur des phrases cicé­ro­niennes ou l’élégance des vers latins. Mais sans hési­ter, leurs ima­gi­na­tions pre­naient congé de ce Cicé­ron, de ce Vir­gile et autres païens avec les­quels les études clas­siques les avaient mis en ami­tié, pour s’évader vers d’autres païens, vers les indi­gènes de cette val­lée du Saint-​Laurent, dont un de leurs devan­ciers, le Père Lejeune, écri­vait aux Jésuites de France : « Il n’y a lieu au monde où la rhé­to­rique soit plus puis­sante qu’au Cana­da. » Ils par­taient donc, avec l’illusion géné­reuse que leur rhé­to­rique, outre-​mer, leur ser­vi­rait encore de quelque chose, et bien­tôt ils consta­taient que ce qui les atten­dait et ce que Dieu leur deman­dait d’accepter, c’étaient les souf­frances et c’était la mort. Cha­ba­nel, un jour, crut sen­tir qu’il se fati­guait de cette vie d’épreuves et de périls ; pour réagir, pour se domp­ter, il s’obligea, par vœu, à vivre au Cana­da… Et vou­loir y vivre, c’était accep­ter d’y mourir.

Coloriage religieuse missionnaire au Canada
La Révé­rende Mère Marie-​Louise Hart­zer, fon­da­trice des Sœurs de Notre-​Darne du Sacré-​Cœur d’Issoudun.

« Sor­tant d’un lieu bien poli, écri­vait le Père Bré­beuf, vous tom­bez entre les mains de gens bar­bares, qui ne se sou­cient guère de votre phi­lo­so­phie et de votre théo­lo­gie. » Par sur­croît, ces « bar­bares » étaient des nomades ; on arri­vait pour les « fixer », pour les rendre séden­taires, et tout d’abord on était contraint de les suivre, tan­dis que, de forêt en forêt, tant bien que mal, ils cher­chaient leur vie ; si leurs recherches étaient vaines, il leur res­tait la res­source d’être anthro­po­phages, et par­fois ils en usaient. Un autre péril, plus sub­til mais non moins grave, guet­tait le mis­sion­naire ; il fal­lait évi­ter d’acquérir trop de pres­tige, car on cou­rait le risque, alors, de pas­ser fina­le­ment pour un sor­cier, pour l’instrument d’une puis­sance supé­rieure… Aucune impres­sion n’était plus propre à déchaî­ner la rage des Iro­quois, et tout de suite, ils en venaient aux plus atroces sup­plices. Il leur sem­blait qu’en s’acharnant sur ces corps de prêtres, ils écar­te­raient de leur terre et de leur atmo­sphère une mys­té­rieuse influence qui les épouvantait.

| Ouvrage : Autres textes .

Conte russe

Conte de Noël russe - Babouchka et les rois magesIl était une fois une vieille femme nom­mée Babou­ch­ka qui habi­tait, seule, une toute petite mai­son au cœur de la forêt.  Sans cesse, elle s’affairait, cou­sait, cui­si­nait, net­toyait et, tout en tra­vaillant, elle chan­tait. Pour se tenir com­pa­gnie, elle chan­tait des chan­sons, vieilles et nou­velles, et en inven­tait ; elle était de nature joyeuse. La grand-​route pas­sait loin de la mai­son­nette si bien que les visi­teurs étaient rares.

Babou­ch­ka fut donc bien éton­née, un après-​midi d’hiver, d’entendre un grand vacarme dans la forêt.

« C’est peut-​être un ours » se dit-​elle et elle se mit à trem­bler.  Mais non, un ours ne fait pas cris­ser la neige sous ses pas de la sorte.

Elle ten­dit à nou­veau l’oreille et enten­dit réson­ner des bruits de pas.  Cette fois, c’était sûr, elle allait avoir de la visite !  Elle s’empressa d’ajouter quelques bûches et de mettre la grosse bouilloire noire sur le feu.  Quelques ins­tants plus tard, on frap­pa fort à la porte. Babou­ch­ka sursauta :

— Qui est là ? demanda-​t-​elle d’une petite voix craintive.

— Des voya­geurs éga­rés et épui­sés. Pouvez-​vous nous aider ?

— Mais bien sûr ! Entrez donc ! cria Babou­ch­ka et elle ouvrit grand la porte.  Soyez les bien­ve­nus !  Venez vous réchauf­fer au coin de mon feu !  Il fait si froid dehors !

Un jeune homme entra, en sou­riant d’un air recon­nais­sant.  Un second, plus âgé, le sui­vit, puis un troi­sième qui secoua de son man­teau une épaisse couche de neige.  Tous trois étaient super­be­ment vêtus et le troi­sième por­tait aux oreilles des anneaux d’or étincelants.

Pen­dant que Babou­ch­ka fai­sait réchauf­fer une bonne soupe et cou­pait du pain, les voya­geurs lui racon­tèrent qu’ils étaient à la recherche d’un roi nouveau-né.

— Son étoile nous gui­dait, expliquèrent-​ils, mais le ciel est si char­gé de neige que nous ne la voyons plus.

Auteur : Theuriet, André | Ouvrage : Autres textes .

Les trois rois mages, Bal­tha­zar, Mel­chior et Gas­pard, por­tant l’or, l’encens et la myrrhe, étaient par­tis à la recherche de l’Enfant Jésus, mais comme ils ne connais­saient pas bien le che­min de Beth­léem, ils s’étaient éga­rés en route et, après avoir tra­ver­sé une forêt pro­fonde, ils arri­vèrent à la nuit tom­bante dans un vil­lage du pays de Langres. Ils étaient las, ils avaient les bras cou­pés à force de por­ter les vases conte­nant les par­fums des­ti­nés au fils de Marie et, de plus, ils mou­raient de faim et de soif. Ils frap­pèrent donc à la porte de la pre­mière mai­son du vil­lage, pour y deman­der l’hospitalité.

Conte de l'Epiphanie et des rois magesCette mai­son, ou plu­tôt cette hutte, située presque à la lisière du bois, appar­te­nait à un bûche­ron nom­mé Denis Fleu­riot qui y vivait fort chi­che­ment avec sa femme et ses quatre mar­mots. Elle était bâtie en tor­chis avec une toi­ture de terre et de mousse à tra­vers laquelle l’eau fil­trait les jours de grande pluie.

Les trois rois, van­nés de fatigue, heur­tèrent à la porte, et quand le bûche­ron l’eut ouverte, prièrent qu’on vou­lût bien leur don­ner à sou­per et à coucher.

— Hélas ! braves gens, répon­dit Fleu­riot, je n’ai qu’un lit pour moi et un gra­bat pour mes enfants, et quant à sou­per, nous ne pou­vons vous offrir que des pommes de terres cuites à l’eau et du pain de seigle. Néan­moins, entrez, et si vous n’êtes pas trop dif­fi­ciles, on tâche­ra de vous arranger.