Étiquette : <span>École</span>

Ouvrage : Et maintenant une histoire I | Auteur : Mariemy, Eli­sa­beth

Vaillance, maîtrise de soi

Histoire de la maison en feu et du sauvetage du capitaine blesséNe pour­rais-tu pas me racon­ter encore com­ment tu es retour­né dans la mai­son en flammes, pour sau­ver ton chef qui allait mourir ? »

Rémy, sup­pliant, s’ac­croche à la manche de son aîné et insiste :

« Raconte encore ! Il était fort bles­sé à la tête le capi­taine, hein ? »

Le brouillard enve­loppe dou­ce­ment les deux frères, le jeune homme aux larges épaules et le petit gars à peine plus haut que les blés avant la moisson.

La terre mouillée colle à leurs semelles.

Ils vont, côte à côte, à pas lents, au bord d’un champ à demi labouré.

« Ça va, répond le grand Charles, sans quit­ter des yeux sa char­rue qui creuse un long sillon régu­lier der­rière Faraud, le che­val. Laisse-moi ! Dirait-on pas que j’ai fait une action extraordinaire ?

N’im­porte qui aurait ris­qué sa peau de bon cœur pour le capi­taine. Suf­fi­sait de le connaître…

Je l’ai rele­vé ; je l’ai empor­té avec un copain. Ben ! ça se devait. Puis, dans les coups durs — com­ment t’ex­pli­quer ? — y a je n’sais quoi qui vous tient… Enfin, je com­prends. Et la belle affaire d’être à moi­tié chic, pen­dant juste un quart d’heure, une fois ! Vois-tu, mon p’tit, du cou­rage, c’est pas les grands jours qu’il en faut ; c’est du lun­di matin au same­di soir, et encore le dimanche avec ! A l’oc­ca­sion, même, on en a besoin pour des choses de rien du tout.

Je m’rap­pelle une his­toire qu’est arri­vée y a long­temps, je m’pré­pa­rais à ma Com­mu­nion solennelle…

Tu ne t’en sou­viens pas, de tante Angé­lique ? T’es trop jeune. T’a­vais trois ans quand elle a pas­sé, la pauv’femme.

Elle pre­nait déjà de l’âge, c’é­tait la sœur du grand-père.

Ouvrage : Le plus beau cadeau | Auteur : Diethelm, P. Walther

« Dis donc, ce qu’on l’a ren­du furieux », dit en riant Max à Gil­bert. Blot­tis contre le mur, à droite et à gauche de la porte de l’é­cole, les deux gar­çons attendent.

Jean-Baptiste Greuze - Petit garçon blond à la chemise ouverteMais celui qu’ils guettent ne vient pas. Assis tout seul dans la salle de classe, la tête sur le pupitre, il pleure à chaudes larmes. Qu’en peut-il, s’il a les che­veux roux ? Le bon Dieu aurait tout aus­si bien pu les don­ner à un autre, par exemple à ces deux qui viennent de se moquer de lui. « Rou­quin ! Rou­quin ! » l’ont-ils appe­lé en lui tirant la langue. Et puis, il ont dis­pa­ru der­rière les bancs. Ils savent bien qu’il ne peut souf­frir ce sobri­quet. Il s’é­tait don­né tant de peine pour maî­tri­ser sa colère. Mais quand le sang lui fut mon­té à la tête il ne s’est plus sen­ti et il s’est ven­gé. Cela les a ren­dus d’au­tant plus méchants. « Rou­quin ! Rou­quin furieux ! » lui criaient-ils. Alors, à bout de patience, il a sai­si la pre­mière chose qui lui est tom­bée sous la main, un livre, et l’a jeté aux deux gar­çons. Mal­heur ! Ils ont évi­té le coup, le gros livre a pas­sé à tra­vers la vitre, et la voi­là en mille morceaux !…

Un ins­tant, tous trois se sont regar­dés, ter­ri­fiés. Aucun n’a vou­lu cela, cer­tai­ne­ment ! Mais a quelque chose mal­heur est bon : les deux taquins ont dis­pa­ru, lais­sant la paix au Rou­quin, pro­ba­ble­ment à cause de la vitra cas­sée. — Leur conscience leur dit sans doute que c’est bien leur faute, puis­qu’ils ont aga­cé leur camarade.

Rou­quin — son vrai nom est Roger — est encore plus fâché main­te­nant Assis tout seul sur son banc, il se sent le plus mal­heu­reux du monde. C’est tou­jours lui qu’on chi­cane, et pour­tant il ne fait de mal à personne !

Max et Gil­bert, près de la porte de l’é­cole finissent par s’en­nuyer. Quand, au bout d’un quart d’heure, Roger part fur­ti­ve­ment, il n’y a plus personne.

Oui, Roger s’en va fur­ti­ve­ment à la mai­son comme s’il avait été bat­tu. Et pour­tant ce n’est pas le cas ; mais il a honte parce qu’il craint que ses deux méchants cama­rades sur­gissent quelque part et lui crient le sobri­quet, en face de tout le monde.

Et puis, il y a la vitre ! Il faut la payer, si l’on veut être hon­nête. « Celui qui casse les verres les

Ouvrage : Et maintenant une histoire II | Auteur : Jean-Claude

Commémoration des défunts

Devant la porte de la salle de classe, les élèves s’apprêtent à entrer pour subir les épreuves du cer­ti­fi­cat. Un à un, on les appelle et ils vont s’installer au bureau que leur indique le surveillant.

Pour les cours de caté - certificat d'étude« Robert Lenoir… Ber­nard Lernier… »

Robert, fur­ti­ve­ment, a glis­sé un coup d’œil à Ber­nard. Tous deux sont de la même école.

Robert Lenoir, élève médiocre, peu scru­pu­leux, n’a pas tra­vaillé beau­coup durant l’année. C’est un bon cœur, mais, mal­heu­reu­se­ment, il lui a man­qué, dès son jeune âge, l’in­fluence d’une mère, morte lors­qu’il avait quatre ans. Il ne lui reste que sa grand-mère, qui l’aime beau­coup mais qui n’a sur lui aucune auto­ri­té, et son père, trop pris par les affaires, ne s’oc­cupe guère de lui.

Ber­nard, au contraire, est tra­vailleur. Très ambi­tieux, il arrive tou­jours dans les pre­miers de sa classe.

Aus­si, Robert se réjouit d’être pla­cé près de son camarade.

* * *

Les can­di­dats, après avoir ren­du leurs rédac­tions, com­mencent main­te­nant la com­po­si­tion de calcul.

« Hem !… Bernard… »

Ber­nard a levé la tête à l’ap­pel dis­cret de son voisin.

« Passe-moi le problème. »

Mais à ce moment, le sur­veillant, enten­dant chu­cho­ter, lève la tête et regarde fixe­ment dans la direc­tion des deux enfants.

Ouvrage : À l'ombre du clocher - 1. Les sacrements | Auteur : Dardennes, Rose
Histoire d'une dispute entre deux amis ; le pardon et le sacrement de communion

Reine et Colette sont en brouille.

C’est arri­vé pour une bêtise : Reine vou­lait un livre ; Colette le dési­rait aus­si ; elles se sont cha­maillées. Reine a trai­té Colette de tri­cheuse ; Colette a giflé Reine ; puis elles se sont tour­né le dos en pro­cla­mant très haut que « jamais elles ne se recauseraient ».

Jac­que­line-la-douce a bien essayé d’arranger l’af­faire. Mais elle s’est heur­tée à de sombres visages fer­més, aux regards fuyants et aux lèvres pincées.

– Elle m’a appe­lée « tri­cheuse » ! explo­sa Reine aux yeux fulgurants.

– Elle m’a giflée ! gro­gna Colette, renfrognée.

– Met­tons que vous êtes quitte, et faites la paix !

Hélas ! Colette ne répon­dit rien et Reine déclara :

– Jamais !

Puis elle sor­tit en cla­quant la porte.

***

Cela dure depuis des semaines.

Au fond, elles sont très ennuyées, l’une et l’autre ; avant cette his­toire, elles étaient les meilleures amies du monde ; voi­sines, tou­jours ensemble. Main­te­nant, elles vont à l’é­cole à la queue leu leu ; le soir, Reine s’en va toute seule faire les com­mis­sions, et Colette s’en va toute seule cher­cher l’herbe pour les lapins…

Ce n’est pas gai !…

Non !

Mais Colette a dit qu’elle « ne recau­se­rait jamais » à Reine.