Conte de Pâques

Dans une petite ville du moyen âge, aux rues étroites, aux toits pointus, vivait, il y a bien longtemps, la fille d’un humble potier. On l’appelait Jacquotte la sérieuse, car, bien qu’elle n’eût que douze ans, elle ne songeait pas à jouer comme les autres petites filles mais passait ses journées dans l’atelier de son père, à recueillir les débris d’argile qui tombaient du tour du potier ; elle les pétrissait dans ses mains, puis, avec des outils de ciseleur que son père lui avait fabriqués sur sa prière, elle traçait dans la pâte molle des guirlandes de fleurs, des fruits, des oiseaux, et toutes les figures que lui inspirait sa fantaisie. Un jour, le bruit se répandit que le seigneur de la ville avait décidé d’offrir une cloche à l’église. Comme il la voulait très belle, tous les maîtres ciseleurs étaient invités à concourir pour sa décoration : les projets devaient être exposés sur la place publique le jour du vendredi saint, et le peuple assemblé serait juge.
Jacquotte, quand elle apprit cela, fut saisie d’une sorte de fièvre.
— Père, suppliait-elle, faites-moi une cloche d’argile, pour que j’essaie de la décorer.
— Y songes-tu ? répondit en riant le potier. Tu voudrais concourir, mauviette, avec des artisans qui ont du poil au menton !
Pourtant, il finit par céder aux larmes de sa fille, et se mit à l’ouvrage, tout en haussant les épaules. Mais il avait tant tardé que la cloche ne fut achevée que le soir du jeudi saint.
— Allons dormir, maintenant, dit-il à Jacquotte. En te levant de bonne heure, tu auras encore le temps d’être prête pour le concours, et il dissimula un sourire dans sa barbe.


« Grand’mère ! grand’mère ! m’écriai-je, voici le marchand de gâteaux : viens vite ! j’ai été sage. »
Je rentrai au logis, trépignant de rage, et j’allai me jeter dans les bras de ma grand’mère.
— Et pourquoi,faire ?



Elle jeta un regard rapide dans l’intérieur du caveau, et croyant qu’on avait enlevé le corps, elle courut précipitamment au Cénacle avertir Pierre, qui était déjà considéré comme le Chef des Apôtres. Pierre et Jean sortirent aussitôt et coururent vers le tombeau. Madeleine les suivit de loin.
