Et maintenant une histoire ! Posts


27 mars 2026Saint Jean Damascène, Prêtre et Docteur de l’Église

Jean, sur­nom­mé Damas­cène parce qu’il était ori­gi­naire de Damas, fut ins­truit des sciences divines et humaines par le moine Cos­mas. Ses pro­grès furent tels que le calife de Damas le prit comme ministre, L’empereur Léon l’I­sau­rien ayant alors lan­cé plu­sieurs édits qui inter­di­saient le culte des saintes images, Jean, res­té chré­tien bien qu’au ser­vice d’un infi­dèle, défen­dit éner­gi­que­ment, par sa parole et ses écrits, la légi­ti­mi­té de ce culte. L’empereur, furieux de ren­con­trer un tel adver­saire, l’ac­cu­sa de tra­hi­son auprès du calife de Damas, qui n’hé­si­ta pas à faire cou­per la main à son ministre. Mais, par un miracle, la Vierge res­ti­tua cette main à son fidèle ser­vi­teur. Tou­ché d’une telle grâce, Jean prit congé du calife, dis­tri­bua ses biens aux pauvres et se reti­ra près de Jéru­sa­lem, dans la laure de Saint-Sabas. Là il fut un modèle d’hu­mi­li­té et d’o­béis­sance. Ayant reçu l’ordre d’al­ler vendre de petites cor­beilles à Damas, la ville où naguère il avait eu une situa­tion si brillante, il recueillait avec avi­di­té les moque­ries de la foule. Son obéis­sance était telle qu’il se ren­dait tou­jours au moindre signe de ses supé­rieurs, sans deman­der la moindre expli­ca­tion. Ordon­né prêtre, il eut enfin la liber­té de suivre ses goûts pour l’é­tude, et il écri­vit un grand nombre d’ou­vrages remar­quables. Ce qui fait son plus grand mérite, c’est d’a­voir le pre­mier pré­sen­té toute la théo­lo­gie dans un ordre par­fait, ouvrant ain­si la voie à Saint Tho­mas d’A­quin. Saint Jean Damas­cène mou­rut vers 754.


Ouvrage : Et maintenant une histoire I | Auteur : Herbé

Décembre. La tem­pête fai­sait rage. La neige tour­billon­nait sans arrêt depuis des heures. Volets clos, silen­cieuses sous les rafales ; les mai­sons se tas­saient, à demi ense­ve­lies sous l’é­paisse couche blanche que le vent des Alpes accu­mu­lait en masses énormes.

Le docteur rentre à sa maison dans la tempêteLa porte de la demeure du doc­teur Ner­val, de G…, s’ou­vrit brus­que­ment, et le méde­cin, entrant d’un geste vif chez lui, refer­ma la porte et secoua ses vêtements.

« C’est toi, Hen­ri ? », appe­la une voix de femme.

« Oui, c’est moi. Ouf ! quel temps, Sei­gneur ! J’en ai rare­ment vu de pareil. J’ai dû mettre un quart d’heure pour faire les 1oo mètres qui nous séparent de la cli­nique. M’a-t-on appe­lé en mon absence ?

— Non, par bon­heur, dit Mme Ner­val. S’il te fal­lait sor­tir par un tel temps, je serais ter­ri­ble­ment inquiète.

— Et les enfants ?

— Ils vont bien ; je les fai­sais tra­vailler quand tu es entré. »

À ce moment, la son­ne­rie du télé­phone retentit.

« Veux-tu prendre la com­mu­ni­ca­tion en atten­dant que je sois prêt ? », deman­da le doc­teur Ner­val à sa femme.

Celle-ci décro­cha l’écouteur :

« Allo… Oui, c’est bien chez le doc­teur Ner­val… Il vient de ren­trer à l’ins­tant même. Un acci­dent ? D’où télé­pho­nez-vous ? De La Ser­raz ? Bien, mais com­ment est le malade ? Atten­dez, je vous passe le docteur… »

Aux pre­miers mots pro­non­cés par sa femme, le doc­teur venait de s’a­van­cer rapi­de­ment vers l’ap­pa­reil qu’il prit en main ; sa voix calme et grave conti­nua l’interrogatoire :

« Ici, le doc­teur Ner­val… Où s’est pas­sé l’ac­ci­dent ? À la ferme des Mou­chet… Bon, je vois… Qu’y a‑t-il eu ?

Une jambe broyée sous un fayard… L’a-t-on rame­né chez lui ? Bien… Beau­coup de sang ?… Parle-t-il ?… Très pâle ?… Qui est avec lui ? Seule­ment sa femme et sa fille… Et vous ? Cer­tai­ne­ment, il faut que je m’y rende… Enten­du, atten­dez-moi pour me gui­der à par­tir du col. »

Ouvrage : Les saints de tous les jours | Auteur : Péguy, Charles

Il était une fois un homme, un homme qui s’ennuyait, mais qui s’ennuyait ! On ne pour­ra jamais dire com­bien s’ennuyait cet homme-là. Sa vie était tel­le­ment grise, morose, mono­tone. Il s’ennuyait tout le long de la jour­née. Mais cet homme qui s’ennuyait tout le long de la jour­née, qui s’ennuyait le matin, cet homme qui s’ennuyait le soir, savait que pour sor­tir de son ennui il n’avait qu’à com­mettre un gros péché. Un gros péché, là. Pec­ca­tum enorme, ingens. Un gros péché qui le désen­nuie­rait une fois pour toutes. Un péché énorme. Une faute, une faute énorme, une trans­gres­sion abominable.

Et cette faute était ain­si faite que pour la com­mettre une fois pour toutes, cet homme n’avait qu’à écrire une lettre. Rien qu’une lettre. Une lettre de rien du tout. Prendre là une feuille de papier, la mettre sur son bureau, bien devant soi, trem­per la plume dans l’encre, écrire. Et ça y était. Ça lui aurait don­né de l’occupation pour toute sa vie. Plu­sieurs fois il avait dit : Non, c’est trop bête, je m’ennuie trop, mais il s’était tou­jours arrê­té à temps.

Saint Louis - 25 août
Saint Louis

Or, un jour que la vie de ce pauvre homme était encore plus grise, plus terne qu’à l’ordinaire, il n’y tint plus du tout : Allons, dit-il, et il prit une feuille de papier à lettre. Mais il faut que je vous apprenne que cet homme qui s’ennuyait avait une manie. Une manie quand il écri­vait. Il ne pou­vait regar­der la date sans regar­der en même temps le saint du jour. Allons, dit-il, et il décro­cha le calen­drier, same­di 21, dimanche 22, lun­di 23, mar­di 24, mer­cre­di 25… Saint Louis !

Saint Louis ! Ça n’allait pas tout seul. Saint Louis. Il se mâchon­nait la mous­tache. Non, vrai­ment, jamais il n’aurait le cou­rage de com­mettre un aus­si gros péché que le sien le jour de saint Louis. Ça n’était pas pos­sible. Il ne fal­lait pas même y son­ger. Pen­sez donc ! Saint Louis et tout ce que ça repré­sen­tait. Blanche de Cas­tille. Saint Louis ren­dant la jus­tice. Saint Louis et les Croi­sades. Saint Louis à Car­thage et cette épée et ce sceptre et ce lit de cendre. Saint Louis, roi de France, modèle et exem­plaire et patron des rois de France. Toute cette ancienne France. Pro­tec­teur de la France et des Fran­çais. De tous les Fran­çais. Avec son beau vête­ment bleu à fleurs de lys, la main de la jus­tice à la main comme dans le tableau du père Lau­rens. Pas moyen de pas­ser outre. Jamais saint Louis ne lais­se­rait com­mettre une chose pareille.

Vous voyez la finesse. La seule idée, la seule repré­sen­ta­tion de saint Louis suf­fit à l’arrêter ins­tan­ta­né­ment. Parce que les saints fran­çais et saint Louis en par­ti­cu­lier sont des saints qui enfoncent les autres saints. Saint Louis ! Mais ça ne pou­vait pas durer tou­jours comme ça. Il remit le calen­drier des postes à sa place en se disant que ça ne serait que par­tie remise. Il était déci­dé. Plus ça allait, plus il s’ennuyait. La pluie, le vent, le soleil, les gens qu’il ren­con­trait, sa femme, ses amis, le jour, le soir, ce qu’il fai­sait, ce qu’il ne fai­sait pas. Tout l’ennuyait. Le len­de­main il rou­vrit sa boîte à papier à lettres, éten­dit soi­gneu­se­ment sur la table la feuille de papier, trem­pa sa plume dans l’encre : Ah ! la date. Mer­cre­di, jeu­di 26. Saint Zéphy­rin. Ah ! Saint Zéphy­rin. Bien. Bien. Et il se mit à écrire.

Ouvrage : Et maintenant une histoire I | Auteur : Bourron, Edmée

Suzon, Suzon, cria Claude, je viens d’en­tendre du bruit à l’étable !

— En es-tu sûr, deman­da la sœur aînée qui tri­co­tait au coin de l’âtre ? C’est la bise peut-être qui fait grin­cer la porte ou la fenêtre. La mai­son bouge toute. Quelle tem­pête dehors ! »

Suzon était une robuste fillette de douze ans au visage calme et éner­gique. Elle se leva de sa chaise pour voir l’heure que mar­quait l’hor­loge et ajouta :

« Comme Papa et Maman rentrent tard ce soir !

— Je parie que le train est en panne au tun­nel du Val-Noir comme lun­di der­nier », sou­pi­ra Riquou, l’un des cadets.

Histoire chrétienne pour les enfants« Ça se peut bien, fit-elle, la bise a souf­flé toute la jour­née. Il a dû s’a­mas­ser de for­mi­dables couches de neige sur la voie et dans les che­mins… Allons, mes petits, il est tard, il faut aller se mettre au lit. »

Ses quatre frères et sœurs l’en­tou­rèrent avec des cris de pro­tes­ta­tion et Jean­nette, la petite der­nière, se mit à pleurnicher :

« Atten­dons un peu. J’au­rai peur toute seule dans ma chambre.

— Pol­tronne va, peur de quoi ? Des rats ? De la bise qui chante dans la che­mi­née ? Je t’ai sou­vent répé­té que…

— Suzon, inter­rom­pit Claude, en la tirant par la manche de son tablier, je viens encore d’en­tendre du bruit dans l’étable.

— Allons voir, lan­ça-t-elle. C’est peut-être la génisse qui s’est déta­chée. Si elle s’a­muse à cor­ner le mulet, elle rece­vra une bonne ruade. Elle pour­rait avoir une patte cas­sée. Riquou, toi le plus cou­ra­geux, viens avec moi. Les autres res­tez ici. »

Sui­vie de son frère, elle s’en fut pous­ser la porte de bois qui fai­sait com­mu­ni­quer la cui­sine avec l’é­table, comme dans beau­coup de fermes de la montagne.

Ouvrage : Autres textes

1570… Une situation de crise

Les pays d’Eu­rope, prin­ci­pa­le­ment à cause des suites de la révolte de Luther et des débuts du pro­tes­tan­tisme, se dis­putent et se jalousent. Les « Otto­mans », c’est-à-dire les Turcs (musul­mans), en pro­fitent pour deve­nir de plus en plus agres­sifs. Ils prennent ville après ville et port après port. Cela devient très inquiétant.

Seul le pape de ce temps-là, le pape saint Pie V, voit vrai­ment le dan­ger. Il sonne l’a­larme : tout l’Oc­ci­dent risque d’être enva­hi par l’Islam, enne­mi de la Croix et des chrétiens.

Les musulmans envahissent ChypreSeptembre 1570… L’île de Chypre presque conquise

Le sul­tan Sélim écrase la ville de Nico­sie, capi­tale de Chypre et assiège Fama­gouste, l’autre grande ville de l’île.

Pen­dant ce temps-là, les ami­raux de la flotte chré­tienne se dis­putent… et cer­tains font marche arrière. Ils n’ont pas du tout le moral… et ont peur de la puis­sance meur­trière des Ottomans…

S’unir et s’organiser

Le pape réagit. Avec beau­coup de cou­rage et d’éner­gie, il mul­ti­plie les démarches auprès des gou­ver­nants. D’a­bord pour que, en tant que princes chré­tiens, ils se décident à faire face.

Seules l’Es­pagne et la Répu­blique de Venise répon­dront à l’ap­pel du pape.

Ensuite, il faut que ces deux pays acceptent de se ran­ger sous une auto­ri­té unique, sinon ce serait la pagaille dans les com­bats : fina­le­ment, avec l’ac­cord de tous, le pape nomme le fils de Charles-Quint, Don Juan, seul et unique géné­ral des armées de terre et de mer.

Décembre 1570… « Au nom du Christ, vous vaincrez »

Etendard donné par Saint Pie V à la Ligue - Lépante

La guerre est décla­rée aux Turcs pour leur reprendre « toutes les places qu’ils ont usur­pées aux chrétiens ».
Don Juan se voit remettre un magni­fique éten­dard pour l’ar­mée confédérée :

  • d’un côté, Notre-Sei­gneur en croix ;
  • de l’autre, les armes de l’É­glise entre les armes du roi d’Es­pagne et celles de Venise.

« Allez, lui dit le pape, allez, au nom du Christ, com­battre son enne­mi, vous vain­crez ».

Ouvrage : Autres textes

Par­mi les mis­sion­naires fran­çais qui se ren­dirent au Cana­da (Nou­velle France), se trouvent les Pères Jésuites Isaac Jogues (1607 – 1646), René Gou­pil (1608 – 1642) et Jean de la Lande (1620 – 1646), tous trois, prêtres, mas­sa­crés par les Iro­quois pour avoir conver­ti ces indiens sau­vages à la foi catho­lique. Ils feront par­tie des huit prêtres cano­ni­sés en 1930 par Pie XI. On dit que le sang des mar­tyrs devient une semence de chré­tiens. On ver­ra que cela fut vrai aus­si en terre américaine.

La petite sainte indienne du Canada Kateri TEKAKWITHADix ans plus tard, un lys de pure­té appar­te­nant à la nation iro­quoise, Kate­ri, deve­nue la « Pro­tec­trice du Cana­da », nais­sait à Osser­ne­non (aujourd’­hui Auries­ville) dans l’é­tat de New York en 1656. Son père est un Mohawk (Iro­quois païen), chef de son Clan. Sa mère (Kahen­ta, Fleur de la Prai­rie), est une Algon­quine, bap­ti­sée et éle­vée par des Fran­çais à Trois-Rivières. Prise par une attaque d’A­gniers, elle devien­dra la femme du chef (Ken­hon­won­kha, du Clan des Tor­tues). Elle trans­met­tra à ses deux enfants, Kate­ri et son petit frère, l’exemple d’une mère chré­tienne. Kate­ri ver­ra sa maman prier tous les jours, suivre les pré­ceptes d’une vie chré­tienne et cer­tai­ne­ment, ces pre­mières années seront très impor­tantes pour la vie future de Kateri.

À l’âge de quatre ans, Kate­ri perd sa famille (ses parents et son frère) à cause d’une épi­dé­mie de petite vérole. Elle échappe à la mort, mais gar­de­ra le visage avec des tâches de rou­geur vio­lette . C’est un oncle (Grand-Loup) et une tante qui la recueillent et vont habi­ter à Kah­na­wa­ké. Kate­ri fut bien soi­gnée. À ce moment, on lui don­na le nom de « Tekak­wi­ta » qui signi­fie en iro­quois, celle qui avance en hésitant.