Notre-​Dame de La Vang

Notre Dame de La-​vang : origine du Pèlerinage

La-​vang est situé au milieu de la jun­gle viet­na­mien­ne, à quel­ques kilo­mè­tres de la cita­del­le de Quang-​tri et de la flo­ris­san­te chré­tien­té de Co-​vuu.

Récit pour les enfants des apparitions de ND de LaVangLa tra­di­tion rap­por­te que, il y a envi­ron cent ans 1, des chré­tiens de Co-​vuu, fuyant la per­sé­cu­tion, vin­rent se réfu­gier en ce lieu alors entou­ré d’une gran­de forêt ; ces bra­ves gens étaient très pieux. Tous les soirs, ils se réunis­saient dans la pau­vre chau­miè­re qui leur ser­vait d’oratoire, et là, devant une gros­siè­re ima­ge de la sain­te Vier­ge, ils priaient avec fer­veur. Demandaient-​ils à la mère de Dieu la ces­sa­tion de la pes­te, du cho­lé­ra, fléaux si fré­quents en Annam ? La suppliaient-​ils de les pré­ser­ver des tigres si nom­breux dans la forêt ? Ou plu­tôt de fai­re jouir leur pays de la paix reli­gieu­se ?

Un soir, au moment où ils se reti­raient, une dame d’une beau­té ravis­san­te leur appa­rut ; elle était vêtue de blanc et entou­rée de lumiè­re ; deux char­mants enfants, por­tant cha­cun un flam­beau, se tenaient près d’elle. La dame pas­sa et repas­sa plu­sieurs fois devant les chré­tiens ravis, ses pieds tou­chant le sol com­me pour en pren­dre pos­ses­sion puis elle s’arrêta, et d’une voix très dou­ce, pro­non­ça ces paro­les que tout le mon­de enten­dit et que la tra­di­tion a pieu­se­ment gar­dées :

« Mes enfants, ce que vous m’avez deman­dé, je vous l’accorde, et désor­mais tous ceux qui vien­dront ici me prier, je les exau­ce­rai. »

Ayant ain­si par­lé, elle dis­pa­rut, et après elle la lumiè­re qui l’entourait.

 

Grâces

Ce que la sain­te Vier­ge avait pro­mis, elle l’accomplit. Au récit des grâ­ces nom­breu­ses qu’elle répan­dait dans son hum­ble sanc­tuai­re de La-​vang, les pèle­rins accou­ru­rent, des envi­rons d’abord, puis de contrées plus éloi­gnées, et le culte de Notre Dame de La-​vang n’a ces­sé de gran­dir. Par­mi les grâ­ces qu’elle répand, il en est une qu’elle se plaît à accor­der plus fré­quem­ment que tou­te autre : cel­le d’avoir des enfants.

En Annam, com­me autre­fois en Judée, une union sté­ri­le est consi­dé­rée com­me un vrai mal­heur. Les époux anna­mi­tes se parent avec fier­té d’une nom­breu­se famil­le. Par­mi les faits nom­breux que l’on pour­rait rap­por­ter dans cet ordre d’idées, nous en choi­sis­sons un seul, mais il est bien tou­chant :

Il y a qua­tre ans, quel­ques famil­les d’un vil­la­ge païen, voi­sin de La-​vang, deman­dè­rent le bap­tê­me.

Notre-Dame de La Vang exauce les VietnamiensPar­mi les nou­veaux chré­tiens se trou­vaient deux époux sans enfant. Ayant enten­du par­ler de Notre Dame de La-​vang 2, ils étaient accou­rus à son sanc­tuai­re, lui offrant de modes­tes pré­sents, et lui consa­crant d’avance l’enfant qu’ils lui deman­daient. L’année sui­van­te la jeu­ne épou­se mit au mon­de un beau gar­çon plein de vie. Deux années s’écoulèrent pen­dant les­quel­les les heu­reux parents ne ces­sè­rent de remer­cier la sain­te Vier­ge.

Puis la per­sé­cu­tion sur­vint. Dans tou­te la pro­vin­ce de Quang-​tri des chré­tiens furent arrê­tés, frap­pés du rotin, exi­lés. Ceux qui étaient enco­re jeu­nes dans la foi sen­ti­rent leurs cœurs défaillir, et un cer­tain nom­bre apos­ta­siè­rent.

Dans le jeu­ne ména­ge dont nous par­lons, la lut­te fut vive. Le mari dit son inten­tion d’apostasier de bou­che seule­ment, la fem­me résis­te et dis­cu­te ; le mari insis­te, puis mena­ce ; la fem­me prend alors leur enfant dans les bras et le ten­dant à son mari, lui dit avec un accent indi­gné :

« Puis­que tu n’as de cœur que pour renier Dieu, apos­ta­sie, lâche, j’y consens, mais aupa­ra­vant, rap­por­te cet enfant à La-​vang. La sain­te Vier­ge l’a mis en dépôt chez nous, par­ce que nous lui avons pro­mis de vivre et de mou­rir en bons chré­tiens. Puis­que tu ne veux pas tenir tes enga­ge­ments, rends l’enfant. »

Le mari rou­git, bais­sa la tête et demeu­ra fidè­le à sa foi.

La sain­te Vier­ge accor­de enco­re d’autres grâ­ces.

tiger du Vietnam estampeDans le ter­ri­toi­re de La-​vang, le tigre non seule­ment n’a jamais péné­tré depuis l’apparition de la bel­le Dame, mais enco­re n’a fait aucu­ne vic­ti­me par­mi les chré­tiens ou les dévots de La-​vang. Cepen­dant les envi­rons en sont infes­tés, et il n’est pas rare de ren­con­trer le ter­ri­ble ani­mal en tra­ver­sant la forêt : une seule invo­ca­tion à Notre Dame de La-​vang le met en fui­te. On cite des faits nom­breux à l’appui de cet­te affir­ma­tion géné­ra­le.

Nous ne devons donc point nous éton­ner que les chré­tiens de La-​vang soient demeu­rés fidè­les à la sain­te Vier­ge, mal­gré les per­sé­cu­tions, mal­gré la rui­ne de leur cher sanc­tuai­re, détruit par les païens en 1885. Après la tour­men­te, les PP. Bon­nand et Pati­nier firent un appel au cœur des chré­tiens échap­pés à la per­sé­cu­tion, et la jolie cha­pel­le que l’on bénis­sait le 8 août témoi­gne que les enfants répon­di­rent géné­reu­se­ment à leurs Pères.

 

Pèlerinage du 8 août 3

Dès la veille du grand jour, de nom­breu­ses cara­va­nes de pèle­rins rem­plis­saient Co-​vuu d’animation et de pit­to­res­que ; les mai­sons étaient pri­ses d’assaut ; le fleu­ve qui bai­gne la cita­del­le de Quang-​tri offrait l’aspect d’une vil­le flot­tan­te, tant était grand le nom­bre des embar­ca­tions qui y étaient ran­gées. A la nuit, les fêtes com­men­cè­rent par des réjouis­san­ces : explo­sions de pétards, illu­mi­na­tions, dan­ses. Ne vous scan­da­li­sez pas ; les dan­seurs étaient des enfants vêtus de blanc, por­tant un flam­beau dans cha­que main, chan­tant des can­ti­ques, et décri­vant avec un ordre et une pré­ci­sion admi­ra­bles : croix, mono­gram­mes de Jésus et de Marie, figu­res géo­mé­tri­ques et carac­tè­res chi­nois. Quel­le pres­tes­se, quel­le légè­re­té dans leurs mou­ve­ments ! Au milieu de la nuit le coup d’œil était ravis­sant et volon­tiers on aurait pro­lon­gé le spec­ta­cle ; mais il fal­lait son­ger au repos.

Histoire pour les enfants : Nd de Lavang Vietnam

Bien avant l’aube on son­na le réveil, afin d’organiser la pro­ces­sion. Il y avait là cent chré­tien­tés avec leurs dra­peaux et leurs ori­flam­mes : cha­cu­ne d’elles devait pren­dre sa pla­ce mar­quée dans le cor­tè­ge. Quand le soleil se leva, la pro­ces­sion était en mar­che sur une éten­due de près d’une lieue, et vrai­ment mer­veilleu­se à contem­pler. Un mur­mu­re très har­mo­nieux rem­plis­sait l’atmosphère ; c’était le chant des priè­res, car en Annam tou­te priè­re est un chant.

Mgr Cas­par est venu de Huê ; il est entou­ré d’un cler­gé nom­breux, pré­cé­dé des sémi­na­ris­tes de la mis­sion. Et c’est au milieu des prê­tres qu’est por­tée la sta­tue de la sain­te Vier­ge.

Nous voi­ci à La-​vang ; mis­sion­nai­res, prê­tres indi­gè­nes, sémi­na­ris­tes accla­ment trois fois Marie : Lau­da­te Mariam ! Puis Mon­sei­gneur bénit l’église. Les pèle­rins sui­vent la céré­mo­nie dans la lan­gue uni­ver­sel­le de l’Église, le latin, avec une émo­tion visi­ble.

Église de Lavang bénite par Mgr Caspar en 1901

Notre Dame prend enfin pos­ses­sion de sa nou­vel­le demeu­re. Au chant du Te Deum elle est pla­cée sur son trô­ne, der­riè­re l’autel. Les Anna­mi­tes mêlent leurs priè­res au chant des prê­tres ; ils sont dans le plus grand enthou­sias­me, ce qui ne les empê­che pas d’écouter avec recueille­ment, quel­ques ins­tants après, l’éloquent ser­mon du P. Pati­nier.

Après le dis­cours, nous eûmes grand’messe une mer­veille chan­tée par plus de cent exé­cu­tants diri­gés par le P. Izarn, supé­rieur du grand sémi­nai­re. La béné­dic­tion pon­ti­fi­ca­le ache­va cet­te bel­le fête. Néan­moins, avant le départ, on se réunit enco­re une fois dans le nou­veau sanc­tuai­re, et dans le chant du Sal­ve Regi­na on dit à Marie adieu et au revoir.

Les Livres saints nous mon­trent un lion rugis­sant tour­nant autour des âmes pour les dévo­rer. En Annam, le lion doit être un tigre. La Vier­ge qui pro­tè­ge ses enfants contre le tigre des forêts sau­ra bien les gar­der aus­si de l’autre tigre, autre­ment redou­ta­ble, si nous lui disons avec gran­de foi et amour :

Notre Dame de La-​vang, donnez-​nous beau­coup d’âmes pour Jésus-​Christ.
Notre Dame de La-​vang, priez pour nous.

Statue de Notre Dame de Lavang

 

Sour­ce : Mis­sions étran­gè­res de Paris

 

Notes :

  1. Note : Ce tex­te date de 1901. Les appa­ri­tions dont il est ques­tion ici ont eu lieu vers 1798
  2. Notre Dame de La-​vang, Đức Mẹ La Vang en viet­na­mien
  3. en 1901

Soyez le premier à commenter

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    *