« Le Christ, nous dit l’Apôtre, s’est fait obéissant jusqu’à la mort ». À peine a‑t‑il vu le jour, qu’il commence à obéir. Lui qui est, à tant de titres, au-dessus de la loi, il veut se soumettre au rite de la circoncision, comme sa Mère, un peu plus tard, se soumettra…
Et maintenant une histoire ! Posts
Il naquit le 3 janvier 1673 à Montfort-sur-Meu, diocèse de Saint-Malo, dans une famille qui devait compter huit enfants. Dès le collège, il se fit remarquer par sa charité. Voulant un jour sauver du ridicule un condisciple pauvre, il entreprit de l’habiller proprement, et le conduisit chez un tailleur auquel il dit : « Voici mon frère et le vôtre : j’ai quêté dans la classe ce que j’ai pu pour le vêtir ; si ce n’est pas suffisant, c’est à vous d’ajouter le reste. » Le tailleur s’exécuta de bonne grâce… En dehors des heures de cours, Louis-Marie allait consoler et instruire les pauvres des hôpitaux. À 19 ans, il décida de se consacrer à Dieu. Ordonné prêtre en 1700, il choisit le ministère des missions, et débuta à Poitiers. Sollicité par les pauvres de l’hôpital de cette ville, il resta au milieu d’eux, et se mit à les soigner, à faire leurs lits, dans ses moments libres. Mais les règlements qu’il dressa pour le bon ordre de la maison déchaînèrent contre lui les protestations des gouvernantes, et il dut se retirer. Il se mit alors à prêcher. Son absolu détachement faisait sur les pauvres l’impression la plus profonde. À sa parole, on s’arrachait au vice : il obtint un jour qu’on lui apportât une grande quantité de mauvais livres pour être brûlés. Ses succès et son orthodoxie lui attirèrent la haine des jansénistes, qui le firent chasser du diocèse de Poitiers, puis de celui de Saint-Malo. À Nantes, au cours d’une mission, il tonna contre le vice avec tant de force et de succès qu’il faillit être assommé par un groupe de jeunes libertins. De Nantes, il passa à La Rochelle. Un peu partout, il faisait chanter de pieux cantiques qu’il avait composés lui-même, et installait des Croix et des Calvaires. Il fonda les Filles de la Sagesse et les Prêtres missionnaires de la Compagnie de Marie, qui, en continuant son œuvre, ont maintenu la vitalité chrétienne de l’Ouest de la France. Le grand missionnaire mourut sur la brèche, à Saint-Laurent-sur-Sèvre, le 28 avril 1716 : il avait 43 ans.