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Ouvrage : D'un pas alerte | Auteur : Wallace, Lewis

Le combat naval

L'histoire de Ben-Hur, imaginée par un écrivain autour des scènes réelles rapportées par les Évangiles, nous ramène aux premiers temps du Christianisme. Jeune Juif, Ben-Hur a été injustement accusé d'avoir voulu tuer un chef romain. Condamné à ramer sur les galères, il a réussi à mériter l'estime de Quintus Arrius, le commandant, qui pourra sans doute le faire libérer. Mais voici que s'engage un combat naval entre les galères romaines et les bateaux pirates. 

1. Le com­bat se rap­pro­chait. Sou­dain un corps pas­sa comme un pro­jec­tile et s’a­bat­tit sur le plan­cher, aux pieds de Ben-Hur. Celui-ci se pen­cha et vit que le bles­sé était un Bar­bare demi-nu, à peau très blanche, à che­veux noirs, qui por­tait encore, fixé à son bras, un bou­clier d’o­sier. Celui-là, au moins, ne connaî­trait pas le pillage ! 

En le regar­dant, Ben-Hur eut peur : « Les enne­mis sent pro­ba­ble­ment en grand nombre ! se disait-il. Que va-t-il adve­nir de nous ? Fuir ? Hélas ! cela ne ser­vi­rait à rien. Or, si je veux essayer de retrou­ver ma mère et ma sœur, il faut que je sois libre, léga­le­ment libre. Et cette liber­té, un seul homme est assez puis­sant pour obte­nir qu’on me la rende : Quin­tus Arrius. Faites, Sei­gneur, qu’il ne meure pas ! Sinon, je suis per­du à jamais ! » 

Il leva les yeux. Les galé­riens avaient lâché leurs avi­rons. La plu­part d’entre eux essayaient, en vain d’ailleurs, de rompre leurs chaînes.

2. Ben-Hur se sou­vint qu’il n’é­tait pas enchaî­né. Alors, sans réflé­chir plus long­temps, il se dres­sa et gra­vit en cou­rant l’échelle. 

Lors­qu’il attei­gnit le pont, il consta­ta, à la lueur des fanaux, qu’on se bat­tait par­tout. Les légion­naires[1] conti­nuaient à tom­ber l’un après l’autre, acca­blés sous le nombre des assaillants. La mer était cou­verte de débris de toutes sortes. Au large, des navires éven­trés ache­vaient de som­brer. D’autres pro­je­taient jus­qu’au ciel la lueur de leurs incendies.

Ben-Hur crut aper­ce­voir la haute sil­houette de Quin­tus Arrius. À cet ins­tant, il lui sem­bla que, sous ses pieds, le pont se sou­le­vait avec une rapi­di­té et une force pro­di­gieuse. Il per­dit l’é­qui­libre, tré­bu­cha, fit quelques pas en titu­bant. Avec la même rapi­di­té, le pont s’a­bais­sa, puis se bri­sa. Le jeune homme com­prit ce qui se pas­sait : les pirates avaient épe­ron­né la galère romaine, sans se sou­cier de ceux des leurs qui se trou­vaient à bord ! 

Ben-Hur sur une galère dans la bataille navale.
Histoires chrétiennes pour les jeunes.

3. Le tin­ta­marre était assour­dis­sant. Le mât s’a­bat­tit. Enfin, le pont s’ou­vrit. Ben-Hur fut entraî­né dans une chute ver­ti­gi­neuse et l’eau se rua sur lui avec un gron­de­ment de tonnerre. 

  1. [1] Sol­dats romains embar­qués sur la galère. Les pirates bar­bares sont leurs assaillants.
Ouvrage : Lectures Catholiques

(Légende).

L'adoration des mages : Balthazar offre l'or

Lorsque l’Ange du Sei­gneur eut aver­ti Joseph d’a­voir à fuir en Égypte, parce qu’­Hé­rode cher­chait l’En­fant pour le faire périr, il s’empressa, selon le com­man­de­ment divin, de prendre l’En­fant et sa Mère, avec tout ce qu’il avait. Mais il avait peu de chose ; et, tout compte fait, il ne lui res­tait, pour un si loin­tain voyage, que trois pièces de celles qu’il avait reçues des Mages, lors­qu’ils étaient venus d’O­rient à Beth­léem pour ado­rer le Roi des Juifs. 

Il prit ces trois pièces dans sa cein­ture : « C’est sans doute, se dit-il, pour nous venir en aide dans cet exil que Dieu nous a envoyé ces hommes secou­rables qui sont ses ser­vi­teurs. Que son saint nom soit béni ! » 

Il quit­ta Beth­léem avec Jésus et Marie. C’é­tait pen­dant la nuit obs­cure. L’âne mar­chait, les anges veillaient, Marie priait, Jésus dormait.

Lorsque le jour fut venu, la sainte Famille se trou­va au pied des mon­tagnes d’Hé­bron, où l’on montre encore le tom­beau d’A­bra­ham et de Sarah. Il y avait là un pauvre lépreux qui vivait caché dans une des nom­breuses cavernes de ce pays, car il n’est pas per­mis aux lépreux d’ha­bi­ter dans la socié­té des hommes. Cepen­dant, celui-ci, ayant enten­du le pas des saints voya­geurs, sor­tit de sa retraite et regar­da. Jésus lui parut si beau, tout nim­bé de lumière, Marie et Joseph lui parurent si bons, qu’il prit la confiance de s’a­van­cer un peu pour leur faire sa prière. Mais il n’o­sait appro­cher tout à fait, car le lépreux est mau­dit, et celui-là est impur qui porte la main à la sienne. Il criait donc de loin : « O vous qui pas­sez, ser­vi­teur et ser­vante de Dieu, ayez pitié de moi ! » 

Or Jésus, enten­dant la voix de la misère, s’é­veilla et ten­dit ses bras au mal­heu­reux. Il regar­da Marie, Marie regar­da Joseph, Joseph fit appro­cher le lépreux et lui don­na la pre­mière de ses trois pièces d’or ; car il avait com­pris que c’é­tait la volon­té du divin Fils de Marie. L’En­fant sou­rit, et de sa main il tou­cha le front du lépreux, qui guérit. 

Ouvrage : À la conquête du monde païen | Auteur : Goyau, Georges

XXIII

Le père Damien, lépreux

Rava­gée par le mal, illu­mi­née par la sain­te­té, la phy­sio­no­mie du Père Damien res­plen­dit dans la belle gale­rie des apôtres Pic­pu­ciens de l’Océanie.

La lèpre est une ter­rible mala­die : elle ronge les corps de ceux qui la gagnent et les fait mou­rir len­te­ment. En Europe elle a presque com­plè­te­ment dis­pa­ru ; il n’en est pas de même dans les autres conti­nents. L’A­sie, l’A­frique, l’O­céa­nie sont rava­gées par ce fléau ; et jus­qu’i­ci on n’a pas trou­vé le moyen de gué­rir la lèpre. On ne peut que la soi­gner, en cal­mer les dou­leurs. Mais les pauvres malades, que fait-on pour eux ? On les sépare du reste des hommes ; on les parque dans des lieux iso­lés, des îles ; et désor­mais défense leur est faite de sor­tir de leur exil. Au moyen âge, aus­si, on les iso­lait : ils ne pou­vaient appro­cher des bien por­tants, de crainte de l’af­freuse conta­gion. Mais alors ils n’é­taient pas seuls, ils avaient Dieu ; ils lui offraient leurs souf­frances, ils souf­fraient avec Celui qui a tant souf­fert pour nous.

Saint Damien de Molokaï - histoire pour les veillées scoutesLes infor­tu­nés lépreux de l’île de Molo­kaï, l’une des îles Sand­wich, ne connais­saient guère Dieu que pour le blas­phé­mer, lorsque le Père Damien leur fut envoyé par ce même Dieu, en 1873, pour trans­for­mer leurs malé­dic­tions en prières. On avait for­mé un pre­mier convoi de lépreux, abso­lu­ment comme on aurait dépor­té des cri­mi­nels dans la par­tie de l’île qui leur était réser­vée. Le sol était fer­tile ; l’ad­mi­nis­tra­tion pen­sait qu’ils y trou­ve­raient, en dehors des vête­ments qu’elle leur four­nis­sait, tout ce qui était néces­saire à la vie. On n’a­vait pas même pen­sé à leur bâtir un hôpi­tal. D’autres convois sui­vaient, à mesure que la mala­die se déve­lop­pait aux îles Sand­wich. Le déses­poir de ces pauvres gens, qui n’a­vaient pas la moindre conso­la­tion spi­ri­tuelle dans leur mal­heur, engen­drait la haine ; ils se bat­taient entre eux, les plus forts écra­saient les plus faibles, et en sept ans près de la moi­tié des lépreux étaient morts. Une âme com­pa­tis­sante écri­vait : « Si un noble prêtre chré­tien, si une sœur, avaient l’ins­pi­ra­tion d’al­ler là, et de sacri­fier une vie pour conso­ler ces pauvres gens, ce serait une âme royale, digne de briller à jamais sur un trône dres­sé par l’a­mour humain. » Et les quelques lépreux catho­liques de Molo­kaï (la plu­part étaient païens ou pro­tes­tants) récla­maient, eux aus­si, un prêtre.