Aigulphe, vulgairement nommé Ayou, naquit à Blois vers l’an 630. Il se fit admettre à l’abbaye bénédictine de Fleury, au diocèse d’Orléans. Son supérieur lui confia la mission de faire enlever les reliques de saint Benoît, ensevelies sous les ruines de l’abbaye du Mont-Cassin, au royaume de Naples. Ayou partit, accompagné de quelques personnes du Mans il eut la chance de découvrir le tombeau de saint Benoît et celui de sainte Scholastique, sa sœur. Il en tira les ossements et les transporta en France : on mit ceux de saint Benoît dans l’abbaye de Fleury, et ceux de sainte Scholastique furent envoyés au Mans. Appelé ensuite à gouverner le monastère de Lérins, en Provence, Ayou tenta d’y rétablir la discipline ; mais des hommes pervers, encouragés par le seigneur de Nice, ourdirent un complot contre le saint Abbé et l’assassinèrent. L’Église, et en particulier le diocèse de Blois, l’honore comme martyr.
Deux ans après, Pharaon eut un songe : Il était sur les bords du Nil, il vit alors sept vaches grasses qui paissaient, puis sept vaches maigres sortirent du Nil, dévorèrent les premières sans devenir plus grasses.
Pharaon s’étant éveillé se rendormit. Il vit alors sept épis pleins de grains sortant d’une même tige, puis sept autres fort maigres et desséchés, les derniers dévorèrent les premiers.
Saisi de frayeur, Pharaon cherche quelqu’un pour lui expliquer ces songes, c’est alors que le grand échanson se souvint de Joseph. Ce dernier dit au Roi : « Les sept vaches grasses et les sept épis pleins signifient sept années d’abondance suivies de sept années de famine représentées par les vaches maigres et les épis secs.
Voyant la sagesse de Joseph, Pharaon l’établit pour commander à toute l’Égypte.
Bientôt Joseph par sa bonne conduite et la bénédiction de Dieu, gagna la confiance de Putiphar qui l’établit sur tous ses biens. Or, un jour la femme de l’officier essaya vainement de le porter au mal. Joseph s’enfuit laissant son manteau dans les mains de cette mauvaise femme qui ensuite le calomnia odieusement auprès de son mari. Putiphar trop crédule fit jeter Joseph en prison.
Là, il vit arriver le grand panetier et le grand échanson du roi. Ces deux officiers eurent chacun un songe : « Je voyais devant moi un cep de vigne, dit le grand échanson, avec trois rejetons auxquels poussaient des boutons, des fleurs
et raisins mûrs, je pressais ces raisins dans la coupe de Pharaon qui en buvait le vin ». — Dans trois jours dit Joseph, vous serez rétabli dans votre charge… Souvenez-vous de moi auprès du roi ».
Le grand panetier à son tour raconta : « Je portais sur la tête trois corbeilles de farine et les oiseaux du ciel venaient manger ». — « Dans trois jours dit Joseph. Pharaon vous fera couper la tête, vous fera ensuite attacher à une croix où les oiseaux du Ciel déchireront votre chair ».
Or, un jour, les frères de Joseph s’arrêtèrent à Sichem où ils faisaient paître les troupeaux de leur père. Israël dit à Joseph : « Allez voir si vos frères se portent bien et si les troupeaux sont en bon état ». Joseph partit, il ne trouva pas ses frères à Sichem mais à Dothaïn. En l’apercevant, ses frères dirent : « Voilà notre songeur, tuons-le et jetons-le dans cette vieille citerne sans eau ». Mais Juda s’opposa à sa mort et le fit vendre vingt pièces d’argent à des Ismaélites qui allaient en Égypte.
Puis, ils envoyèrent au père la robe de Joseph teintée dans le sang d’un chevreau tué à cet effet.
Jacob l’ayant reconnue, déchira ses vêtements, se couvrit d’un sac, pleurant son fils fort longtemps. Les Ismaélites vendirent Joseph à Putiphar, officier de Pharaon.
Les Fils de Jacob haïssaient leur frère Joseph parce que leur père l’aimait plus que tous ses autres enfants et ce qui mit le comble à leur jalousie ce fut le récit que Joseph leur fit de deux songes qui marquaient sa grandeur future :
« Je liais avec vous, dit-il, des gerbes dans le champ : la mienne se tenait debout et les vôtres se prosternaient devant elle ».
Puis encore : « Le soleil, la lune et onze étoiles se prosternaient devant moi ».
Son père l’en réprimanda, disant : « Que veulent dire ces songes ? Est-ce que votre mère, vos frères et moi vous adorerons sur la terre ? »
Isaac ayant béni Jacob lui dit : « Allez eu Mésopotamie qui est en Syrie et épousez une des filles de Laban, votre oncle. Jacob partit. Il allait à Haran, mais arrivé en un certain lieu qu’il appela Béthel il s’y reposa.
Ayant mis une pierre sous sa tête, il s’endormit et vit en songe une échelle qui, posée sur la terre, touchait au ciel. Les anges montaient et descendaient le long de cette échelle. Le Seigneur, appuyé sur le haut, lui dit : « Je suis le Dieu d’Abraham et d’Isaac, et toutes les nations de la terre seront bénies en vous ». Jacob s’éveilla, se leva et dressa la pierre sur laquelle il répandit de l’huile, comme un monument au Seigneur.
Pour apaiser Esaü furieux de ce que son frère lui avait enlevé la bénédiction d’Isaac, Jacob divisa ses troupeaux et en envoya une partie en avant. Lui resta dans son camp ; soudain, il vit venir à lui un homme qui lutta contre lui jusqu’au matin. Cet homme voyant qu’il ne pouvait le vaincre lui toucha le nerf de la cuisse qui se sécha aussitôt, et il ajouta : « On ne vous nommera plus Jacob à l’avenir, mais Israël ». Et il le bénit. Jacob se leva, mais se trouva boiteux d’une jambe. C’est pour cette raison que les enfants d’Israël ne mangent pas du nerf de la cuisse des bêtes se souvenant de celui qui fut touché en la cuisse de Jacob.